Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 21 août 2026
Auteur Hayley Dosser, Centre canadien des services climatiques. Collaborateurs: Jacinthe Racine et Rachel Malena-Chan (CCSC); Bill Merryfield, Julia Velletta et Woosung Lee (Prévisions sous-saisonnières à décennales)
Sujets Nouveauté à noter, Prévisions saisonnières à décennales
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L’hiver 2026-27 devrait être plus doux dans l’ensemble dans une grande partie du Canada en raison d’El Niño, avec un risque élevé de phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale, y compris au Canada.

Ce risque accru pourrait se prolonger jusqu’au printemps et possiblement jusqu’à l’été 2027, avec un risque de sécheresse grave et de feux de forêt. Par conséquent, cet épisode El Niño pourrait avoir des répercussions majeures sur les collectivités, les infrastructures et l’économie du Canada.

Vue d’ensemble : Un El Niño très fort est en train de se former, avec des répercussions mondiales majeures attendues

Des conditions El Niño se sont officiellement formées dans le Pacifique tropical et devraient s’intensifier, augmentant la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du monde [1]. Les prévisions des centres mondiaux de prévisions saisonnières, y compris Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), s’accordent largement sur le fait que cet épisode El Niño est presque certain (probabilité > 99 %) d’être « très fort » (encadré 1), culminant en intensité à la fin de l’automne ou au début de l’hiver. Même les prévisions basées sur l’indice océanique Niño relatif (encadré 2), qui tient compte du réchauffement global des océans tropicaux causé par les changements climatiques, prévoient une probabilité de 95 % d’un épisode El Niño très fort cette année. Des épisodes El Niño plus forts font pencher la balance en faveur d’importantes anomalies de température et de précipitations, ce qui augmente la probabilité d’impacts majeurs dans plusieurs secteurs ([2], [3]).

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Encadré 1 : Comment un épisode El Niño est-il déclaré?

Pour qu’un épisode El Niño soit déclaré, trois critères doivent être remplis :

  1. La température moyenne de la surface de la mer (SST) doit augmenter de plus de 0,5 °C dans une région spécifique de l’océan Pacifique connue sous le nom de région Niño-3.4.
  2. Cette anomalie de la SST doit persister pendant au moins cinq périodes consécutives de trois mois qui se chevauchent.
  3. L’atmosphère doit réagir à l’augmentation de la SST par un affaiblissement soutenu ou un renversement des alizés équatoriaux.

Si ces critères sont remplis et que la SST augmente de plus de 2,0 °C, le phénomène est considéré comme « très fort ».

En fait, il est maintenant fort probable que l’épisode El Niño de cette année soit plus intense que tous ceux enregistrés dans les archives historiques. Le système SPISCanv3 d’ECCC, qui a toujours donné de bons résultats pour la prévision d’épisodes El Niño très forts, prévoit que la température moyenne de la surface de la mer (SST) dans la région Niño-3.4 dépassera très probablement (probabilité > 90 %) de 3,0 °C la valeur de référence historique, possiblement de manière significative, d’ici la fin de 2026 [Figure 1]. Un tel épisode El Niño extrême serait sans précédent dans les données d’observation [3].

« Tant les observations que les prévisions indiquent un épisode El Niño extraordinaire… Les prévisions indiquent avec une quasi-certitude que l’indice Niño-3.4 dépassera 2 °C (« très fort »), certains membres de l’ensemble, y compris ceux d’ECCC, approchant ou dépassant les 4 °C, ce qui serait sans précédent dans l’histoire moderne, et ce de manière significative. » – Dr Bill Merryfield, scientifique à ECCC

Figure 1 a: Carte mondiale montrant l’anomalie observée de la température de surface de la mer (SST) pour juillet 2026 par rapport à la période 1991-2020, à l’aide du produit « Extended Reconstructed Sea Surface Temperature » (ERSSTv5) de la NOAA. La région Niño-3.4 est indiquée par l’encadré.

Figure 1 b: Évaluation des prévisions passées de l’indice océanique Niño (ONI), produites par SPISCanv3 pour la période 1991-2020. Les estimations centrales des prévisions, initialisées en août de chaque année et couvrant les 12 mois suivants, sont représentées en rouge et les valeurs observées de l’ONI en noir, à l’aide des estimations de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Les valeurs observées et prévues de l’ONI correspondent à des périodes mobiles de trois mois, calculées à partir de la SST dans la région Niño-3.4 par rapport à la période 1991-2020. Les observations s’arrêtent en juillet 2026 et les prévisions s’étendent jusqu’en avril 2027.

Encadré 2 : Mesure de l’ENSO – Indice Niño-3.4 vs. ONI vs. RONI

Les variations de la température de surface de la mer (SST) dans la région Niño-3.4 sont mesurées à l’aide de l’indice Niño-3.4. L’indice océanique Niño (ONI) est une moyenne mobile sur trois mois de l’indice Niño-3.4 et a longtemps été l’indice de référence utilisé pour déclarer un épisode El Niño. L’ONI mesure les SST par rapport à une base de référence historique fixe ou glissante. Une base de référence historique glissante est utilisée pour tenir compte du réchauffement des océans causé par le changement climatique. Cependant, même en utilisant une base de référence glissante, les SST des dernières années sont comparées à la période de référence 1991-2020 et présentent donc un biais élevé dû au réchauffement des océans qui s’est produit depuis. L’indice océanique Niño relatif (RONI) est de plus en plus adopté comme indice privilégié pour mesurer les épisodes El Niño-oscillation australe (ENSO). Il mesure la SST dans la région Niño-3.4 par rapport aux SST sur l’ensemble de l’océan tropical, et permet ainsi de mieux distinguer les variations dues à l’ENSO de celles dues au réchauffement planétaire. ([4], [5])

ENSO et changements climatiques : 2027 deviendra fort probablement l’année la plus chaude jamais enregistrée

El Niño est un phénomène naturel. Il s’agit de la phase positive de l’El Niño-oscillation australe (ENSO), dont les phases chaudes (El Niño) et froides (La Niña) se produisent en alternance en moyenne tous les deux à sept ans. L’ENSO ajoute des fluctuations naturelles à la hausse à long terme des températures mondiales causée par les changements climatiques d’origine humaine [Figure 2]. En général, les températures mondiales dépassent la tendance au réchauffement lors des épisodes El Niño et descendent en dessous lors des épisodes La Niña. Bien qu’il existe des preuves limitées suggérant que les changements climatiques pourraient accroître l’intensité et la durée des épisodes ENSO ([6], [7], [8]), le Rapport sur le climat changeant du Canada 2026 indique que le niveau de confiance dans ces changements projetés est actuellement faible. Toutefois, le rapport indique clairement que le réchauffement climatique continu pourrait accroître la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes liés à l’ENSO au Canada.

Figure 2 : Les températures moyennes mondiales annuelles observées pour chaque année de 1950 à 2025 sont représentées par rapport à la température moyenne mondiale préindustrielle (1850-1900, avant la majeure partie du réchauffement d’origine humaine), à partir des estimations observées de l’OMM. Les années El Niño sont indiquées par des points rouges et les années La Niña par des points bleus, sur la base des valeurs hivernales (décembre à février pour l’année correspondant à janvier) de l’ONI de la NOAA, avec des périodes de référence glissantes.

Un épisode El Niño très fort en 2026-27 rend très probable que 2027 devienne l’année la plus chaude jamais enregistrée, la température moyenne mondiale pour l’année battant le record précédent établi en 2024. Des températures mondiales record ont été observées l’année suivant le pic de nombreux épisodes El Niño antérieurs [Figure 2]. Pour chaque augmentation de 1 °C de l’indice Niño-3.4, la température moyenne mondiale augmente temporairement d’environ 0,06 à 0,1 °C, pour atteindre son pic trois mois après celui de l’indice Niño-3.4 ([9], [10]). Les épisodes El Niño eux-mêmes ont tendance à durer entre 9 et 18 mois ([4], [11]), suivis d’un retour à des conditions ENSO neutres ou à des conditions La Niña, avec une baisse correspondante des températures mondiales.

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ENSO et phénomènes météorologiques extrêmes : 2026-2027 pourrait être une année marquée par des événements météorologiques à impact élevé

Le phénomène ENSO contribue à la variabilité du système climatique. El Niño entraîne une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du globe, notamment des vagues de chaleur, des feux de forêt, des sécheresses et des inondations plus fréquents et plus intenses [11]. Des épisodes El Niño très forts se sont produits en 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016, entraînant des répercussions mondiales sur les rendements agricoles et la santé publique, notamment l’insécurité alimentaire, des épidémies et la pollution atmosphérique [12]. Au cours de certains de ces épisodes El Niño très forts, l’Indonésie et l’Australie ont été confrontées à de graves sécheresses et à des feux de forêt de grande ampleur, tandis que le Pérou et la Californie ont connu de fortes pluies qui ont provoqué d’importantes inondations et des glissements de terrain. L’Afrique australe, l’Inde, l’Amérique centrale et l’Asie du Sud-Est ont dû faire face à des pertes de récoltes généralisées, à des difficultés financières et des pénuries alimentaires. On a également observé d’importantes épidémies de Zika en Amérique du Sud et de dengue dans les régions tropicales. Ces épisodes ont également affecté la pêche, l’énergie, les ressources en eau, les transports et le tourisme [13]. Les pertes économiques liées à ces épisodes peuvent persister pendant plus de cinq ans. Les pertes mondiales liées aux épisodes de 1982-1983 et 1997-1998 ont été estimées à des billions de dollars chacune [2].

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El Niño et le Canada : ce que les épisodes passés et les prévisions saisonnières peuvent nous apprendre

Les épisodes El Niño atteignent généralement leur apogée à la fin de l’automne et au début de l’hiver, les effets directs les plus marqués sur les conditions météorologiques au Canada se manifestant du début de l’hiver jusqu’au printemps suivant. L’influence d’El Niño modifie les régimes habituels de température et de précipitations à travers le Canada ([14], [15]) et est liée à des températures et des précipitations extrêmes ([16], [17]). En général, El Niño tend à engendrer des hivers plus doux avec moins de neige et des printemps plus chauds et plus secs dans l’ouest, le nord-ouest et le centre du Canada [18]. La cooccurrence de conditions extrêmes de sécheresse et de chaleur devient plus fréquente dans l’ouest et le nord-ouest [19]. En raison des répercussions de ces changements et du risque accru de phénomènes météorologiques extrêmes, les épisodes El Niño très forts ont eu des répercussions majeures sur le Canada, avec des sécheresses entraînant des pertes de récoltes, des températures océaniques élevées et des vagues de chaleur marines affectant la pêche, et des dommages aux infrastructures résultant de feux de forêt, de tempêtes côtières et de pluie verglaçante. On estime que ces épisodes El Niño très forts ont coûté des milliards de dollars à l’économie canadienne [14].

Chaque épisode El Niño est différent et ses effets sur une région donnée peuvent être difficiles à prévoir en raison d’autres sources de variabilité du climat, telles que l’oscillation décennale du Pacifique (PDO) [20]. Cependant, nous pouvons nous appuyer sur les épisodes El Niño passés [figure 3], en les combinant avec les prévisions saisonnières pour l’année à venir [figure 4]. Les prévisions saisonnières pour le Canada ont tendance à être plus fiables lors des épisodes ENSO [14].

Figure 3 : Anomalies moyennes de température et de précipitations pour décembre à février (haut) et mars à mai (bas) pour les trois épisodes El Niño très forts survenus entre 1956 et 2025, d’après les données moyennes mensuelles de la réanalyse ERA5. La différence est calculée entre la moyenne saisonnière durant ces épisodes très forts et la moyenne de la climatologie correspondante pour cette saison, définie à l’aide d’une période de référence glissante de 30 ans. Par exemple, l’anomalie de 1956 à 1960 utilise la période de référence de 1941 à 1970, celle de 1961 à 1965 utilise la période de référence de 1946 à 1975, et ainsi de suite. La période de référence 1991-2020 est utilisée de 2006 à aujourd’hui. L’ONI de la NOAA, avec ses périodes de référence glissantes, est utilisé pour définir les épisodes El Niño très forts.

Au Canada, les trois derniers épisodes El Niño très forts ont produit des schémas de réchauffement et d’assèchement hivernaux similaires à ceux des autres épisodes El Niño, bien que l’amplitude des signaux de température et de précipitations ait été plus importante, ce qui indique que ces épisodes ont généralement eu un effet plus marqué sur les conditions saisonnières.


Il existe quelques différences clés entre les influences observées des épisodes El Niño très forts et celles des autres épisodes El Niño, bien qu’avec seulement trois épisodes très forts, il soit difficile de déterminer l’importance de ces différences. Lors d’épisodes El Niño très forts, le réchauffement hivernal avait tendance à se déplacer vers l’est, le réchauffement le plus marqué se produisant à l’est des Rocheuses [21] et s’étendant à travers l’Ontario et le Québec jusqu’au Canada atlantique. Au nord du courant-jet polaire, la majeure partie du Nunavut avait tendance à connaître des hivers plus froids que la normale. Si les épisodes El Niño très forts ont entraîné les hivers secs attendus sur une grande partie de la Colombie-Britannique (C.-B.) et du Yukon, ils ont également coïncidé avec des hivers plus humides dans certaines régions côtières. Certaines parties de la côte de la Colombie-Britannique et du Canada atlantique ont connu une augmentation des précipitations [15]. Près des Grands Lacs, des conditions sèches ont été observées dans certaines régions comme prévu, mais de nombreuses autres ont connu une augmentation des précipitations.

Figure 4 : Prévisions saisonnières de température moyenne pour a) décembre 2026 à février 2027 et b) mars à mai 2027, publiées le 1er août 2026. Les prévisions indiquent la probabilité que la température moyenne soit au-dessus, près ou en dessous la normale par rapport à la climatologie historique de 1991 à 2020. Les hachures indiquent les endroits où l’habileté du système de prévision est nulle ou faible pour cette saison et ce mois de publication. Les prévisions sont créées à l’aide du système de prévisions saisonnières SPISCanv3 d’ECCC.

Les prévisions pour la période de décembre 2026 à février 2027, publiées le 1er août sur Donneesclimatiques.ca, indiquent que des températures moyennes au-dessus de la normale sont probables sur une grande partie de la Colombie-Britannique, du Yukon, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et du Canada atlantique, ce qui correspond aux épisodes passés. Les prévisions de précipitations indiquent que des conditions plus sèches que la normale sont le résultat le plus probable sur les Rocheuses, la région de l’Okanagan en Colombie-Britannique, une grande partie de l’Alberta et certaines parties du Yukon et de la Saskatchewan.Lors de précédents épisodes El Niño très forts, des conditions particulièrement chaudes et sèches ont persisté tout au long du printemps en Colombie-Britannique et au Yukon [15], y compris le long de la côte. La prévision de température moyenne pour la période de mars à mai 2027 indique une probabilité d’au moins 90 % de températures au-dessus de la normale sur la majeure partie de l’Ouest canadien. En fait, il est probable à très probable que des températures inhabituellement élevées (d’au moins 1 à 2 °C supérieures à la moyenne de 1991-2020) se produisent sur de vastes régions de la Colombie-Britannique et du Yukon au printemps 2027. À l’approche de l’hiver et du printemps, les prévisions actualisées devraient fournir une image plus claire des conditions saisonnières attendues.

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El Niño et le Canada : impacts régionaux

Les régions du Canada ont tendance à connaître une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes lors des épisodes El Niño [figure 5], bien que l’ampleur et l’emplacement des impacts varient d’un épisode à l’autre.

Figure 5 : En plus d’un hiver plus doux avec moins de neige, les épisodes El Niño très forts ont tendance à provoquer une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes dans différentes régions du Canada. Le diagramme montre les types de phénomènes météorologiques extrêmes auxquels les épisodes El Niño passés ont été liés dans chaque région.

