Introduction
En 2025, la chaleur a touché les Canadiens dans tout le pays. À l’échelle nationale, il s’agit du 11e été le plus chaud jamais enregistré depuis 1948, ce qui reflète un réchauffement estival à long terme de 1,8 °C au cours des 78 dernières années1. Cependant, l’expérience sur le terrain a varié d’une région à l’autre. Les différences dans le moment, la durée et l’intensité des fortes vagues de chaleur ont influencé leur impact sur les systèmes de santé, les infrastructures, les risques d’incendies de forêt et la vie quotidienne des Canadiens. Les épisodes de chaleur extrême à l’échelle régionale sont de plus en plus fréquents et sévères en raison des changements climatiques causés par l’homme.
Chaleur extrême, alertes de chaleur et vagues de chaleur
Lorsque les températures sont beaucoup plus élevées que la normale pour un endroit et une période de l’année donnés, on parle généralement de « vague de chaleur extrême » ou de « canicule ». Pour la santé publique et la planification d’urgence, Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et ses partenaires du secteur de la santé utilisent des critères spécifiques pour émettre des alertes de chaleur. Ces critères tiennent compte de la chaleur pendant la journée, du peu de répit pendant la nuit, de la durée de la chaleur exceptionnelle et, dans certaines régions, de l’impact de l’humidité sur le stress thermique (décrit par l’indice Humidex).
Lorsque les seuils sanitaires sont atteints pendant deux jours consécutifs ou plus, ECCC et ses partenaires en matière de santé publique émettent des avertissements de chaleur et activent les systèmes d’alerte et d’intervention en cas de chaleur. Ces systèmes sont conçus pour protéger les Canadiens en déclenchant des mesures telles que l’ouverture de centres de rafraîchissement, la vérification de l’état des personnes vulnérables et la diffusion de conseils sur la manière de rester en sécurité.
Les épisodes de chaleur extrême de l’été 2025 décrits dans cet article seront familiers à beaucoup de gens, car ils ont souvent coïncidé avec des alertes de chaleur. Cependant, les événements analysés ici sont définis de manière légèrement différente de ceux basés sur les critères des alertes de chaleur axées sur la santé. Plus précisément, les événements ci-dessous se caractérisent par des températures maximales quotidiennes moyennes, calculées pour chacune des 17 régions utilisées dans cette analyse à l’échelle du Canada, qui dépassent la température du jour le plus chaud typique de l’année pour la région concernée. Une fois caractérisés, le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes est utilisé pour déterminer si le changement climatique causé par l’homme a modifié la probabilité que ces épisodes de chaleur se produisent dans ces régions.
Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes
Afin de comprendre comment les émissions générées par les activités humaines ont un impact direct sur les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les épisodes de chaleur, les scientifiques de la Division de la recherche sur le climat de l’ECCC ont mis au point le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Ce système utilise des modèles climatiques avancés et des observations pour comparer trois climats : les conditions préindustrielles des années 1800, le climat actuel et un climat futur projeté reflétant un réchauffement climatique supplémentaire. Immédiatement après la survenue d’un événement extrême, les scientifiques peuvent comparer la probabilité qu’un tel événement se produise dans chacun des trois climats (préindustriel, actuel et futur) et calculer le changement de probabilité dû au changement climatique causé par l’homme. En fournissant des informations sur les causes et la probabilité des événements extrêmes, le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes permet une meilleure planification en cas d’urgence météorologique, facilite la prise de décisions visant à protéger la santé, la sécurité et les biens, et éclaire les efforts d’adaptation aux changements climatiques.
Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes divise le Canada en 17 régions. Le système fonctionne tous les jours et utilise un critère de déclenchement basé sur un seuil annuel correspondant à la journée la plus chaude typique de l’année sur une période de référence de 1991 à 2020 pour définir les épisodes de chaleur. Lorsque la température maximale quotidienne (moyenne pour une région) dépasse la température maximale annuelle moyenne pour cette région entre 1991 et 2020, le système identifie automatiquement un épisode de chaleur et calcule l’impact de l’influence humaine sur le climat sur la probabilité de cet épisode*. L’analyse d’attribution se concentre sur la température maximale pendant l’événement, mais pour ajouter un contexte pertinent, la durée de l’événement est définie sur la base d’un seuil saisonnier correspondant au nombre de jours ayant dépassé le 90e centile des températures maximales quotidiennes pour cette période de l’année. Les résultats sont présentés sous forme d’une déclaration de probabilité sur une échelle allant de « considérablement moins probable » à « considérablement plus probable », chaque déclaration correspondant à une valeur numérique de probabilité/risque. Par exemple, un événement d’une ampleur donnée jugé beaucoup plus probable dans le climat actuel en raison du changement climatique est au moins 2 à 10 fois plus susceptible de se produire dans le climat actuel que dans le climat préindustriel des années 1800.
Chaleurs de l’été 2025 à travers le Canada
L’été dernier, le changement climatique d’origine humaine a influencé les épisodes de chaleur dans de nombreuses régions du Canada. Au total, 12 vagues de chaleur ont été identifiées par le système, dont 11 ont été jugées beaucoup plus probables et une considérablement plus probables (au moins 10 fois plus probables) en raison du changement climatique d’origine humaine. La carte ci-dessous montre l’événement le plus extrême identifié pour chaque région (huit événements au total, car seul l’événement le plus intense est indiqué pour les régions ayant connu plusieurs événements ; les régions grises n’ont pas connu de vague de chaleur répondant aux critères définis par le système pour un événement de chaleur).
Des épisodes de chaleur notables se sont produits dans l’ouest du Canada au début et à la fin de la saison estivale, avec une vague de chaleur à la fin août et au début septembre. L’est du Canada a connu une période de chaleur courte mais intense plus tard dans l’été, avec des températures élevées à la mi-juillet et en août, notamment un épisode dans le Canada atlantique qui a eu l’influence humaine calculée la plus forte sur la probabilité parmi les 12 événements. Le nord du Canada a également connu des vagues de chaleur au début et à la fin de l’été, avec des événements au Yukon en juin et dans les Territoires du Nord-Ouest à la fin du mois d’août.