Perspectives saisonnières: Aperçu des prévisions saisonnières pour le printemps et l’été 2026 en Colombie-Britannique

Date 2 juin 2026
Auteur Frances Delaney et Hayley Dosser, Centre canadien des services climatiques
Sujets Études de cas, Prévisions saisonnières à décennales
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Introduction

Selon l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada, certaines régions de la Colombie-Britannique amorcent la saison du printemps et de l’été 2026 avec des conditions anormalement sèches. Un enneigement sous la normale, une sécheresse persistante et des températures plus élevées que la normale suscitent des inquiétudes quant à la disponibilité de l’eau et au risque de feux de forêt dans le sud et le centre de la province.

Cet article examine comment les prévisions saisonnières et les projections à plus long terme des températures et des précipitations obtenues sur Donneesclimatiques.ca peuvent être utilisées pour mieux comprendre les conditions au cours des mois et des décennies à venir, ainsi que pour mettre en perspective les défis de cette année.

Encadré 1: Situation actuelle des feux de forêt en Colombie-Britannique: En date du 14 mai, 22 feux de forêt faisaient rage à travers la Colombie-Britannique, après 93 départs de feu signalés au cours du mois d’avril[1]. Parmi les feux actifs, quatre étaient classés comme « hors de contrôle », trois étaient considérés comme « maîtrisés », tandis que les autres étaient répertoriés comme « sous contrôle »[2] (figure 1). Des cartes historiques de l’activité des feux de forêt pour la même date au cours des années précédentes sont disponibles via la visionneuse de carte statique du Système canadien d’information sur les feux de végétation (SCIFV), ce qui permet de comparer l’activité saisonnière des feux d’une année à l’autre. Bon nombre des feux de forêt actifs se situent dans le sud et le centre de l’intérieur de la province, des régions actuellement classées par l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada comme allant de « anormalement sec » à « sécheresse grave » (figure 3). Les conditions de sécheresse historiques peuvent également être consultées grâce aux cartes archivées de l’Observatoire canadien de la sécheresse. L’activité des feux de forêt en début de saison peut être influencée par une combinaison de facteurs, notamment un enneigement sous la normale, une sécheresse persistante et des températures supérieures à la moyenne. Ensemble, ces conditions peuvent contribuer à un assèchement plus précoce des paysages au printemps et à une vulnérabilité prolongée.   Figure 1: Incendies de forêt en cours au 11 mai 2026. Source: adaptée du service des feux de forêt de la Colombie-Britannique (en anglais seulement).

Contexte: État actuel du manteau neigeux et conditions de sécheresse

Manteau neigeux

 

L’un des facteurs qui alimentent les inquiétudes concernant les feux de forêt en début de saison en Colombie-Britannique est le manteau neigeux inférieur à la moyenne observé dans plusieurs régions de la province. Le manteau neigeux constitue une protection contre l’assèchement des sols et de la végétation au printemps et en été, car il libère lentement l’eau de fonte dans les écosystèmes et les cours d’eau à mesure que les températures se réchauffent.

Alors que l’enneigement provincial a été mesuré à environ 83 % de la normale dans l’ensemble, les conditions variaient considérablement d’une région à l’autre. Les zones présentant un enneigement bien sous la normale comprenaient l’île de Vancouver, la côte sud, Skagit, l’Okanagan, Lower Thompson et Upper Fraser West (figure 2).

Dans la région métropolitaine de Vancouver, l’enneigement dont dépend le district pour son approvisionnement en eau a été rapporté comme représentant environ 50 % de la normale, ce qui a incité les autorités régionales à mettre en place des restrictions d’arrosage des pelouses à compter du 1er mai.[1]

Figure 2: Carte de l’indice d’eau de neige des bassins de la Colombie-Britannique, au 1er mai 2026. Toutes les zones bleues présentent un enneigement près de la normale ou au-dessus de la normale (90 % à >140 % de la normale), les zones vertes à pêche ont une fourchette allant de 60 % à 89 %, tandis que les régions orange à rouges restent bien sous la normale, avec 59 % ou moins de l’enneigement habituel. Source: BC Ministry of Water, Land and Resource Stewardship (2026) (en anglais seulement).


Le saviez-vous ? Donneesclimatiques.ca vient tout juste d’ajouter de nouvelles projections sur les chutes de neige et les précipitations sous forme de pluie, permettant aux utilisateurs d’explorer comment les régimes de précipitations pourraient évoluer à travers le Canada dans les conditions climatiques futures. Les ensembles de données comprennent des projections pour des indicateurs tels que le total des chutes de neige, la durée de la saison des chutes de neige et les épisodes de précipitations extrêmes. Pour en savoir plus, cliquez ici: Projections des chutes de neige et des précipitations sur Donneesclimatiques.ca.

