Actuellement, aucune date n’a été fixée pour le retrait de l’accès aux données du CMIP5 sur Donnéesclimatiques.ca. Cependant, à un moment donné, les données CMIP5 seront retirées et les données CMIP6 seront utilisées exclusivement. Les données CMIP5 resteront disponibles sur les sites Web de la Division de la recherche climatique (ECCC) et sur les sites de DataMart, ainsi que sur l’API GeoMet.
Les ensembles de données du CMIP s’insèrent dans un processus collaboratif auquel participent de nombreux groupes et chercheurs de partout dans le monde qui sont spécialisés en modélisation climatique. Leur élaboration peut prendre plusieurs années. Les nouveaux ensembles sont généralement mis à jour et publiés tous les cinq à huit ans.
Les ensembles de données sont produits par étapes dans le but d’enrichir, d’améliorer et d’harmoniser notre compréhension de la modélisation climatique ainsi que d’appuyer les évaluations nationales et internationales des changements climatiques, ce qui comprend les rapports d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’Organisation des Nations Unies, ainsi que les rapports du Canada dans un climat en changement.
Les trajectoires communes d’évolution socioéconomique (SSP) ont servi à produire la toute dernière génération de scénarios d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Elles explorent de manière systématique les tendances socioéconomiques potentielles du siècle à venir et quantifient l’effet de celles-ci sur les émissions de GES. Leurs résultats (les émissions) servent d’intrants pour l’exécution des modèles climatiques et la projection des niveaux de changements climatiques.
Vous trouverez de plus amples informations sur les SSP ci-dessous et ici.
L’ensemble de scénarios futurs utilisés dans le CMIP6 couvre un plus large éventail de trajectoires potentielles d’émissions de gaz à effet de serre (GES) que celui utilisé dans le CMIP5.
Il est possible d’associer de multiples scénarios d’émissions à chaque SSP. En raison des ressources importantes nécessaires pour exécuter plusieurs expériences de modélisation climatique, seules quelques SSP sont réellement utilisées pour les simulations. Les trajectoires choisies visent à couvrir tout l’éventail des scénarios d’émissions possibles.
Pour permettre la comparaison entre CMIP5 et CMIP6, les trois scénarios basés sur les SSP correspondant aux RCP les plus utilisés (2.6, 4.5 et 8.5) ont été choisis par la communauté des modélisateurs du climat (RCP2.6 – SSP1-2.6, RCP4.5 – SSP2-4.5 et RCP8.5 – SSP5-8.5). D’autres ont été ajoutés pour explorer comment le climat peut changer en réponse à différentes conditions sociales et économiques. Par exemple, SSP1-1.9 a été introduit pour explorer un monde dans lequel les facteurs sociaux et économiques signifient qu’il y a de bonnes chances d’atteindre l’objectif «aspirationnel» de l’Accord de Paris (c’est-à-dire une augmentation de la température mondiale inférieure à 1,5 °C), tandis que SSP3-7.0 a été choisi pour représenter l’extrémité moyenne à élevée de la gamme des trajectoires de forçage futur.
Les scénarios basés sur les SSP de même que les RCP décrivent les émissions de gaz à effet de serre (GES) au cours du siècle à venir.
Les scénarios basés sur les SSP constituent un raffinement des scénarios de concentration des GES précédents désignés sous l’acronyme RCP. Les RCP ont été explicitement conçus pour que la communauté de la modélisation climatique puisse explorer les effets de différentes trajectoires d’émissions ou concentrations d’émissions (qui donnent lieu à diverses valeurs de forçage radiatif). Les caractéristiques socioéconomiques qui ont servi à définir les RCP ne sont pas normalisées, ce qui rend difficile d’associer les changements sociétaux (p. ex. population, éducation, politiques gouvernementales) aux cibles climatiques (p. ex. maintien du réchauffement climatique bien au-dessous de 2 °C). Les SSP règlent ce problème en établissant la façon dont les choix sociétaux peuvent mener à des changements du forçage radiatif d’ici la fin du siècle (2100). Ainsi, les SSP sont un développement des RCP visant à permettre la comparaison normalisée des choix d’une société et des niveaux de changements climatiques qui en découlent.
