Explorer Donneesclimatiques.ca : visite interactive

Date 20 mars 2026
Auteur Ryan Smith et Rachel Malena-Chan, Centre canadien des services climatiques
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques
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Introduction

Donneesclimatiques.ca est la plateforme centrale du Canada pour explorer les informations sur le climat futur. Afin de vous aider à tirer le meilleur parti du site, nous avons développé un ensemble de ressources qui peuvent être utilisées de différentes manières en fonction de vos besoins :

  1. Explorer Donneesclimatiques.ca : visite interactive (cet article) – Une présentation étape par étape des principales fonctionnalités de Donneesclimatiques.ca. Elle est conçue pour toute personne intéressée à explorer les projections climatiques, que vous soyez un planificateur professionnel, un étudiant ou simplement curieux de savoir comment les changements climatiques pourraient affecter votre communauté. Partagez ces informations avec votre groupe ou votre classe en vous inspirant de la présentation Explorer Donneesclimatiques.ca (PDF).
  2. Fiche d’activité « Les données climatiques en action » (.docx) – Une activité complémentaire de deux pages qui vous invite à noter des chiffres, à remplir des espaces vides et à réfléchir à leur signification. Elle est particulièrement utile pour les étudiants, les ateliers ou les discussions de groupe où vous souhaitez que les participants s’impliquent activement dans l’analyse des données.
  3. Présentation « Les fondements climatiques » (PDF) – Aperçu des concepts fondamentaux de la science du climat, avec des liens vers des articles de la Zone d’apprentissage de Donneesclimatiques.ca sur chaque diapositive. Les diapositives peuvent être extraites et réutilisées pour s’adapter à votre plan de cours ou à votre présentation, ou la présentation complète peut être fournie aux participants pour une exploration indépendante des ressources pertinentes sur la littératie climatique. Les informations contenues dans la présentation « Les fondements climatiques » constituent une situation de départ solide pour ceux qui découvrent la carte interactive de Donneesclimatiques.ca. Pour en savoir plus sur son contenu, cliquez ici.

Ensemble, ces trois outils offrent des points d’entrée flexibles pour explorer les changements climatiques au Canada, que vous appreniez par vous-même, que vous travailliez en classe ou que vous animiez un groupe.

Commençons la visite.

Étape 1 : Trouvez votre communauté

Rendez-vous sur Donneesclimatiques.ca et accédez à la page Cartes.

Utilisez la barre de recherche en haut de la carte pour entrer le nom d’une ville ou d’un village au Canada, par exemple celui où vous vivez, étudiez ou menez vos recherches.

NOUVEAU Vous pouvez désormais effectuer une recherche par latitude et longitude. La recherche par code postal sera bientôt disponible.

Étape 2 : Prenez le temps de comprendre ce que vous voyez

Il s’agit de l’étape la plus importante de la visite. Prenez votre temps. Lorsque vous recherchez une communauté, la carte effectue un zoom avant et une fenêtre contextuelle s’affiche avec les données climatiques. Il est essentiel de comprendre cette fenêtre contextuelle pour donner un sens à tout le reste du site Donneesclimatiques.ca.

Le titre de la fenêtre contextuelle vous indique quatre choses :

  • Ensemble de données : Par défaut, vous voyez les données du projet de projections climatiques à réduction d’échelle statistique (l’ensemble de données M6). Celui-ci utilise des méthodes avancées pour traduire les résultats grossiers des modèles climatiques globaux en données à haute résolution (~6 x 10 km) pour l’ensemble du Canada.
  • Variable : La mesure climatique spécifique affichée. Par défaut, il s’agit du « jour le plus chaud », mais vous pouvez choisir parmi de nombreuses autres mesures. Utilisez l’icône ⓘ en haut de la carte pour en savoir plus sur chacune d’entre elles.
  • Version : Génération du modèle climatique utilisé. Actuellement, CMIP6 est la valeur par défaut.
  • Scénario : La trajectoire des gaz à effet de serre représentée. Par défaut, SSP1-2.6 (un avenir à faibles émissions) est affiché, mais vous pouvez passer à des avenirs à émissions élevées.

Les chiffres qui s’affichent indiquent :

  • Médiane : La valeur moyenne de 26 modèles climatiques (un « ensemble »), calculée sur 30 ans (par exemple, 2041-2070).
  • Plage de valeurs : Écart entre les modèles, représenté par les 10e et 90e centiles.
  • Changement relatif à la période de référence : comparaison entre la période future et la période 1971-2000.

Cela fait beaucoup d’informations. Ne vous inquiétez pas si cela vous semble dense, c’est la base du fonctionnement de Donneesclimatiques.ca. Si vous souhaitez approfondir le sujet, la Zone d’apprentissage propose de courtes explications sur :

Étape 3 : Sélectionner une variable d’intérêt

Dans le menu Variables, sélectionnez Jours avec humidex maximal supérieur à un seuil. Ces cartes interactives indiquent le nombre de jours par an où l’indice humidex est supérieur à l’un des trois seuils suivants : 30, 35 ou 40.

L’indice humidex est une mesure courante au Canada, couramment utilisée dans les prévisions météorologiques publiques pour décrire la sensation de chaleur. Il combine la température de l’air et l’humidité, ce qui donne une indication plus précise du stress thermique que la température seule. Cela le rend particulièrement utile pour la planification dans des secteurs tels que la santé publique, les loisirs, l’agriculture et les infrastructures.

Pour la suite de la visite, supposons que nous sommes intéressés par la santé publique.

💡 Pause et pour en savoir plus
→ Lire : « Nouveau et notable : Projections climatiques pour l’humidex »

🔍 Réfléchissez

  • Pourquoi l’indice humidex pourrait-il être un meilleur indicateur des risques liés à la chaleur que la température seule?
  • Quelles différences remarquez-vous entre les cartes pour les seuils de 30 °C, 35 °C et 40 °C?

Étape 4 – Explorer les dimensions du changement

Donneesclimatiques.ca vous permet d’explorer comment les variables climatiques devraient évoluer selon différents scénarios d’émissions.
Comme de nombreux facteurs des changements climatiques – tels que la consommation énergétique future, la gestion des terres, les progrès technologiques et les politiques climatiques – sont incertains, les projections climatiques doivent tenir compte de multiples scénarios possibles.

Pour ce faire, les climatologues utilisent un ensemble de scénarios standardisés appelés « scénarios socio-économiques partagés » (SSP). Chaque SSP représente une combinaison différente de développement mondial et d’émissions de gaz à effet de serre, conduisant à des niveaux de réchauffement planétaire variables d’ici la fin du siècle.

💡 Pause et exploration
→ Lire : « Comprendre les trajectoires communes d’évolution socio-économique (SSP) »

🔍 Réfléchissez

Passez du SSP2-4.5 (scénario d’émissions moyennes) au SSP5-8.5 (scénario d’émissions les plus élevées sur Donneesclimatiques.ca) dans le menu déroulant des scénarios d’émissions au-dessus de la carte. Observez comment le nombre de jours au-dessus du seuil humidex que vous avez sélectionné (par exemple, 30 °C, 35 °C ou 40 °C) change pour votre région.

Tout professionnel utilisant des données de projections climatiques futures devra répondre à la question suivante : « Quels SSP dois-je prendre en considération? » Pour ce faire, il devra d’abord répondre à un certain nombre de questions, par exemple : Quels éléments de mon projet sont vulnérables aux changements climatiques ? Quel niveau de risque suis-je prêt à prendre? Quelle est la durée de vie de mon projet?

Ensuite, essayez d’ajuster le curseur de période. Cela vous permet de visualiser les projections jusqu’en 2100 :

  • 2041-2070 (souvent appelé « milieu du siècle »)
  • 2071-2100 (fin du siècle)

Observez comment le nombre projeté de jours au-dessus du seuil que vous avez choisi augmente au fil du temps. Vous remarquerez peut-être que les changements sont modestes jusqu’au milieu du siècle, puis beaucoup plus marqués vers la fin du siècle, en particulier dans les scénarios à fortes émissions.

💡 Pause et exploration
→ Lire : « Pourquoi faut-il utiliser au minimum 30 ans de données? »

Étape 5 : Personnaliser un seuil

Jusqu’à présent, vous avez travaillé avec des variables prédéfinies. Mais que faire si vous souhaitez définir vos propres variables? C’est là que la page Téléchargement entre en jeu. Cet outil vous permet de définir des seuils climatiques personnalisés et d’explorer comment les extrêmes devraient évoluer au fil du temps lors de la projection climatique.

Prenons par exemple l’indice humidex >36 °C, souvent utilisé au Canada comme niveau d’alerte canicule.

  1. À partir de la page Cartes, cliquez sur le bouton Téléchargement et sélectionnez ensuite l’option Aller à la section Téléchargement.
  2. Dans l’outil Téléchargement, définissez vos options. Saisissez une valeur personnalisée pour le seuil maximal quotidien de l’indice humidex (HXMax), comme indiqué dans la capture d’écran.
  3. Suivez les étapes restantes, qui varient en fonction de la variable choisie, mais qui comprennent généralement la sélection du scénario d’émissions et du centile, puis entrez l’adresse électronique à laquelle vous souhaitez que les données soient envoyées. Selon le type de calcul, l’analyse peut prendre entre 5 et 15 minutes.

Cela génère une projection personnalisée indiquant le nombre de jours par an au cours desquels on s’attend à ce que le seuil que vous avez choisi soit dépassé.

🔍 Réfléchissez :

  • Comment des jours plus fréquents au-dessus de 36°C d’humidex pourraient-ils affecter la planification des mesures de santé publique dans votre communauté?
  • Qui serait le plus exposé pendant ces jours-là et quelles mesures pourraient réduire ce risque?

Étape 6 : Des données aux décisions – Secteur de la santé

Une fois que vous avez examiné vos résultats de téléchargement, rendez-vous dans la Zone d’apprentissage et consultez le filtre « Contenu santé ». Il contient des études de cas réels sur le climat et la santé, notamment sur la manière dont les autorités de santé publique ont utilisé ces données pour planifier les mesures à prendre en cas de canicule.

💡 Pause et explorationà
Lisez l’étude de cas sur les vagues de chaleur extrême au Québec pour voir comment les données climatiques ont été intégrées dans les stratégies d’intervention d’urgence.

🔍 Réfléchissez

  • Quelles leçons pourriez-vous en tirer pour vos propres recherches ou votre communauté?

Conclusion

Donneesclimatiques.ca ne se limite pas à l’accès aux données, il s’agit aussi de favoriser la compréhension. Grâce à des cartes interactives, des outils personnalisables et des ressources d’apprentissage spécialisées, la plateforme vous invite à explorer les changements climatiques au Canada sous plusieurs angles. Plus vous approfondirez vos recherches, mieux vous serez préparé à poser des questions pertinentes, à découvrir de nouvelles perspectives et à imaginer un avenir résilient.

  • Si vous êtes prêt à mettre vos connaissances en pratique, essayez la fiche d’activité « Les données climatiques en action », qui vous guide à travers les mêmes étapes et vous invite à remplir la fiche avec les informations du site.
  • Si cette visite vous a semblé trop dense ou confuse, revenez à la présentation « Les fondements climatiques» et trouvez les diapositives qui vous aideront à combler vos lacunes. Vous y trouverez des liens vers d’autres ressources et outils d’apprentissage qui vous permettront de développer vos connaissances sur le climat.

Explorer Donneesclimatiques.ca : visite interactive

Date 19 mars 2026
Auteur Rachel Malena-Chan, Centre canadien des services climatiques
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques
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Introduction

Les changements climatiques sont une réalité, et les données historiques ne suffisent plus à elles seules pour renforcer la résilience des communautés canadiennes. De l’ingénierie aux soins de santé, en passant par l’agriculture et les transports, les changements climatiques ont une incidence sur la prise de décision dans tous les secteurs à travers le pays. Afin de se préparer à leur future carrière, les étudiants canadiens de niveau postsecondaire peuvent acquérir les bases de la littératie climatique à l’aide des outils d’apprentissage gratuits disponibles dans la Zone d’apprentissage sur Donneesclimatiques.ca.

La zone d’apprentissage de Donneesclimatiques.ca est un outil utile pour les étudiants, les chercheurs et les enseignants qui souhaitent mieux comprendre les projections climatiques. Elle contient des dizaines d’articles, ainsi que des vidéos, des balados et des conseils liés aux données de projections climatiques canadiennes et à leurs applications dans divers secteurs. Les contributeurs proviennent d’un réseau national regroupant les principaux centres de services climatiques du Canada.

Nous avons compilé les outils d’apprentissage de la Zone d’apprentissage afin d’aider les enseignants du postsecondaire à utiliser Donneesclimatiques.ca pour développer la culture climatique dans leurs classes.

Messages clés

  • Toutes les industries et tous les secteurs sont touchés, directement ou indirectement, par les changements climatiques.
  • Les étudiants, les chercheurs et les enseignants peuvent utiliser la Zone d’apprentissage de Donneesclimatiques.ca pour approfondir leur compréhension des changements climatiques.