Sécheresse

Des conditions de sécheresse à long terme sont également présentes dans certaines parties du sud et du centre de la Colombie-Britannique (figure 3). De nombreuses régions ont connu des conditions plus humides que la normale en mars, et les chutes de neige au-dessus de la normale cet hiver ont apporté un soulagement à la sécheresse à long terme dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Cependant, des déficits hydriques à long terme persistent dans une grande partie de l’intérieur de la province.

Certaines parties des régions de Thompson-Okanagan et des Kootenays ont reçu moins de 40 % des précipitations habituelles au cours des derniers mois [3]. Bon nombre des régions connaissant un faible enneigement sont également classées actuellement par l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada comme étant en situation de « sécheresse anormale » à « sécheresse sévère », notamment :

  • Sud de l’île de Vancouver
  • Skagit
  • Nicola
  • Okanagan
  • Boundary
  • Lower Thompson
  • Upper Fraser West

Conjugués, un enneigement inférieur à la moyenne et une fonte des neiges précoce contribuent à des conditions de sécheresse dans plusieurs régions de la province à l’approche du printemps et de l’été.

Figure 3: Conditions de sécheresse en Colombie-Britannique au 30 avril 2026. Le jaune vif indique des conditions « anormalement sèches », le marron clair/pêche indique des conditions de « sécheresse modérée » et l’orange indique les zones de « sécheresse sévère ». Source: Conditions de sécheresse actuelles – agriculture.canada.ca.

Prévisions saisonnières: Que réserve le printemps et l’été à la Colombie-Britannique ?

Compte tenu des conditions sèches qui règnent en ce début de saison dans l’Okanagan et le sud de l’intérieur, à quoi pourraient ressembler les conditions au cours des prochains mois?

Donneesclimatiques.ca propose désormais des prévisions mensuelles et saisonnières de température et de précipitations. Ces prévisions sont produites par Environnement et Changement climatique Canada et sont mises à jour chaque mois. Contrairement aux prévisions météorologiques quotidiennes, les prévisions saisonnières fournissent des informations sur la probabilité de températures et de précipitations au-dessus, près de la normale ou sous la normale sur un horizon d’un à trois mois et sur des périodes glissantes de trois mois couvrant les douze prochains mois. Les prévisions saisonnières de température et de précipitations ne permettent pas de prédire les événements extrêmes ou la météo quotidienne; elles fournissent plutôt des informations sur les conditions moyennes pour le mois ou la saison dans son ensemble.

Ces prévisions peuvent aider à fournir un contexte supplémentaire pour la planification et la préparation à court terme. Pour la Colombie-Britannique, la prévision saisonnière de mai à juillet 2026 suggère une probabilité élevée de conditions plus chaudes que la normale sur une grande partie de la province (figure 4 a).

Figure 4 a)Prévision saisonnière de température pour mai à juillet 2026. La prévision indique les probabilités de température au-dessus de la normale, près de la normale ou sous la normale (par rapport à la climatologie historique de 1991 à 2020). 

Figure 4 b): Prévision saisonnière de la température pour les conditions inhabituelles pour mai à juillet 2026. La prévision indique les probabilités de températures inhabituellement élevées (supérieures au 80ecentile de la climatologie historique de 1991 à 2020) ou inhabituellement faibles (inférieures au 20ecentile).

Prévision saisonnière de température pour mai à juillet 2026

La prévision de température disponible sur Donneesclimatiques.ca (figure 4a) indique que l’ensemble de la Colombie-Britannique devrait connaître des températures supérieures à la normale ; la majeure partie de la province présentant une probabilité de température de 90 à 100 % d’enregistrer des températures supérieures à la normale. De plus, une grande partie de cette zone où les températures seront supérieures à la normale a entre 70 et 100 % de chances de connaître des températures « inhabituellement élevées » (figure 4b). (Ici, « inhabituellement élevées » désigne des températures dépassant le 80e centile d’une climatologie historique couvrant la période de 1991 à 2020.) De manière générale, l’île de Vancouver, l’intérieur et les régions occidentales de la province présentent les probabilités les plus élevées de températures inhabituellement élevées, tandis que le nord est moins susceptible de connaître de telles températures, avec des probabilités de 30 à 40 %. Il existe un chevauchement important entre les régions confrontées à des températures inhabituellement élevées et celles présentant un faible enneigement et une sécheresse, comme nous l’avons vu précédemment dans ce blogue. 

 

Prévision mensuelle de précipitations pour mai 2026

 

La prévision mensuelle de précipitations pour mai 2026 (figure 5) indiquent des probabilités comprises entre 40 % et plus de 60 % de précipitations sous la normale dans certaines parties de l’ouest et du sud de la Colombie-Britannique, y compris l’île de Vancouver.