Colombie-Britannique et Yukon
La baisse des précipitations dans l’Ouest canadien, due en partie à la diminution des précipitations provenant des rivières atmosphériques durant l’hiver, peut entraîner un manteau neigeux inférieur à la normale [18], une sécheresse [15] et une plus grande superficie brûlée au printemps et à l’été suivants résultant en partie d’importants feux de forêt déclenchés par la foudre ([22], [23], [24]). Une augmentation des coups de foudre à l’ouest des Rocheuses a été observée lors des épisodes El Niño, en raison d’une instabilité convective accrue due à des températures de surface de la mer (SST) plus chaudes que la normale dans le Pacifique ([25], [26]).
La Colombie-Britannique est également exposée à des risques de glissements de terrain et d’inondations lors d’épisodes El Niño très intenses, car certaines zones côtières reçoivent des précipitations hivernales plus abondantes que d’autres [27] et des précipitations tombant sous forme de fortes pluies plutôt que de neige [15]. L’érosion côtière et les inondations peuvent résulter d’une élévation du niveau de la mer, d’une intensification de l’activité des vagues et des ondes de tempête. En 1997-1998, des précipitations liquides record ont causé de graves dommages à la route transcanadienne et entraîné des fermetures et des perturbations sur les réseaux ferroviaires et routiers [15]. La diminution du manteau neigeux dans les montagnes affecte également les activités récréatives et le tourisme hivernaux, ainsi que la production hydroélectrique et la gestion de l’eau municipale l’été suivant [14].
Le long de la côte de la Colombie-Britannique, des SST plus chaudes peuvent affecter la pêche et l’aquaculture. Des vagues de chaleur marines affectant les mollusques et crustacés ont été liées à des épisodes El Niño antérieurs [28]. Le maquereau – que l’on ne trouve généralement pas dans les eaux de la Colombie-Britannique – a été observé en train de migrer plus au nord et de s’attaquer aux saumons juvéniles, causant des répercussions négatives sur la pêche canadienne [14].

Prairies
La diminution des chutes de neige sur les Rocheuses lors des épisodes El Niño, associée à une baisse des précipitations en hiver et au printemps dans certaines parties des Prairies, peut entraîner une réduction du ruissellement de surface printanier et de l’humidité du sol [29]. Ceci conduit ultimement à un risque accru de feux de forêt printaniers et de sécheresse de grave à extrême, en particulier dans les régions céréalières déjà touchées par la sécheresse ([14], [30], [15]). Le feu de forêt de Fort McMurray, la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire du Canada, s’est produit pendant les derniers stades du très fort El Niño de 2015-2016.
Bien qu’un hiver doux puisse se traduire par une saison de croissance plus longue, les précédents épisodes El Niño très forts ont eu un impact négatif sur l’agriculture dans les Prairies, entraînant une baisse de productivité et des pertes de récoltes dues à un temps sec ou à une sécheresse prolongée [14].

Centre du Canada
Comme les températures hivernales ont tendance à être plus chaudes lors des épisodes El Niño très forts, une plus grande partie des précipitations hivernales tombe sous forme de pluie. Le manteau neigeux diminue en Ontario et au Québec, bien que les zones touchées varient d’un épisode à l’autre. Cela réduit les possibilités de loisirs hivernaux et peut entraîner des inondations localisées et des épisodes de pluie verglaçante, avec des répercussions sur les transports, le secteur de l’énergie et l’aménagement urbain ([14], [18], [15]). L’un des pires événements météorologiques extrêmes jamais survenus au Canada, un événement catastrophique de pluie verglaçante en Ontario et au Québec connu sous le nom de Grande Tempête de Verglas de 1998, a été en partie causé par le très fort El Niño de 1997-1998 [31].
Les ressources en eau, les écosystèmes et l’agriculture sont également affectés par l’ENSO [18]. L’industrie du vin de glace [14] et la production de sirop d’érable [32] sont toutes deux affectées négativement par les hivers doux et les températures extrêmes, qui sont rendus plus probables par les épisodes El Niño. De manière générale, le centre du Canada peut s’attendre à un hiver et un printemps doux, potentiellement ponctués par des phénomènes météorologiques extrêmes.

Canada atlantique
En plus d’un hiver plus doux avec moins de neige, le Canada atlantique peut s’attendre à une réduction, du nombre et de l’intensité des ouragans atlantiques au cours de l’été et de l’automne précédents en raison d’El Niño [33]. En plus d’une réduction des perturbations des opérations maritimes et du transport maritime [15], cela devrait réduire les risques d’impacts directs sur les provinces de l’Est, même s’il convient de rester vigilant. Cependant, les changements dans le courant-jet peuvent entraîner une augmentation des tempêtes hivernales [34], accompagnés d’inondations côtières et d’ondes de tempête, affectant les transports et les infrastructures [15]. Les températures hivernales douces peuvent également réduire la glace de mer saisonnière dans la région. Au cours de l’hiver exceptionnellement doux de 2023-24, lors d’un fort épisode El Niño, le golfe du Saint-Laurent a enregistré la plus faible couverture de glace de mer saisonnière depuis 1969 [35].

Territoires du Nord-Ouest et Nunavut
Les Territoires du Nord-Ouest ont tendance à connaître des hivers plus chauds et plus secs pendant les épisodes forts d’El Niño, avec moins de chutes de neige et un risque accru de feux de forêt et de mauvaise qualité de l’air au printemps et à l’été suivants. Des températures de surface de la mer plus chaudes peuvent également retarder l’englacement dans la baie d’Hudson. En revanche, le Nunavut a tendance à connaître des hivers plus froids lors d’épisodes El Niño très forts [36], avec des périodes de froid extrême, des tempêtes violentes et la possibilité de fortes variations de température. Cela peut affecter les déplacements et la stabilité des routes de glace ([37], [38]).

Résumé

À mesure que cet épisode El Niño 2026-27 potentiellement sans précédent se développe, de nombreux Canadiens connaîtront probablement un hiver plus doux dans son ensemble, avec un risque accru de certains types de phénomènes météorologiques extrêmes. Lors d’un épisode El Niño très fort, une grande partie du Canada a tendance à connaître des températures significativement plus chaudes que la normale en hiver, tandis que l’Ouest canadien est généralement plus chaud et plus sec, tant en hiver qu’au printemps. Ces conditions peuvent accroître les risques régionaux de tempêtes côtières et de pluie verglaçante, ainsi que de sécheresse et de feux de forêt jusqu’au printemps et à l’été. Consultez l’encadré 3 pour des ressources sur la façon de vous préparer. Pour rester informé des conditions attendues dans votre région, consultez les prévisions mensuelles et saisonnières mises à jour sur Donneesclimatiques.ca.

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Références

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[28] Suchy, K. D., Allen, S. E., Sastri, A. R. and Young, K. V. (2026). Modelling the impacts of marine heatwaves on plankton in the Salish Sea, Biogeosciences, 23, 4667–4689. https://doi.org/10.5194/bg-23-4667-2026

[29] Basu, S., Sauchyn, D. J. and Anis, M. R. (2020). Hydrological Extremes in the Canadian Prairies in the Last Decade due to the ENSO Teleconnection—A Comparative Case Study Using WRF. Water, 12(11), 2970. https://doi.org/10.3390/w12112970

[30] Shabbar, A., Bonsal, B. R. and Szeto, K. (2011). Atmospheric and Oceanic Variability Associated with Growing Season Droughts and Pluvials on the Canadian Prairies. Atmosphere-Ocean, 49(4), 339–355. https://doi.org/10.1080/07055900.2011.564908

[31] Higuchi, K., Yuen, C. and Shabbar, A. (2000). Ice Storm ’98 in Southcentral Canada and Northeastern United States: A Climatological Perspective. Theor. Appl. Climatol. 66, 61–79. https://doi.org/10.1007/s007040070033

[32] Legault, S., Plouffe-Leboeuf A., Houle D., Blondlot A., Chase, L., Kuehn, D. and Perkins, T. (2018). Production de sirop d’érable face aux changements climatiques : Perceptions des acériculteurs du Canada et des États-Unis. Montréal, Québec : Ouranos, 36 p. https://www.ouranos.ca/sites/default/files/2022-07/proj-201419-rforest-houle-docvulgarisation.pdf

[33] National Oceanic and Atmospheric Administration. (June 2, 2026). How does El Niño Impact Atlantic Hurricane Season. Atlantic Oceanographic & Meteorological Laboratory. https://www.aoml.noaa.gov/how-does-el-nino-impact-atlantic-hurricane-season

[34] Ning, L. and Bradley, R. S. (2015). Winter Climate Extremes over the Northeastern United States and Southeastern Canada and Teleconnections with Large-Scale Modes of Climate Variability. J. Climate, 28, 2475–2493. https://doi.org/10.1175/JCLI-D-13-00750.1

[35] The Canadian Press. (May 23, 2025). 2024 sees record warm temperatures, less sea ice cover in Gulf of St. Lawrence. CBC News. https://www.cbc.ca/news/canada/nova-scotia/2024-sees-record-warm-temperatures-and-less-ice-gulf-of-st-lawrence-1.7542659

[36] Gan, R., Huang, G. and Hu, K. (2023). The Diverse Impacts of El Niño on Northeastern Canada and Greenland Surface Air Temperatures. J. Climate, 37, 335–348. https://doi.org/10.1175/JCLI-D-22-0677.1

[37] Wilkin, D. (January 2, 1998). El Nino and Nunavut: colder weather. Nunatsiaq News. https://nunatsiaq.com/stories/article/el_nino_and_nunavut_colder_weather

[38] Holmes, T. (December 5, 2023). El Niño heads north: how tropical weather affects the Arctic. CBC News. https://www.cbc.ca/news/canada/north/el-niño-heads-north-how-tropical-weather-impacts-the-arctic-1.7047217

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Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 17 août 2026
Auteur Ryan Smith et Rachel Malena-Chan, Centre canadien des services climatiques
Sujets Données climatiques
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Trouver les données adaptées à vos besoins

Les données climatiques peuvent répondre à de nombreuses questions sur une ville. Comment le climat de Toronto a-t-il évolué au cours du siècle dernier? Quelles conditions sont considérées comme normales dans un passé récent? Que pourrait nous réserver la prochaine saison? Comment les moyennes à long terme et les extrêmes pourraient-ils évoluer au cours des prochaines décennies? Et quelles pourraient être les répercussions de ces changements sur les infrastructures, la santé publique, les écosystèmes et la vie quotidienne?

Aucun ensemble de données ne peut à lui seul répondre à toutes ces questions. Les renseignements appropriés dépendent de la décision à prendre, de l’horizon temporel considéré et de la ou des variables climatiques qui vous intéressent. Donneesclimatiques.ca propose des ensembles de données d’observation, des moyennes climatiques, des prévisions saisonnières, des projections climatiques futures et des outils spécialisés qui permettent aux utilisateurs d’examiner ces questions à différentes échelles.

Cet article présente une sélection d’informations climatiques pour Toronto et montre comment les données de Donneesclimatiques.ca peuvent être transformées en récits visuels clairs. Les mêmes ensembles de données et outils peuvent être appliqués à des collectivités partout au Canada.

Tendances historiques : qu’a connu Toronto?

Les observations historiques montrent comment les conditions locales ont varié et évolué. Pour Toronto, les données climatiques canadiennes ajustées et homogénéisées (DCCAH) tiennent compte des changements non climatiques dans les relevés des stations, tels que les changements d’instruments ou d’endroit des stations, ce qui rend l’ensemble de données particulièrement adapté à l’analyse des tendances à long terme.

Télécharger : données DCCAH

En savoir plus : À propos des données (voir Ensembles de données historiques, DCCAH)

Question : Quel ensemble de données historiques devrais-je utiliser?

Les valeurs annuelles représentées ci-dessous montrent la variabilité d’une année à l’autre, tandis que la ligne de tendance révèle l’évolution à plus long terme. La température moyenne annuelle de Toronto a augmenté de 3,8 °C entre 1841 et 2023.

Figure 1. Température moyenne annuelle observée à la station de Toronto (centre-ville) entre 1841 et 2023. Les valeurs annuelles ont été calculées à partir des observations quotidiennes provenant de l’ensemble de données climatiques canadiennes ajustées et homogénéisées disponible sur Donneesclimatiques.ca. La courbe de tendance linéaire en pointillés indique une augmentation de 3,8 °C sur l’ensemble de la période.

Les normales climatiques : une référence pour les conditions typiques

Les normales climatiques résument les conditions moyennes sur une période standard de 30 ans. L’ensemble de données sur les normales climatiques canadiennes, disponible sur Donneesclimatiques.ca, comprend des statistiques mensuelles et annuelles sur les températures et les précipitations pour la période temporelle 1981-2010.

Consulter et explorer : Carte des normales climatiques

Télécharger : Normales climatiques

En savoir plus : À propos des données (voir Ensembles de données historiques, Normales climatiques du SMC 1981-2010)

Les normales constituent des points de référence utiles, mais elles sont de nature descriptive plutôt que prédictive. Elles ne reflètent pas toute la gamme des conditions possibles et ne doivent pas être considérées comme des prédictions immuables dans un climat en changement.

Figure 2. Normales climatiques mensuelles de Toronto pour la période 1981–2010, téléchargées à partir de Donneesclimatiques.ca. Les barres indiquent les précipitations mensuelles totales, tandis que les trois courbes représentent respectivement la température maximale, la température moyenne et la température minimale mensuelle. Les données proviennent de l’ensemble de données sur les normales climatiques du Service météorologique du Canada, d’Environnement et Changement climatique Canada.

Prévisions saisonnières : que pourraient nous réserver les prochains mois?

Les prévisions saisonnières permettent d’estimer si, au cours des prochains mois, les températures ou les précipitations seront plus susceptibles d’être sous la normale, près de la normale ou au-dessus de la normale par rapport à la période 1991–2020. Il s’agit de prévisions probabilistes, et non de prévisions jour par jour. À ce titre, elles doivent être interprétées en tenant compte des renseignements relatifs à l’habileté de la prévision.

Pour Toronto, ces produits peuvent faciliter la planification très courte dans des domaines tels que la santé publique, la gestion de l’eau, la demande énergétique et les opérations saisonnières. Comme les prévisions sont mises à jour régulièrement, les utilisateurs devraient toujours consulter le produit le plus récent.

Explorer : Prévisions saisonnières actuelles

Demander : Qu’est-ce qu’une prévision saisonnière?

En savoir plus : Tenir compte de l’incertitude dans les prévisions saisonnières

Figure 3. Les conditions historiques sont basées sur la climatologie de 1991 à 2020. Les prévisions mensuelles pour août 2026 ont été publiées le 1er juillet 2026. Les prévisions sont mises à jour chaque mois. Consultez régulièrement cette page pour prendre connaissance des mises à jour. Les prévisions sont produites par Environnement et Changement climatique Canada à l’aide du Système de prévision interannuelle et saisonnière canadien, version 3 (SPISCanv3). Explorez et téléchargez les prévisions actuelles à l’aide de la carte interactive de Donneesclimatiques.ca, ou consultez la page consacrée aux prévisions saisonnières à décennales ainsi que les conseils pour comprendre l’incertitude et l’habileté des prévisions.

Projections futures : l’orientation générale du changement

Les projections à long terme décrivent les conditions climatiques futures plausibles selon différents scénarios socioéconomiques communs (SSP), généralement à l’aide d’ensembles de modèles climatiques. Il ne s’agit pas de prévisions pour une année précise.

Pour le point de grille CanDCS-M6 le plus proche, la température moyenne annuelle du centre-ville de Toronto pour la période 1971-2000 était de 8,6 °C. Dans un scénario à émissions élevées, la médiane s’élève à 10,9 °C pour la période 2021–2050, à 12,6 °C pour la période 2051–2080 et à 13,9 °C pour la période 2071–2100. Les précipitations annuelles, qui s’élevaient historiquement à 868 mm, augmenteront d’environ 5 %, 11 % et 14 % au cours de ces mêmes périodes.

Explorer : Carte des projections climatiques pour la région du Grand Toronto

Télécharger : Sélectionnez « Mise à l’échelle de manière statistique »

Parcourir : Variables climatiques projetées

En savoir plus : Comprendre les scénarios de développement durable (SSP) et l’incertitude dans les projections climatiques

Figure 4. Température moyenne annuelle modélisée, historique et projetée, pour Toronto selon les scénarios SSP2-4.5, SSP3-7.0 et SSP5-8.5 ; données téléchargées à partir de Donneesclimatiques.ca. Les lignes pleines indiquent la médiane de l’ensemble et les bandes ombragées représentent la fourchette comprise entre le 10e et le 90e centile pour un ensemble de modèles climatiques globaux CMIP6 issus de l’ensemble de données CanDCS-M6.

