Parmi les principaux domaines de travail des agronomes qui tirent parti de l’intégration des données climatiques, on peut citer :
1. Diagnostiquer les impacts climatiques passés et présents
Pour évaluer l’impact actuel de la variabilité du climat et des changements climatiques sur l’agriculture, les agronomes utilisent les données climatiques historiques, les tendances et la prévision saisonnière. Ces données permettent:
- De mieux comprendre les changements dans les conditions de croissance, tels que les variations des températures, les degré-jours de croissance ou la durée de la période sans gel
- D’évaluer la disponibilité de l’humidité, à l’aide d’indicateurs tels que les précipitations totales, les tendances de l’humidité du sol ou les indices de sécheresse tels que l’indice normalisé des précipitations et d’évapotranspiration
- D’identifier la fréquence et la sévérité probables des événements extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les fortes précipitations ou les gelées hors saison
Ces évaluations permettent de déterminer les régions, les cultures et les exploitations agricoles les plus vulnérables, et jettent les bases de l’évaluation des risques et de la planification des mesures d’adaptation. En identifiant l’influence du climat sur les résultats passés, les agronomes peuvent fournir une base factuelle solide pour comprendre les défis et les opportunités émergents.
2. Soutenir l’adaptation et la prise de décision dans les exploitations agricoles
Les données climatiques, en particulier les températures et les précipitations saisonnières, sont essentielles pour aider les producteurs à prendre des décisions pratiques en temps opportun. Les agronomes utilisent ces informations pour la prise de décision.
- Évaluer les risques à court et à moyenne échéance, notamment la probabilité de sécheresses, d’inondations ou d’infestations d’insectes nuisibles
- Recommander des variétés de cultures et la gestion des nutriments adaptées à l’évolution de la durée des saisons ou des profils de température
- Affiner les calendriers de semis, de récolte, et de pulvérisation en fonction des dates de gel prévues ou de l’accumulation des degré-jours de croissance
- Optimiser les stratégies d’irrigation, en utilisant les tendances prévues en matière d’évapotranspiration et de précipitations
- Anticiper la pression des insectes nuisibles et des maladies, en analysant les seuils de température et d’humidité qui favorisent les infestations et en prenant des décisions éclairées quant à l’utilisation de fongicides ou d’herbicides dans ces conditions
- Guider la planification intégrée de l’ensemble de l’exploitation, y compris la diversification, le calendrier des intrants et les décisions relatives à l’utilisation des terres
L’intégration des données climatiques dans la planification quotidienne permet aux producteurs de réduire leurs pertes, d’augmenter leur productivité et de mettre en place des systèmes agricoles plus résilients face à une variabilité croissante.
3. Planification pour une résilience à long terme
Au-delà des décisions saisonnières, les agronomes soutiennent également la planification à long terme à l’aide de projections climatiques. Celles-ci sont basées sur des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre liés aux voies de développement socio-économique (par exemple, les SSP et les RCP) et offrent une étendue d’avenirs plausibles en matière de température, de précipitations et d’événements extrêmes.
Les agronomes peuvent utiliser les projections à long terme pour informer:
- La planification des cultures et de la rotation : explorer la pertinence future de nouvelles cultures ou de cultures alternatives en fonction du climat en changement
- Les investissements dans les infrastructures : conception de systèmes d’irrigation, de drainage et de stockage qui restent efficaces dans des conditions extrêmes futures
- La planification de l’utilisation des terres et des ressources : aider les producteurs à évaluer où le climat peut rendre les terres plus ou moins viables au fil du temps
- L’analyse des risques économiques : identification des activités susceptibles de devenir non durables sans adaptation ou transformation
- L’élaboration de politiques et de programmes : aider les institutions à concevoir des mesures incitatives ou des programmes qui reflètent les réalités climatiques futures
Bien que de nombreuses décisions agricoles soient prises selon des calendriers saisonniers ou annuels, il est essentiel de tenir compte des conditions à long terme pour éviter toute adaptation inappropriée et garantir la durabilité. Les agronomes jouent un rôle-clé dans la traduction des informations climatiques futures en conseils concrets en matière de planification.
Pour explorer les scénarios futurs et les trajectoires d’émissions, consultez : Comprendre les trajectoires communes d’évolution socio-économique (SSP).