Dans la majeure partie du reste de la province, les signaux de précipitations sont plus faibles ou plus mitigés. Les prévisions mensuelles et saisonnières des précipitations sont souvent moins fiables que les prévisions de température, mais elles peuvent néanmoins fournir un contexte utile lorsqu’elles sont prisent en compte parallèlement aux conditions de sécheresse existantes, au niveau d’enneigement, et aux tendances climatiques à long terme.

Figure 5: Prévisions mensuelles des précipitations pour mai 2026. Les prévisions indiquent les probabilités que les précipitations soient au-dessus de la normale, près de la normale ou sous la normale, par rapport à la période 1991-2020. Les hachures indiquent les zones où l’habileté de la prévision est faible ; par conséquent, ces prévisions doivent être utilisées avec prudence ou il convient de se référer à la climatologie. 

Prévision mensuelle de sévérité des feux de forêt pour mai 2026  

Il est important de garder à l’esprit que les prévisions saisonnières ne permettent pas de prédire le moment exact, l’endroit ou la sévérité d’un feu de forêt, mais elles peuvent aider à mieux comprendre les conditions climatiques générales susceptibles d’influencer le risque d’incendie.

Le Système canadien d’information sur les feux de végétation de Ressources naturelles Canada propose plusieurs produits de prévision fondés sur la météo des feux de forêt, notamment la carte de l’anomalie de sévérité prévue pour les feux de forêt, qui indique comment la moyenne mensuelle de l’indice de sévérité prévu se compare aux conditions historiques pour des endroits spécifiques. Les cartes sont mises à jour chaque mois, et l’incertitude des prévisions tend à diminuer à mesure que le mois concerné approche. La carte de l’anomalie de sévérité prévue de mai 2026 indique que l’île de Vancouver et le sud de la Colombie-Britannique se situent dans la catégorie « bien au-dessus de la moyenne » en matière de sévérité des feux de forêt, ce qui signifie des conditions de météo des feux de forêt plus intenses par rapport à la moyenne historique. Dans les régions du centre de l’intérieur et du nord-est, les conditions se situent dans la catégorie « au-dessus de la moyenne ». D’ici juillet, une grande partie de la côte de la Colombie-Britannique, y compris l’île de Vancouver et Haida Gwaii, se situera dans la catégorie « bien au-dessus de la moyenne ».

Figure 6: La carte de l’anomalie de sévérité prévue pour les feux de forêt indique, pour chaque endroit, la catégorie de sévérité prévue, déterminée par les centiles des prévisions historiques de 1991 à 2020. Les cinq catégories distinctes sont les suivantes : bien en dessous de la moyenne (en dessous du 10e centile), en dessous de la moyenne (du 10e au 33e centile), moyenne (du 33e au 66e centile), au-dessus de la moyenne (du 66e au 90e centile), bien au-dessus de la moyenne (au-dessus du 90e centile). Source: Conditions prévues du système canadien d’information sur les feux de végétation.

Au-delà de cette saison: Projections climatiques à plus long terme

Les prévisions saisonnières aident à mieux cerner les conditions pour les mois et les saisons à venir, mais les projections climatiques à plus long terme peuvent nous aider à comprendre comment les tendances climatiques sous-jacentes pourraient continuer à évoluer au cours des prochaines décennies.

Bon nombre des facteurs influençant les conditions en Colombie-Britannique ce printemps, notamment les températures plus chaudes, la fonte précoce des neiges, les sols secs et la sécheresse, sont étroitement liés à des tendances climatiques à long terme plus générales. L’examen des projections futures concernant les températures, les précipitations et la météo des feux de forêt peut aider à fournir un contexte supplémentaire sur la manière dont les risques climatiques, tels que les feux de forêt et les pénuries d’eau, pourraient évoluer au fil du temps.

Dans cette section, nous examinons les projections qui concernent:

Ensemble, ces ensembles de données aident à illustrer comment les conditions liées au risque de feux de forêt pourraient évoluer en Colombie-Britannique d’ici la fin du siècle.

Figure 7a) : Évolution du nombre annuel de jours où la température dépasse 25 °C (2051-2080 par rapport à 1971-2000) dans un scénario à émissions élevées (SSP3-7.0).

Figure 7b) : Variation en pourcentage des précipitations estivales totales (juin, juillet, août) (2051-2080 par rapport à 1971-2000) dans un scénario à émissions élevées (SSP3-7.0).