Projections futures : seuils spécifiques à chaque région

Les indices climatiques traduisent la température et les précipitations sous forme de mesures qui sont plus directement liées aux impacts. Par exemple, on prévoit que Toronto connaîtra, en moyenne, davantage de journées chaudes au-dessus de 30 °C et davantage de nuits chaudes « tropicales » selon tous les scénarios d’émissions futurs. Ces changements sont susceptibles d’avoir un impact sur la santé humaine.

Explorer : Carte des projections climatiques pour la région du Grand Toronto

Télécharger : Sélectionnez « Mise à l’échelle de manière statistique »

Parcourir : Variables climatiques projetées

En savoir plus : Comprendre les scénarios de développement durable (SSP) et l’incertitude dans les projections climatiques

Le tableau ci-dessous présente une médiane d’ensemble et une fourchette allant du 10e au 90e centile. Cette fourchette reflète la variation entre les résultats des modèles et doit être prise en compte dans la planification.

Figure 5. Comparaison d’indices climatiques sélectionnés, modélisés pour une période historique (1971–2000) et une période future (2041–2070), selon les scénarios d’émissions SSP2-4.5, SSP3-7.0 et SSP5-8.5. Toutes les valeurs proviennent de Donneesclimatiques.ca et indiquent la médiane de l’ensemble ainsi que la fourchette comprise entre le 10e et le 90e centile pour les 26 modèles CMIP6 de l’ensemble de données CanDCS-M6.

Analogues spatiaux : de quel climat Toronto héritera-t-elle?

Les analogues spatiaux posent la question suivante : quel climat actuel ressemble au climat futur prévu pour Toronto? La carte ci-dessous identifie les endroits qui correspondent bien à un ou plusieurs des trois indices sélectionnés (le nombre de jours où la température dépasse 30 °C, la température moyenne du jour le plus froid de l’année et les précipitations totales annuelles) selon le scénario SSP2-4.5 pour la période 2041–2070. Par exemple, la température moyenne du jour le plus froid à New York aujourd’hui est similaire à celle prévue pour Toronto. D’autres villes présentent des correspondances plus étroites avec les conditions de chaleur ou de précipitations prévues pour Toronto. Un analogue ne signifie pas que Toronto deviendra identique à une autre ville; il fournit plutôt un point de référence pratique pour comprendre certains aspects du climat futur de Toronto.

Explorez l’application « Analogues spatiaux »

Figure 6. Analogues spatiaux actuels pour le climat prévu à Toronto pour la période 2041-2070 selon le scénario SSP2-4.5, basés sur le nombre annuel de jours chauds supérieurs à 30 °C, la température moyenne du jour le plus froid de l’année et les précipitations totales annuelles. Les analogues sont calculés à l’aide de l’application d’analogues spatiaux de Donneesclimatiques.ca. Chaque analogue peut correspondre plus étroitement à Toronto pour certains indices que pour d’autres; par exemple, les endroits situés près de New York présentent une température moyenne du jour le plus froid similaire à celle projetée pour Toronto.

Encadré 1 : Fumée et changements climatiques

La fumée des feux de forêt peut se propager sur des centaines, voire des milliers de kilomètres; la qualité de l’air à Toronto peut donc être affectée par des feux se produisant bien au-delà de la ville. Donneesclimatiques.ca ne prévoit pas les feux de forêt, les concentrations de fumée ni la qualité de l’air à venir. Cependant, son application « Projections de la météo des feux de forêt » montre comment les conditions climatiques qui influencent le risque de déclenchement et de propagation des feux — notamment la chaleur, la sécheresse et le vent — pourraient évoluer à travers le Canada. Les prévisions d’une saison des feux plus longue et de conditions météorologiques plus sévères dans de nombreuses régions indiquent un risque croissant d’épisodes de fumée de feux de forêt affectant les collectivités situées sous le vent, comme Toronto.

Donnée IDF : planification en prévision de pluies intenses

Les données d’intensité-durée-fréquence (IDF) décrivent la probabilité d’épisodes de pluies intenses. Les données historiques sur l’IDF ne suffisent plus à elles seules pour la planification et l’entretien des infrastructures à long terme. C’est pourquoi Donneesclimatiques.ca fournit également des données IDF mises à l’échelle pour tenir compte des changements climatiques pour des stations situées partout au Canada. Les utilisateurs peuvent explorer les durées de pluie allant de 5 minutes à 24 heures, les périodes de retour allant de 1 fois tous les 2 ans à 1 fois tous les 200 ans, plusieurs périodes futures et divers scénarios d’émissions.

Télécharger : Données pluviométriques IDF

À propos : Les courbes IDF 101

En savoir plus : Données IDF et changements climatiques

Ressources : Meilleures pratiques pour l’utilisation des courbes IDF

Figure 7. Valeurs historiques et ajustées aux changements climatiques des IDF sur une heure pour Toronto, téléchargées à partir de Donneesclimatiques.ca. Historiquement, le taux de précipitations horaire d’un événement sur 100 ans est de 58,8 mm/h. Selon le scénario SSP2-4.5 pour la période 2041-2070, un taux de précipitations d’une ampleur similaire correspond à une période de retour plus proche de 1 sur 25 ans, tandis que le taux médian de précipitations horaires d’un événement sur 100 ans passe à 72,0 mm/h.

Des données aux décisions

Différents ensembles de données climatiques permettent de répondre à différentes questions : les observations décrivent ce qui s’est produit; les moyennes résument les conditions typiques; les prévisions saisonnières appuient la planification à courte terme; les projections décrivent des scénarios futurs plausibles; les analogues illustrent l’échelle géographique du changement; et les données IDF appuient l’analyse des précipitations de courte durée. Les ensembles de données décrits ci-dessus ne représentent qu’un échantillon des nombreux ensembles de données et variables disponibles sur Donneesclimatiques.ca.

 

Conseils et soutien

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Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 11 août 2026
Auteur Rachel Malena-Chan, Centre canadien des services climatiques
Sujets Agriculture, Nouveauté à noter
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« D’ici à l à » est un balado pilote qui présente les témoignages de professionnels de partout au Canada et explore l’importance d’une approche axée sur l’adaptation.

Ce dernier épisode de « D’ici à l à » quitte la ville pour se pencher sur l’adaptation dans le secteur agricole. Nous discutons avec deux agriculteurs de la Saskatchewan de leur parcours pour rendre leur exploitation résiliente face au climat en changement.

Nous avons également discuté avec des représentants du Centre canadien des services climatiques et de ClimateWest afin d’obtenir une vue d’ensemble de la situation en matière de changements climatiques et d’adaptation dans les Prairies.

Découvrez ci-dessous quelques-uns des points saillants de notre conversation et trouvez d’autres ressources destinées aux agriculteurs sur l’agriculture régénérative et d’autres mesures de soutien à l’adaptation.

Cet épisode est animé par Martin Payette, d’Ouranos, un pôle d’innovation collaboratif qui aide la société québécoise à mieux s’adapter à un climat en évolution. Il a été produit par Rachel Malena-Chan et Ryan Smith, du Centre canadien des services climatiques.

 

« Quand on parle de données climatiques, malheureusement, beaucoup de secteurs, y compris l’agriculture, ne se tournent pas vers l’avenir. »

Cet épisode se penche sur un exemple concret d’agriculture dans un climat en changement. Alanna Carlson et Keaton Sinclair sont des agriculteurs de la Saskatchewan dont l’histoire est profondément liée à la terre. Issus de familles d’agriculteurs, ils ont commencé, il y a cinq ans, à cultiver leurs propres terres près de Fiske, en Saskatchewan. Les débuts n’ont pas été faciles.

« La première année, j’ai semé des pois verts sur tout le champ, et un nuage est arrivé de nulle part, un gros nuage sombre qui a déversé de la grêle sur tout le champ. Tous les pois ont été éjectés de leurs gousses et se sont retrouvés par terre. Disons que ça a été une année très difficile pour commencer.

Puis, l’année suivante, et celle d’après, même pendant les trois années suivantes, nous n’avons pas eu de pluie du tout et les récoltes ont été très difficiles ces années-là. La troisième année où nous cultivions, c’était tellement sec que je n’ai même pas sorti la moissonneuse-batteuse dans le champ. Il n’y avait pratiquement plus qu’un tas de tiges. C’est là que j’ai compris qu’il était temps d’apporter des changements. »

Comme l’explique Alanna, les agriculteurs surveillent constamment les conditions météorologiques et suivent l’évolution des phénomènes extrêmes. Mais cette vigilance ne s’étend pas toujours sur plusieurs décennies, alors que les changements climatiques auront un impact encore plus important sur les activités agricoles.

« Les gens sont donc très conscients des changements climatiques, du fait qu’il y a davantage de sécheresses et d’événements météorologiques extrêmes. Comme beaucoup de gens ne sont pas informés des projections, ils continuent essentiellement à fonctionner comme avant. »

Source: Canva

« C’est très important pour nous d’essayer de participer à cette restauration de la terre. »

Dans cet épisode, Keaton et Alanna nous expliquent leur parcours vers l’agriculture régénérative, une pratique qui vise à préserver la santé des sols et à restaurer le fonctionnement des écosystèmes. Leurs expériences novatrices sont source d’inspiration, en grande partie en raison de la nécessité de s’adapter à des conditions météorologiques changeantes et à des budgets serrés. De la culture intercalaire aux engrais faits maison, ils proposent toute une fourchette d’exemples de ce qui a fonctionné pour eux.

Keaton s’appuie sur sa formation en génie des structures pour éclairer sa vision de l’avenir, mais il souligne que cette approche n’est pas courante dans le secteur agricole.

« En tant qu’ingénieur en structure, nous concevons maintenant plus souvent des infrastructures qui seront plus résilientes face aux phénomènes météorologiques extrêmes, en nous adaptant au climat ou à ces phénomènes. Pour les agriculteurs, je pense qu’on n’en parle pas assez. »

Alanna nous confie : « [c]’est très important pour nous d’essayer de participer à cette restauration de la terre. » Ces efforts ne sont pas toujours faciles, mais Keaton et Alanna y ont trouvé une passion qui correspond à leurs valeurs. Une conversation avec la tante de Keaton a eu une influence majeure sur leur parcours.

« Ma tante est professeure à l’Université de l’Alberta; elle est très impliquée dans les relations avec les Autochtones et connaît très bien l’histoire et les établissements métis. Elle a été un vraiment bon modèle pour nous encourager à revenir à nos racines. »

 

 

Perspectives climatiques pour le secteur agricole des Prairies

Aux côtés de Keaton et d’Alanna, cet épisode met en vedette des experts chevronnés en adaptation aux changements climatiques issus des principaux centres climatiques du Canada.

Elaine Barrow, du Centre canadien des services climatiques, présente un aperçu des changements climatiques dans les Prairies et des projections concernant la chaleur et les précipitations dans la région.

Asha Nelson, de ClimateWest, nous présente les mesures de soutien offertes aux acteurs du secteur agricole des Prairies et explique les principes fondamentaux de l’agriculture régénérative comme partie intégrante de la solution aux défis posés par les changements climatiques.

Hayley Dosser, également du Centre canadien des services climatiques, nous parle d’un nouvel outil accessible sur Donneesclimatiques.ca : les prévisions saisonnières à décennales. Alors que les projections climatiques portent sur l’évolution des conditions sur plusieurs décennies, les prévisions saisonnières à décennales fournissent des renseignements sur ce à quoi il faut s’attendre dans les mois et les années à venir.

Comme l’explique Hayley, « les prévisions saisonnières à décennales conviennent parfaitement à l’agriculture, car vous devez souvent prendre des décisions plusieurs mois à l’avance pour la prochaine saison de culture. Ces décisions peuvent porter sur tout, depuis le choix des semences que vous allez acheter jusqu’aux variétés de cultures que vous allez planter, en passant par le moment où vous allez commencer la préparation de vos champs, le type d’irrigation à prévoir pour l’été et le calendrier de vos récoltes. Les prévisions saisonnières, en particulier, peuvent faciliter toutes ces décisions. »

Nous espérons que vous apprécierez cet épisode. N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos commentaires ou à nous proposer vos idées pour un prochain épisode.

Pour télécharger un résumé des points saillants de l’épisode et les biographies de chacun de nos invités, cliquez ici : anglais ou français

Pour accéder à plus d’informations sur cet épisode, ainsi qu’à la transcription complète, cliquez ici : https://donneesclimatiques.ca/ressource/episode-4-agriculture-regenerative/

 

 

Biographies de l’animateur et des invités

Martin Payette est spécialiste de la recherche et de la mobilisation des connaissances chez Ouranos; il possède une formation en biologie et en journalisme. Il s’efforce de rendre la recherche sur l’adaptation aux changements climatiques accessible et utile à divers publics et praticiens.

Keaton Sinclair est un agriculteur de quatrième génération qui vit avec sa conjointe, Alanna Carlson, dans la ferme familiale près de Rosetown, en Saskatchewan. Ils ont quitté leurs emplois de bureau – il était ingénieur et elle, avocate – pour répondre à l’appel de la terre. Ils cultivent des céréales et des légumineuses en utilisant des pratiques d’agriculture régénérative qui privilégient la santé des plantes et des sols, dans le but de restaurer la terre pour les générations à venir, acre par AKre. Suivez-les sur les pages Instagram et YouTube d’AKRegeneration.

Elaine Barrow est climatologue; elle est titulaire d’un baccalauréat et d’un doctorat en sciences de l’environnement, ainsi que d’une maîtrise en sciences atmosphériques. Forte de près de 40 ans d’expérience en recherche climatique, Elaine s’est jointe à l’équipe des Données et produits du Centre canadien des services climatiques en 2019. Elle se consacre désormais à la diffusion d’informations climatiques utiles et exploitables pour la prise de décision en matière d’adaptation, et travaille en étroite collaboration avec l’équipe de Donneesclimatiques.ca.

Asha Nelson est coordonnatrice de projet chez ClimateWest, où elle gère diverses initiatives d’adaptation aux changements climatiques. Elle possède une décennie d’expérience dans la conception et la mise en œuvre de projets et de programmes de recherche menés par les communautés, avec un accent particulier sur la souveraineté alimentaire. Elle détient un diplôme d’études supérieures en économie politique mondiale et siège au Conseil alimentaire de Winnipeg.

Hayley Dosser est une climatologue titulaire d’une maîtrise en physique et d’un doctorat en océanographie, dont l’expérience s’étend de la dynamique des fluides aux changements climatiques. Hayley fait actuellement partie de l’équipe « saisonnière à décennale » au sein du Bureau des données et des produits du Centre canadien des services climatiques.