Nous avons développé une série de nouvelles ressources destinées aux enseignants canadiens afin de les aider à renforcer leurs connaissances sur le climat :

Développez vos connaissances sur le climat grâce à la Zone d’apprentissage

Afin d’aider les enseignants à partager les ressources de la Zone d’apprentissage, nous sommes heureux de vous proposer un aperçu des articles fondamentaux et des outils pédagogiques. Chaque diapositive peut être extraite et réutilisée pour s’adapter à votre plan de cours particulier, ou la présentation complète peut être fournie aux élèves pour qu’ils explorent de manière indépendante les supports pédagogiques pertinents.

Voici ce que vous trouverez dans la présentation « Les fondements climatiques »:

1. Notions fondamentales sur le climat

Découvrez les messages clés fondamentaux sur les changements climatiques au Canada, leurs causes principales et les variations du réchauffement à travers le pays.

  • Trouvez des explications en langage clair sur les concepts clés de la science du climat.
  • Découvrez comment le climat a déjà changé.
  • Découvrez la différence entre la variabilité du climat et les changements climatiques

2. Comprendre les données historiques

Familiarisez-vous avec les sources de données historiques du climat et de données des stations météorologiques sur Donneesclimatiques.ca.

  • Identifiez les différents types de données climatiques historiques
  • Réfléchissez à la façon dont les données historiques seules ne suffisent plus pour la planification ou l’adaptation futures
  • Apprenez à choisir les ensembles de données historiques les plus appropriés

3. Comprendre les projections climatiques futures

Approfondissez votre compréhension des futurs possibles, des incertitudes qui entourent ces scénarios et de la manière d’interpréter les modèles climatiques.

  • Apprendre à connaître les futurs possibles et comment interpréter les différentes trajectoires climatiques
  • Visualiser les différences entre les modèles climatiques
  • Comprendre les niveaux de réchauffement planétaire et leur utilisation

4. Thèmes en profondeur

Maintenant que vous avez acquis les bases, explorez différentes régions, applications et échelles de temps à travers l’optique des changements climatiques. Veuillez noter que cette section n’est pas exhaustive, car nous mettons continuellement à jour la Zone d’apprentissage avec de nouveaux sujets et des conseils sur les ensembles de données, mais ces diapositives vous donneront un point de départ pour approfondir des applications spécifiques adaptées à votre groupe d’apprenants. Par exemple, les diapositives de cette section sont conçues pour aider les étudiants à :

  • Apprendre les différences entre les prévisions saisonnières et les projections climatiques
  • Explorer les données climatiques spécifiques aux communautés côtières et nordiques
  • Appliquer les concepts climatiques à la conception des bâtiments
  • Explorer les ensembles de données liés aux phénomènes météorologiques extrêmes
  • Pour en savoir plus sur les centres régionaux de données climatiques du Canada
  • Écoutez le balado Donneesclimatiques.ca

5. Outils d’apprentissage spécifiques à chaque secteur

Les changements climatiques touchent tous les types de secteurs professionnels au Canada. La dernière section de la présentation de la visite autoguidée passe en revue les ressources de données climatiques pour toute une gamme de disciplines. Ces diapositives couvrent les articles de la Zone d’apprentissage qui ont été élaborés ou sélectionnés pour des secteurs spécifiques, tels que l’ingénierie, la santé et l’agriculture :

  • Concevoir des bâtiments prêts pour l’avenir
  • Santé publique et climat futur
  • L’agriculture et le climat futur
  • Les transports et le climat futur

Se familiariser avec les outils interactifs de données climatiques

Une fois que votre classe aura abordé les concepts de base liés aux données climatiques historiques et futures, utilisez notre guide interactif pour aider les élèves à se familiariser avec les outils de données climatiques. Nous avons élaboré une présentation qui explique comment utiliser les fonctionnalités cartographiques du portail, ainsi qu’une fiche d’activité pour guider la participation et la réflexion.

Inspirez-vous de la présentation Explorer Donneesclimatiques.ca (PDF) pour découvrir le portail national de données climatiques du Canada. Apprenez à rechercher, télécharger et analyser les variables climatiques de votre communauté, et explorez les dimensions du changement, telles que les périodes et les scénarios d’émissions.

Elle comprend :

  • Un guide étape par étape pour explorer les données climatiques disponibles sur Donneesclimatiques.ca
  • Des captures d’écran du portail montrant comment trouver des variables et naviguer sur la carte interactive pour trouver des données pour votre communauté

Conclusion

En résumé, voici comment vous pouvez utiliser ces ressources avec votre groupe d’apprenants :

Les changements climatiques façonnent notre avenir, il est donc important de développer dès aujourd’hui une culture climatique. L’adaptation aux changements climatiques est l’affaire de tous, et les services climatiques sont conçus pour accompagner cette transition.

Explorer Donneesclimatiques.ca : visite interactive

Date 17 mars 2026
Auteur Donneesclimatiques.ca
Sujets Nouveauté à noter
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Introduction

Donneesclimatiques.ca a lancé une nouvelle fonctionnalité d’analyse de fichiers de format Shapefile personnalisés, introduisant pour la première fois la possibilité de télécharger des données climatiques représentant la moyenne spatiale pour une région définie par l’utilisateur. Les utilisateurs peuvent désormais télécharger leurs propres limites géographiques et recevoir un résumé climatique moyen pour cette forme.

De nombreuses décisions liées au climat sont prises pour des zones qui ne correspondent pas aux limites administratives standard. Qu’il s’agisse de planifier la modernisation des infrastructures, d’évaluer les risques climatiques ou de soutenir l’adaptation des communautés, les professionnels travaillent souvent avec des zones d’étude personnalisées telles que les régions écologiques, les districts municipaux, les zones d’inondation ou les zones de service. Ce nouvel outil est conçu pour répondre à ces besoins en permettant aux utilisateurs de générer des résumés climatiques pour leurs propres régions définies.

 

Pourquoi la fonctionnalité des fichiers Shapefile est-elle importante ?

Le centre d’aide des Services climatiques, l’équipe qui aide à gérer les demandes et les requêtes personnalisées effectuées via la page d’assistance de Donneesclimatiques.ca, reçoit régulièrement des demandes de données climatiques liées à des régions personnalisées telles que les limites des cartes des zones d’inondation , les zones d’aménagement provinciales, les habitats fauniques et les régions climatiques canadiennes (voir encadré 1). Jusqu’à présent, répondre à ces demandes nécessitait souvent un traitement supplémentaire par le système d’information géographique (SIG) en dehors de la plateforme.

Encadré 1 : Autres applications concrètes de l’extraction de données à l’aide de fichiers Shapefile

Le service d’assistance de Donneesclimatiques.ca est l’équipe d’assistance aux utilisateurs du Centre canadien des services climatiques. Elle répond aux questions soumises via Donneesclimatiques.ca et aide les utilisateurs à trouver, interpréter et appliquer les données climatiques dans leur contexte. Au fil du temps, un thème récurrent est apparu : de nombreux utilisateurs ont déjà une zone géographique avec laquelle ils travaillent, mais celle-ci ne correspond pas aux options standard.

L’extraction de données à l’aide de fichiers Shapefile est conçue pour ces situations pratiques, lorsque la question est « à quoi ressemblent les projections pour cette zone précise ? ».

Voici quelques exemples courants :

  • Travaux de planification et d’adaptation municipaux : les utilisateurs demandent souvent des variables liées aux précipitations et aux conditions de sécheresse pour une municipalité ou une zone de service spécifique et souhaitent obtenir des résultats qu’ils peuvent intégrer dans leur SIG (par exemple, en travaillant avec des formats de fichiers CSV ou NetCDF dans des plateformes logicielles telles que QGIS ou ArcGIS).
  • Cartographie des inondations et limites des risques : les équipes peuvent avoir besoin de résumer les indicateurs liés aux précipitations sur l’ensemble des plaines inondables ou des zones d’étude cartographiées, plutôt que de se fier à un seul endroit. Cela permet de fournir une meilleure estimation du volume total d’eau dans une région.
  • Régions personnalisées utilisées dans le cadre de la formation ou de la communication : lorsqu’une région est vaste ou unique (par exemple, une limite à l’échelle d’un district, une région climatique ou un polygone écologique), les utilisateurs peuvent avoir besoin d’un résumé des moyennes par zone pour étayer le matériel de formation ou les aperçus de haut niveau, en gardant à l’esprit que les variations locales au sein de la région peuvent être importantes (voir l’exemple de la figure 1).

 

 

Figure 1 : Exemple illustrant comment les informations climatiques moyennes sur une grande zone (dans ce cas, le parc national des Lacs-Waterton) peuvent soutenir l’éducation, la formation et la communication en fournissant un résumé clair et général des changements projetés. Comme indiqué dans ces résumés, les moyennes régionales peuvent masquer d’importantes variations locales (par exemple, les différences entre les écosystèmes, l’altitude ou la proximité de l’eau). Elles sont donc plus utiles pour l’orientation et la sensibilisation et ne doivent pas remplacer les analyses spécifiques à l’endroit pour la planification des mesures d’adaptation détaillées. Ce type de résumé climatique a déjà été utilisé en interne par Parcs Canada pour sensibiliser aux risques climatiques et pour éclairer la réflexion préliminaire sur les priorités et la planification des mesures d’adaptation futures. Pour en savoir plus sur ce projet.

En permettant aux utilisateurs d’analyser les projections climatiques dans leurs propres régions définies, cet outil améliore la pertinence des informations climatiques pour la prise de décision locale, soutient l’adaptation et la conception fondées sur des données probantes et réduit le besoin de recourir à des flux de travail d’analyse spatiale externes.

Fonctionnement du nouvel outil

La page Téléchargement comprend désormais une nouvelle option permettant de sélectionner « Télécharger un fichier Shapefile personnalisé ». Lorsque cette option est sélectionnée, les utilisateurs sont invités à télécharger un fichier Shapefile compressé afin de générer des données climatiques représentant la moyenne spatiale pour la zone sélectionnée. Après avoir choisi l’ensemble de données, la variable et les paramètres du modèle appropriés, les utilisateurs soumettent une demande et reçoivent leurs résultats par courriel.

Auparavant, l’outil de téléchargement renvoyait des valeurs distinctes pour chaque point de grille individuel lorsque les utilisateurs sélectionnaient manuellement plusieurs points de grille. Il ne calculait pas de moyenne pour l’ensemble des cellules sélectionnées. Grâce au flux de travail Shapefile, Donneesclimatiques.ca calcule et renvoie désormais une seule valeur moyenne spatiale représentant l’ensemble de la région téléchargée.

À ce stade, la moyenne spatiale n’est disponible que via l’option de téléchargement de fichiers Shapefile. Les utilisateurs qui ont besoin de résultats moyennés spatialement doivent télécharger un fichier Shapefile représentant leur zone d’intérêt.

Cette fonctionnalité est introduite progressivement dans les autres définitions de zones prescrites (par exemple, bassin versant, subdivision de recensement, etc.) à mesure que Donneesclimatiques.ca continue d’évoluer. Dans la version initiale, l’option de téléchargement de fichiers shapefile n’est disponible que pour certaines variables et certains indices qui prennent en charge la personnalisation (par exemple, les mesures basées sur des valeurs seuils telles que le nombre de jours au-dessus d’une température spécifiée). Cette approche progressive tient compte des considérations relatives à la capacité du système et permet de déployer la fonctionnalité de manière stable et fiable. D’autres ensembles de données et options d’analyse pourraient être ajoutés lors des prochaines mises à jour.

 

Considérations importantes

Comme indiqué dans l’encadré 1, les données climatiques moyennes spatiales sont plus appropriées pour les analyses à haut niveau, la formation et la communication. Lorsqu’elles sont appliquées à des régions très vastes ou géographiquement diverses, les moyennes peuvent masquer d’importantes variations locales des conditions climatiques. Pour la conception détaillée, l’évaluation des impacts ou la planification spécifique à un endroit, les utilisateurs sont encouragés à travailler avec des régions plus petites ou des données basées sur l’endroit qui reflètent mieux les conditions locales. Afin de favoriser une utilisation appropriée et de garantir une fiabilité du traitement, les fichiers Shapefile téléchargés sur Donneesclimatiques.ca doivent représenter des zones de moins de 500 000 km².

 

Qu’est-ce qui est disponible aujourd’hui ?

Cette première version débloque la fonctionnalité de fichiers Shapefile personnalisés pour certaines variables dans la section Téléchargement de Donneesclimatiques.ca uniquement. Il s’agit des variables de projection climatique de base couramment utilisées dans la planification et l’évaluation, notamment :

  • Jours de précipitations
  • Intensité moyenne des précipitations par « journée humide »
  • Maximum de jours consécutifs avec précipitations
  • Maximum de jours consécutifs secs
  • Jours au-dessus de Tmax et Tmin
  • Jours au-dessus de Tmax
  • Jours au-dessus de Tmin
  • Jours en dessous de Tmin
  • Degrés-jours au-dessus d’un seuil
  • Degrés-jours en dessous d’un seuil
  • Vague de chaleur
  • Durée totale des vagues de chaleur
  • Fréquence des vagues de chaleur
  • Cycles de gel/dégel
  • Jours de vague de froid

 

On s’attend à ce que les prochaines mises à jour étendent cette fonctionnalité à davantage d’ensembles de données et de variables.

Restez à l’affût des mises à jour en vous abonnant à l’infolettre de Donneesclimatiques.ca.

