Prenons l’exemple du sapin baumier. Le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, reconnu en 1995 comme la « capitale mondiale du sapin baumier de Noël », est depuis longtemps réputé pour la production de sapins baumiers de haute qualité, une espèce indigène de la région [4].
Dans la figure 1, la zone verte représente l’aire de répartition « optimale » ou « centrale » pour le sapin baumier, c’est-à-dire les conditions dans lesquelles l’espèce a tendance à pousser le plus vigoureusement dans son aire de répartition naturelle. La zone brune indique l’aire de répartition plus large, dans laquelle l’espèce est encore capable de survivre ou d’être cultivée avec succès, même si sa croissance peut être plus lente ou plus variable. Le panneau à droite de la figure 1 montre l’aire de répartition naturelle du sapin baumier entre 1971 et 2000, qui s’étend sur une grande partie de l’est du Canada. Dans le comté de Lunenburg, même dans un passé récent (1971-2000), les conditions climatiques se situent en dehors de l’aire de répartition centrale (verte) pour le sapin baumier, bien qu’elles se situent dans l’aire de répartition plus large (brune). Bien qu’il se situe largement en dehors de la zone centrale depuis peu, le sapin baumier prospère en Nouvelle-Écosse grâce à des facteurs locaux, tels que des précipitations abondantes, des températures estivales modérées et des microclimats, qui contribuent à compenser des conditions plus chaudes ou plus sèches que la zone optimale. Les pratiques de gestion, telles que la sélection minutieuse des sites et l’ombrage, jouent également un rôle dans le maintien de cultures saines en dehors l’aire de répartition de l’espèce.
D’ici 2041-2070, dans un scénario à fortes émissions, l’aire de répartition du sapin baumier devrait se déplacer vers le nord (panneau de gauche de la figure 1). Dans certaines parties de la Nouvelle-Écosse, notamment dans le comté de Lunenburg, les conditions climatiques futures devraient se situer en dehors de l’aire de répartition de l’espèce. Cela ne signifie pas que le sapin baumier ne poussera plus dans cette région, mais cela suggère que l’établissement et la régénération de cette espèce pourraient devenir plus difficiles, nécessitant une adaptation dans le choix des sites, les pratiques de gestion et la diversification des espèces.