Ressources supplémentaires sur l’adaptation à l’intention des agriculteurs :

  • ClimateWest (en anglais seulement) est présent en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba. ClimateWest donne aux collectivités, aux entreprises, aux organismes sans but lucratif et aux gouvernements les moyens de prospérer face au climat en changement.
  • Prévisions saisonnières à décennales sur Donneesclimatiques.ca indiquent les probabilités des conditions futures mensuelles, saisonnières ou décennales par rapport à la période historique de référence de 1991 à 2020. Les prévisions mensuelles sont disponibles pour les trois prochains mois, les prévisions saisonnières sont offertes pour des périodes mobiles de trois mois au cours des 12 prochains mois, et les prévisions décennales seront disponibles pour deux périodes de cinq ans couvrant les 10 prochaines années.
  • Le Module « Agriculture et climat futur » sur Donneesclimatiques.ca permet de comprendre comment les changements climatiques touchent le secteur agricole, d’explorer comment l’information climatique peut être utilisée dans la prise de décision à l’aide d’exemples d’études de cas, d’accéder rapidement à des données climatiques pertinentes et de découvrir d’autres ressources pour soutenir la planification de l’adaptation.
  • Régénération Canada propose une trousse de ressources techniques, de matériel de formation et de balados pouvant être filtrés pour répondre au mieux aux besoins individuels des utilisateurs. Une section spécifique consacrée aux pratiques de gestion de l’eau et à la qualité de l’eau pourrait particulièrement intéresser les auditeurs des Prairies.
  • ALUS a plusieurs guides sur la mise en place de projets de zones humides.
  • ALUS offre également le programme « Growing Roots », qui soutient les participants en leur fournissant du financement, de l’aide technique ainsi que des journées sur le terrain, des ateliers et d’autres occasions de réseautage et d’apprentissage collaboratif.
  • Le programme de mentorat pour les fermes résilientes est un autre programme de formation dirigé par des agriculteurs et un réseau d’apprentissage entre pairs, offert par des organisations agricoles et des partenaires autochtones, visant à aider les participants à mettre en œuvre des pratiques de gestion bénéfiques.
  • Des organisations telles que la Manitoba Forage & Grassland Association (en anglais seulement), SaskSoil (en anglais seulement), Fermiers pour la Transition Climatique, et les associations de bassins versants organisent des conférences et des échanges d’apprentissage afin d’encourager le partage des connaissances et de renforcer le réseau de soutien par les pairs pour les producteurs alimentaires intéressés à l’agriculture régénérative et à d’autres pratiques de résilience climatique.
  • Le Programme climatique des bassins versants des Prairies (en anglais seulement) offre du financement aux producteurs pour les aider à mettre en œuvre des pratiques de gestion bénéfiques, comme le pâturage tournant. Ce programme est mis en œuvre par des groupes tels que les districts de bassins versants du Manitoba et l’Association des bassins versants de la Saskatchewan.
  • Holistic Management (en anglais seulement) offre le Programme d’accélération de la régénération (Regenerative Accelerator Program) pour aider les agriculteurs à mettre en œuvre leur projet de régénération. Le financement couvre les frais liés à l’embauche d’experts ainsi qu’une partie des coûts de mise en œuvre du projet.

Pour consulter la transcription complète de cet épisode ou écouter d’autres épisodes de cette série de balados, rendez-vous sur la Zone d’apprentissage.

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 17 juillet 2026
Auteur Aaron Tamminga et Ryan Smith
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques
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Introduction

Le Canada se réchauffe près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale, les températures hivernales augmentant plus rapidement que celles de toute autre saison. L’une des conséquences de ce réchauffement est que les périodes de froid extrême deviennent moins fréquentes et moins intenses dans une grande partie du pays. Cependant, les vagues de froid extrême n’ont pas disparu. Même dans un climat en réchauffement, la variabilité naturelle du climat et les régimes de circulation atmosphérique à grande échelle peuvent encore entraîner des périodes de temps exceptionnellement froid.

L’hiver 2025-2026 en est un bon exemple. Bien que la saison ait été de 1,7 °C plus chaude que la moyenne de 1961 à 1990 à l’échelle du Canada, le système d’attribution rapide des événements météorologiques extrêmes d’Environnement et Changement climatique Canada a recensé 14 épisodes de froid significatifs. L’analyse d’attribution a révélé que ces 14 épisodes étaient tous moins susceptibles de se produire en raison des changements climatiques d’origine humaine. Parmi ces événements, deux ont été classés comme moins probables, dix comme beaucoup moins probables et deux comme nettement moins probables par rapport à un climat sans réchauffement d’origine humaine.

Épisodes de froid au Canada durant l’hiver 2025-2026

La carte ci-dessous résume l’épisode de froid le plus intense identifié au cours de l’hiver 2025-2026 dans chacune des 17 régions analysées par le système d’attribution. Les régions qui n’ont pas connu de températures suffisamment basses pour déclencher le système sont indiquées en gris. Dans les régions ayant connu plusieurs épisodes de froid, seul l’épisode le plus froid est représenté. La plupart des épisodes identifiés se sont produits dans le nord et l’ouest du Canada.

L’écart le plus important par rapport aux conditions normales a été observé au Yukon, où une période de froid de 20 jours, du 8 au 27 décembre 2025, a entraîné une température minimale quotidienne moyenne régionale de -41,2 °C, soit environ 17 °C de moins que la normale pour cette période de l’année. Comme les températures sont calculées en moyenne sur l’ensemble de la région d’analyse du Yukon, certains endroits ont connu des conditions encore plus froides. Selon l’analyse d’attribution, un événement de cette ampleur est beaucoup moins susceptible de se produire dans le climat actuel qu’il ne l’aurait été dans un climat sans réchauffement attribuable à l’activité humaine.

L’ensemble complet des 14 événements identifiés est présenté dans le tableau ci-dessous, accompagné d’informations supplémentaires sur les températures, d’une évaluation de la probabilité de l’effet des changements climatiques sur les probabilités actuelles par rapport à un climat sans réchauffement d’origine humaine, ainsi que d’une évaluation de la probabilité future décrivant comment la probabilité d’un événement de même ampleur évoluerait dans un climat futur marqué par un réchauffement planétaire supplémentaire de 2 °C. À mesure que les changements climatiques se poursuivront à l’avenir, des extrêmes de froid comparables aux événements identifiés ici continueront de se produire, mais ils deviendront encore moins fréquents que dans le climat actuel. Parmi les 14 événements évalués durant l’hiver 2025-2026, deux devraient passer de « peu probables » à « beaucoup moins probables », cinq devraient passer de « beaucoup moins probables » à « extrêmement peu probables », et sept devraient rester dans la même fourchette de probabilité dans un climat futur modélisé.

RégionDates de l’épisode de froidTempérature quotidienne minimale la plus froide (°C)Température quotidienne minimale normale (°C)Écart de température (°C)Probabilité actuelleProbabilité future
(réchauffement de 2 °C)
YukonDu 8 au 27 décembre 2025-41,2-23,917,3beaucoup moins probablebeaucoup moins probable
Nord de la Colombie-BritanniqueDu 19 au 23 décembre 2025-32-14,817,2moins probablebeaucoup moins probable
Nord de la Colombie-BritanniqueDu 20 au 27 décembre 2025-31,7-15,815,9moins probablebeaucoup moins probable
YukonDu 3 au 5 janvier 2026-40,9-2515,9beaucoup moins probablebeaucoup moins probable
SaskatchewanDu 21 au 25 janvier 2026-35,2-19,515,7beaucoup moins probablebeaucoup moins probable
Inuvik, Territoires du Nord-OuestDu 7 au 14 février 2026-45,3-29,615,7considérablement moins probableconsidérablement moins probable
Fort Smith, Territoires du Nord-OuestDu 17 au 18 février 2026-38-25,412,9beaucoup moins probablebeaucoup moins probable
Inuvik, Territoires du Nord-OuestDu 27 mars au 3 avril 2026-39,9-28,211,7beaucoup moins probableconsidérablement moins probable
Kitikmeot, NunavutDu 24 au 26 février 2026-43,1-32,310,8considérablement moins probableconsidérablement moins probable
Kitikmeot, NunavutDu 8 au 17 février 2026-43-33,49,6beaucoup moins probableconsidérablement moins probable
Inuvik, Territoires du Nord-OuestDu 5 au 7 janvier 2026-39,1-29,69,5beaucoup moins probablebeaucoup moins probable
Kitikmeot, NunavutDu 2 au 4 mars 2026-40,9-31,69,3beaucoup moins probableconsidérablement moins probable
Sud de Qikiqtaaluk, NunavutDu 24 au 26 février 2026-40,8-337,8beaucoup moins probableconsidérablement moins probable
Nord de Qikiqtaaluk, NunavutDu 16 au 22 février 2026-41,9-34,57,4beaucoup moins probableconsidérablement moins probable

Encadré 1 : Comment fonctionne le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes?

Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes a été mis au point par des scientifiques de la Division de la modélisation climatique d’Environnement et Changement climatique Canada afin d’évaluer comment les changements climatiques d’origine humaine influent sur la probabilité des phénomènes météorologiques extrêmes.

En ce qui concerne les températures extrêmes, le système surveille en continu les conditions dans 17 régions du Canada. Lorsque des températures inhabituellement froides se produisent, le système compare la probabilité qu’un événement de cette ampleur se produise dans trois climats différents :

  • un climat préindustriel (1850-1900), avant le réchauffement important causé par l’activité humaine;
  • le climat actuel; et
  • un climat futur correspondant à un réchauffement planétaire supplémentaire de 2 °C.

À l’aide de simulations de modèles climatiques et d’observations, le système estime comment la probabilité de l’événement varie entre ces différents climats. Les résultats sont présentés sous forme de catégories de probabilité qui décrivent dans quelle mesure les changements climatiques ont modifié les chances que l’événement se produise.

Déclaration de probabilité

Évolution de la probabilité

Moins probable

Au moins 1 à 2 fois moins probable

Beaucoup moins probable

Au moins deux à dix fois moins probable

conidérablement moins probable

Plus de 10 fois moins probable

Par exemple, si un épisode de froid est classé comme « beaucoup moins probable », cela signifie qu’un événement de cette ampleur est estimé au moins deux à dix fois moins susceptible de se produire dans le climat actuel qu’il ne l’aurait été dans un climat sans réchauffement d’origine humaine.

Exemple d’épisode de froid : Saskatchewan, du 22 au 25 janvier 2026.

Les résidents des Prairies ont connu des périodes de froid extrême cet hiver, ce qui a donné lieu à des avertissements météorologiques dans plusieurs provinces en raison des risques liés au refroidissement éolien intense et aux températures glaciales. La série de figures suivante s’appuie sur un épisode de froid de quatre jours survenu en Saskatchewan du 22 au 25 janvier 2026 pour illustrer comment le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes identifie et analyse de telles vagues de froid.

La première figure présente une carte des anomalies de température (définies comme la différence entre la température minimale quotidienne de la date analysée et celle de la période de référence 1990-2021) à l’échelle du Canada, lors du jour le plus froid de l’épisode. Ces anomalies de température sont tirées du produit de réanalyse ERA51 qui utilise un modèle météorologique combiné à des observations pour fournir un aperçu spatialement complet des conditions climatiques de l’histoire récente. Le jour le plus froid de l’événement, des conditions plus froides que la normale s’étendaient sur une grande partie de l’Alberta, de la Saskatchewan et du sud des Territoires du Nord-Ouest.

La deuxième figure présente une série chronologique des températures minimales quotidiennes observées (Tmin ) issues des données ERA5 pour décembre 2025 et janvier 2026, moyennées sur la région de la Saskatchewan. La ligne de seuil annuelle en gris uni représente le critère de déclenchement permettant d’identifier un événement, calculé comme la température minimale annuelle médiane (jour le plus froid de l’année) pour la région entre 1991 et 2020. Dans le cas de l’événement de froid en janvier, ce seuil a été dépassé du 23 au 25 janvier, comme l’indique la zone ombrée en bleu foncé. À la suite de l’événement, les dates définitives de début et de fin sont déterminées en fonction du seuil saisonnier (ligne grise pointillée), qui est calculé comme le10e percentile des températures minimales quotidiennes de la période 1991-2020 pour les dates considérées. La période durant laquelle les températures se sont situées en dessous de ce seuil est représentée par la zone ombrée en bleu clair. D’après le seuil saisonnier, l’événement s’est déroulé du 22 au 25 janvier.

Crédit de l’illustration : Dre Elizaveta Malinina

Afin de déterminer l’influence des changements climatiques d’origine humaine sur cet événement, le système d’attribution compare l’évolution de la distribution de la température du jour le plus froid de l’année (représentée sous forme d’anomalies par rapport à la période 1991-2020) entre les climats simulés préindustriels, actuels et futurs. Ces distributions proviennent d’ensembles multimodèles issus de la phase 6 du projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP6)2. La figure ci-dessous illustre la distribution des anomalies de température minimale en Saskatchewan pour chaque période temporelle, d’après 23  modèles du projet CMIP6. À mesure que le climat modélisé se réchauffe, passant des conditions préindustrielles aux conditions actuelles puis futures, la distribution des anomalies de température minimale se déplace vers la droite. Ce déplacement indique une hausse des températures globales et une diminution de la probabilité de froid extrême, qui se situe à l’extrémité gauche de chaque distribution. Lors de l’événement illustré en Saskatchewan, l’anomalie de température minimale quotidienne la plus froide observée était de -1,2 °C le 23 janvier. Sur la figure, cette température est représentée par la ligne verticale noire.

La probabilité qu’un événement plus froid que celui observé le 23 janvier se produise dans chacun des trois climats est représentée par la zone ombrée sous chaque courbe. Une zone ombrée plus petite sous la courbe indique une probabilité plus faible. Dans les conditions préindustrielles, un événement présentant une anomalie de -1,2 °C se situe près du centre de la distribution des températures minimales, avec un peu plus de la moitié de la zone sous la courbe ombrée. Cela signifie qu’on s’attend à ce qu’une telle température se produise fréquemment.  Dans les conditions plus chaudes du climat actuel, une valeur de -1,2 °C se situe plus à gauche dans la distribution, avec une plus petite zone ombrée sous la courbe, ce qui indique une probabilité de température plus faible. Dans un climat futur plus chaud, avec un réchauffement planétaire de 2 °C, l’anomalie de -1,2 °C devient encore moins courante, car la distribution continue de se déplacer vers la droite et seule une petite partie de la zone sous la courbe est ombrée.

Crédit de l’illustration : Dre Elizaveta Malinina

En raison de la différence de probabilité entre le climat actuel et le climat préindustriel, on a déterminé que l’événement survenu en Saskatchewan était au moins de 2 à 10 fois moins probable dans le climat actuel que dans un climat sans changements climatiques d’origine humaine, ce qui correspond à une déclaration de probabilité indiquant qu’il est « beaucoup moins probable ». La déclaration de probabilité pour cet événement dans le climat actuel est communiquée à l’aide du graphique à échelle d’indicateurs présenté ci-dessous.  

Conclusion

Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes d’Environnement et Changement climatique Canada fournit aux Canadiens un contexte précieux sur la façon dont les changements climatiques d’origine humaine influent sur la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes. Outre les vagues de froid extrêmes abordées ici, le système analyse les vagues de chaleur extrêmes en été et les précipitations extrêmes tout au long de l’année; il est prévu d’étendre le système à d’autres variables météorologiques à mesure que les scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada mettent à l’essai de nouvelles capacités et que davantage de données et de recherches deviennent disponibles. Le fonctionnement automatisé du système permet une diffusion rapide des résultats à mesure que les événements se produisent partout au pays, ce qui améliore la compréhension du lien entre les changements climatiques d’origine humaine et les phénomènes météorologiques extrêmes.

Il est important de noter que, même si la science de l’attribution démontre que ces événements deviennent moins fréquents et moins sévères, il est utile de se rappeler que les vagues de froid demeurent une caractéristique fondamentale et structurelle des hivers canadiens. Même dans un climat qui se réchauffe, la variabilité naturelle et les changements atmosphériques complexes font en sorte que les vagues de froid perturbatrices ne disparaissent pas, et que les vagues de froid sont là pour rester. Pour mieux comprendre l’évolution de ces aléas hivernaux et savoir comment s’y préparer, consultez l’article de Donneesclimatiques.ca intitulé « Vagues de froid et changements climatiques ». En fin de compte, le suivi de ces tendances changeantes contribue à éclairer les s d’atténuation et les initiatives d’adaptation du Canada, garantissant ainsi que les infrastructures et les collectivités restent résilientes dans un climat en changement.

 

Pour plus d’information

Visitez le site Web « Attribution des phénomènes météorologiques extrêmes » d’Environnement et Changement climatique Canada pour en savoir plus. Les derniers résultats du système d’attribution sont disponibles sur le Portail du gouvernement ouvert du gouvernement du Canada.

Visitez Donneesclimatiques.ca pour en savoir plus sur les changements climatiques à venir, explorer des cartes interactives et analyser comment les températures extrêmes deviennent moins fréquentes dans une fourchette de scénarios d’émissions.

Références

1. Hersbach, H., Bell, B., Berrisford, P., Hirahara, S., Horányi, A., Muñoz‐Sabater, J., Nicolas, J., Peubey, C., Radu, R., Schepers, D. and Simmons, A. (2020). The ERA5 global reanalysis.Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society146(730), pp 1999-2049.

