De quelle manière les données et informations climatiques sont utilisés pour soutenir l’adaptation et la prise de décision en fonction du climat à Parcs Canada

Introduction

Parcs Canada gère un des plus vastes réseaux de lieux du patrimoine naturel et culturel dans le monde. Il comprend 171 lieux historiques nationaux, 47 parcs nationaux, cinq aires marines nationales de conservation et un parc urbain national. À une époque où les changements climatiques et le développement technologique évoluent rapidement, il est plus important que jamais de veiller à ce que ces sites et les valeurs qu’ils représentent pour les Canadiens soient capables de résister à la transformation des zones climatiques et à l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes. À cette fin, Parcs Canada s’efforce de mieux comprendre l’évolution des risques et des impacts face aux changements climatiques dans les sites qu’il administre, et de planifier des mesures visant à réduire les vulnérabilités climatiques et à améliorer leur protection.

 


 

Parcs Canada, comme beaucoup d’agents chargés de l’intendance des terres, de l’eau et des biens, doit relever un énorme défi en ce qui concerne les changements climatiques. En effet, on estime que les changements climatiques auront une incidence sur tous les secteurs de programme de Parcs Canada, à savoir, la conservation et la protection du patrimoine naturel et culturel, l’expérience du visiteur, les biens bâtis, ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être des visiteurs et du personnel. La transformation des zones climatiques, les conditions météorologiques plus extrêmes et plus difficilement prévisibles et les phénomènes extrêmes sans précédent mettent tous ces systèmes davantage à risque.

Dans le cadre d’un effort national visant à identifier et à traiter les risques associés aux changements climatiques, Parcs Canada a demandé au Centre canadien des services climatologiques (CCSC) de l’aider à extraire des données pertinentes sur les changements climatiques pour les tendances et les projections des variables clés dans chaque parc national, aire marine nationale de conservation et lieu historique national partout au Canada. Cette demande a donné lieu à une collaboration renforcée entre le CCSC et l’équipe consultative et des Sciences des changements climatiques de Parcs Canada. L’objectif de ce projet était non seulement d’extraire des données, mais aussi de comprendre la manière dont les changements climatiques observés et prévus engendrent des changements en ce qui concerne les risques, les vulnérabilités et les incidences des programmes et les activités de Parcs Canada à travers le pays.

Extraction des données climatiques

De par sa conception, chaque parc national, lieu historique national et aire marine nationale de conservation est différent et peut représenter une zone de paysages clés, des espèces animales ou végétales, une zone d’importance historique et culturelle, ou plusieurs choses à la fois. Les sites protègent et maintiennent stratégiquement des exemples d’importance nationale du patrimoine naturel et culturel du Canada, et chaque site est sensible aux changements climatiques d’une manière unique en fonction de sa géographie, de son cadre et des services qu’il offre dans le cadre du mandat de Parcs Canada. Par conséquent, au début du projet, une des considérations essentielles a été de définir quelles variables liées aux changements climatiques devraient être extraites pour chaque lieu.

Étonnamment, la solution fut de calculer tous les indicateurs des changements climatiques disponibles sur DonneesClimatiques.ca pour chaque parc, ainsi que plusieurs indicateurs sur mesure faisant référence à des identifications des seuils critiques. Les indicateurs ont ensuite été moyennés dans l’espace pour chaque parc national, aire marine de conservation et lieu historique – soit plus de 210 sites uniques – selon plusieurs périodes futures et scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

Le calcul de ces données était loin d’être évident, mais l’un d’eux est devenu beaucoup plus facile grâce à l’utilisation de la PAVSC (plateforme pour l’analyse et la visualisation de la science du climat), un « laboratoire virtuel qui permet d’analyser les données climatiques ». Élaborée par Ouranos, un partenaire clé du projet DonneesClimatiques.ca et fournisseur de services climatiques de longue date du Québec, la PAVSC permet aux utilisateurs d’extraire des données depuis un environnement de programmation Python sans avoir à les télécharger.

En consultant les bibliothèques et tutoriels existants, il a été possible de télécharger des fichiers de formes personnalisés du système d’information géographique (SIG) et de parcourir un catalogue de 24 ensembles de données sur le climat BCCAQv2 mis à l’échelle de manière statistique hébergés sur les serveurs de données d’Ouranos. Cela a donné lieu à un programme efficace d’extraction de données capable de résumer les données climatiques de tous les endroits administrés par Parcs Canada.