Explorer Donneesclimatiques.ca : visite interactive

Date 6 mars 2026
Auteur Frances Delaney etRyan Smith, Centre canadien des services climatiques; Ewa Jackson et Curniss McGoldrick, ICLEI Canada
Sujets Adaptation, Agriculture, Prévisions saisonnières à décennales
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Publié initialement le 27 mars 2025, mis à jour le 6 mars 2026 

Remarque (mars 2026) : Cet article a été mis à jour afin d’intégrer les nouveaux produits de prévision saisonnière de Donneesclimatiques.ca. Ces prévisions fournissent des perspectives probabilistes pour la température et les précipitations dans les mois et les saisons à venir et peuvent aider les producteurs à anticiper la variabilité d’une année à l’autre des conditions qui affectent la production de sirop d’érable. 

Introduction

L’industrie canadienne du sirop d’érable est profondément ancrée dans l’histoire et la tradition, remontant à des siècles, lorsque les peuples autochtones ont découvert le processus d’entaillage des érables pour en extraire la sève. Aujourd’hui, le Canada est le premier producteur mondial de sirop d’érable, contribuant à plus de 73 % de l’offre mondiale, la majorité provenant du Québec (90,7 %), du Nouveau-Brunswick (6,1 %), de l’Ontario (3,1 %) et de la Nouvelle-Écosse (moins de 1 %)[1]. La production de sirop d’érable est non seulement un moteur économique important pour le Canada – les exportations canadiennes de produits de l’érable s’élevant à 837,3 millions de dollars en 2024 – mais elle relie également des générations de producteurs et de consommateurs à travers le pays et le monde. À bien des égards, c’est une source de fierté nationale.

Cependant, les impacts des changements climatiques posent un défi croissant à la production de sirop d’érable, nécessitant une adaptation pour assurer la viabilité à long terme de l’industrie. Les changements de température et les variations des cycles saisonniers affectent l’écoulement de la sève, ce qui peut réduire les rendements et les retombées économiques. Des mesures proactives peuvent contribuer à préserver la valeur économique de l’industrie et son importance culturelle.

Les érables, et la sève qu’ils produisent, sont très sensibles au climat. La qualité et la quantité de sirop peuvent être affectées par de nombreux facteurs climatiques, notamment les températures hivernales froides, les cycles gel-dégel et le moment du dernier gel printanier. Dans cet article, nous expliquons comment les données climatiques de Donneesclimatiques.ca peuvent être utilisées pour analyser les changements de ces variables climatiques dans votre région afin d’orienter les décisions concernant la production future de sirop d’érable.

Comment les changements climatiques affectent-ils la production de sirop d’érable ?

 

Le climat du Canada se réchauffe à un rythme presque deux fois plus rapide que la moyenne mondiale[2], l’hiver étant la saison la plus touchée par le réchauffement[3]. Ce réchauffement pourrait avoir plusieurs répercussions sur la production de sirop d’érable.

Des « saisons des sucres » plus courtes et moins prévisibles

La sève coule lorsque les températures diurnes dépassent 0 °C et que les températures nocturnes descendent en dessous de zéro. Ces cycles gel-dégel créent des changements de pression dans les érables à sucre, permettant à la sève de couler. Les températures plus chaudes font que la saison de production de sève d’érable commence plus tôt et se termine plus tôt, avec moins de nuits froides pour provoquer ces cycles gel-dégel essentiels.

En Nouvelle-Écosse, où les rendements en sève ont diminué de 40 % au cours des 15 à 20 dernières années, la saison commence en moyenne 5 jours plus tôt (d’une date de début moyenne du 16 au 23 mars de 1986 à 1990, au 6 au 11 mars de 2009 à 2013)[4]. D’autres recherches dans ce domaine suggèrent que la saison de la sève dans l’est du Canada pourrait commencer 15 à 19 jours plus tôt d’ici la fin du siècle (par rapport à 1971-2000) et sera plus variable dans un scénario d’émissions élevées[5].

Stress et mortalité accrus des arbres

La hausse des températures et l’évolution des précipitations pourraient rendre les érables plus vulnérables aux parasites et aux maladies. En outre, les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses, les vagues de chaleur, les tempêtes de verglas et les tornades, stressent davantage les arbres et réduisent les rendements (encadré 1).

Perte de températures froides

Partout au Canada, les hivers se réchauffent plus rapidement que toute autre saison. Les températures froides ne sont pas seulement nécessaires pour stimuler la sève. Des périodes de froid prolongées permettent aux érables à sucre de se préparer correctement à la croissance printanière, et des recherches ont montré que le réchauffement des hivers peut réduire le rendement en sirop d’érable et entraîner une baisse de la teneur en sucre du sirop d’érable[5].

Des températures hivernales plus chaudes pourraient également déplacer vers le nord l’aire géographique des conditions climatiques idéales pour la production de sirop d’érable[6]. Si des régions comme le nord du Québec et le Labrador pourraient devenir plus propices à la croissance de l’érable à l’avenir, les provinces maritimes, l’est de l’Ontario et la rive sud du fleuve Saint-Laurent pourraient connaître des conditions de croissance moins favorables[7].

Encadré 1 : Les conditions météorologiques extrêmes sont un autre risque climatique auquel les producteurs de sirop d’érable doivent faire face

En 2019, dans la région de la Beauce, au Québec, entre 15 000 et 20 000 érables ont été déracinés par une tornade. Près de 5 000 de ces érables appartenaient à une même famille. « Il faudra deux à trois générations avant que tout redevienne comme avant », a déclaré M. Fleury, l’un des producteurs touchés.

Lire l’article complet ici (en anglais) : Quebec maple producers devastated after tornado destroys over 15,000 trees | CBC News

Comment les données et les outils climatiques peuvent soutenir l’avenir de l’érable

Les sections suivantes présentent quelques-uns des nombreux ensembles de données et outils disponibles sur Donneesclimatiques.ca et fournissent des exemples d’utilisation de ces produits pour comprendre les impacts de la météo et du climat sur la production de sirop d’érable au Canada.

Produits de prévisions saisonnières – Maintenant disponibles sur Donneesclimatiques.ca

Les prévisions saisonnières peuvent être utilisées pour comprendre comment la saison des sucres pourrait être affectée d’une année à l’autre. Par exemple, si l’on examine les prévisions saisonnières de la température moyenne pour ce printemps, on constate que pour la période de mars à mai 2026, on s’attend à ce que les températures moyennes quotidiennes soient plus chaudes que la moyenne dans les principales provinces productrices de sirop d’érable (figure 1). Le sud du Québec, le sud de l’Ontario, tout le Nouveau-Brunswick et l’ouest de la Nouvelle-Écosse ont une probabilité de 40 % à 70 % de connaître des températures au-dessus de la normale pour les mois de mars à mai par rapport à la normale climatique de 1991-2020. Cette prévision suggère que la saison des sucres est susceptible de commencer plus tôt et d’être plus courte dans ces régions.

 

Figure 1 : Prévisions saisonnières pour le Canada pour ce printemps (mars, avril, mai 2026). La carte illustre la probabilité que les régions du Canada connaissent des températures inférieures (bleu), près de la normale (gris) et au-dessus de la normale (pêche à rouge) par rapport à la moyenne hivernale de 1991-2020. Les zones blanches indiquent que la probabilité est inférieure à 40 % et qu’aucun résultat n’est significativement plus probable que les autres, tandis que les hachures représentent les endroits où l’habileté est inexistante ou faible (pour en savoir plus sur l’habileté, lisez cet article : Tenir compte de l’incertitude dans les prévisions saisonnières – Donneesclimatiques.ca).

Projections climatiques futures : indices calculables pour la production de sirop d’érable

La page de la carte interactive, l’outil d’analyse et l’application d’analogues spatiaux de Donneesclimatiques.ca peuvent être utilisés pour examiner les changements prévus à long terme des principaux indicateurs climatiques liés à la production de sirop d’érable. Nous fournissons ici quelques exemples de ces données en action.

Date du dernier gel printanier

Comme indiqué précédemment, pour que le flux de sève se produise, les températures diurnes doivent dépasser 0 °C et les températures nocturnes doivent descendre en dessous de 0 °C. Ici, nous utilisons Donneesclimatiques.ca pour calculer le jour du dernier gel printanier, c’est-à-dire la date du printemps après laquelle aucune température minimale quotidienne ne devrait être inférieure à 0 °C. Ce calcul a été effectué dans la région de Chaudière-Appalaches, dans le sud du Québec, l’une des nombreuses régions du Québec connues pour sa production de sirop.

 

 

Figure 2 : Date prévue du dernier gel printanier dans un scénario d’émissions modérées (ligne verte, SSP2-4.5) et dans un scénario d’émissions élevées (rouge, SSP5-8.5) de 1950 à 2100 (la zone grise délimite la période historique modélisée).

 

La figure 2 montre que dans un scénario de niveaux d’émissions élevés (en rouge), la date moyenne du dernier gel printanier dans la région de Chaudière-Appalaches, dans le sud du Québec, devrait se produire dès le 7 avril d’ici la fin du siècle, soit plus d’un mois plus tôt par rapport à la situation de départ historique. Des gelées printanières plus précoces pourraient signifier que la saison des sucres pourrait commencer et se terminer plus tôt.

Comprendre l’évolution des températures hivernales

Le tableau suivant montre les températures hivernales moyennes (définies ici comme décembre, janvier, février) dans la région de Chaudière-Appalaches pendant la période historique (1971-2000) et pour deux projections de scénarios d’émissions différents d’ici la fin de ce siècle.

 

 Historique (1971-2000)Futur (2071-2100) selon un scénario d’émissions modérées (SSP2-4.5)*Futur (2071-2100) selon le scénario d’émissions les plus élevées sur Donneesclimatiques.ca (SSP5-8.5) (SSP5-8.5)
Températures hivernales (DJF) (°C)-10.7 °C-5.6 °C-3.0 °C
 
*Médiane de 26 modèles climatiques globaux CMIP6 présentés ici. Visitez la page de la carte interactive pour plus de périodes, de scénarios et de centiles.

 

Le tableau ci-dessus montre que la région de Chaudière-Appalaches, au Québec, pourrait connaître une augmentation des températures hivernales moyennes de 5,1 °C à 7,7 °C d’ici la fin du siècle.

Illustrer l’ampleur des changements climatiques auxquels on s’attend à l’aide d’analogues spatiaux

L’application des analogues spatiaux de Donneesclimatiques.ca est un outil puissant pour illustrer l’ampleur des changements climatiques dans des villes spécifiques. Dans l’exemple ci-dessous, nous avons sélectionné la ville de Québec comme lieu cible et utilisé l’application des analogues spatiaux pour identifier les villes d’Amérique du Nord présentant des caractéristiques climatiques similaires à celles projetées pour Québec, en nous basant sur les trois variables suivantes : la date du dernier gel printanier, les degrés-jours (base 10 °C) et la température annuelle moyenne. Selon l’application, Madison, dans le Wisconsin, est la ville qui correspond le mieux au climat futur prévu pour Québec, avec une adéquation « excellente ».

 

 

Stratégies d’adaptation pour la production de sirop d’érable

 

Il existe plusieurs stratégies d’adaptation qui peuvent soutenir la production de sirop d’érable dans un climat en changement. La « carte des actions en adaptation » sur le site Web Le Canada dans un climat en changement présente un exemple sur les stratégies d’adaptation qui peuvent être adoptées par les producteurs d’érable au Québec, notamment l’utilisation d’outils de prévision météorologique, l’entaillage des arbres plus tôt (par exemple en janvier) et l’amélioration de la biodiversité des érables pour renforcer leur résistance à la sécheresse et aux parasites[8]. Les stratégies d’adaptation pour aider l’industrie du sirop d’érable dans un climat en changement peuvent inclure:

  • Sélection génétique, sélection des arbres et migration assistée : Des recherches sont en cours pour identifier les variétés d’érables plus résistantes aux conditions climatiques en changement, y compris celles qui peuvent maintenir la production de sève pendant les hivers plus chauds. Des études ont suggéré que la sélection génétique pourrait aider à développer des arbres mieux adaptés aux nouvelles conditions environnementales[9]. D’autres chercheurs recommandent d’aider à la migration des érables vers le nord, en plantant des érables diversifiés à la limite nord de la zone où les conditions favorables aux érables existent déjà[7].
  • Amélioration des méthodes de collecte de la sève et mise en œuvre plus précoce : Les progrès réalisés dans les technologies et les techniques de production de l’érable peuvent contribuer à maximiser les rendements même dans des conditions météorologiques défavorables[6] et ont déjà permis d’augmenter les rendements malgré le réchauffement climatique[8]. Ces technologies permettent aux producteurs d’extraire plus de sève par arbre et d’étendre les fenêtres de production[10].
  • Diversification de la production : Certains producteurs explorent d’autres espèces d’érables (par exemple l’érable argenté) ou d’autres espèces d’arbres, comme le bouleau ou le noyer, qui peuvent également produire du sirop et être mieux adaptées aux conditions climatiques futures. La production de sirop de bouleau, par exemple, a attiré l’attention en tant qu’alternative dans les régions où la viabilité de l’érable à sucre est en déclin[6].
  • Gestion durable des forêts : Le maintien de la santé des érablières grâce à des pratiques forestières durables, notamment le chaulage, l’éclaircissage, la lutte contre les parasites et la conservation des sols, peut améliorer la résistance aux parasites, aux maladies et aux événements météorologiques extrêmes associés aux changements climatiques[9]. Des études suggèrent que ces interventions peuvent améliorer la santé des arbres et la stabilité de la production de sève[4].