2. Eyring, V., Bony, S., Meehl, G. A., Senior, C. A., Stevens, B., Stouffer, R. J., and Taylor, K. E. (2016). Overview of the Coupled Model Intercomparison Project Phase 6 (CMIP6) experimental design and organization. Geoscientific Model Development9(5), pp 1937-1958.

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 17 juillet 2026
Auteur Ruth Moore, Hayley Dosser, Rachel Malena-Chan, and Ryan Smith, Centre canadien des services climatiques
Sujets Demander à un expert du climat, Renseignez-vous sur les changements climatiques
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Introduction

 

Donneesclimatiques.ca est spécialisée dans la fourniture de projections à long terme du climat futur. Bien que ces projections soient essentielles pour renforcer la résilience face aux changements climatiques, de nombreux utilisateurs ont également besoin de comprendre les variations climatiques à plus court terme d’une année à l’autre et d’un mois à l’autre. Ces variations, y compris les changements en matière de température et de précipitations, sont dues à la variabilité interne inhérente au système climatique. Cette variabilité influence les conditions climatiques régionales à travers le Canada, masquant souvent les tendances à long terme à court terme.

Pour de nombreuses régions du Canada, le phénomène d’oscillation australe El Niño est l’un des principaux facteurs de cette variabilité. Le phénomène d’oscillation australe El Niño alterne des phases plus chaudes et plus froides connues sous le nom d’El Niño et de La Niña. Ces phases influencent les schémas météorologiques mondiaux car le climat de différents endroits est lié, ce que l’on appelle formellement les « téléconnexions » (encadré 1). Les téléconnexions jouent un rôle important dans la modulation des températures, des précipitations et même de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde entier.

Encadré 1 : Qu’est-ce que les téléconnexions climatiques ?

Les téléconnexions, terme dérivé de « tele », qui signifie « à distance », décrivent le phénomène selon lequel les conditions météorologiques et climatiques d’une région sont influencées par des événements climatiques qui se produisent à des milliers de kilomètres de là. L’étude de ces phénomènes aide les scientifiques à comprendre comment les différentes parties du système climatique sont interconnectées.

Les téléconnexions se produisent en partie parce que le système climatique est lié à des schémas de circulation à l’échelle de la planète appelés « ondes de Rossby ». [1]. Les ondes de Rossby se forment lorsque l’air et l’eau se déplacent entre des régions plus chaudes et plus froides. La rotation de la Terre oriente ces ondes, formant des modèles ondulants, semblables à des rivières, à la fois dans l’atmosphère et dans les océans [2].  Contrairement au mouvement vertical des vagues observé sur une plage, les ondes de Rossby se déplacent principalement à l’horizontale et peuvent s’étendre sur des milliers de kilomètres. Les ondes de Rossby peuvent créer des schémas météorologiques persistants (haute ou basse pression) qui sont stables pendant des semaines, voire des mois. Ces schémas de circulation peuvent agir comme une balançoire : lorsque la pression est élevée dans une région, elle a tendance à être plus faible dans la région voisine.

Le phénomène d’oscillation australe El Niño

El Niño est l’une des phases d’un phénomène climatique plus vaste et naturellement récurrent, appelé le phénomène oscillation australe El Niño, qui résulte de la modification des alizés dans l’océan Pacifique. Le phénomène peut avoir des répercussions étendues et pluriannuelles sur les conditions météorologiques mondiales, influençant tout, des températures des océans aux précipitations. Cette tendance est abordée dans les articles Importance d’utiliser 30 ans de données et Zone d’apprentissage de la variabilité naturelle en raison de son impact important sur la variabilité du climat.

Les événements oscillation australe El Niño se manifestent par des changements périodiques de la température de surface de la mer (SST) et de la pression au niveau de la mer (SLP) dans l’océan Pacifique tropical, les fluctuations de la SST pouvant atteindre 1 à 3°C au-dessus ou au-dessous de la moyenne. Le cycle oscillation australe El Niño se compose de trois phases : El Niño, la phase chaude, La Niña, la phase froide, et une phase neutre pendant la transition. L’impact de ce cycle est mondial, affectant les schémas météorologiques dans toutes les régions, y compris l’Amérique du Nord, avec des influences sur les précipitations tropicales et des effets météorologiques en cascade dans le monde entier.

El Niño

Pendant El Niño, les températures de surface de la mer augmentent dans le centre et l’est du Pacifique tropical, ce qui entraîne un affaiblissement ou une inversion de la configuration des vents d’est en ouest habituellement observée à ces latitudes.  Ce changement perturbe le transport des eaux chaudes vers l’ouest, ce qui leur permet de s’accumuler près de l’Amérique du Sud. L’eau chaude est moins dense que l’eau froide, ce qui signifie que le niveau de la mer augmente lorsque l’eau se réchauffe. Ce phénomène peut être détecté par les satellites et constitue l’un des moyens de détecter l’arrivée d’El Niño. Les changements de SLP dans le Pacifique tropical sont également utilisés pour détecter et mesurer la force des événements du phénomène oscillation australe El Niño (encadré 2).

Fait important pour les Canadiens, le courant-jet du Pacifique se déplace vers le sud lors d’un épisode El Niño, ce qui modifie les conditions météorologiques en Amérique du Nord. El Niño se traduit généralement par des hivers plus chauds et plus secs dans l’ouest du Canada et le nord des États-Unis (figure 1). Ces cartes sont des représentations schématiques de l’influence moyenne générale d’El Niño et de La Niña sur les régimes de température et d’humidité, et ne sont pas fondées sur des données climatiques observées réelles.

Les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine ont déjà considérablement réchauffé le système climatique. Lorsqu’un épisode El Niño se produit, ce réchauffement de fond se combine aux schémas de réchauffement naturels, augmentant ainsi les risques de températures extrêmement élevées.

Encadré 2 : mesurer le phénomène d’oscillation australe El Niño

Les phases de l’oscillation australe El Niño sont surveillées de différentes manières. L’indice océanique du Niño (ONI), qui calcule les anomalies des températures de surface de la mer dans des régions désignées pour le Niño le long du Pacifique équatorial, est un indice courant. L’ONI fournit une mesure de l’intensité et de la phase des événements El Niño ou La Niña en calculant la moyenne de ces écarts de température sur plusieurs mois. Les variations de la pression atmosphérique, indiquées par l’indice d’oscillation australe (SOI), sont également essentielles pour prévoir les phases de l’oscillation australe El Niño. Le SOI mesure les différences de pression entre Darwin, en Australie, et Tahiti, reflétant la force des alizés de l’est et leur influence sur la circulation océanique et atmosphérique.

Figure 1: El Niño se traduit généralement par des hivers plus chauds et plus secs dans le nord des États-Unis et du Canada. Ces cartes sont des représentations schématiques de l’influence moyenne générale d’El Niño et de La Niña sur les régimes de température et d’humidité, et ne sont pas fondées sur des données climatiques observées réelles.

La Niña

 

Pendant La Niña, les températures de surface de l’océan se refroidissent dans le centre et l’est du Pacifique tropical alors que les alizés typiques d’est en ouest s’intensifient, poussant les eaux chaudes vers l’ouest, en direction de l’Australie. Ce changement entraîne le déplacement du courant-jet du Pacifique vers le nord, ce qui se traduit par des conditions plus froides et plus humides dans le nord-ouest du Pacifique, ce qui peut augmenter la probabilité de fortes pluies et d’inondations dans cette région. Au Canada, La Niña apporte souvent un hiver plus froid et plus enneigé dans les provinces de l’ouest, en particulier en Colombie-Britannique et dans les Prairies, et peut entraîner des chutes de neige plus importantes dans certaines parties de l’Ontario et du Québec. En revanche, le sud des États-Unis a tendance à connaître des conditions plus sèches que la normale pendant La Niña (figure 2).

Figure 2: Au Canada, La Niña apporte souvent un hiver plus froid et plus enneigé dans les provinces de l’ouest, en particulier en Colombie-Britannique et dans les Prairies, et peut entraîner des chutes de neige plus importantes dans certaines parties de l’Ontario et du Québec. En revanche, le sud des États-Unis a tendance à connaître des conditions plus sèches que la normale pendant La Niña. Ces cartes sont des représentations schématiques de l’influence moyenne générale d’El Niño et de La Niña sur les régimes de température et d’humidité, et ne sont pas fondées sur des données climatiques observées réelles.

Conclusion

 

Il est essentiel de comprendre le phénomène oscillation australe El Niño et son rôle dans l’influence des régimes climatiques mondiaux et régionaux pour comprendre une partie de la variabilité des températures annuelles moyennes et, récemment, les températures extrêmes que nous avons connues. Si les changements climatiques d’origine humaine sont le moteur des tendances au réchauffement à long terme, des phénomènes naturels comme El Niño peuvent temporairement amplifier le réchauffement observé. Il est important de reconnaître le rôle des téléconnexions, telles que e phénomène oscillation australe El Niño, dans la formation des conditions météorologiques que nous connaissons. En étudiant ces interactions, les scientifiques peuvent améliorer les prévisions saisonnières et développer de meilleurs modèles climatiques, ce qui nous aide à nous préparer aux futurs défis climatiques. Dans les prochains articles, nous explorerons d’autres téléconnexions importantes et leur impact sur le climat du Canada.

Articles référencés directement dans ce billet

 

Ressources supplémentaires utilisées

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 16 juillet 2026
Auteur Donneesclimatiques.ca
Sujets Bâtiments, Données climatiques, Nouveauté à noter
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Donneesclimatiques.ca a publié une mise à jour majeure de ses ensembles de données intensité-durée-fréquence (IDF) historiques et tenant compte des changements climatiques, offrant ainsi aux utilisateurs de tout le Canada un accès élargi à des informations sur les précipitations extrêmes dans les conditions climatiques actuelles et futures.

 

Quoi de neuf?

 

La mise à jour comprend 37 nouvelles stations, de nouvelles données pour la période de retour de 1 sur 200 ans, un scénario d’émissions supplémentaire (SSP3-7.0) et des estimations actualisées des précipitations adaptées aux changements climatiques basées sur les dernières projections climatiques CanDCS-M6. Les ensembles de données mis à jour incluent des centiles supplémentaires afin de prendre en charge la norme CSA W231:F25 récemment publiée, intitulée « Élaboration et interprétation des informations intensité-durée-fréquence (IDF) dans un climat changeant ».

Ensemble, ces mises à jour offrent aux utilisateurs davantage de flexibilité et des informations plus récentes pour la conception d’infrastructures, les applications d’ingénierie, la gestion des eaux pluviales et l’évaluation du risque climatique.

Donneesclimatiques.ca fournit à la fois des données historiques sur les précipitations IDF et des estimations des précipitations mises à l’échelle pour tenir compte des changements climatiques, basées sur la méthodologie d’ajustement en fonction de la température recommandée par Environnement et Changement climatique Canada pour les précipitations extrêmes de courte durée. Pour en savoir plus sur la manière dont les changements climatiques sont intégrés dans les données IDF, y compris l’approche d’ajustement en fonction de la température utilisée sur Donneesclimatiques.ca, consultez l’article de la Zone d’apprentissage intitulé « Données IDF et changements climatiques ».

Nouvelles stations

 

Depuis la dernière mise à jour, 37 stations supplémentaires ont atteint la durée minimale d’enregistrement de 10 ans requise pour être incluses dans l’ensemble de données de l’IDF. Ces stations sont disponibles sur la page de téléchargement, aux côtés des plus de 700 stations existantes, fournissant à la fois des données IDF historiques et mises à l’échelle pour tenir compte des changements climatiques.

Figure 1 :  Carte des stations au Canada disposant de données IDF.

Nouvelles données sur les périodes de retour de 1 sur 200 ans

          

Les utilisateurs peuvent accéder à des données sur la période de retour de 1 sur 200 ans à travers le Canada, en plus des périodes de retour de 2, 5, 10, 25, 50 et 100 ans, tant pour les données IDF historiques que pour les données IDF mises à l’échelle pour tenir compte des changements climatiques. Des périodes de retour plus longues, comme un événement de 1 sur 200 ans, offrent un aperçu supplémentaire des événements pluvieux extrêmes possibles, permettant aux utilisateurs de sélectionner le niveau le plus pertinent par rapport à leur tolérance au risque, leur contexte et leurs besoins.

Addition des 25e et 75e centiles (premier et troisième quartiles)

 

Afin de s’aligner sur la nouvelle norme « Élaboration et interprétation des informations intensité-durée-fréquence (IDF) dans un climat changeant » publiée en février 2025 (CSA W231:F25), les valeurs du premier quartile (25e centile) et du troisième quartile (75e  centile) ont été ajoutées aux données IDF. Auparavant, les données comprenaient les 10e et 90e centiles ainsi que le 50e centile (médiane) et la limite de confiance à 95 % mise à l’échelle . L’ajout des premier et troisième quartiles permet aux utilisateurs de se conformer facilement à la nouvelle norme, tout en conservant l’accès aux centiles initialement fournis.

L’incertitude liée à l’estimation des débits de pluie extrêmes historiques, résultant d’une période limitée sur laquelle s’appuie l’estimation de la distribution des précipitations extrêmes, est en partie prise en compte par les limites de confiance à 95 %, qui renvoient à l’estimation statistique des valeurs réelles les plus probables des paramètres de la distribution des « valeurs extrêmes ajustées » (Gumbel). En termes simples, les utilisateurs peuvent être assurés que les valeurs d’intensité des précipitations pour une durée et une période de retour données sont susceptibles de se situer dans l’intervalle de confiance qui encadre la ligne centrale de la courbe IDF.

 

Ajout de SSP3-7.0

 

Le scénario SSP3-7.0 est un scénario à « émissions élevées », se situant entre le SSP5-8.5 (émissions les plus élevées) et le SSP2-4.5 (émissions modérées). Lorsque vous téléchargez les données IDF sur Donneesclimatiques.ca, vous verrez les données pour le scénario SSP3-7.0, en plus des scénarios SSP5-8.5, SSP2-4.5 et SSP1-2.6 (faibles émissions). La disponibilité des scénarios SSP5-8.5 et SSP3-7.0 permet aux utilisateurs de sélectionner le scénario élevé qui correspond le mieux à leurs besoins spécifiques. Disposer d’une gamme de scénarios d’émissions garantit aux utilisateurs l’accès à davantage de données pour envisager divers climats futurs, afin de mieux répondre à leurs besoins spécifiques et à leurs contextes de prise de décision.

Pour en savoir plus sur les SSP, consultez cet article de la Zone d’apprentissage.

Projections mises à jour avec le nouvel ensemble de données « M6 »

 

M6, l’abréviation de « Canadian Downscaled Climate Scenarios-Multivariate dataset for CMIP6 (CanDCS-M6) », offre plusieurs améliorations et capacités renforcées par rapport à la génération précédente de données mis à l’échelle de manière statistique, appelée CanDCS-U6, ou simplement U6. Cet ensemble de données améliore U6 en tenant compte de la relation entre la température et les précipitations lors de la réduction d’échelle et en utilisant un ensemble de données cible amélioré pour l’ajustement des biais, PCIC-Blend. Les données IDF tenant compte des changements climatiques ont été mises à jour à l’aide de cet ensemble de données. Bien qu’il soit recommandé d’utiliser les dernières données CMIP6 pour les nouveaux travaux nécessitant des projections climatiques futures, les données IDF de CMIP5 restent valides. 

Pour en savoir plus sur l’ensemble de données M6 et le CMIP6.

Comment accéder aux données IDF tenant compte des changements climatiques sur Donneesclimatiques.ca

 

Bien que les données aient été mises à jour, la méthode d’accès n’a pas changé. Les utilisateurs peuvent accéder aux données pluviométriques de l’IDF à partir du menu « Variables » ou directement depuis la page « Téléchargement ». Pour chaque station, plusieurs produits différents sont disponibles dans des dossiers compressés. Ces dossiers compressés contiennent des fichiers CSV (Excel) comprenant :

  • les valeurs historiques,
  • les données IDF tenant compte des changements climatiques pour CMIP6, et
  • un ensemble de données CMIP6 « Guide de démarrage rapide » tenant compte des changements climatiques .

Chacun de ces fichiers contiendra des données IDF mises à jour, avec les caractéristiques mentionnées ci-dessus.

