Une étude canadienne récente a montré que si les simulations de climat futur du CMIP5 et du CMIP6 sont qualitativement similaires pour le Canada, les simulations du CMIP6 présentent des changements de température (moyenne et extrême) et de précipitation (extrême) plus importants d’ici la fin du siècle. Dans une autre étude à l’échelle mondiale, on prévoit que les événements extrêmes de température et de précipitation vont être plus fréquents et plus intenses dans les simulations du CMIP6.
Ces résultats peuvent s’expliquer en partie par les différences de forçage des GES entre les scénarios à fortes émissions – SSP5-8.5 (CMIP6) et RCP8.5 (CMIP5) – et en partie par le fait que certains des modèles du CMIP6 présentent une sensibilité climatique plus élevée, comme a été expliqué ci-dessous.
Pour plus de détails, voir :
Sobie SR, Zwiers FW, Curry CL (2021): Climate model projections for Canada: A comparison of CMIP5 and CMIP6. Atmosphere-Ocean 59: 269-284. https://doi.org/10.1080/07055900.2021.2011103
Li C, Zwiers F, Zhang X, Li G, Sun Y, Wehner M (2021): Changes in annual extremes of daily temperature and precipitation in CMIP6 models. Journal of Climate, 34(9), 3441–3460. https://doi.org/10.1175/JCLI-D-19-1013.1
La sensibilité du climat se rapporte à l’importance du réchauffement projeté au moment où le système climatique atteint l’équilibre après un doublement instantané du CO2 atmosphérique. L’augmentation de la température moyenne mondiale lorsque cet état d’équilibre est atteint est utilisée comme mesure pour décrire la façon dont les modèles répondent aux changements des forçages. Les modèles à sensibilité climatique élevée prévoient un réchauffement plus important en réponse au même forçage que ceux à sensibilité climatique faible.
Certains des modèles CMIP6 (y compris le modèle canadien, CanESM5) ont une sensibilité climatique à l’équilibre plus élevée que les modèles utilisés dans CMIP5. Cela est dû en partie aux améliorations apportées à la modélisation dans CMIP6, comme une résolution spatiale plus élevée et une meilleure physique des nuages. D’autres recherches sont en cours pour étudier ces résultats, ce qui est une partie normale du processus scientifique.
Pour plus de détails, voir:
Sobie SR, Zwiers FW, Curry CL (2021): Climate model projections for Canada: A comparison of CMIP5 and CMIP6. Atmosphere-Ocean 59: 269-284. https://doi.org/10.1080/07055900.2021.2011103
Les simulations des modèles climatiques de la période historique ne correspondent pas aux données historiques observées car les modèles climatiques sont des représentations imparfaites du système terrestre. Chaque simulation du modèle sera différente, et il est important de prendre en compte plusieurs exécutions du modèle, car chaque exécution est une représentation possible du climat et de sa variabilité naturelle.
Il est toutefois important de noter que les moyennes et les variations climatiques mensuelles, saisonnières et annuelles sont similaires entre les climats historiques simulés et observés lorsque l’on considère les moyennes régionales ou à plus grande échelle.
Étant donné que les modèles et les observations météorologiques ne représentent généralement pas les informations aux mêmes échelles spatiales, il est important d’utiliser les données historiques modélisées lors des comparaisons directes avec les données futures modélisées.
Cela dépend. Bien que les modèles climatiques CMIP6 incluent généralement davantage de processus climatiques, qu’ils aient été exécutés à des résolutions spatiales plus élevées et qu’ils utilisent des scénarios d’émissions actualisés, il n’existe pas de modèle climatique mondial «parfait». Presque tous les modèles CMIP6 s’inspirent de ceux utilisés dans CMIP5, et les résultats des modèles CMIP6 présentent de nombreuses similitudes avec ceux de CMIP5.
Les données du CMIP5 sont toujours valables et peuvent être utilisées pour explorer les climats futurs possibles. Les modèles CMIP5 et CMIP6 reposent tous deux sur des scénarios d’émissions présentant des niveaux comparables de forçage radiatif à la fin du siècle (2100).
Il est toutefois recommandé d’employer le CMIP6 pour les nouveaux travaux nécessitant des projections climatiques futures et d’examiner les similitudes/différences avec le CMIP5. La comparaison entre le CMIP5 et le CMIP6 indiquera s’il existe des différences significatives entre les deux séries de projections et si vous devez mettre à jour les travaux qui ont utilisé les projections de CMIP5.