 

Perspectives d’avenir

 

La production de sirop d’érable au Canada est vulnérable aux changements climatiques. Bien que les changements climatiques posent des défis aux pratiques traditionnelles de production du sirop d’érable, des efforts d’adaptation proactifs peuvent contribuer à préserver cette industrie emblématique. La compréhension des conditions climatiques futures grâce à des outils tels que Donneesclimatiques.ca permet aux producteurs, aux décideurs politiques et aux chercheurs de prendre des décisions éclairées pour soutenir la durabilité à long terme de la production de sirop d’érable.

Pour explorer comment les changements climatiques peuvent affecter la production de sirop d’érable dans votre région et pour appuyer les décisions éclairées par le climat, nous vous encourageons à visiter Donneesclimatiques.ca pour plus d’informations, de ressources et d’études de cas.

Références

[1] Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2025). Aperçu statistique de l’industrie de l’érable au Canada, 2024 – agriculture.canada.ca.

[2]  Zhang, X., Flato, G., Kirchmeier-Young, M., Vincent, L., Wan, H., Wang, X., Rong, R., Fyfe, J., Li, G., Kharin, V.V. (2019). Les changements de température et de précipitations au Canada; chapitre 4 dans Bush, E. et Lemmen, D.S. (éd.) Rapport sur le climat changeant du Canada, gouvernement du Canada, Ottawa, Ontario, pp. 112-193.

[3]  Environnement et Changement climatique Canada. (2025). Bulletin des tendances et des variations climatiques – Hiver 2024-2025. ISSN : 2367-9794

[4] Lada, R., Nelson,K., Thiagarajan, A. (2014). Climate Change Impacts on Maple Syrup Yield in Nova Scotia. Maple Research Program.

[5] Houle, D., Paquette, A., Côté, B., Logan, T., Power, H., Charron, I., & Duchesne, L. (2015). Impacts of climate change on the timing of the production season of maple syrup in Eastern Canada. PLoS One, 10(12), e0144844.

[6] Environmental Protection Agency (EPA). (2025). Climate Change Connections: Vermont (Maple Syrup).

[7] Pelletier, D. (2023). Notre sirop d’érable en péril. Radio Canada. Notre sirop d’érable en péril.

[8] Legault, S., Houle, D., Plouffe, A., Ameztegui, A., Kuehn, D., Chase, L., Blondlot, A. and Perkins, T.D. (2019). Perceptions of U.S. and Canadian maple syrup producers toward climate change, its impacts, and potential adaptation measures. PLoS ONE, 14(4), e0215511. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0215511

[9] Ressources naturelles Canada. (2025). L’acériculture et les changements climatiques : l’avenir a-t-il un goût aussi sucré?

[10] Duchesne, L. et al. (2009). Modelling the effect of climate on maple syrup production in Québec, Canada. Forest Ecology and Management.

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Date 20 février 2026
Auteur Pouriya Jafarpur et Ryan Smith, Centre canadien des services climatiques
Sujets Bâtiments
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Le nouveau Code national du bâtiment 2025 intègre pour la première fois des données climatiques projetées

Introduction

Le climat du Canada est en train de changer, et la conception des bâtiments doit évoluer en conséquence. Les structures construites aujourd’hui devraient durer entre 50 et 100 ans, période durant laquelle la température, les précipitations, le vent et les phénomènes météorologiques extrêmes continueront de changer.

Pour la première fois, le Code national du bâtiment 2025 (CNB) intègre des valeurs de calcul climatiques futures. Ces valeurs reflètent les conditions projetées, telles que la chaleur, le froid, le vent, la neige et les précipitations, plutôt que de se baser uniquement sur des observations historiques. Il s’agit d’une avancée significative pour s’assurer que les bâtiments neufs et rénovés restent sûrs, fonctionnels et résilients tout au long de leur durée de vie, compte tenu notamment de l’ampleur et de la longévité des investissements continus du Canada dans les bâtiments et les infrastructures de logement.

Cet article met en évidence les mises à jour apportées aux valeurs de calcul climatiques  du CNB 2025 et renvoie également les lecteurs vers d’autres outils et ressources axés sur le secteur du bâtiment disponibles sur le site. Il décrit les mises à jour apportées et explique comment Donneesclimatiques.ca aide les professionnels à appliquer ces informations dans la pratique.

Une étape importante dans la conception de bâtiments tenant compte du climat

Le Canada est le premier pays à intégrer directement les projections climatiques futures dans son Code national du bâtiment. Cette mise à jour est le fruit de plus d’une décennie de collaboration entre Logement, Infrastructures et Collectivités Canada (LICC), Environnement et Changement Climatique Canada (ECCC), le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et d’autres partenaires.

La mise à jour soutient également les objectifs de la Stratégie nationale d’adaptation du Canada, notamment l’engagement d’intégrer la résilience climatique dans les principaux codes nationaux. Des efforts parallèles ont été déployés, notamment la mise à jour récente du Code canadien sur le calcul des ponts routiers et du Code canadien de l’électricité.

Ensemble, ces changements fournissent une base cohérente pour intégrer des valeurs de calcul tenant compte du climat dans les décisions relatives aux bâtiments et aux infrastructures au Canada.

Pourquoi les données climatiques historiques ne suffisent plus

Traditionnellement, les codes du bâtiment et les modèles de performance s’appuyaient sur les données météorologiques historiques. Ces ensembles de données partent du principe que les conditions climatiques passées sont représentatives de l’avenir.

Cependant, la stationnarité du climat n’est plus une hypothèse tenable : la planète se réchauffe et les phénomènes de chaleur extrême, de fortes précipitations, de sécheresse et de fumée de feux de forêt sont en train de changer. De plus, le Canada se réchauffe à un rythme environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale avec un réchauffement encore plus rapide dans les régions nordiques.

Ces tendances climatiques ont des implications pratiques pour les bâtiments, notamment:

  • des besoins accrus en matière de climatisation et de ventilation,
  • un risque accru de surchauffe,
  • des changements dans la demande de chauffage,
  • la modification des charges de neige et de pluie,
  • l’importance croissante de la gestion de la qualité de l’air intérieur.

Pour les bâtiments et les infrastructures à longue durée de vie, une conception fondée uniquement sur les conditions passées augmente le risque de sous-performance, d’augmentation des coûts d’exploitation et de réduction du confort et de la sécurité des occupants.

Quelles données climatiques ont été mises à jour?

Comme dans les publications précédentes du CNB, les données climatiques de conception sont présentées dans le tableau C-2 pour plus de 680 . Ces données comprennent des variables utilisées dans l’ensemble du code, telles que la température, les précipitations, le vent et la neige. Ce qui a changé, c’est la manière dont certaines valeurs sont déterminées : le CNB 2025 intègre de l’information sur les projections climatiques afin d’indiquer les endroits où les conditions futures devraient entraîner une augmentation des exigences de conception.

Lorsque qu’on s’attend à ce que le réchauffement intensifie les conditions pertinentes pour la conception, les valeurs correspondantes sont ajustées pour prendre en compte les conditions climatiques futures. Lorsque les changements projetées réduiraient les exigences de conception, les valeurs actuelles (historiques) sont conservées afin de s’assurer que les bâtiments restent robustes dans les conditions actuelles tout au long de leur durée de vie.

Par exemple, les valeurs de calcul pour les températures en juillet sont modifiées pour refléter les augmentations projetées de la chaleur estivale. En revanche, les valeurs telles que les degrés-jours de chauffage (une valeur qui peut servir à calculer les besoins en chauffage pendant l’hiver) et les valeurs de calcul pour la température en janvier restent basées sur des données historiques, car les bâtiments doivent toujours fonctionner de manière fiable dans les conditions climatiques hivernales actuelles.

En voie vers un réchauffement climatique de 2,5 °C

Le CNB 2025 intègre des valeurs de calcul climatiques qui représentent les conditions qui correspondent à une trajectoire de réchauffement climatique mondial de 2,5 °C. Le réchauffement climatique est une mesure de la variation de la température moyenne mondiale par rapport à une période de référence (une base de référence). Dans l’annexe C du CNB, la base de référence utlisée pour les projections est la période 1986-2016.

L’annexe C indique également que des projections ont été élaborées pour d’autres niveaux de réchauffement, allant de 0,5 °C à 3,5 °C (par paliers de 0,5 °C) par rapport à la même base de référence. Ces niveaux de réchauffement supplémentaires permettent d’examiner de manière cohérente comment les conditions climatiques de conception peuvent varier en fonction de niveaux de réchauffement climatique plus ou moins élevés.

Résumés des valeurs futures de calcul des bâtiments sur Donneesclimatiques.ca

Afin de faciliter l’utilisation pratique des données de calcul climatiques du CNB 2025, Donneesclimatiques.ca fournit des résumés des valeurs futures de calcul des bâtiments pour différents endroits au Canada. Ces résumés présentent des données climatiques pertinentes pour la conception dans le même format que le tableau C-2, avec de brèves notes techniques et des conseils en langage clair.

Les résumés reposent sur les mêmes fondements que l’approche climatique du Code, mais rendent les informations plus faciles d’accès et d’application dans la pratique, ce qui aide à relever un défi courant : traduire les projections climatiques en décisions de conception de manière claire et défendable. Les utilisateurs peuvent rapidement télécharger un résumé pour un emplacement spécifique qui rassemble les variables de calcul couramment utilisées, telles que les températures de conception pour les jours chauds et froids, les charges de neige, la pression du vent et les variables de précipitation.

Une valeur ajoutée essentielle réside dans le fait que les résumés fournissent des résultats pour des niveaux supplémentaires de réchauffement climatique. Alors que le CNB 2025 utilise un niveau de référence principal de 2,5 °C, Donneesclimatiques.ca présente également des informations comparables sur les valeurs de calcul pour un réchauffement de 1,5 °C et 3,0 °C (par rapport à la période référence de 1986-2016).

Autres sources de données climatiques futures sur Donneesclimatiques.ca

 

Fichiers météorologiques futurs

La simulation de la performance des bâtiments est utilisée pour évaluer la consommation d’énergie, le confort thermique et la performance des systèmes mécaniques dans les conditions d’exploitation prévues. Ces simulations s’appuient sur des fichiers météorologiques pour représenter les conditions extérieures au cours d’une année typique. Outre les fichiers historiques basés sur des observations passées, des fichiers météorologiques futurs sont également disponibles à travers le Canada via le Pacific Climate Impacts Consortium (PCIC) et le Conseil national de recherches du Canada (CNRC).

Donneesclimatiques.ca propose des articles explicatifs qui décrivent ce que sont les fichiers météorologiques, présentent les futurs produits disponibles au Canada et résument leur élaboration et leur usage envisagé. À l’aide des fichiers météorologiques futurs, les concepteurs de bâtiments évaluent comment les performances peuvent évoluer dans des conditions plus chaudes. Par exemple, les données sur l’évolution des besoins en climatisation, les risques de surchauffe et la consommation énergétique saisonnière peuvent aider à prendre des décisions plus éclairées en matière de conception et de rénovation.

Zones climatiques futures des bâtiments

Le Code national de l’énergie pour les bâtiments du Canada utilise des zones climatiques déterminées en fonction des degrés-jours de chauffage pour orienter les exigences en matière d’efficacité énergétique.

Historiquement, ces zones étaient développées à partir des conditions climatiques passées. Afin de refléter le réchauffement climatique actuel, le Centre canadien de services climatiques et ses partenaires ont élaboré les zones climatiques futures des bâtiments basées sur les projections climatiques.

Ces cartes montrent des changements importants dans les zones climatiques à travers le Canada, en particulier dans les régions historiquement caractérisées par des hivers longs et froids. Dans de nombreuses régions, on s’attend à une réduction de la demande de chauffage et à une augmentation de la demande de climatisation au fil du temps.

Les zones climatiques futures fournissent un signal important de l’évolution des conditions de référence et peuvent soutenir la planification à long terme des enveloppes, des systèmes mécaniques et des stratégies énergétiques.

Contenu pédagogique pour le secteur du bâtiment

En plus de fournir des ensembles de données bruteset des valeurs de calcul, Donneesclimatiques.ca fournit du contenu d’apprentissage dédié au secteur du bâtiment qui soutient l’application pratique des informations climatiques.

Le contenu pédagogique destiné au secteur du bâtiment rassemble des ensembles de données spécifiques au secteur, des conseils techniques et des études de cas concrets qui illustrent comment les données climatiques peuvent être intégrées dans les processus de planification, de conception et d’évaluation des risques.

Ce contenu aborde des sujets tels que :

  • la gestion de la surchauffe et du confort thermique dans les climats futurs
  • la sélection de scénarios climatiques et de niveaux de réchauffement climatique appropriés,
  • l’utilisation de fichiers météorologiques futurs dans la modélisation des performances,
  • l’interprétation des incertitudes dans les projections climatiques,
  • la documentation des décisions de conception fondées sur les données climatiques.

Des études de cas mettent en évidence la manière dont les ingénieurs, les architectes, les urbanistes et les gestionnaires d’actifs utilisent déjà les données climatiques pour éclairer les projets de construction à travers le Canada. Ces exemples fournissent un aperçu pratique des défis, des solutions et des enseignements tirés.

 

Perspectives

L’intégration des valeurs de calcul climatiques futures dans le CNB 2025 représente une étape importante dans l’alignement des pratiques de construction sur l’évolution du climat au Canada.