 

Format de fichier Excel mis à jour

Des améliorations ont également été apportées au format des données qui s’affichent lorsque vous ouvrez les fichiers CSV. Le nouveau format vise à améliorer la lisibilité des données. Les lignes sont classées par durée de précipitation (c’est-à-dire un épisode pluvieux de 5 min, 10 min, 30 min, 1 heure, etc.) pour chaque centile (c’est-à-dire la médiane, le 10e centile, le 1er quartile, etc.). Les colonnes (colonnes « C » à « I » dans l’image ci-dessous) correspondent aux périodes de retour, qui représentent la fréquence d’occurrence d’un épisode pluvieux. Les valeurs sous chaque période de retour représentent les intensités, exprimées en mm/h.

Remarque : « … » dans le tableau ci-dessus indique que des lignes ont été masquées dans le fichier Excel. Des données existent pour chacune des durées répertoriées pour la « médiane » de chaque centile fourni. Les lignes ont été masquées à des fins d’illustration.

Niveaux de retour et données IDF

 

Donneesclimatiques.ca a également publié récemment des données sur les niveaux de retour. L’une des variables incluses dans ces nouvelles données (Niveau de retour pour les précipitations maximales sur 1 jour) présente des similitudes avec les données IDF, car toutes deux sont des indicateurs de précipitations extrêmes. Elles utilisent la même méthode statistique (ajustement d’une distribution de Gumbel aux données) et les projections futures du CanDCS-M6 pour obtenir les valeurs extrêmes. Cependant, elles présentent également plusieurs différences qu’il est important de comprendre pour choisir entre les deux ensembles de données.

Pour vous aider à vous y retrouver, consultez le tableau ci-dessous qui présente les informations clés sur les données IDF et les données de niveau de retour.

ParamètreDonnées pluviométriques de l’IDFDonnées sur les niveaux de retour (précipitations maximales sur 1 jour)
Station ou grilleBasées sur les stationsGrille
Durée (période)De 5 minutes à 1 jour (événements de très courte durée)1 jour
MéthodologieLes valeurs extrêmes sont calculées à partir de données historiques. Ces informations sont ensuite « mises à l’échelle » à l’aide de données de température futures. Voir « Données IDF et changements climatiques » pour plus d’informations.Tous les calculs sont effectués directement sur les projections. Voir « Comprendre les extrêmes climatiques : périodes de retour et niveaux de retour » pour plus d’informations.
Utile si…
  • Votre zone d’intérêt (ou vos zones d’intérêt) est située à proximité d’une station
  • Si vous souhaitez des données infra-quotidiennes
  • Votre contexte spécifique nécessite des données IDF (couramment utilisées en ingénierie, par exemple)
  • Votre zone d’intérêt n’est pas située à proximité d’une station
  • Vous souhaitez avoir une idée générale de l’évolution projetée (dans l’espace et dans le temps) des précipitations extrêmes à l’avenir

Ressources

 

De nombreuses ressources sont disponibles sur Donneesclimatiques.ca pour vous aider à démarrer ou à approfondir votre compréhension des données pluviométriques IDF et des précipitations extrêmes. Consultez les ressources suivantes pour en savoir plus :

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 14 juillet 2026
Auteur Frances Delaney et Casey Clunas, Centre canadien des services climatiques
Sujets Données climatiques en action
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Introduction

Le volleyball de plage est un sport populaire pratiqué à titre récréatif et professionnel dans tout le pays. Les terrains se trouvent généralement sur les plages locales et dans des installations intérieures ou extérieures. Ce sport a pris de l’ampleur au Canada, notamment depuis que le pays a remporté la médaille d’argent en volleyball de plage féminin aux Jeux olympiques de Paris en 2024[1].  Montréal accueille chaque année le Volleyball World Beach Pro Tour, une compétition qui attire des spectateurs du monde entier.

Cependant, comme de nombreux sports de plein air, le volleyball de plage subit de plus en plus les effets du climat en changement. La hausse des températures, les phénomènes météorologiques extrêmes, la fumée des feux de forêt et l’érosion côtière transforment les plages à travers le Canada, tout en faisant peser des risques croissants sur la santé et la sécurité des athlètes et des spectateurs qui s’y rassemblent pour jouer et assister aux matchs. Les athlètes de haut niveau commencent à évoquer les répercussions qu’ils subissent à mesure que les températures continuent d’augmenter ; une athlète olympique (Melissa Humana-Paredes) s’est d’ailleurs exprimée à ce sujet (en anglais seulement) après que les températures lors du Beach Pro Tour de Montréal en 2025 ont dépassé 30°C. Alors que le volleyball de plage ne cesse de gagner en popularité, le moment est venu d’examiner comment les changements climatiques affectent ce sport et comment nous pouvons protéger les plages, les joueurs et les supporters qui le rendent possible.

Traduit d’anglais: « [Aux Jeux olympiques de Tokyo], nous avons vu des disciplines changer d’endroit ou d’horaire parce qu’il faisait trop chaud. Pour le marathon, ils ont dû changer d’endroit. Pour la finale féminine de football, ils ont déplacé la rencontre de la journée à la nuit. Ce sont des choses dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant. »

– Melissa Humana-Paredes, joueuse olympique de volleyball de plage

Hausse des températures et sable plus chaud

 

Chaque année en août, des événements professionnels tels que le Beach Pro Tour de Montréal attirent des joueurs de classe mondiale et des centaines de supporters au Parc Jean-Drapeau, juste au sud de la ville de Montréal. Cette région, comme presque toutes celles du sud du Canada, s’attend à connaître une forte augmentation du nombre de journées estivales extrêmement chaudes et potentiellement dangereuses.

Les températures élevées de l’air ont de nombreuses répercussions directes sur la santé, telles que l’épuisement dû à la chaleur et le coup de chaleur. Des températures de l’air plus élevées peuvent également entraîner une augmentation de la température du sable, bien que des facteurs tels que la couverture nuageuse, l’humidité relative et l’ombre puissent atténuer ou amplifier ces effets. Des températures élevées à la surface du sable peuvent entraîner des brûlures au premier, au deuxième et même, dans de rares cas, au troisième degré. Les joueurs de volleyball de plage passent des heures à plonger, sprinter et sauter pieds nus sur du sable brûlant, ce qui en fait un problème de sécurité susceptible d’interrompre les matchs ou de mettre des joueurs sur la touche en raison de blessures.

Lorsque les températures de l’air sont relativement modérées (par exemple, 24 °C (75 °F)), la température du sable peut atteindre 38 °C (100 °F) en plein soleil. Cependant, lorsque la température de l’air atteint 32 °C (90 °F), la température du sable peut dépasser 49 °C (120 °F) [2] (Figure 1). La peau commence à brûler lorsque la température de surface atteint 44 °C (111 °F) [2].

En se concentrant sur Montréal, siège du Beach Pro Tour au Canada, le tableau 1 compare la fréquence historique et la fréquence de projection des journées où la température de l’air dépasse 29 °C, ce qui peut correspondre à des températures du sable d’environ 44 °C ou plus. Ce seuil a été choisi car il représente des conditions dans lesquelles le sable chaud peut présenter un risque de brûlure pour les athlètes pieds nus. Pour mettre les choses en perspective, le tableau inclut également un indicateur des conditions susceptibles de répondre aux critères d’alerte de chaleur extrême d’Environnement et Changement climatique Canada, ce qui permet de comparer les risques potentiels liés à la chaleur du sable aux risques sanitaires plus généraux liés à la chaleur.

Figure 1 : Les effets de la hausse des températures de l’air sur la température du sable. Infographie élaborée à partir des conclusions de Cohen, 2019 (en anglais seulement).

Tableau 1. Risques liés à la chaleur du sable à Montréal, d’un point de vue historique et prospectif (2021–2050 et 2051–2080), selon des scénarios d’émissions modérés (SSP2-4.5), élevés (SSP3-7.0) et très élevés (SSP5-8.5).

Moyenne historique annuelle
(1971–2000; médiane)
Moyenne annuelle des projections futures
(2021–2050; médiane)
Moyenne annuelle des projections futures
(2051–2080; médiane)
Variable thermiqueSSP2-4,5SSP3-7,0SSP5-8,5SSP2-4,5SSP3-7,0SSP5-8,5SSP2-4,5SSP3-7,0SSP5-8,5
Risque d’alerte de chaleur locale* (nombre de jours où l’indice Humidex est supérieur à 40**)1**15**610**22
Nombre de jours potentiels avec une température du sable > 44 °C (température de l’air > 29 °C)***161616373839495867

* À Montréal, les alertes de chaleur émises par Environnement et Changement climatique Canada sont déclenchées lorsque des températures d’au moins 30 °C, combinées à un indice humidex de 40 ou plus, sont attendues pour durer au moins une heure (ou lorsque les températures atteignent 40 °C ou plus). Par conséquent, le nombre de jours prévus avec un indice humidex supérieur à 40, indiqué ici, doit être interprété comme un indicateur du risque de chaleur extrême, et non comme un décompte direct des futurs jours d’alerte de chaleur.

** Les valeurs d’indice humidex ne sont pas disponibles pour le scénario SSP3-7.0.

*** Calculé en partant de l’hypothèse « température du sable = température de l’air + 15 °C », déterminée sur la base des conclusions de Cohen (2019). Les températures réelles du sable peuvent varier considérablement en fonction de l’ombre, de la couverture nuageuse et de l’humidité, qui peuvent atténuer ou amplifier les risques. Ces données visent à illustrer le risque potentiel lié à la chaleur du sable.

Le tableau 1 montre que, selon tous les scénarios d’émissions, d’ici 2021-2050, Montréal pourrait connaître entre 37 et 39 jours où les températures au sol seraient potentiellement dangereuses (soit 21 à 23 jours de plus que ce que Montréal a connu par le passé), et d’ici 2051-2080, ce nombre pourrait passer à 49 à 67 jours (soit 33 à 51 jours de plus que par le passé). Pour en savoir plus sur les scénarios d’émissions, rendez-vous dans la Zone d’apprentissage.  

Encadré 1: Risques liés à la chaleur et stades en plein airLa chaleur est une source de préoccupation non seulement pour les joueurs de volleyball de plage, mais aussi pour le public. La plupart des compétitions professionnelles de volleyball de plage se déroulent dans des arènes ou des stades en plein air, comme le Beach Pro Tour de Montréal, où les spectateurs sont également exposés au risque lié à la hausse des températures. Les températures à l’intérieur des stades en plein air peuvent être bien plus élevées que celles de l’environnement immédiat et que les relevés des stations météorologiques, en raison de la forte affluence et d’une absorption accrue du rayonnement solaire [3]. Les maladies liées à la chaleur constituent la principale cause de morbidité et de mortalité lors des rassemblements de masse, y compris les événements sportifs [3]. Cela souligne la nécessité de mettre en place, lors d’événements tels que le Beach Pro Tour, des mesures d’adaptation visant à protéger à la fois les joueurs et le public (par exemple, davantage d’ombrage, de fontaines d’eau potable, de ventilateurs, etc.).

Figure 2 : Le public du Montréal Pro Tour, le 18 août 2025. Source: Guilbaud, 2025 (en anglais seulement).

Prévisions saisonnières pour août 2026

 

Même si l’on peut généralement s’attendre à une hausse des températures estivales aujourd’hui et à l’avenir, il existe des outils permettant de mieux comprendre dans quelle mesure la chaleur pourrait affecter les événements d’une année à l’autre.

Encadré 2 : Donneesclimatiques.ca propose désormais des prévisions de température mensuelles et saisonnières. Ces prévisions sont établies par Environnement et Changement climatique Canada et mises à jour chaque mois. À la différence des prévisions météorologiques quotidiennes, les prévisions saisonnières fournissent des informations sur la probabilité de températures au-dessus de la normale, proches de la normale ou sous la normale au cours des un à trois prochains mois, ainsi que sur des périodes mobiles de trois mois couvrant les douze prochains mois. Les prévisions saisonnières de température et de précipitations ne permettent pas de prédire les événements extrêmes ni la météo quotidienne. Elles fournissent plutôt des informations sur les conditions moyennes pour le mois ou la saison dans son ensemble. Cliquez ici pour consulter les prévisions saisonnières et mensuelles : Explorer les cartes – Donneesclimatiques.ca.

Selon les prévisions saisonnières pour la période de juin à août 2026, les organisateurs du Beach Pro Tour de Montréal peuvent s’attendre à un été plus chaud que la normale cette année (figure 3). Montréal a environ 86 % de chances de connaître un été plus chaud que la normale (au-dessus de 20,6 °C) et 72 % de chances d’avoir un été « exceptionnellement chaud ». L’expression « inhabituellement élevée » désigne des températures dépassant le 80e centile d’une climatologie historique couvrant la période de 1991 à 2020.

 

Figure 3 : Prévisions saisonnières de température pour juin à août 2026 au Canada. Ces prévisions indiquent les probabilités de température : au-dessus de la normale, près de la normale ou sous la normale (par rapport à la climatologie historique de 1991 à 2020).

Feux de forêt et qualité de l’air

Une autre préoccupation croissante liée au climat qui touche les sports de plein air est l’impact de la fumée des feux de forêt sur les joueurs et les spectateurs. En 2023, le Canada a connu une saison des feux de forêt record, au cours de laquelle 15 millions d’hectares de terres ont brûlé [4]. Même si ces feux ont ravagé des zones rurales ou inhabitées, les effets de la fumée ont touché les Canadiens dans tout le pays, et même à l’échelle internationale. En juillet 2025, au cours d’une autre saison de feux de forêt particulièrement intense, des articles de presse ont rapporté que Montréal affichait l’une des pires qualités de l’air au monde en raison de la fumée [5].

Les effets de la fumée des feux de forêt sur la santé humaine peuvent être à la fois aigus et chroniques. La mauvaise qualité de l’air due à la fumée peut entraîner des problèmes respiratoires, des répercussions sur la santé mentale, voire des décès dans certains cas [6]. En raison des effets de la fumée sur la santé, les journées où la qualité de l’air est mauvaise peuvent entraîner l’annulation d’activités de plein air, comme le volleyball de plage. Lors des Jeux d’été du Canada de 2025, les incendies à St. John’s, à Terre-Neuve, ont entraîné la présence de fumée dans la région, ce qui a conduit à l’annulation de tous les matchs de volleyball de plage le 12 août [7].

Traduit d’anglais: « Les feux de forêt sont désormais monnaie courante. Cela altère la qualité de l’air et le rend malsain. Lorsque l’on pratique des sports de plein air, il faut être conscient de ce que l’on respire et de la qualité de l’air ; c’est une question de danger et de sécurité… En tant qu’athlète, il faut se dépasser quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, il faut surmonter les difficultés et vaincre les obstacles. Mais parfois, on oublie que notre santé et notre sécurité passent avant tout. »

Melissa Humana-Paredes, joueuse olympique de volleyball de plage

Bien que Donneesclimatiques.ca ne fournisse pas de prévisions concernant la fumée des feux de forêt ou la qualité de l’air à l’avenir, l’application des projections de la météo des feux de forêt peut aider les organisateurs d’événements en plein air à analyser les conditions climatiques qui influencent le risque d’incendie de forêt (figure 5). Diverses projections relatives à la météo des feux de forêt, telles que la « durée de la saison des feux », indiquent que le danger d’incendie au Canada devrait augmenter dans un climat en réchauffement. Même dans les régions où le risque d’incendie de forêt est faible, comme à Montréal, une saison des feux plus longue entraîne généralement une probabilité accrue d’épisodes de mauvaise qualité de l’air due à la fumée provenant d’autres zones touchées par des incendies actifs.

Figure 4 : Ciel envahi par la fumée des feux de forêt. Source : Global News, 2024.

Figure 5 : Cette carte montre l’évolution absolue, d’ici 2031-2060 par rapport à la période 1971-2000, de la durée de la saison des feux selon le scénario d’émissions RCP8.5. L’indicateur de durée de la saison des feux correspond au nombre annuel de jours compris dans la saison des feux (jours où les feux de forêt sont susceptibles de se déclarer et de se propager). La saison des feux commence après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes sont supérieures à 12 °C. Elle prend fin après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes restent inférieures à 5 °C. L’application interactive pour la météo des feux de forêt permet aux utilisateurs de survoler la carte pour obtenir des valeurs spécifiques, ainsi que de modifier la période temporelle, le scénario d’émissions, et bien plus encore.

