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2026 devrait figurer parmi les quatre années les plus chaudes jamais enregistrées

Date 14 janvier 2026
Auteur Hayley Dosser et Jacinthe Racine, Centre canadien des services climatiques; Julia Velletta, Bill Merryfield, et Woosung Lee, Centre canadien de la modélisation et de l'analyse climatique
Sujets Nouveauté à noter, Prévisions saisonnières à décennales
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Les prévisions de température mondiale d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) indiquent que la chaleur sans précédent des trois dernières années se poursuivra en 2026 

 

Les prévisions de température mondiale d’ECCC indiquent que 2026 sera probablement parmi les quatre années les plus chaudes jamais enregistrées, comparable à 2023 et 2025, et se rapprochant de 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée et la première à franchir le seuil de 1,5 °C établi par l’Accord de Paris. 

Le Centre canadien de la modélisation et de l’analyse climatique (CCmaC) d’ECCC prévoit une température moyenne mondiale à la surface en 2026 de 1,44 ± 0,09 °C au-dessus des niveaux préindustriels (1850-1900). Ceci situerait 2026 dans la même fourchette que 2023 et 2025, qui, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), sont les deuxième et troisième années les plus chaudes jamais enregistrées à ce jour. La valeur observée par l’OMM pour 2025 (1,44 ± 0,13 °C) correspond étroitement à la prédiction d’ECCC pour 2025 (à 0,01 °C près). 

Figure 1: Les températures moyennes mondiales annuelles observées pour chaque année de 1980 à 2025 sont représentées par rapport à la température moyenne mondiale préindustrielle (1850-1900, avant la majeure partie du réchauffement d’origine humaine), à partir d’une version mise à jour des données de température moyenne mondiale du rapport AR6 du GIEC jusqu’en 2023 et des estimations observées de l’OMM pour 2024 et 2025. L’estimation centrale de la prévision de température pour 2026 est représentée par un point blanc et l’intervalle de confiance à 95 % par des crochets blancs. La valeur réelle devrait se situer dans cet intervalle 19 fois sur 20.

Les températures mondiales sans précédent de ces dernières années peuvent être en partie attribuées au puissant épisode El Niño de 2023-2024, aggravé par le réchauffement planétaire continu d’origine humaine. Un retour à des conditions neutres pour l’El Niño oscillation australe (ENSO) s’est produit en mai 2024, suivi d’un faible épisode La Niña en décembre 2024 qui a refroidi le Pacifique tropical et modéré les températures mondiales jusqu’en 2025. Les prévisions suggèrent un retour à des conditions neutres après un faible épisode La Niña en 2026, possiblement suivi d’un épisode El Niño plus tard dans l’année, susceptible d’entraîner des températures record en 2027. 

« La Niña exerce une influence refroidissante généralisée, semblable à une « climatisation mondiale », tandis qu’El Niño agit comme un « fourneau mondial ». Ces effets sont la principale cause des fluctuations qui ponctuent la hausse constante des températures mondiales. Il est probable que le record de température mondiale établi en 2024 à la suite du dernier El Niño sera battu la prochaine fois qu’un El Niño se produira. »  

– Dr Bill Merryfield, scientifique à l’ECCC  

Il y a plus de 99 % de chances (pratiquement certain) que 2026 soit plus chaude que toutes les années enregistrées avant 2023, mais seulement 1 % de chances qu’elle batte le record de température élevée de 1,55 °C établi en 2024. 2026 devrait également être la 13e année consécutive où les températures atteindront au moins 1,0 °C au-dessus des niveaux préindustriels, avec 12 % de chances de dépasser le seuil de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris. 

Le dépassement de 1,5 °C au-dessus de la température moyenne mondiale préindustrielle au cours d’une seule année ne constitue pas un échec par rapport à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est défini par la température moyenne à long terme sur plusieurs décennies. Cependant, les prévisions décennales d’ECCC indiquent que la période de 2026 à 2030 sera probablement la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée. Selon Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM , « […] it will be virtually impossible to limit global warming to 1.5 °C in the next few years without temporarily overshooting the Paris Agreement target([…] il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C ces prochaines années sans dépasser temporairement l’objectif de l’Accord de Paris) ». 

Figure 2: Prévisions de la température moyenne annuelle pour 2026 par rapport à la période de référence de 1991 à 2020 au Canada. Les couleurs plus foncées indiquent des différences de température plus importantes entre la période de référence et les prévisions pour 2026. Les prévisions sont fournies à une résolution spatiale d’environ 100 km × 100 km (sur une grille de 1 degré × 1 degré). 

En moyenne, le Canada se réchauffe à un rythme plus de deux fois supérieur à celui de la planète, les régions nordiques se réchauffant environ trois fois plus rapidement. Cette hausse des températures s’accompagne de vagues de chaleur de plus en plus extrêmes attribuées aux changements climatiques. Les températures moyennes annuelles par rapport à la période de référence de 1991 à 2020 devraient dépasser 1,0 °C dans de nombreuses régions du pays et 2,0 °C dans une grande partie du nord du Canada. 

Figure 3: Évaluation des prévisions passées de la température moyenne mondiale annuelle produites par SPISCanv3 pour la période de 1980 à 2025. Les estimations centrales des prévisions sont représentées en rouge, la zone ombrée indiquant l’intervalle de confiance à 95 %. Les températures moyennes mondiales annuelles observées de 1980 à 2025 par rapport à la température moyenne préindustrielle de 1850-1900 sont représentées en noir, à partir d’une version mise à jour des données utilisées dans le rapport AR6 du GIEC jusqu’en 2023 et des estimations de l’OMM pour 2024 et 2025.

Les prévisions annuelles de température moyenne mondiale d’ECCC sont produites par le CCmaC à l’aide du Système de prévision interannuelle et saisonnière canadien version 3 (SPISCanv3). Ces prévisions donnent de bons résultats par rapport aux observations des dernières décennies. 

Les prévisions mensuelles et saisonnières produites à l’aide du SPISCanv3 sont émises chaque mois et seront disponibles sur Donneesclimatiques.ca à partir du 26 janvier 2026.