En combinant des résumés conformes au code avec un répertoire de données climatiques plus complet, le portail Donneesclimatiques.ca favorise à la fois la conformité et la planification de la résilience à long terme. Les professionnels du bâtiment peuvent utiliser ces outils pour réduire les risques, améliorer les performances et renforcer la sécurité et le confort des occupants pendant toute la durée de vie de leurs projets.

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Date 12 février 2026
Auteur Frances Delaney et Ryan Smith, Centre canadien des services climatiques
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques, Prévisions saisonnières à décennales
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Le jour de la marmotte contre les prévisions saisonnières: ce que Donneesclimatiques.ca dit à propos du printemps 2026

Chaque année en février, les Canadiens se tournent vers leurs rongeurs endormis préférés pour avoir un indice sur l’arrivée du printemps. Selon la tradition du jour de la marmotte, si une marmotte voit son ombre, l’hiver durera encore six semaines; si elle ne la voit pas, le printemps arrivera tôt. 

En 2026, plusieurs marmottes bien connues à travers le pays ont fait des prédictions différentes pour le printemps. Par exemple, Wiarton Willie en Ontario et Fred la marmotte au Québec prédisent un printemps précoce, tandis que Van Island Violet sur l’île de Vancouver et Balzac Billy en Alberta prédisent un printemps tardif. 

Mais peut-on se fier à ces ombres de marmottes ? 

Voyons ce que peuvent nous apprendre les prévisions saisonnières pour ce printemps. 

Ce que montrent les prévisions saisonnières 

Les prévisions saisonnières disponibles sur Donneesclimatiques.ca sont produites par Environnement et Changement climatique Canada et sont mises à jour chaque mois. Les prévisions saisonnières montrent comment les conditions climatiques des trois prochains mois sont susceptibles de se comparer au passé, en indiquant la probabilité de températures et de précipitations au-dessus de la normale, près de la normale ou sous la normale. 

Pour la période de février à avril 2026, les prévisions de température suggèrent: 

  • Des conditions plus chaudes que la normale sont plus probables que non en Colombie-Britannique, dans le sud du Yukon, dans le sud de l’Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, dans certaines parties du nord et de l’ouest de l’Ontario, dans de vastes régions du Québec, dans la majeure partie du Nunavut et dans une grande partie du Canada atlantique. 
  • Des températures près de la normale sont plus probables dans certaines parties du centre et de l’est de l’Ontario, du sud-ouest du Québec, du centre du Yukon et de la majeure partie de la Nouvelle-Écosse. 
  • Des températures sous la normale sont plus probables dans le sud de l’Ontario, le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, le nord du Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. 

Ces prévisions nous aident à déterminer si les conditions penchent davantage vers un printemps tardif ou un hiver prolongé, plutôt que de donner une prédiction en noir et blanc. Elles estiment comment les conditions moyennes d’une saison vont probablement se comparer à la « normale » (c’est-à-dire les conditions moyennes de la même saison entre 1991 et 2020). 

Consultez la carte et zoomez sur votre endroit ici: Explorez les cartes – Donneesclimatiques.ca. 

Alors, quelles marmottes sont en accord avec les prévisions saisonnières ? 

Début du printemps plus tôt: 

Les prévisions saisonnières concordent-elles avec celles de la marmotte ?Lien vers l’article sur la marmotte (en anglais seulement)Pourquoi les prévisions saisonnières concordent-elles ou non ?Niveau d’habileté*
❌ NonShubenacadie Sam, en Nouvelle-Écosse, n’a pas vu son ombre, prédisant un printemps précoceLes prévisions saisonnières pour le sud de la Nouvelle-Écosse, où vit Shubenacadie Sam, ne montrent que 32 % de chances de températures au-dessus de la normale, ce qui rend un printemps précoce peu probable.Moyen ⭐⭐
✅ OuiFred la marmotte, au Québec, prédit un printemps précoceUne grande partie du nord et de l’est du Québec devrait connaître des températures au-dessus de la normale. Fred la marmotte se trouve à Percé, au Québec, où il y a 63 % de chances que les températures saisonnières de février à avril soient au-dessus de la normale.Moyen ⭐⭐
❌ NonWiarton Willie, en Ontario, a fait une prédiction concernant un printemps précoceBien que des températures au-dessus de la normale soient plus probables que non dans certaines parties du nord de l’Ontario, Wiarton, en Ontario, n’a que 20 % de chances que les températures de février à avril soient plus chaudes que la normale.Moyen ⭐⭐
✅ OuiOkanagan Okie fait une prédiction d’un printemps précoceOn s’attend à ce que la plupart des régions de la Colombie-Britannique connaissent des températures au-dessus de la normale, et dans la vallée de l’Okanagan, il y a 70 % de chances que la température moyenne de février à avril soit au-dessus de la normale.Moyen ⭐⭐

*Cliquez ici pour découvrir ce que signifie « Niveau d’habileté »: Tenir compte de l’incertitude dans les prévisions saisonnières – DonneesClimatiques.ca 

Début du printemps plus tard:

Les prévisions saisonnières concordent-elles avec celles de la marmotte ?Lien vers l’article sur la marmotte (en anglais seulement)Pourquoi les prévisions saisonnières concordent-elles ou non ?Niveau d’habileté*
❌ NonVan Island Violet fait une prédiction de six semaines supplémentaires d’hiver.Sur la côte de la Colombie-Britannique et sur l’île de Vancouver, des températures au-dessus de la normale sont très probables. À Nanaimo, en Colombie-Britannique, il y a 74 % de chances que les mois de février à avril soient plus chauds que la normale, et seulement 3 % de chances qu’ils soient plus froids !Élevée ⭐⭐⭐
❌ NonBalzac Billy, en Alberta, également connu sous le nom de « Prairie Prognosticator », fait une prédiction pour six semaines supplémentaires d’hiverLa majeure partie du sud de l’Alberta devrait connaître des températures au-dessus de la normale, et à Calgary, où réside Balzac Billy, il y a 58 % de chances que les températures saisonnières de février à avril soient au-dessus de la normale.Moyen ⭐⭐
❌ NonManitoba Merv fait une prédiction de six semaines supplémentaires d’hiverAu nord de Winnipeg, où réside Manitoba Merv, il y a 45 % de chances que les températures saisonnières de février à avril soient au-dessus de la normale, et seulement 19 % de chances qu’elles soient sous la normale, ce qui rend peu probable six semaines supplémentaires d’hiver.Moyen ⭐⭐

*Cliquez ici pour découvrir ce que signifie « Niveau d’habileté »: Tenir compte de l’incertitude dans les prévisions saisonnières – DonneesClimatiques.ca 

Explorer les aperçus saisonniers sur Donneesclimatiques.ca 

Sur Donneesclimatiques.ca, vous pouvez accéder aux dernières prévisions saisonnières ainsi qu’aux données climatiques historiques et aux projections à long terme. La plateforme vous permet: 

  • De consulter les prévisions pour votre région, à l’aide de l’interface carte zoomable que vous connaissez déjà grâce aux autres produits Donneesclimatiques.ca. 
  • De comparer les prévisions saisonnières avec les données historiques et les projections climatiques futures, afin de faciliter la prise de décision en vous appuyant sur des informations couvrant plusieurs horizons temporels, des années 1950 à la fin du siècle. 
  • D’accéder à des explications claires et à des conseils, notamment du contenu de la Zone d’apprentissage, des blogs, des FAQ et des ressources supplémentaires. 
  • De télécharger les prévisions mensuelles et saisonnières dans des formats cohérents, ce qui facilite leur intégration dans les flux de travail, les analyses et les rapports existants. 

Ces outils facilitent la planification dans des secteurs tels que l’agriculture, les infrastructures, la gestion des urgences et la santé publique. 

Pour en savoir plus, cliquez ici : Nouveautés à noter : prévisions mensuelles et saisonnières maintenant disponibles sur Donneesclimatiques.ca – Donneesclimatiques.ca. 

 

Du folklore aux prévisions saisonnières – Il ne fait pas l’ombre d’un doute que les prévisions saisonnières donnent une image plus claire de la situation 

Le jour de la marmotte sera toujours un moyen amusant de parler de la saison à venir – et c’est depuis longtemps un moyen pour les villes et les villages de tout le pays de se rassembler, de créer une communauté et d’avoir quelque chose à attendre avec impatience. Cependant, pour la prise de décision pratique, les prévisions saisonnières vous permettent de « sortir de l’ombre » et d’accéder aux données, vous offrant ainsi une image plus complète et plus scientifique des conditions printanières probables. Alors profitez du folklore, puis consultez les prévisions avant de remiser la pelle pour la saison.

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Date 10 février 2026
Auteur Jaxton Gray et Ruth Moore, Centre canadien des services climatiques
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques, Prévisions saisonnières à décennales
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Introduction – Qu’est-ce que l’oscillation nord-atlantique ?

Donneesclimatiques.ca est spécialisé dans la fourniture de projections à long terme du climat futur afin d’éclairer les mesures visant à renforcer la résilience aux changements climatiques. Donneesclimatiques.ca fournit des prévisions climatiques à l’échelle saisonnière à décennale (S2D), composées de prévisions probabilistes pour les saisons et les années à venir. Les prévisions S2D comblent le fossé entre les prévisions météorologiques et les projections climatiques à long terme. Ces prévisions à court terme sont fortement influencées par les changements de température et de circulation océaniques.

Les températures océaniques et les modèles de circulation sont considérés comme des facteurs internes de variabilité climatique. La variabilité interne fait référence aux changements naturels qui se produisent dans le système terrestre, sous l’effet des interactions entre l’atmosphère, les océans et les terres, indépendamment des facteurs externes de changement tels que les émissions de gaz à effet de serre. Le cycle El Niño-Oscillation australe (ENSO) est un facteur bien connu de variabilité interne au Canada. Un autre facteur important de variabilité climatique interne au Canada est l’oscillation nord-atlantique (ONA). L’ONA est le facteur le plus important de variabilité climatique dans l’Atlantique Nord (Visbeck et al., 2001) et un facteur dominant qui contrôle la variabilité climatique dans l’est du Canada (Qian et al., 2008).

L’ONA est un phénomène climatique qui résulte de la différence de pression au niveau de la mer (SLP) entre deux régions de l’Atlantique Nord : l’anticyclone des Açores (une région généralement sous haute pression dans l’Atlantique subtropical) et la dépression islandaise (une région généralement sous basse pression près de l’Islande) (figure 1). Lorsque la différence de pression entre les régions est supérieure à la moyenne, l’ONA est en phase positive, et lorsqu’elle est inférieure à la moyenne, elle est en phase négative.

Les changements de phase de l’ONA influencent les vents, les tempêtes, les précipitations et la température dans tout l’Atlantique Nord, affectant le climat du Canada, de l’Arctique, de l’Europe et des États-Unis. Ces connexions à longue distance au sein du système climatique sont officiellement appelées « téléconnexions » (encadré 1).

La phase positive de l’ONA  est généralement associée à des températures plus froides dans l’Arctique canadien et à des températures plus chaudes dans le sud-est du Canada, tandis que la phase négative est généralement associée à des températures plus chaudes dans l’Arctique canadien et à des températures plus froides dans le sud-est du Canada (figure 1). Dans cet article, nous nous intéressons à l’influence de l’ONA sur le climat et examinons plus en détail ses effets sur le climat canadien.

Figure 1 : L’ONA alterne entre une phase positive, lorsque l’Arctique canadien est plus froid et le sud-est du Canada plus chaud, et une phase négative, lorsque l’Arctique canadien est plus chaud et le sud-est du Canada plus froid. Elle est définie comme la différence de pression au niveau de la mer (SLP) entre une région autour de l’Islande (marquée L) et les Açores (marquées H). Dans la phase positive de l’ONA, la dépression islandaise et l’anticyclone des Açores sont plus forts ; dans la phase négative, ils sont plus faibles. Ces changements de pression modifient la position du courant-jet de l’Atlantique Nord (flèche blanche). Les différences de pression au niveau de la mer correspondantes sont illustrées à la figure 2. Figure adaptée de la NOAA (en anglais seulement)et du World Climate Service (en anglais seulement).

Encadré 1 : Que sont les téléconnexions climatiques ?

Le terme « téléconnexions », dérivé de « télé », qui signifie « à distance », décrit les phénomènes par lesquels les conditions météorologiques et climatiques d’une région sont influencées par des événements climatiques se produisant à des milliers de kilomètres de distance. L’étude de ces phénomènes aide les scientifiques à comprendre comment les différentes parties du système climatique sont interconnectées.

Les téléconnexions se produisent en partie parce que le système climatique est lié par des modèles de circulation à l’échelle planétaire appelés ondes de Rossby (Killworth, 2001). Les ondes de Rossby se forment lorsque l’air et l’eau se déplacent entre des régions plus chaudes et plus froides. La rotation de la Terre guide ces ondes, formant des modèles ondulatoires semblables à des rivières dans l’atmosphère et les océans (Nigam et Baxter, 2015). Contrairement au mouvement vertical des vagues observé sur une plage, les ondes de Rossby se déplacent principalement à l’horizontale et peuvent s’étendre sur des milliers de kilomètres. Les ondes de Rossby peuvent créer des modèles météorologiques persistants (haute ou basse pression) qui restent stables pendant des semaines, voire des mois.