Encadré 3 : Les changements côtiers redessinent les plages

Les changements climatiques entraînent une élévation du niveau de la mer et un réchauffement des océans, ce qui accroît le risque d’érosion côtière et d’impacts plus intenses liés aux tempêtes. La montée du niveau de la mer permet aux vagues de s’enfoncer plus loin à l’intérieur des terres, accélérant la disparition des plages, redessinant le littoral et affectant les terrains de volleyball de plage existants et futurs. Consultez les projections du changement relatif du niveau de la mer sur la carte pour voir comment les plages de votre région pourraient être touchées.

Traduit d’anglais: « On observe davantage d’orages violents ou des hausses extrêmes des niveaux d’eau. Les plages rétrécissent désormais. Il y a moins d’espace pour installer des terrains de volleyball sur les plages. »

Melissa Humana-Paredes, joueuse olympique de volleyball de plage

Conclusion

 

Le volleyball de plage a toujours été synonyme d’été. Cependant, les conditions qui définissent ce sport sont en train de changer. Des risques liés à la hausse des températures et à la chaleur du sable, en passant par la fumée des feux de forêt qui perturbe les événements en plein air, jusqu’au remodelage des côtes sous l’effet de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer, les changements climatiques influencent où, quand et comment ce sport peut être pratiqué à travers le Canada.

Donneesclimatiques.ca peut aider les joueurs, les organisateurs d’événements, les collectivités et les gestionnaires d’installations à mieux comprendre comment les conditions propices au volleyball de plage évoluent au fil du temps. De la hausse des températures et des risques liés à la chaleur à l’évolution des conditions côtières et des feux de forêt, les informations climatiques peuvent éclairer les discussions sur l’adaptation, la planification des événements, les infrastructures et la résilience à long terme. En comprenant ces nouveaux défis et en planifiant en conséquence, les Canadiens peuvent contribuer à faire en sorte que le volleyball de plage reste une activité estivale sûre et agréable pour les années à venir.

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 5 juillet 2026
Auteur Donneesclimatiques.ca
Sujets Données climatiques, Nouveauté à noter
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Nouvelles données climatiques pour les plans d’adaptation : projections des niveaux de retour pour la température et les précipitations

Donneesclimatiques.ca a publié de nouvelles projections concernant les niveaux de retour des événements survenant une fois tous les 5, 10, 20, 30 et 50 ans pour trois variables (température maximale, température minimale et précipitations quotidiennes maximales). Allant au-delà des données annuelles relatives au « Jour le plus chaud » et à la « Précipitation maximale durant 1 jour », cet ajout contribue à soutenir la planification de l’adaptation aux changements climatiques, en particulier pour les utilisateurs qui évaluent les risques associés aux phénomènes extrêmes.

Les niveaux de retour des variables suivantes sont disponibles sur Donneesclimatiques.ca :

Ces projections sont accessibles par l’entremise des pages de carte interactive et de téléchargement de Donneesclimatiques.ca, ce qui facilite l’intégration de ces projections climatiques dans la prise de décision.

Qu’est-ce qu’un niveau de retour et en quoi diffère-t-il d’une période de retour ?

Le terme « période de retour » est souvent utilisé pour décrire, d’un point de vue statistique, le délai moyen attendu entre deux événements extrêmes, autrement dit leur fréquence. Le terme « niveau de retour » sert à décrire l’ampleur des événements extrêmes correspondant à une période de retour donnée (1 sur 5 ans, 1 sur 20 ans, etc.).

ConceptCe qu’il décritExemple
Période de retourFréquence« Période de retour de 20 ans » = on s’attend à un événement environ une fois tous les 20 ans, avec une probabilité de 5 % par an
Niveau de retourAmpleurPar exemple, 39 °C pour une température maximale associée à une période de retour de 20 ans

Quelles données seront disponibles sur Donneesclimatiques.ca ?

 

Les données fournies sur Donneesclimatiques.ca consisteront dans un premier temps en des projections de niveaux de retour, c’est-à-dire l’ampleur des événements. Ainsi, lorsque vous cliquez sur la variable « Niveau de retour de 1 sur X ans – température maximale annuelle », les valeurs indiqueront quelle sera, en moyenne, la chaleur prévue pour cet événement de température rare au cours de cette période temporelle. 

Par exemple, si un utilisateur consulte la variable « Niveau de retour de 1 sur X ans – température maximale annuelle » et observe une valeur de 38 °C, cela signifie qu’une température maximale quotidienne de 38 °C devrait se produire, en moyenne, une fois par période de 20 ans* pour la période et le scénario d’émissions sélectionnés.

À l’avenir, nous fournirons des données sur la façon dont la fréquence d’événements spécifiques (c’est-à-dire leur période de retour) devrait évoluer.

 

*Attention : interprétation erronée des niveaux de retour

 

Si les périodes de retour sont utiles, il est facile de se méprendre sur ce qu’elles représentent. En particulier, un événement « 1 sur 20 ans » ne signifie pas qu’il se produira à coup sûr une fois tous les 20 ans selon un cycle régulier. Cela signifie plutôt qu’il y a 5 % (1 sur 20) de probabilité qu’il se produise chaque année, en moyenne. Ainsi, la température élevée de 38 °C mentionnée dans le paragraphe précédent peut se produire plusieurs fois de suite, voire au cours d’une même année, ou ne pas se produire du tout pendant plusieurs décennies.

De même, les changements climatiques affectent à la fois la fréquence et l’intensité des phénomènes extrêmesce qui signifie qu’un événement considéré aujourd’hui comme survenant une fois tous les 20 ans pourrait se produire plus fréquemment à l’avenir. À mesure que le climat continue d’évoluer, cette probabilité serait techniquement plus faible au début de la période et plus élevée vers la fin. Toutefois, le moment où de tels événements se produisent réellement, et s’ils se produisent, dépend également en grande partie de facteurs tels que la variabilité du climat d’une année à l’autre ainsi que des conditions météorologiques spécifiques. Le concept de probabilité moyenne d’occurrence par an sur la période reste donc utile.

 

Pourquoi ces données sont-elles importantes ?

 

Les projections relatives aux niveaux de retour peuvent fournir aux utilisateurs, tels que les urbanistes, les ingénieurs et les décideurs, des informations exploitables pour évaluer les vulnérabilités des infrastructures, concevoir des systèmes résilients et se préparer à de futurs phénomènes extrêmes. Qu’il s’agisse de dimensionner des réseaux d’eaux pluviales, d’élaborer des plans d’intervention en cas de vague de chaleur ou de renforcer la préparation des communautés face au froid extrême, ces données constituent une base pour une prise de décision éclairée.

 

Pour en savoir plus

 

Dans le cadre de cette publication, un article de la Zone d’apprentissage présente les éléments à prendre en compte lors de l’utilisation des informations relatives aux niveaux de retour. Les descriptions des variables sur Donneesclimatiques.ca approfondissent les aspects scientifiques sous-jacents aux niveaux de retour et expliquent comment ces projections sont élaborées. Accédez les pages Variables, Cartes ou Téléchargement pour accéder à l’ensemble de données, découvrir cette nouvelle ressource et commencer à planifier l’avenir.

Restez à l’écoute pour d’autres mises à jour, car nous continuons à élargir notre gamme d’outils et d’ensembles de données, afin de donner aux Canadiens les moyens de relever les défis liés aux changements climatiques.

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 3 juillet 2026
Auteur Michael Morris et Carrington Pomeroy, le CCSC
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques
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Introduction

 

Donneesclimatiques.ca offre plusieurs moyens pratiques de sélectionner et de télécharger des données climatiques canadiennes. Les utilisateurs peuvent sélectionner des variables et des indices climatiques pour des endroits spécifiques ou de petites régions à l’aide de la page de téléchargement. Les données peuvent être téléchargées au format CSV ou netCDF pour une analyse plus approfondie.

Bien que ces outils intégrés répondent à la plupart des besoins, certains utilisateurs peuvent nécessiter des fonctionnalités plus avancées pour accéder aux données climatiques. Par exemple :

  • Télécharger plus de données que ne le permet la page de téléchargement, par exemple des données pour un très grand nombre de points de grille, tel que l’ensemble du Canada.
  • Calculer des indices climatiques personnalisés, non disponibles sur la page de téléchargement.
  • Télécharger efficacement de nombreuses sélections de données en une seule opération, par exemple de nombreux indices climatiques différents.
  • Intégrer les données dans un flux de travail automatisé plus vaste.

Pour répondre à ces besoins plus avancés, les utilisateurs peuvent accéder directement aux ensembles de données sous-jacents de Donneesclimatiques.ca via PAVICS.

Qu’est-ce que PAVICS ?

 

PAVICS signifie « Pôle d’analyse et de visualisation de l’information climatique et scientifique ». Il s’agit d’une plateforme d’analyse de données en ligne gérée par Ouranos, le consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques basé à Montréal. L’utilisation de PAVICS nécessite des connaissances de base en Python, l’un des langages de programmation les plus utilisés pour le traitement et l’analyse des données climatiques.

PAVICS offre deux services clés pour accéder et analyser efficacement les grands ensembles de données disponibles sur Donneesclimatiques.ca :

  1. La plateforme d’analyse de données
  2. Le serveur de données THREDDS.

Plateforme d’analyse des données

 

PAVICS héberge une plateforme d’analyse de données en ligne, appelée « JupyterHub », qui permet aux utilisateurs d’exécuter des Jupyter Notebooks pour analyser des données climatiques. Un Jupyter Notebook est un document qui combine du code informatique et des descriptions textuelles en langage clair. Cette approche facilite la compréhension et la modification du code par l’utilisateur. Bien que les Jupyter Notebooks peuvent être utilisés avec plusieurs langages de programmation, le JupyterHub de PAVICS prend uniquement en charge Python.

La plateforme d’analyse de données PAVICS présente plusieurs avantages supplémentaires : elle met à disposition des utilisateurs de nombreux exemples de scripts prêts à l’emploi, offre la possibilité de partager des scripts via des dossiers « publics » et fournit un environnement Python gérer entièrement par l’équipe PAVICS. Les utilisateurs ont donc uniquement besoin de créer un compte.

 Pour accéder au JupyterHub, il est d’abord nécessaire de  créer un compte gratuit auprès de PAVICS. Comme l’objectif de la plateforme est de soutenir les chercheurs et les praticiens dans les domaines liés aux changements climatiques, les demandes d’inscription sont soumises à l’approbation d’Ouranos. Lisez les conditions générales d’utilisation de PAVICS.

Une fois l’accès approuvé, les utilisateurs peuvent commencer à exploiter les données climatiques disponibles (voir la section suivante). Des exemples de scripts permettant de sous-échantillonner les données, de calculer des indices climatiques et même de les visualiser (Fig. 1) sont tous disponibles directement dans PAVICS.

Fig. 1 Tableau de bord interactif créé à l’aide d’un des scripts du tutoriel PAVICS.

Tutoriels

 

Les tutoriels PAVICS suivants illustrent les étapes typiques à suivre après avoir sélectionné et téléchargé des données depuis Donneesclimatiques.ca (via la page de téléchargement) ou l’accès direct aux jeux de données via PAVICS. Ces étapes comprennent le traitement, la visualisation et l’extrapolation des analyses à des jeux de données plus volumineux.

  1. Utilisation des données de la page de téléchargement de Donneesclimatiques.ca :
    1. Téléchargez des données depuis Donneesclimatiques.ca
    2. Téléversez-les dans PAVICS
    3. Utilisez Python pour examiner les résultats et créer des graphiques et des comparaisons de base.
  2. Accéder à des indicateurs climatiques précalculés pour un ensemble de simulations climatiques et les analyser :
    1. Accéder aux indicateurs CanDCS-M6
    2. Filtrer par scénario et par variable
    3. Restreindre la sélection à une région
    4. Effectuer des calculs (climatologies sur 30 ans, variations par rapport à une période de référence, moyennes spatiales, centiles de l’ensemble)
    5. Exporter les résultats (par exemple, au format Zarr/CSV).

Serveur de données THREDDS

 

PAVICS héberge un serveur de données appelée THREDDS (encadré 1) qui donne accès à un large éventail de jeux de données climatiques, y compris ceux disponibles sur Donneesclimatiques.ca.

Le site web de PAVICS comprend les ensembles de données sont classés par type de données : simulations climatiques, observations, réanalyses et prévisions. Le catalogue comprend plusieurs autres ensembles de données en plus de ceux disponibles sur Donneesclimatiques.ca. Certaines options du menu déroulant sont identifiées comme des ensembles de données Donneesclimatiques.ca (voir figure 2).

Encadré 1 : Qu’est-ce que THREDDS ?

THREDDS signifie « Thematic Real-time Environmental Distributed Data Services » (Services thématiques de données environnementales distribuées en temps réel). Il s’agit d’une infrastructure permettant d’accéder à des données climatiques hébergées sur un serveur distant.  Un élément clé de ce service est le « THREDDS Data Server (TDS) », un serveur Web qui comprend un catalogue en ligne, des métadonnées et un accès aux données. Le catalogue TDS de PAVICS peut être exploré en naviguant à travers ses différents répertoires.

Figure 2 : Capture d’écran présentant un aperçu d’un jeu de données sur la page « PAVICS Données ». Les quatre icônes cliquables situés en haut permettent d’accéder aux différentes les catégories de jeux de données disponibles sur PAVICS. Le menu déroulant affiche le jeu de données actuellement sélectionné ; en cliquant dessus, il est possible d’afficher l’ensemble des jeux de données de la catégorie choisie. Notez que ce menu ne comprend pas tous les jeux de données disponibles via PAVICS.

Il est possible de parcourir les ensembles de données disponibles via le catalogue de données THREDDS. Différentes façons existent pour trouver l’entrée du catalogue recherchée.

Si l’ensemble de données figure sur la page PAVICS « Données » , le sous-onglet ‘Accès’ permet d’y accéder via différents liens.  Vous pouvez notamment cliquer sur « Prêt pour l’analyse : « Agrégations NcML » ou sur « Fichiers NetCDF : ouvrir le lien » (voir figure 1). Ces liens mènent au répertoire du serveur de données conduit au catalogue des indices CanDCS-M6 moyennés sur 30 ans.

Pour les utilisateurs souhaitant travailler directement dans Python, le lien « Prêt pour l’analyse (OpenDAP) » mène à un fichier d’agrégation NcML (voir l’encadré ci-dessous), optimisé pour ce type de travail. Un exemple de code Python permettant d’accéder à ces agrégations est également fourni.

 Une autre entrée de catalogue utile accessible via le dossier « Données » concerne les données quotidiennes CanDCS-M6 pour des simulations individuelles. Ces données sont utiles pour calculer des indices climatiques personnalisés.

Si l’ensemble de données recherché ne figure pas dans les menus déroulants de la page « Données », il se trouve probablement à l’endroit suivant : le dossier Birdhouse du serveur de données. La plupart des données historiques maillées et des simulations de modèles climatiques de Donneesclimatiques.ca sont disponibles via le sous-dossier cccs_portal.

Encadré 2 : Qu’est-ce qu’un NcML?

Les agrégations NcML sur un serveur THREDDS combinent plusieurs fichiers de données en un seul jeu de données virtuel continu. Elles facilitent ainsi l’accès et l’analyse, par programmation, des données réparties dans plusieurs fichiers sans avoir à les télécharger ni à les assembler manuellement.

Bien que très utiles à cette fin, les agrégations NcML présentent une limite importante pour les téléchargements HTTP directs : ce téléchargement direct télécharge uniquement le fichier texte structurel NcML, plutôt que les données sous-jacentes réelles. Pour les téléchargements HTTP, les utilisateurs de PAVICS devraient plutôt sélectionner l’option « Fichiers NetCDF ».

Résumé

 

Donneesclimatiques.ca offre des interfaces conviviales et interactives permettant de télécharger rapidement et facilement une grande variété de jeux de données climatiques. Cela dit, les utilisateurs intensifs peuvent avoir besoin d’un moyen plus efficace pour accéder à de grandes quantités de données ou à des indices climatiques personnalisés, en particulier lorsqu’il s’agit de jeux de données volumineux tels que des données maillées quotidiennes ou couvrant une vaste région spatiale.