DonnéesClimatiques.ca fournit des projections climatiques à une échelle spatiale qui convient mieux à la prise de décisions que les modèles climatiques mondiaux. Pour les obtenir, il faut d’abord réduire l’échelle des données du CMIP6 afin de leur donner une résolution spatiale plus fine, ce qui demande du temps et des ressources informatiques. Jusqu’à présent, les travaux de réduction d’échelle se sont axés sur les SSP comparables aux RCP disponibles sur DonnéesClimatiques.ca (RCP du CMIP5). Ce choix facilitera la comparaison des résultats entre les projections des modèles du CMIP5 et du CMIP6.
Certains centres de modélisation n’ont pas fourni de données pour certains des scénarios d’émissions basés sur les SSP, ce qui signifie que les résultats disponibles ne sont pas considérés comme suffisamment représentatifs de la gamme des climats futurs possibles selon la trajectoire en question. Dans ce cas, les résultats n’ont pas été réduits à une échelle plus fine.
Il est possible que des projections supplémentaires d’autres scénarios d’émissions basés sur les SSP, mises à l’échelle, soient disponibles à une date ultérieure.
Alors que les SSP étaient en cours d’élaboration au même moment que les RCP, ils n’étaient pas prêts à temps pour le CMIP5, mais ont été utilisés dans le CMIP6. La réduction d’échelle des données du CMIP6 à une résolution spatiale plus fine et plus adaptée à la prise de décision a également pris du temps.
Les SSP tiennent systématiquement compte d’un large éventail de facteurs influençant les émissions mondiales (comme la croissance de la population, les niveaux de scolarité mondiaux et le développement économique), ce qui permet de comparer de manière normalisée les risques et les retombées pour la société ainsi que les défis en matière d’adaptation et d’atténuation. En plus, les mesures d’atténuation peuvent être superposées au récit socio-économique global d’un SSP pour évaluer son efficacité dans la réduction des émissions mondiales.
Oui, les RCP sont encore valides.
Cependant, les SSP permettent de mieux comprendre les liens entre les facteurs socioéconomiques et les changements climatiques. Notre connaissance du système climatique évolue constamment; en utilisant l’ensemble le plus récent de scénarios d’émissions, les spécialistes s’assurent que leurs travaux se fondent sur l’information climatique disponible la plus à jour.
La complexité du système climatique, des modèles climatiques et des facteurs humains ne permet pas d’établir exactement la façon dont le climat changera à l’avenir. Ce qui est certain, c’est que le climat futur sera différent du climat passé. Il est essentiel de prendre des mesures pour atténuer les changements climatiques, car un certain réchauffement est désormais incontournable. En évaluant plus d’un avenir potentiel, les planificateurs et les décideurs peuvent améliorer notre préparation à un éventail de possibilités.
Il est important de se poser deux questions avant de sélectionner les SSP : Premièrement, quels éléments du projet sont vulnérables aux changements climatiques ? Deuxièmement, quel niveau de risque est acceptable?
Prenons par exemple un danger environnemental rare, mais dommageable, dont les conséquences pourraient être très graves et possiblement avoir des effets sur divers facteurs comme la sécurité alimentaire locale, le PIB national et la sécurité publique. Dans un tel cas, on pourrait juger qu’il en vaut la peine d’assumer le coût d’adaptation du scénario SSP5-8.5 (à fortes émissions) jusqu’à la fin du siècle. Dans d’autres circonstances, quand les conséquences sont moins graves ou que la probabilité de l’événement dommageable est faible, il pourrait être superflu ou non économiquement viable d’adapter ce scénario. Mais, quels que soient le projet et la justification, la question du niveau de risque acceptable est complexe et nécessite certainement de discuter avec les divers partenaires et groupes concernés pour comprendre le vaste éventail des répercussions et implications potentielles.
Il faut aussi tenir compte de l’horizon de planification du projet. Sur des périodes relativement courtes (dans la prochaine décennie), la plage de changements climatiques résultant des différentes SSP est petite. Le choix du SSP est donc moins crucial. Par contre, les scénarios divergent rapidement au milieu du siècle, révélant divers niveaux de changements climatiques.
Dans le cas d’applications non directement liées à l’adaptation, lorsque déterminer la vulnérabilité et le risque n’est pas une part importante du projet, le choix du SSP peut être fondé sur d’autres facteurs. Par exemple, le scénario SSP5-8.5 décrit le réchauffement climatique le plus élevé, et présente donc le plus grand rapport entre le signal de changement climatique et le bruit dû à la variabilité du climat. Pour les projets de recherche visant à trouver une corrélation entre les changements climatiques et un autre événement, ce scénario pourrait être le meilleur choix, car le signal climatique y est le plus fort.