Il a été décidé de réduire la complexité de l’ensemble de données final en se concentrant uniquement sur deux périodes : la période de référence historique de 1961 à 1990 et la période future de 2051 à 2080, et deux scénarios d’émissions : le profil RCP 4.5 d’avenir à émissions modérées et le profil RCP 8.5 d’avenir à émissions élevées, tous deux issus du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC. Plutôt que d’afficher un chiffre unique pour chaque variable, période et scénario, nous avons utilisé l’ensemble des modèles climatiques qui se situent entre le 10e et le 90e percentile. Cette plage représente mieux la variabilité climatique, ou le fait que certaines années sont un peu plus froides ou un peu plus chaudes que la moyenne à long terme.

Que faire de toutes ces données?

La disponibilité des données sur les changements climatiques pour chaque variable, chaque année, chaque scénario et chaque site est excellente, mais ces données ne parlent pas à elles seules des risques, des vulnérabilités et des incidences sur les activités et les programmes dans les sites administrés par Parcs Canada. La prochaine étape importante du processus consistait pour Parcs Canada à s’engager auprès de ses équipes de gestion locales, de son personnel et de ses partenaires afin de les sensibiliser à ces données sur les changements climatiques et de les analyser pour en dégager la signification.

Évidemment, chaque site a ses propres perspectives et priorités en matière de changements climatiques, qu’il s’agisse des feux incontrôlés, de l’élévation du niveau de la mer, des espèces envahissantes, de la fonte du pergélisol, des changements relatifs à la disponibilité de l’eau douce, et bien d’autres choses encore. Grâce à ces conversations, il est possible d’établir une liste restreinte de mesures significatives concernant les changements climatiques et de résumer les incidences et risques principalement associés à ces changements.

Passer du risque à la résilience

Après avoir déterminé les principaux risques et vulnérabilités climatiques à partir de ces données climatiques et grâce à la mobilisation des équipes de gestion et des partenaires locaux, l’équipe consultative et des Sciences des changements climatiques de Parcs Canada a pu élaborer des exemples de mesures d’adaptation possibles qui pourraient être mises en œuvre sur chaque site. La liste des réponses possibles n’est pas exhaustive; elle sert plutôt de point de départ à une discussion plus large et aux efforts de planification de l’adaptation aux changements climatiques sur le terrain.

Prochaines étapes

Le besoin pour des données climatiques fiables ne fera qu’augmenter à mesure que les effets des changements climatiques s’accentueront; les données seront un élément crucial des efforts de planification et de gestion déployés par Parcs Canada pour remplir son mandat de protection d’exemples importants du patrimoine naturel et culturel.

À mesure que Parcs Canada s’efforce de diriger le programme national de corridors écologiques et de contribuer à l’engagement du gouvernement de protéger 25 % des terres et des eaux du Canada d’ici 2025 en établissant de nouveaux parcs nationaux, de nouveaux parcs urbains nationaux et de nouvelles aires marines nationales de conservation, le besoin pour de nouvelles données émergera. Cela vaut également pour les sites historiques nationaux, qui seront confrontés à des incidences et des risques nouveaux et croissants liés aux changements climatiques. Les collaborations entre Parcs Canada et le CCSC aideront Parcs Canada à connaître les données les plus récentes, surtout dans les domaines en développement comme les milieux marins, et à respecter son engagement à fournir des sommaires climatiques aux lieux et aux équipes du pays.

Un travail d’équipe

Le Centre canadien des services climatiques (CCSC) donne accès à des données et à l’information, en plus d’offrir la formation et le soutien nécessaires à l’utilisation des renseignements sur le climat en vue de la prise de décisions qui renforcent la résilience aux effets des changements climatiques.

Canada.ca/services-climatiques

Remerciements

Cet article n’aurait pas été possible sans la contribution inestimable du personnel de Parcs Canada. Merci d’avoir fourni votre contribution et vos modifications. Un merci spécial à tout le monde au Bureau du scientifique en chef des écosystèmes et aux services des Communications de Parcs Canada.