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Généralités

Qu’est-ce que le CMIP6?

Le CMIP6 est la plus récente phase de collaboration dans le cadre du CMIP. Les données du CMIP6 sont les plus récentes données de modèles climatiques mondiaux disponibles. Scientifiquement robustes, ces données constituent la base des rapports d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). 

Le Projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP) est une collaboration scientifique internationale s’inscrivant dans le Programme mondial de recherche sur le climat de l’Organisation des Nations Unies. Des équipes de modélisation climatique de partout dans le monde y participent. Le CMIP établit le protocole de conception expérimentale et recommande des ensembles d’expériences de base que la communauté de modélisation climatique doit exécuter. L’objectif du CMIP est de mieux comprendre les changements climatiques passés, présents et futurs en évaluant les performances des modèles au cours de la période historique et en quantifiant les causes des variations des projections futures. La collaboration CMIP conçoit un ensemble de simulations standard pour permettre une comparaison croisée des résultats afin de détecter les points de convergence et de divergence des modèles. La méthode du CMIP nous permet de mieux comprendre la modélisation du climat, d’améliorer les modèles et de développer des projections climatiques scientifiquement solides.

Quarante-neuf groupes de modélisation climatique, exploitant 100 modèles climatiques, participent à cette dernière phase du CMIP.  À titre de comparaison, le CMIP5 comprenait 40 modèles climatiques mondiaux créés par 20 groupes de modélisation du climat.

Différences entre les modèles et les expériences du CMIP5 et du CMIP6

Quelles sont les différences entre les modèles du CMIP5 et du CMIP6? / Qu’est-ce qui a été « amélioré » dans les modèles du CMIP6?

Les modèles CMIP6 sont généralement plus complexes (ont plus de composants) et ont une résolution spatiale plus fine, représentant l’atmosphère, les océans et les processus à petite échelle (tels que les nuages, la vapeur d’eau et les aérosols) de manière plus détaillée. Cette augmentation de la résolution spatiale signifie, entre autres, que la représentation de la température et des précipitations dans les zones montagneuses est améliorée par rapport aux simulations CMIP5.

Une autre différence importante entre le CMIP5 et le CMIP6 concerne les scénarios d’émissions servant à prévoir les niveaux futurs de changements climatiques mondiaux. Les scénarios du CMIP5 se basaient sur les profils représentatifs d’évolution de concentration (RCP), tandis que le CMIP6 utilise un ensemble amélioré de scénarios reposant sur les trajectoires communes d’évolution socioéconomique (SSP). Ces dernières viennent compléter les RCP en explorant de manière normalisée les conditions socioéconomiques sous-tendant divers niveaux d’émissions. Si certains RCP et SSP présentent approximativement la même augmentation du forçage radiatif d’ici la fin du siècle (par exemple, RCP8.5 et SSP5-8.5), il existe des différences dans les émissions de GES associées à chacune de ces trajectoires d’émissions. 

Enfin, certains modèles du CMIP6 ont une sensibilité du climat à l’équilibre plus élevée que celle des modèles du CMIP5. Voir ci-dessous pour une description de la sensibilité climatique.

 

La résolution spatiale est-elle différente entre les modèles du CMIP6 et du CMIP5?

Différents modèles climatiques ont différentes résolutions spatiales. Au fil du temps, la résolution a généralement augmenté avec l’amélioration des techniques de modélisation climatique et les progrès en matière de technologie informatique. Par exemple, pour les expériences de scénarios explorant l’évolution du climat futur en réponse à un changement des émissions de gaz à effet de serre (GES), le modèle français IPSL-CM5-LR (utilisé dans CMIP5) avait une résolution de 1,9° de latitude x 3,75° de longitude. La dernière version de ce modèle (IPSL-CM6A-LR) utilisé dans CMIP6 a une résolution de 1,25° de latitude x 2,5° de longitude. Cependant, certains centres de modélisation climatique ont choisi de conserver la même résolution, par exemple, CanESM2 (CMIP5) et CanESM5 (CMIP6) du Centre canadien de modélisation et d’analyse du climat ont tous deux une résolution spatiale de 2,8° de latitude x 2,8° de longitude.

Les jeux de données CMIP5 et CMIP6 sur Donnéesclimatiques.ca ont été réduits à la même résolution spatiale, soit environ 6 x 10 km (0,0833° de latitude x 0,0833° de longitude).

Pourquoi les prévisions du CMIP5 et du CMIP6 commencent-elles à des années différentes?

La modélisation du climat futur dans CMIP6 est basée sur un ensemble actualisé de scénarios d’émissions futures. Les exécutions des modèles CMIP5 étaient basées sur quatre profils représentatifs d’évolution de concentration (RCP), et sur les concentrations de gaz à effet de serre (GES) qui y ont été associées, à compter de 2006. Celles du CMIP6 utilisent les concentrations de GES découlant des trajectoires communes d’évolution socioéconomique (SSP), qui lient les niveaux d’émissions aux conditions socioéconomiques à partir de 2015.

Les modèles CMIP5 ont servi de base au cinquième rapport d’évaluation (AR5) du GIEC publié en 2013 ; toutefois, ces expériences des modèles ont été lancées un certain nombre d’années avant d’être présentées dans l’AR5. Les efforts de modélisation pour CMIP6 ont commencé peu après la publication du AR5 et ont été présentés dans le sixième rapport d’évaluation (AR6 ; 2021). Les premières expériences CMIP5 ont donc suivi les émissions de GES observées jusqu’en 2005, tandis que les expériences CMIP6 plus récentes ont suivi les émissions de GES observées jusqu’en 2014.