Ces schémas de circulation peuvent agir comme une balançoire : lorsque la pression est élevée dans une zone, elle a tendance à être plus faible dans la région connectée.

Comment l’ONA influence le climat

Les phases alternées de l’ONA peuvent durer de plusieurs semaines à plusieurs mois (voir l’encadré 2 pour savoir comment les phases de l’ONA sont surveillées), entraînant une variabilité climatique annuelle et saisonnière. La phase de l’ONA influence le courant-jet de l’Atlantique Nord, un courant d’air à haute altitude qui se déplace rapidement et qui contribue à orienter les systèmes météorologiques (pour plus d’informations, veuillez consulter la page de la NOAA sur le courant-jet (en anglais seulement), faisant de l’ONA  un facteur important de variabilité interne (Lindsey et Dahlman, 2009). Grâce à ses interactions avec le courant-jet, la phase de l’ONA est associée à la tempétuosité (Lindsey et Dahlman, 2009) et à la force des vents d’ouest dans l’Atlantique Nord (Qian et al., 2008 ; Dutton, 2021). 

L’ONA est étroitement liée à un autre phénomène climatique, l’oscillation arctique (Wettstein et Mearns, 2002 ; Lindsey et Dahlman, 2009 ; Brown, 2010 ; Dutton, 2021). En fait, un débat actif est en cours pour déterminer si ces deux phénomènes sont distincts.

Encadré 2 : Surveillance de l’ONA

L’ONA est surveillée en mesurant la différence de la SLP entre deux points de référence, généralement Reykjavik, en Islande, et Lisbonne, au Portugal (Dutton, 2021). La différence de pression entre ces points est comparée à la différence de pression moyenne à long terme, ce qui donne l’indice de l’ONA (figure 2). Comme mentionné dans l’introduction , lorsque la différence de pression est supérieure à la moyenne, l’ONA est en phase positive (en rouge sur la figure 2). Lorsque la différence de pression est inférieure à la moyenne, l’ONA est en phase négative (en bleu sur la figure 2).Figure 2 : L’indice de l’ONA entre Lisbonne et Reykjavik, montrant la série chronologique de 1865 à 2023. La phase positive est représentée en rouge et la phase négative en bleu. Données disponibles auprès de la NOAA (en anglais seulement).

Une autre méthode de mesure de l’indice de l’ONA consiste à analyser la configuration de la SLP entre les zones situées autour de l’Islande et des Açores, plutôt que d’utiliser les observations ponctuelles des stations. Cette méthode, connue sous le nom d’analyse en composantes principales, permet d’analyser la configuration spatiale globale de l’ONA. Vous trouverez plus d’informations sur cette méthode sur le site Web du NCAR (en anglais seulement).

L’ONA et le climat canadien

Les phases oscillantes de l’ONA sont généralement associées à des différences de température, de précipitations et de tempêtes dans l’est du Canada.

Phase positive

Pendant la phase positive, la forte différence de pression entre l’anticyclone des Açores et la dépression islandaise renforce le courant-jet de l’Atlantique Nord (figure 1). Le courant-jet renforcé déplace les tempêtes vers le nord, ce qui entraîne une diminution des tempêtes dans l’est de l’Amérique du Nord et une augmentation des tempêtes en Europe du Nord.

La phase positive de l’ONA est généralement associée à des conditions principalement plus fraîches et plus sèches dans le nord-est du Canada et l’Arctique canadien, et à des conditions plus chaudes et plus humides dans le sud du Canada (figure 1, Brown 2010, Dutton 2010). La phase positive est souvent associée à une réduction des précipitations dans le nord et l’est du Canada (Bonsal & Shabbar 2008).  Au-dessus de la baie d’Hudson, la phase de l’ONA entraîne des changements dans la couverture de glace de mer, les années positives ayant tendance à voir une formation précoce de la glace de mer (Qian et al., 2008).

Phase négative

Pendant la phase négative, la faible différence de pression entre l’anticyclone des Açores et la dépression islandaise fait que le courant-jet de l’Atlantique Nord s’oriente davantage d’ouest en est (figure 1). La position ajustée du courant-jet entraîne une diminution du nombre de tempêtes en Europe du Nord. Dans l’est de l’Amérique du Nord, on observe généralement plus de tempêtes que la normale, en raison de la baisse de la pression atmosphérique dans la région.

Pendant la phase négative, l’est de l’Arctique canadien est plus chaud, tandis que certaines régions du sud-est du Canada et de l’est des États-Unis sont généralement plus froides (Brown, 2010) (figure 1), avec des irruptions d’air froid plus  fréquentes dans l’est de l’Amérique du Nord (Lindsey et Dahlman, 2009). Le sud-est du Canada et l’est des États-Unis sont généralement plus secs (Bonsal et Shabbar 2008, Dutton 2010), tandis que le nord-est du Canada est plus humide en raison des vents de l’Atlantique qui apportent de l’air chaud et humide dans la région (Brown 2010).

Conclusion

L’ONA est un facteur important de la variabilité climatique interne  en Amérique du Nord, dans l’Arctique et en Europe, en particulier dans l’Atlantique Nord. Dans le nord-est du Canada, les deux phases de l’ONA peuvent être utilisées pour comprendre la variabilité de la température, des précipitations, de la glace de mer et de la fréquence des tempêtes.

Contrairement à l’oscillation El Niño-Sud (ENSO), qui peut être prévue plusieurs mois à l’avance, un changement dans la phase de l’ONA ne peut être prévu qu’une semaine ou deux à l’avance. Une meilleure compréhension de la variabilité interne à partir de téléconnexions comme l’ONA peut conduire à des modèles climatiques plus précis et à des améliorations dans les prévisions saisonnières.

Lectures complémentaires

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’ONA, comment elle est mesurée, comment elle influence le climat du Canada (et d’autres pays bordant l’Atlantique Nord) et comment la phase de l’ONA peut être prédite, veuillez consulter les ressources suivantes :

Si vous vous intéressez aux prévisions saisonnières à décennales (S2D) ou à la manière dont elles sont influencées par la variabilité climatique interne, vous pouvez en savoir plus sur la page d’accueil S2D :

Références

Bonsal, B. et Shabbar, A., 2008. Impacts de la variabilité de la circulation à grande échelle sur les faibles débits fluviaux au Canada : une revue. Revue canadienne des ressources hydriques, 33(2), pp. 137-154.

Brown RD. 2010. Analyse de la variabilité et de l’évolution de la couverture neigeuse au Québec, 1948-2005. Hydrological Processes, 24(14) : 1929-1954. https://doi.org/10.1002/hyp.7565.

Dutton J. 2021. World Climate Service. Qu’est-ce que l’oscillation nord-atlantique (NAO) ? Consulté le 11/12/2025. Disponible en ligne à l’adresse https://www.worldclimateservice.com/2021/08/26/north-atlantic-oscillation/.

Killworth PD. 2001. Ondes de Rossby. Dans : Steele JH (éd.) Encyclopedia of Ocean Sciences. Academic Press : Oxford, 2434–2443.

Lindsey R, Dahlman L. 2009. Administration nationale océanique et atmosphérique. Variabilité climatique : oscillation nord-atlantique. Consulté le 23/10/2025. Disponible à l’adresse : https://www.climate.gov/news-features/understanding-climate/climate-variability-north-atlantic-oscillation

Nigam S, Baxter S. 2015. CIRCULATION GÉNÉRALE DE L’ATMOSPHÈRE | Téléconnexions. Dans : North GR, Pyle J et Zhang F (éd.) Encyclopédie des sciences atmosphériques (deuxième édition). Academic Press : Oxford, 90–109.

Qian M, Jones C, Laprise R, Caya D. 2008. Les influences de l’oscillation nord-atlantique (NAO) et de la banquise de la baie d’Hudson sur le climat de l’est du Canada. Climate Dynamics, 31(2) : 169-182. https://doi.org/10.1007/s00382-007-0343-9.

Visbeck MH, Hurrell JW, Polvani L, Cullen HM. 2001. L’oscillation nord-atlantique : passé, présent et avenir. Actes de l’Académie nationale des sciences 98(23) : 12876-12877. https://doi.org/10.1073/pnas.231391598.

Wettstein JJ, Mearns LO. 2002. L’influence de l’oscillation Atlantique-Arctique sur la moyenne, la variance et les extrêmes de température dans le nord-est des États-Unis et au Canada. Journal of Climate, 15(24), 3586-3600. https://doi.org/10.1175/1520-0442(2002)015<3586:TIOTNA>2.0.CO;2

Whan K, Zwiers F. 2017. L’impact de l’ENSO et de la NAO sur les précipitations hivernales extrêmes en Amérique du Nord dans les observations et les modèles climatiques régionaux. Climate Dynamics, 48(5): 1401–1411. https://doi.org/10.1007/s00382-016-3148-x.

Zhao H, Higuchi K, Waller J, Auld H, Mote T. 2013. Les impacts du PNA et du NAO sur l’enneigement maximal annuel dans le sud du Canada entre 1979 et 2009. International Journal of Climatology, 33(2) : 388-395. https://doi.org/10.1002/joc.3431.

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Date 27 janvier 2026
Auteur Donneesclimatiques.ca
Sujets Nouveauté à noter, Prévisions saisonnières à décennales
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Quoi de neuf? 

Les cartes de prévision mensuelles et saisonnières sont maintenant disponibles sur Donneesclimatiques.ca! Les prévisions mensuelles, saisonnières et décennales permettent de combler l’écart entre les prévisions météorologiques et les projections climatiques à plus long terme. Vous pouvez désormais explorer et télécharger des informations spécifiques à un endroit pour les mois et les saisons à venir à l’aide de la même interface cartographique interactive que celle utilisée pour les données historiques et les projections climatiques futures.  

Les produits de prévision décennale seront disponibles sur Donneesclimatiques.ca plus tard cette année.  

Prêt à vous plonger dans les données? Cliquez ici: Cartes – DonneesClimatiques.ca.

Pourquoi est-ce important? 

Les cartes de prévisions saisonnières et mensuelles de Donneesclimatiques.ca sont basées sur les mêmes modèles de prévision développés et utilisés par Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) (Prévisions saisonnières pour Canada). Donneesclimatiques.ca s’appuie sur cette base pour offrir davantage de produits de prévisions et de fonctionnalités afin de faciliter la recherche, l’exploration et l’utilisation des prévisions saisonnières.  

Sur Donneesclimatiques.ca, vous pouvez désormais: 

  • Consulter les prévisions pour votre emplacement à l’aide de l’interface cartographique zoomable que vous connaissez déjà grâce aux autres produits Donneesclimatiques.ca. 
  • Comparer les prévisions saisonnières avec les données historiques et les projections climatiques futures, afin d’appuyer la prise de décision sur des informations couvrant plusieurs horizons temporels, depuis les années 1950 jusqu’à la fin du siècle. 
  • Accédez à des explications claires et à des ressources, notamment au contenu de la Zone d’apprentissage, aux blogues, aux FAQ et à des ressources supplémentaires pour vous aider à interpréter ces prévisions probabilistes et à comprendre leur incertitude. 
  • Téléchargez les prévisions mensuelles et saisonnières dans des formats cohérents, ce qui facilite leur intégration dans les flux de travail, les analyses et les rapports existants. 

En bref, ces produits ne remplacent pas les prévisions existantes d’ECCC; ils les complètent et les présentent dans un format convivial, conçu pour appuyer la planification et les décisions d’adaptation dans le monde réel. 

Que montrent les prévisions saisonnières? 

Les prévisions saisonnières prédisent comment les conditions climatiques d’une saison à venir (une période de trois mois) sont susceptibles de se comparer à celles du passé. Elles décrivent la probabilité que des variables telles que la température et les précipitations, soient supérieures ou inférieures aux conditions passées (la période de référence actuelle utilisée pour comparer les prévisions saisonnières est 1991-2020). Les prévisions nous indiquent la probabilité que les variables soient « au-dessus, près ou sous la normale » ou « inhabituellement élevées ou basses » par rapport aux conditions de la période passée.  

Pour en savoir plus sur la signification de toutes ces conditions, consultez : Que sont les prévisions saisonnières? – Donneesclimatiques.ca. 

Ce que les prévisions saisonnières ne montrent pas 

Les prévisions saisonnières indiquent la probabilité que différents résultats se produisent au cours des prochains mois, mais elles ne prédisent pas d’événements météorologiques spécifiques. Par exemple, elles peuvent vous indiquer la probabilité que la saison, dans son ensemble, soit caractérisée par des précipitations inhabituellement élevées, mais elles ne peuvent pas vous dire si des précipitations extrêmes se produiront un jour ou une semaine donné(e) au cours de la saison. Elles ne montrent pas : 

  • La météo quotidienne ou hebdomadaire, comme le moment où se produiront les tempêtes, les vagues de chaleur, les vagues de froid ou les fortes précipitations. 
  • La variabilité à court terme au sein d’une saison, ce qui signifie qu’une saison pour laquelle on prévoit une probabilité élevée de températures « au-dessus de la normale » peut tout de même comporter des jours plus froids que la normale, et vice versa. 
  • Les aléas locaux et de courte durée, tels que les orages, les tornades ou les inondations soudaines. 