Jours au-dessus de 25 °C

Une façon d’évaluer le réchauffement futur en Colombie-Britannique consiste à examiner les changements projetés concernant le nombre de journées estivales chaudes chaque année (journées où la température maximale dépasse 25 °C). Les projections climatiques indiquent qu’une grande partie de la province devrait s’attendre à connaître une augmentation globale du nombre de jours où la température dépasse 25 °C d’ici le milieu ou la fin du siècle (2051-2080) par rapport à la période de référence historique (1971-2000), en particulier dans le cadre d’un scénario à émissions élevées (SSP3-7.0). Consultez notre article de la Zone d’apprentissage « Comprendre les trajectoires communes d’évolution socio-économique (SSP) » pour en savoir plus sur les scénarios d’émissions futurs.

Les augmentations les plus importantes sont prévues dans le sud de la Colombie-Britannique, l’intérieur central, certaines parties de l’île de Vancouver et les régions du nord-est de la province (figure 7a). Dans certaines zones, les projections indiquent en moyenne plus de 40 jours supplémentaires par an où la température dépasse 25 °C.La fréquence accrue des journées chaudes peut contribuer à une évaporation accrue, à un assèchement des sols et de la végétation, à des périodes sans neige plus longues et à des conditions propices à des saisons des feux plus longues et plus intenses. 

Précipitations estivales totales

Les projections climatiques suggèrent également que d’ici 2051–2080, une grande partie de la province devrait recevoir moins de précipitations totales par rapport à la moyenne de 1971–2000 (moitié sud de la Colombie-Britannique), tandis que le nord devrait recevoir davantage de précipitation, en moyenne (figure 7b). Les baisses les plus importantes sont prévues le long de certaines parties de la côte, notamment sur l’île de Vancouver et à Haida Gwaii.Dans l’ensemble, l’augmentation du nombre de jours où la température dépasse 25 °C, combinée à une diminution des précipitations totales, implique que les défis actuels liés à la diminution du manteau neigeux et à la sécheresse sont susceptibles de perdurer dans l’avenir. Ces changements ont des implications importantes pour la disponibilité de l’eau, les écosystèmes et le risque de feux de forêt dans toute la Colombie-Britannique. 

Projections de la météo des feux de forêt sur Donneesclimatiques.ca

Outre les projections de température et de précipitations, Donneesclimatiques.ca comprend une application des projections de la météo des feux de forêt qui permet aux utilisateurs d’explorer les changements futurs d’indicateurs tels que la durée de la saison des feux et l’indice ICD.Par exemple, les projections disponibles via l’application suggèrent qu’on s’attend à ce que la durée de la saison des feux augmente dans une grande partie du Canada dans un scénario à émissions élevées (figure 8).[4] La Colombie-Britannique devrait connaître des saisons de météo des feux de forêt plus longues à l’avenir. De nombreuses régions de la province devraient connaître une augmentation d’au moins 20 jours supplémentaires de météo des feux de forêt par an d’ici 2051–2080 par rapport à la période de référence 1971–2000. Dans certaines régions côtières, notamment certaines parties de l’île de Vancouver et de Haida Gwaii, les projections indiquent des augmentations nettement plus importantes de la durée de la saison des feux, de 40 jours ou plus.

La durée de la saison des feux ne permet pas de prédire le nombre, l’endroit où la sévérité des feux de forêt. Cependant, l’allongement des saisons des feux et l’augmentation des conditions favorisant les feux de forêt (reflétées par la hausse des valeurs des indicateurs de conditions météorologiques propices aux feux) suggèrent que les conditions propices à l’activité des feux de forêt devraient devenir plus courantes dans de nombreuses régions de la Colombie-Britannique et du Canada dans un climat en réchauffement.

Figure 8: Cette carte illustre la variation absolue, entre 1971-2000 et 2051-2080, de la durée de la saison des feux de forêt dans le cadre du scénario d’émissions RCP8.5 (cliquez ici pour en savoir plus sur les différences entre les scénarios RCP et SSP). L’indicateur de la durée de la saison des feux de forêt correspond au nombre annuel de jours compris dans la saison des feux. La saison des feux commence après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes sont supérieures à 12 °C et se termine après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes restent inférieures à 5 °C.

Points clés

Les conditions qui se développent dans le sud de la Colombie-Britannique au printemps 2026 mettent en évidence à quel point le manteau neigeux, la sécheresse, la température, les précipitations, la disponibilité en eau et le risque de feu de forêt peuvent être étroitement liés.

Si les prévisions saisonnières donnent un aperçu des conditions possibles pour les mois et les saisons à venir, les projections climatiques à plus long terme peuvent aider les communautés et les décideurs à mieux comprendre comment ces tendances pourraient continuer à évoluer à l’avenir.

L’utilisation de données climatiques, associée à l’aperçu saisonnier et aux informations sur la météo des feux de forêt, peut faciliter la planification à long terme, l’adaptation et la préparation dans les nombreux secteurs touchés par le climat en changement.