Les prévisions saisonnières décrivent les conditions saisonnières les plus probables, selon les prévisions du modèle. Elles sont particulièrement utiles pour la planification et la gestion des risques à l’échelle saisonnière, mais ne peuvent être utilisées pour prendre des décisions opérationnelles en temps réel en fonction des conditions météorologiques. Par exemple, un exploitant d’une patinoire extérieure peut utiliser les prévisions saisonnières ou mensuelles pour savoir si la région où se situe sa patinoire sera probablement plus chaude ou plus froide que la normale, mais il ne peut pas prévoir les jours précis où il devra fermer la patinoire en raison de températures élevées. 

À quelles fins pouvez-vous utiliser les prévisions saisonnières? 

L’un des principaux avantages des prévisions saisonnières est qu’elles fournissent des informations jusqu’à un an à l’avance. Pour les plans et les décisions qui peuvent bénéficier d’une connaissance préalable des conditions saisonnières les plus probables, ces prévisions fournissent des informations qui peuvent être utilisées pour évaluer les avantages et les risques liés à différentes mesures 

Voici quelques exemples d’ajustements opérationnels possibles : 

  • Agriculture: ajuster le calendrier des semis, des périodes d’application d’engrais et d’irrigation, le calendrier des récoltes ou explorer de nouvelles options de cultures. 
  • Énergie: ajuster les prévisions de consommation d’énergie, planifier les excédents ou les pénuries potentiels, préparer des approvisionnements énergétiques supplémentaires et planifier la maintenance en fonction de la demande prévue en chauffage ou en climatisation.  
  • Gestion de l’eau et des bassins versants: planifier l’exploitation des réservoirs et de la production d’énergie hydroélectrique, se préparer à des conditions plus sèches ou plus humides, et gérer la disponibilité saisonnière de l’eau. 
  • Préparation aux situations d’urgence et aux catastrophes: préparer des messages et la coordination entre les juridictions, prépositionner des ressources d’urgence et des équipes d’intervention.   
  • Transport et entretien des infrastructures: planifier des budgets d’entretien et des effectifs, anticiper des perturbations des infrastructures de transport dues aux conditions saisonnières.  
  • Planification en matière de santé publique: se préparer aux étés plus chauds et aux maladies liées à la chaleur, planifier des campagnes de sensibilisation et renforcer les capacités du système de santé. 
  • Activités récréatives de plein air et tourisme: préparer des messages et des communications en cas de conditions saisonnières inhabituelles, anticiper des excédents ou des réductions du nombre de touristes participant à des activités saisonnières telles que le ski alpin, le patinage, le camping, la randonnée, etc.  
  • Et bien plus encore!  

Comment ces prévisions saisonnières sont-elles produites?  

Les prévisions saisonnières et mensuelles sont produites par ECCC, générées par le Service météorologique du Canada, développées par le Centre canadien de la modélisation et de l’analyse climatique, puis transformées en produits de données conviviaux par le Centre canadien des services climatiques, et mises à disposition grâce à la collaboration Donneesclimatiques.ca. Les données utilisées pour ces produits de prévision proviennent du Système de prévision interannuelle et saisonnière canadien (SPISCanv3). Pour en savoir plus sur la façon dont les prévisions sont produites, cliquez ici: Que sont les prévisions saisonnières? – Donneesclimatiques.ca. 

À quelle fréquence les prévisions saisonnières sont-elles mises à jour?  

Les prévisions saisonnières sont mises à jour mensuellement, vous aurez donc toujours accès à des informations pertinentes et à jour.  

Restez informé et consultez notre nouvelle page de renvoi améliorée pour les prévisions saisonnières à décennales (S2D)!  

Visitez la page de renvoi des prévisions S2D pour trouver : 

  • Produits de prévision actuels 
  • Ressources de la zone d’apprentissage 
  • Nouvelles et FAQ 
  • Mises à jour sur les nouveaux produits à venir 

Si vous souhaitez voir un produit de prévision saisonnière sur Donneesclimatiques.ca, ou si vous êtes intéressés à partager la manière dont vous utilisez les prévisions saisonnières dans votre travail, n’hésitez pas à nous en faire part en remplissant ce formulaire! 

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Date 14 janvier 2026
Auteur Hayley Dosser et Jacinthe Racine, Centre canadien des services climatiques; Julia Velletta, Bill Merryfield, et Woosung Lee, Centre canadien de la modélisation et de l'analyse climatique
Sujets Nouveauté à noter, Prévisions saisonnières à décennales
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Les prévisions de température mondiale d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) indiquent que la chaleur sans précédent des trois dernières années se poursuivra en 2026 

 

Les prévisions de température mondiale d’ECCC indiquent que 2026 sera probablement parmi les quatre années les plus chaudes jamais enregistrées, comparable à 2023 et 2025, et se rapprochant de 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée. 

Le Centre canadien de la modélisation et de l’analyse climatique (CCmaC) d’ECCC prévoit une température moyenne mondiale à la surface en 2026 de 1,44 ± 0,09 °C au-dessus des niveaux préindustriels (1850-1900). Ceci situerait 2026 dans la même fourchette que 2023 et 2025, qui, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), sont les deuxième et troisième années les plus chaudes jamais enregistrées à ce jour. La valeur observée par l’OMM pour 2025 (1,44 ± 0,13 °C) correspond étroitement à la prédiction d’ECCC pour 2025 (à 0,01 °C près). 

Figure 1: Les températures moyennes mondiales annuelles observées pour chaque année de 1980 à 2025 sont représentées par rapport à la température moyenne mondiale préindustrielle (1850-1900, avant la majeure partie du réchauffement d’origine humaine), à partir d’une version mise à jour des données de température moyenne mondiale du rapport AR6 du GIEC jusqu’en 2023 et des estimations observées de l’OMM pour 2024 et 2025. L’estimation centrale de la prévision de température pour 2026 est représentée par un point blanc et l’intervalle de confiance à 95 % par des crochets blancs. La valeur réelle devrait se situer dans cet intervalle 19 fois sur 20.

Les températures mondiales sans précédent de ces dernières années peuvent être en partie attribuées au puissant épisode El Niño de 2023-2024, aggravé par le réchauffement planétaire continu d’origine humaine. Un retour à des conditions neutres pour l’El Niño oscillation australe (ENSO) s’est produit en mai 2024, suivi d’un faible épisode La Niña en décembre 2024 qui a refroidi le Pacifique tropical et modéré les températures mondiales jusqu’en 2025. Les prévisions suggèrent un retour à des conditions neutres après un faible épisode La Niña en 2026, possiblement suivi d’un épisode El Niño plus tard dans l’année, susceptible d’entraîner des températures record en 2027. 

« La Niña exerce une influence refroidissante généralisée, semblable à une « climatisation mondiale », tandis qu’El Niño agit comme un « fourneau mondial ». Ces effets sont la principale cause des fluctuations qui ponctuent la hausse constante des températures mondiales. Il est probable que le record de température mondiale établi en 2024 à la suite du dernier El Niño sera battu la prochaine fois qu’un El Niño se produira. »  

– Dr Bill Merryfield, scientifique à l’ECCC  

Il y a plus de 99 % de chances (pratiquement certain) que 2026 soit plus chaude que toutes les années enregistrées avant 2023, mais seulement 1 % de chances qu’elle batte le record de température élevée de 1,55 °C établi en 2024. 2026 devrait également être la 13e année consécutive où les températures atteindront au moins 1,0 °C au-dessus des niveaux préindustriels, avec 12 % de chances de dépasser l’objectif de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris. 

Il est à noter que le dépassement de 1,5 °C au-dessus de la température moyenne mondiale préindustrielle au cours d’une seule année ne constitue pas un échec par rapport à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est défini par la température moyenne à long terme sur plusieurs décennies. Cependant, les prévisions décennales d’ECCC indiquent que la période de 2026 à 2030 sera probablement la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée. Selon Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM , « […] it will be virtually impossible to limit global warming to 1.5 °C in the next few years without temporarily overshooting the Paris Agreement target([…] il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C ces prochaines années sans dépasser temporairement l’objectif de l’Accord de Paris) ». 

Figure 2: Prévisions de la température moyenne annuelle pour 2026 par rapport à la période de référence de 1991 à 2020 au Canada. Les couleurs plus foncées indiquent des différences de température plus importantes entre la période de référence et les prévisions pour 2026. Les prévisions sont fournies à une résolution spatiale d’environ 100 km × 100 km (sur une grille de 1 degré × 1 degré). 

En moyenne, le Canada se réchauffe à un rythme plus de deux fois supérieur à celui de la planète, les régions nordiques se réchauffant environ trois fois plus rapidement. Cette hausse des températures s’accompagne de vagues de chaleur de plus en plus extrêmes attribuées aux changements climatiques. Les températures moyennes annuelles par rapport à la période de référence de 1991 à 2020 devraient dépasser 1,0 °C dans de nombreuses régions du pays et 2,0 °C dans une grande partie du nord du Canada. 

Figure 3: Évaluation des prévisions passées de la température moyenne mondiale annuelle produites par SPISCanv3 pour la période de 1980 à 2025. Les estimations centrales des prévisions sont représentées en rouge, la zone ombrée indiquant l’intervalle de confiance à 95 %. Les températures moyennes mondiales annuelles observées de 1980 à 2025 par rapport à la température moyenne préindustrielle de 1850-1900 sont représentées en noir, à partir d’une version mise à jour des données utilisées dans le rapport AR6 du GIEC jusqu’en 2023 et des estimations de l’OMM pour 2024 et 2025.

Les prévisions annuelles de température moyenne mondiale d’ECCC sont produites par le CCmaC à l’aide du Système de prévision interannuelle et saisonnière canadien version 3 (SPISCanv3). Ces prévisions donnent de bons résultats par rapport aux observations des dernières décennies. 

Les prévisions mensuelles et saisonnières produites à l’aide du SPISCanv3 sont émises chaque mois et seront disponibles sur Donneesclimatiques.ca à partir du 26 janvier 2026. 

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Date 30 Décembre 2025
Auteur Aaron Tamminga, Division de la recherche climatique (DRC), Environnement et Changement climatique Canada
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques, Nouveauté à noter
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Introduction

En 2025, la chaleur a touché les Canadiens dans tout le pays. À l’échelle nationale, il s’agit du 11e été le plus chaud jamais enregistré depuis 1948, ce qui reflète un réchauffement estival à long terme de 1,8 °C au cours des 78 dernières années1. Cependant, l’expérience sur le terrain a varié d’une région à l’autre. Les différences dans le moment, la durée et l’intensité des fortes vagues de chaleur ont influencé leur impact sur les systèmes de santé, les infrastructures, les risques d’incendies de forêt et la vie quotidienne des Canadiens. Les épisodes de chaleur extrême à l’échelle régionale sont de plus en plus fréquents et sévères en raison des changements climatiques causés par l’homme.

Chaleur extrême, alertes de chaleur et vagues de chaleur

Lorsque les températures sont beaucoup plus élevées que la normale pour un endroit et une période de l’année donnés, on parle généralement de « vague de chaleur extrême » ou de « canicule ». Pour la santé publique et la planification d’urgence, Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et ses partenaires du secteur de la santé utilisent des critères spécifiques pour émettre des alertes de chaleur. Ces critères tiennent compte de la chaleur pendant la journée, du peu de répit pendant la nuit, de la durée de la chaleur exceptionnelle et, dans certaines régions, de l’impact de l’humidité sur le stress thermique (décrit par l’indice Humidex).

Lorsque les seuils sanitaires sont atteints pendant deux jours consécutifs ou plus, ECCC et ses partenaires en matière de santé publique émettent des avertissements de chaleur et activent les systèmes d’alerte et d’intervention en cas de chaleur. Ces systèmes sont conçus pour protéger les Canadiens en déclenchant des mesures telles que l’ouverture de centres de rafraîchissement, la vérification de l’état des personnes vulnérables et la diffusion de conseils sur la manière de rester en sécurité.

Les épisodes de chaleur extrême de l’été 2025 décrits dans cet article seront familiers à beaucoup de gens, car ils ont souvent coïncidé avec des alertes de chaleur. Cependant, les événements analysés ici sont définis de manière légèrement différente de ceux basés sur les critères des alertes de chaleur axées sur la santé. Plus précisément, les événements ci-dessous se caractérisent par des températures maximales quotidiennes moyennes, calculées pour chacune des 17 régions utilisées dans cette analyse à l’échelle du Canada, qui dépassent la température du jour le plus chaud typique de l’année pour la région concernée. Une fois caractérisés, le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes est utilisé pour déterminer si le changement climatique causé par l’homme a modifié la probabilité que ces épisodes de chaleur se produisent dans ces régions.

Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes

Afin de comprendre comment les émissions générées par les activités humaines ont un impact direct sur les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les épisodes de chaleur, les scientifiques de la Division de la recherche sur le climat de l’ECCC ont mis au point le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Ce système utilise des modèles climatiques avancés et des observations pour comparer trois climats : les conditions préindustrielles des années 1800, le climat actuel et un climat futur projeté reflétant un réchauffement climatique supplémentaire. Immédiatement après la survenue d’un événement extrême, les scientifiques peuvent comparer la probabilité qu’un tel événement se produise dans chacun des trois climats (préindustriel, actuel et futur) et calculer le changement de probabilité dû au changement climatique causé par l’homme. En fournissant des informations sur les causes et la probabilité des événements extrêmes, le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes permet une meilleure planification en cas d’urgence météorologique, facilite la prise de décisions visant à protéger la santé, la sécurité et les biens, et éclaire les efforts d’adaptation aux changements climatiques.

Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes divise le Canada en 17 régions. Le système fonctionne tous les jours et utilise un critère de déclenchement basé sur un seuil annuel correspondant à la journée la plus chaude typique de l’année sur une période de référence de 1991 à 2020 pour définir les épisodes de chaleur. Lorsque la température maximale quotidienne (moyenne pour une région) dépasse la température maximale annuelle moyenne pour cette région entre 1991 et 2020, le système identifie automatiquement un épisode de chaleur et calcule l’impact de l’influence humaine sur le climat sur la probabilité de cet épisode*. L’analyse d’attribution se concentre sur la température maximale pendant l’événement, mais pour ajouter un contexte pertinent, la durée de l’événement est définie sur la base d’un seuil saisonnier correspondant au nombre de jours ayant dépassé le 90e centile des températures maximales quotidiennes pour cette période de l’année. Les résultats sont présentés sous forme d’une déclaration de probabilité sur une échelle allant de « considérablement moins probable » à « considérablement plus probable », chaque déclaration correspondant à une valeur numérique de probabilité/risque. Par exemple, un événement d’une ampleur donnée jugé beaucoup plus probable dans le climat actuel en raison du changement climatique est au moins 2 à 10 fois plus susceptible de se produire dans le climat actuel que dans le climat préindustriel des années 1800.

Chaleurs de l’été 2025 à travers le Canada

L’été dernier, le changement climatique d’origine humaine a influencé les épisodes de chaleur dans de nombreuses régions du Canada. Au total, 12 vagues de chaleur ont été identifiées par le système, dont 11 ont été jugées beaucoup plus probables et une considérablement plus probables (au moins 10 fois plus probables) en raison du changement climatique d’origine humaine. La carte ci-dessous montre l’événement le plus extrême identifié pour chaque région (huit événements au total, car seul l’événement le plus intense est indiqué pour les régions ayant connu plusieurs événements ; les régions grises n’ont pas connu de vague de chaleur répondant aux critères définis par le système pour un événement de chaleur).

Des épisodes de chaleur notables se sont produits dans l’ouest du Canada au début et à la fin de la saison estivale, avec une vague de chaleur à la fin août et au début septembre. L’est du Canada a connu une période de chaleur courte mais intense plus tard dans l’été, avec des températures élevées à la mi-juillet et en août, notamment un épisode dans le Canada atlantique qui a eu l’influence humaine calculée la plus forte sur la probabilité parmi les 12 événements. Le nord du Canada a également connu des vagues de chaleur au début et à la fin de l’été, avec des événements au Yukon en juin et dans les Territoires du Nord-Ouest à la fin du mois d’août.  

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Le tableau ci-dessous présente l’ensemble des 12 événements avec des informations supplémentaires sur les températures, ainsi que l’évaluation actuelle de la probabilité et une évaluation de la probabilité décrivant dans quelle mesure un événement de même ampleur serait plus probable dans un climat futur avec un réchauffement climatique de 2 °C. Bien que les températures maximales indiquées dans le tableau puissent ne pas sembler extrêmes, il s’agit de valeurs moyennes pour chaque grande région ; certaines zones au sein de chaque région ont connu des températures maximales beaucoup plus élevées lors de chaque événement. Le système se concentre également uniquement sur les températures diurnes pour l’analyse d’attribution; les risques pour la santé liés à une humidité élevée ou à des températures nocturnes élevées ne sont pas pris en compte, bien qu’ils accompagnent souvent les événements énumérés ici.

L’événement ayant atteint la température absolue la plus élevée s’est produit dans le sud du Québec, avec un pic de 29,3 °C calcul en moyenne à l’échelle de  la région le 11 août, tandis que l’événement le plus long s’est produit dans le nord de la Colombie-Britannique,  et a duré 18 jours, du 23 août au 9 septembre. Avec un réchauffement climatique inférieur à 2 °C à l’avenir, les événements extrêmes deviendront globalement plus fréquents ; dans ce cas, deux événements devraient passer de « beaucoup plus probables » à « considérablement plus probables », tandis que 10 événements resteront dans la même catégorie de probabilité.

Région Période de l’épisode de chaleur Date du maximum de température Température maximale quotidienne (°C) Température maximale quotidienne normale (°C) Écart au-dessus de la normale (°C) Probabilité actuelle (comparée à l’ère préindustrielle) Probabilité future avec un réchauffement de 2 °C (comparée à l’ère préindustrielle)
Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest 24 au 31 août 30 août 25,5 13,9 11,6 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Alberta 28 au 31 mai 29 mai 28,8 17,5 11,3 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Sud de la Colombie-Britannique 23 août au 7 septembre 3 septembre 27,1 16,8 10,3 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Nord de la Colombie-Britannique 23 août au 9 septembre 29 août 23,5 13,9 9,6 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Canada atlantique 7 au 14 août 13 août 28,4 18,8 9,6 Considérablement plus probable Considérablement plus probable
Alberta 25 au 31 août 28 août 28,8 19,5 9,3 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Sud du Québec 7 au 13 août 11 août 29,3 20,2 9,1 Beaucoup plus probable Considérablement plus probable
Nord du Québec 10 au 13 juillet 11 juillet 24,2 16,7 7,5 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Canada atlantique 10 au 15 juillet 13 juillet 25,6 18,5 7,1 Beaucoup plus probable Considérablement plus probable
Nord du Québec 6 au 9 août 7 août 23,8 16,8 7,0 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Yukon 20 au 23 juin 21 juin 22 15,5 6,5 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest 30 juillet au 1 août 31 juillet 25,2 19,2 6,0 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable

Exemple de vague de chaleur : Canada atlantique, du 7 au 14 août

L’épisode de chaleur ayant eu la plus forte influence humaine (considérablement plus probable ou au moins 10 fois plus probable en raison du changement climatique) au cours de l’été 2025 s’est produit dans le Canada atlantique du 7 au 14 août, avec une température maximale moyenne de 28,4 °C dans la région le 13 août. Cette vague de chaleur était associée à des conditions inhabituellement sèches: une faible humidité du sol peut entraîner des températures d’air plus élevées en modifiant le bilan énergétique de la surface et peut également augmenter le risque d’incendies de forêt . Les incendies ont provoqué des évacuations et des dégâts dans toute la région, et la péninsule d’Avalon, à Terre-Neuve, a connu sa plus longue alerte de chaleur jamais enregistrée : sept jours consécutifs.

La série de figures suivante montre comment le système d’attribution rapide des événements météorologiques extrêmes identifie et analyse un événement de chaleur, en prenant comme exemple l’événement survenu dans le Canada atlantique. La première figure montre une carte des anomalies de température (définies comme la différence entre la température maximale quotidienne de la date analysée et celle de la période de référence 1990-2021) à travers le Canada pour le jour le plus chaud de l’événement. Ces anomalies de température sont dérivées du produit de réanalyse ERA52, qui utilise un modèle météorologique ainsi que des observations pour fournir un aperçu spatial complet des conditions climatiques dans l’histoire récente. Au plus fort de l’événement, les conditions chaudes se sont étendues à une grande partie de l’est du Canada. Les anomalies de température dans la région mise en évidence du Canada atlantique ont dépassé 10 °C au-dessus de la normale dans de nombreuses régions, avec des conditions beaucoup plus chaudes que d’habitude, en particulier à Terre-Neuve-et-Labrador.

La deuxième figure montre une série chronologique des températures maximales quotidiennes absolues observées (Tmax ) à partir des données ERA5 en juillet et août, moyennées sur la région du Canada atlantique. La ligne de seuil annuel représente le critère de déclenchement permettant d’identifier un événement, calculé comme la température maximale annuelle moyenne (jour le plus chaud de l’année) pour la région entre 1991 et 2020. Dans le cas de la vague de chaleur du début août, ce seuil a été dépassé du 8 au 13 août, comme l’indique la zone ombrée en rouge foncé. Après l’événement, les dates de début et de fin définitives sont déterminées en fonction du seuil saisonnier, qui est calculé comme le 90e centile des températures maximales quotidiennes de la période 1991-2020 pour les dates concernées, comme l’indique la zone ombrée en rouge clair. Sur la base du seuil saisonnier, l’événement a duré du 7 au 14 août.

Pour déterminer l’influence du changement climatique d’origine humaine sur cet événement, le système d’attribution compare l’évolution de la distribution des températures du jour le plus chaud de l’année (par rapport à la période 1991-2020) entre les climats préindustriels, actuels et futurs simulés. Ces distributions proviennent d’ensembles climatiques multimodèles issus de la phase 6 du Projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP6)3 pour chaque période. Le graphique ci-dessous montre les distributions des anomalies de température maximale pour le Canada atlantique pour chaque période, sur la base de 27 modèles CMIP6. À mesure que le climat modélisé se réchauffe, passant des conditions préindustrielles aux conditions actuelles puis futures, la distribution des anomalies de température maximale se déplace vers la droite. Ce déplacement indique une augmentation des températures globales ainsi qu’une probabilité accrue de chaleur extrême, qui se produit à l’extrême droite de chaque distribution. L’anomalie de température maximale quotidienne la plus élevée observée par rapport à la journée la plus chaude moyenne de l’année pour la région entre 1991 et 2020, selon les données ERA5 pour l’événement du Canada atlantique, était de 4 °C et est représentée par la ligne noire verticale. Dans les conditions préindustrielles, un événement avec une anomalie de 4 °C est extrêmement rare et dépasse presque la limite supérieure de la distribution. Dans les conditions climatiques plus chaudes actuelles, un tel événement se situe toujours dans la partie supérieure de la distribution, mais il est beaucoup plus probable. À mesure que le climat continue de se réchauffer à l’avenir dans le cadre d’un réchauffement climatique mondial de 2 °C, la distribution continue de se déplacer vers des températures plus chaudes et un événement présentant une anomalie de température de 4 °C est tout à fait dans la fourchette des conditions modélisées, ce qui signifie qu’il devrait se produire plus fréquemment.

En raison de la différence de probabilité (indiquée par la zone ombrée sous chaque distribution) entre le climat actuel et le climat préindustriel, il a été déterminé que l’événement survenu dans le Canada atlantique était au moins 10 fois plus probable dans le climat actuel en raison des changements climatiques causés par l’homme, ce qui correspond à une déclaration de probabilité « considérablement plus probable ». Les valeurs de la fourchette de probabilité/risque et les déclarations de probabilité sont communiquées pour l’événement à l’aide de graphiques à échelle indicatrice, comme illustré ci-dessous. 

Conclusion

Le système d’attribution rapide des événements météorologiques extrêmes fournit des informations précieuses sur le rôle que joue le changement climatique d’origine humaine dans les événements météorologiques extrêmes. Le système a été lancé en 2024 en mettant l’accent sur les épisodes de chaleur extrême ; l’analyse des épisodes de froid extrême (qui sont de moins en moins fréquents) a été ajoutée en 2025 et un nouveau système pilote pour l’attribution des précipitations extrêmes a récemment été mis en place. Les scientifiques d’ECCC continuent d’apporter des améliorations afin de renforcer le système à mesure que de nouvelles capacités sont testées et que davantage de données et de recherches deviennent disponibles. À mesure que le système poursuivra son fonctionnement, un ensemble de données précieuses sur les événements survenus au fil des ans sera constitué, ce qui permettra d’avoir une perspective à long terme sur l’évolution des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les épisodes de chaleur décrits dans cet article, à travers le Canada. En établissant un lien entre les événements extrêmes et les changements climatiques d’origine humaine dans le climat actuel et en projetant les probabilités d’événements extrêmes à l’avenir, le système permettra aux Canadiens de mieux comprendre les risques météorologiques extrêmes dangereux et coûteux, de s’y préparer et d’y réagir.

Pour plus d’informations

Visitez le site Web Attribution des phénomènes météorologiques extrêmes d’Environnement et Changement climatique Canada pour en savoir plus. Visitez Donneesclimatiques.ca pour en savoir plus sur les changements climatiques futurs, explorer des cartes interactives et analyser comment les vagues de chaleur extrêmes deviennent plus fréquentes et plus sévères selon différents scénarios d’émissions.

*Le critère déclenchant un événement de chaleur a été mis à jour entre 2024 et 2025, de sorte que le système est passé de l’analyse des extrêmes saisonniers (extrêmes pour cette période de l’année) à l’analyse des seuls événements extrêmes annuels (extrêmes par rapport à la journée la plus chaude typique de l’année). Pour cette raison, les résultats de 2024 et 2025 ne sont pas directement comparables.

 

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Références

1 Bulletin des tendances et des variations climatiques – Été 2025. (2025). Environnement et Changement climatique Canada. Bulletin des tendances et des variations climatiques – Été 2025.

2 Hersbach, H., Bell, B., Berrisford, P., Hirahara, S., Horányi, A., Muñoz‐Sabater, J., … & Thépaut, J. N. (2020). The ERA5 global reanalysis. Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society, 146(730), 1999-2049.

3 Eyring, V., Bony, S., Meehl, G. A., Senior, C. A., Stevens, B., Stouffer, R. J., & Taylor, K. E. (2016). Overview of the Coupled Model Intercomparison Project Phase 6 (CMIP6) experimental design and organization. Geoscientific Model Development, 9(5), 1937-1958.