Le serveur de données THREDDS de PAVICS permet aux utilisateurs familiers avec le langage de programmation Python d’accéder à leurs données à distance depuis leur propre ordinateur et de les exploiter comme si elles étaient enregistrées sur leur système de fichiers local. De son côté, le PAVICS JupyterHub est un outil en ligne qui facilite l’analyse des données climatiques sur un serveur informatique distant. En combinant ces deux outils, les utilisateurs de PAVICS peuvent exécuter du code Python pour analyser des données climatiques directement via le site Web.

Pour toute question concernant la plateforme PAVICS, veuillez consulter les pages de discussion de la communauté ou contacter [email protected].

Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 9 juin 2026
Auteur Eva Gnegy et Carrington Pomeroy, Centre canadien des services climatiques
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques
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Introduction

 

Les niveaux d’eau des Grands Lacs laurentiens influencent un large éventail d’activités, allant du transport maritime commercial à la navigation de plaisance et à la gestion des rives. Les fluctuations de ces niveaux peuvent donc entraîner des perturbations coûteuses.

Ce blog explore les mécanismes qui influencent les niveaux d’eau des Grands Lacs, la façon dont ces niveaux ont varié dans le passé, et ce que les connaissances actuelles peuvent (et ne peuvent pas) nous apprendre sur les changements futurs.

Figure 1: Les Grands Lacs et leurs voies navigables

Pourquoi les variations du niveau des lacs sont importantes

 

Des niveaux d’eau bas peuvent réduire la capacité de chargement des navires commerciaux, augmenter les coûts de transport (par exemple car les chargements doivent être réduits ou répartis sur plusieurs trajets) et accroître la probabilité de retards de livraison ou de restrictions temporaires des itinéraires. Dans certains cas, les conditions d’eaux basses peuvent également accroître le besoin de dragage dans les ports et les chenaux de navigation afin de maintenir un accès sûr. Les niveaux d’eau ont également une influence sur les systèmes hydroélectriques et de gestion de l’eau. La réduction des débits de sortie et des niveaux d’eau plus faible en amont peuvent réduire le potentiel hydroélectrique des systèmes régularisés, tandis que des niveaux faibles persistants peuvent compliquer l’approvisionnement en eau des municipalités et des industries ainsi que le fonctionnement des infrastructures riveraines conçues pour des niveaux d’eau « typiques ».[1]

À l’autre extrême, des niveaux d’eau élevés et persistants peuvent endommager les ports, les marinas et les infrastructures riveraines, et l’énergie des vagues lors des tempêtes peut accélérer l’érosion des berges. Pour les communautés riveraines, les fluctuations du niveau des lacs peuvent accélérer l’érosion et augmenter le risque d’inondation. Les niveaux records récemment enregistrés dans le lac Ontario en 2017 et 2019 ont contribué à des inondations et à une érosion généralisée des berges, affectant les habitations, les commerces, les routes et d’autres infrastructures essentielles le long des rives du lac Ontario et du Saint-Laurent.[2]

Les variations du niveau de l’eau ont également des implications importantes pour les écosystèmes. Les zones humides côtières des Grands Lacs s’étendent et se rétractent en réponse à la variabilité du niveau de l’eau, et des périodes prolongées de hautes ou basses eaux peuvent modifier la végétation, altérer l’habitat des poissons et de la faune sauvage, et nuire au fonctionnement des zones humides.[3]

Le saviez-vous ? Les lacs Michigan et Huron sont reliés sur le plan hydrologique par le détroit de Mackinac, à tel point que leurs niveaux fluctuent ensemble et, dans de nombreux cas, ils sont considérés comme un seul lac [2].

Les communautés autochtones de la région des Grands Lacs ont des liens profondément enracinés avec les lacs, les niveaux d’eau influençant l’accès aux zones de pêche traditionnelles, aux voies de navigation et aux sites et pratiques d’importance culturelle. La variabilité des niveaux d’eau peut affecter la façon dont les communautés accèdent à ces zones clés en toute sécurité et peut accroître les risques pour les rives et les sites d’importance culturelle.

 

Mécanismes influençant les niveaux des lacs 

 

Les niveaux d’eau des lacs sont influencés par divers facteurs, notamment les précipitations au-dessus des lacs, le ruissellement provenant des zones environnantes, l’évaporation à la surface des lacs ainsi que les apports d’eau des lacs en amont et en aval (figure 2). Ces facteurs sont influencés par le climat et par les activités humaines, telles que les changements dans l’utilisation de l’eau et les réglementations susceptibles d’influencer les débits entrants et sortants des lacs.

L’influence relative des facteurs susmentionnés varie d’un lac à l’autre. Les Grands Lacs supérieurs (Supérieur et Michigan-Huron) sont plus affectés par le ruissellement provenant des bassins environnants que les Grands Lacs inférieurs (Érié et Ontario), qui sont plus fortement influencés par les apports en eau des lacs supérieurs [1]. De même, les ouvrages de régularisation situés aux exutoires des lacs Supérieur et Ontario (respectivement la rivière St. Marys et le fleuve Saint-Laurent) permettent de modifier dans une certaine mesure le débit sortant de ces lacs et, par conséquent, leur niveau [1].

Figure 2: Composantes du bilan hydrique influençant les niveaux d’eau des Grands Lacs, tirées de : https://glisa.umich.edu/sustained-assessment/lake-levels/ 

Quel est l’impact du climat sur les niveaux des lacs ?

 

Les variables climatiques telles que la température, les précipitations, l’humidité relative et le vent influencent fortement les niveaux d’eau des Grands Lacs.

 

Précipitations

Les précipitations influencent le niveau des lacs de deux manières principales. La pluie et la neige qui tombent directement à la surface du lac augmentent directement son niveau d’eau. Les précipitations qui tombent sur le bassin versant environnant (c’est-à-dire la zone terrestre dont les eaux s’écoulent vers les lacs) contribuent indirectement aux niveaux des lacs. Cette contribution provient de l’eau qui s’écoule dans le paysage sous forme de ruissellement, soit immédiatement après les précipitations, soit plus tard avec la fonte des neiges. Cette eau s’écoule vers les lacs par les rivières, les ruisseaux et les eaux souterraines. Comme le bassin versant des Grands Lacs s’étend sur des centaines de milliers de kilomètres carrés, des épisodes de fortes pluies survenant loin des rives peuvent tout de même affecter les niveaux des lacs en générant un ruissellement rapide et en augmentant temporairement les apports des rivières. Les variations du niveau d’eau dépendent de la proportion des précipitations qui se transforme en ruissellement par rapport à celle qui s’infiltre dans le sol ou retourne dans l’atmosphère; ces processus sont influencés par l’utilisation des sols, le type et l’humidité des sols, ainsi que la topographie.

Température

La température influence la perte d’eau des lacs par évaporation et évapotranspiration. L’évaporation se produit lorsque le lac est beaucoup plus chaud que l’air ambiant, lorsque les vents sont forts et que l’air est sec (l’humidité relative est faible). Ces conditions se produisent souvent pendant les mois d’automne, lorsque les lacs sont encore chauds après l’été, mais que l’air a commencé à se refroidir, créant un fort contraste de température qui favorise l’évaporation. Sur les terres, l’évapotranspiration provient principalement des plantes, du sol et des arbres, et atteint généralement son maximum pendant les mois d’été. La température influence également la quantité de glace qui se forme sur le lac, ce qui affecte directement la quantité d’évaporation des lacs.

Encadré 1: Calcul des niveaux d’eau – Apport net du bassin

Les niveaux d’eau des différents lacs sont déterminés par l’apport net du bassin (NBS), qui dépend des précipitations au-dessus du lac, du ruissellement et de l’évaporation au-dessus du lac.

Le NBS peut être calculé à partir de données fondées sur des processus physiques issues d’observations ou de modèles climatiques.

Apport net du bassin (NBS)

NBS = P + R – E

Où :

P = précipitations au-dessus du lac.

R = ruissellement provenant de la surface terrestre et se déversant dans le lac.

E = évaporation à la surface du lac

Comprendre les cycles naturels des niveaux des Grands Lacs

 

Les niveaux d’eau des Grands Lacs fluctuent de manière cyclique à de multiples échelles de temps en réponse à l’évolution des conditions naturelles.

Les fluctuations à court terme se produisent sur des périodes de quelques heures à plusieurs jours et sont principalement dues aux tempêtes et au vent.  Au printemps, on observe une hausse du niveau des lacs due à la fonte des neiges, avec un maximum atteint en été. Les niveaux des lacs commencent à baisser à l’automne, lorsque l’évaporation est souvent la plus forte. C’est généralement en hiver, lorsque les précipitations tombent sous forme de neige, que le niveau des lacs est le plus faible (figure 3).

Figure 3: Aperçu des variations saisonnières des niveaux des Grands Lacs – source : NOAA Great Lakes Environmental Research Laboratory via https://storymaps.arcgis.com/stories/f60be9e50c6341d6b76e62f84de43dd6  

Les fluctuations à long terme des niveaux des lacs s’étendent sur plusieurs années, voire des décennies, et sont déterminées par des régimes climatiques plus générales qui influencent le bilan hydrique global du bassin.Malgré plus d’un siècle de surveillance continue, ces cycles pluriannuels ne suivent aucun schéma régulier, le moment d’occurrence et la durée des hauts et des bas niveaux variant de manière imprévisible [4]. Des recherches menées sur le lac Michigan-Huron, s’appuyant sur des données géologiques (datation au carbone) couvrant près de 5 000 ans, suggèrent l’existence de cycles encore plus longs, avec des fluctuations pouvant s’étendre sur des périodes de 120 à 200 ans [3].De plus, les niveaux d’eau des différents lacs peuvent varier à différents moments en fonction des conditions locales et des apports en amont. Entre leurs niveaux extrêmes, les niveaux d’eau ont fluctué d’environ 1,2 m sur le lac Supérieur et de plus de 1,8 m sur les autres Grands Lacs [4]. 

 

Tendances historiques du niveau des lacs

 

Les agences fédérales des États-Unis et du Canada surveillent en continu les niveaux d’eau des Grands Lacs depuis les années 1860. De nombreuses séries de données historiques commencent en 1918, la date à laquelle un réseau de jauges plus étendu a été mis en place [3]. Les Grands Lacs ont connu des cycles de niveaux d’eau élevés et bas au cours du siècle dernier. Des niveaux extrêmement bas ont été enregistrés à la fin des années 1920, au milieu des années 1930 et au milieu des années 1960, tandis que des niveaux records ont été atteints au début des années 1970 et au milieu des années 1980 en raison de précipitations supérieures à la moyenne. Plus récemment, des températures supérieures à la moyenne à la fin des années 1990 ont entraîné des taux d’évaporation élevés et un faible ruissellement, entraînant une période prolongée de bas niveaux d’eau de 1998 à 2013 [5]. Le niveau de l’eau a changé avec le retour des précipitations supérieures à la moyenne, entraînant des niveaux d’eau records en 2013-2014 et en 2018-2020 [5]. En 2017 et 2019, le lac Ontario a atteint des niveaux records, ce qui a entraîné des inondations du fleuve Saint-Laurent et provoqué des inondations généralisées ainsi que l’érosion des zones riveraines en Ontario [6], [7]. En 2026, les niveaux d’eau sont moyens ou inférieurs à la moyenne selon le lac, et la sécheresse accélère la baisse des niveaux d’eau par rapport au niveau record de 2019 [8].

Encadré 2: Où trouver des données historiques et actuelles

Moyennes annuelles et mensuelles : Tableau de bord des niveaux d’eau des Grands Lacs (NOAA) (en anglais seulement) : https://www.glerl.noaa.gov/data/wlevels/

Bulletins mensuels avec prévisions à court terme : les bulletins du Service hydrographique du Canada comprennent les données de l’année précédente, les conditions actuelles et les prévisions à six mois : https://www.marees.gc.ca/fr/bulletin-sur-les-niveaux-deau-mensuels-pour-la-region-des-grands-lacs-et-le-port-de-montreal

Projections climatiques futures 

 

Les scientifiques élaborent des projections des niveaux d’eau des Grands Lacs pour les décennies à venir à l’aide de diverses approches de modélisation. La plupart des études combinent des modèles climatiques et des modèles hydrologiques pour simuler les principaux facteurs influençant les niveaux des lacs : les précipitations, l’évaporation et le ruissellement. Les sorties des modèles climatiques servent à estimer les composantes du bilan hydrique qui déterminent l’apport net du bassin (voir ci-dessus), souvent en combinaison avec des modèles hydrologiques de bassin versant afin de mieux représenter les processus de ruissellement. Un modèle de routage et de système lacustre des Grands Lacs convertit l’apport net du bassin en niveaux des lacs en tenant compte des débits entre les lacs et des mesures de régularisation aux principaux exutoires.

Encadré 2 : Projections climatiques futures disponibles sur Donneesclimatiques.ca

Donneesclimatiques.ca ne fournit actuellement pas de projections des niveaux d’eau des Grands Lacs. Cependant, la plateforme inclut des projections de nombreux facteurs climatiques clés qui influencent les niveaux des lacs – notamment les précipitations, la température, les conditions de neige et de glace, et la probabilité d’événements extrêmes. Ces variables peuvent aider les utilisateurs à explorer comment les niveaux des lacs pourraient évoluer dans un climat en évolution.

Exemples de variables et d’indices pertinents :

  • Précipitations totales (variation annuelle/saisonnière) : facteur clé de l’apport net du bassin, influençant à la fois les précipitations au-dessus des lacs et le ruissellement du bassin versant.
  • Indices de fortes précipitations (par exemple, jours très pluvieux / événements de pluies extrêmes) : utiles pour évaluer comment des événements de courte durée mais intenses pourraient augmenter le ruissellement et les apports.
  • Température moyenne / température maximale : influence fortement l’évaporation au-dessus des lacs et l’évapotranspiration sur les terres. Elle détermine également si les précipitations tombent sous forme de pluie ou de neige.
  • Indices liés au gel (p. ex., jours de gel / cycles de dégel) : pertinents pour les conditions de la couverture de glace et les processus hivernaux qui affectent l’évaporation et le moment du ruissellement printanier.
  • Indices de périodes humides/sèches (par exemple, nombre de jours secs consécutifs) : influencent le risque de sécheresse climatique.

Résumé

 

En bref, les données historiques et les projections climatiques montrent que les niveaux d’eau des Grands Lacs sont dynamiques et que les conditions futures devraient se caractériser par une plus grande variabilité et des extrêmes plus marqués. Plutôt qu’une hausse ou une baisse constante à long terme, les recherches indiquent une plus grande variabilité des niveaux d’eau, avec une fréquence accrue de niveaux extrêmes (hauts et bas) attendue à l’avenir [13], [14].  Les scénarios d’ émissions plus élevées amplifient cette variabilité, « ce qui entraîne une plus grande variation des niveaux d’eau possibles et des conditions plus extrêmes» [13].  Les tendances saisonnières pourraient également évoluer à mesure que le moment de la fonte des neiges, les précipitations et les taux d’évaporation changent en raison du réchauffement climatique,  s’ajoutant aux changements observés au cours du siècle dernier dans le moment et l’amplitude des cycles saisonniers des niveaux d’eau [15], [16], [17].

Parallèlement, il est important d’interpréter les projections futures avec prudence. Les projections relatives aux niveaux d’eau des Grands Lacs partagent les mêmes sources générales d’incertitude que les autres projections climatiques, mais elles comportent également une incertitude supplémentaire car les modèles climatiques mondiaux fonctionnent à des résolutions spatiales qui ne permettent pas nécessairement de simuler les processus locaux et régionaux qui influent sur les niveaux d’eau des Grands Lacs. Jusqu’à récemment, la plupart des modèles climatiques utilisaient des modèles lacustres simplifiés et unidimensionnels (1D) qui représentent les lacs comme des colonnes d’eau verticales, ce qui peut introduire des biais car ces représentations 1D ne  reproduisent pas les processus de circulation et de mélange qui se produisent dans les Grands Lacs [5], [9], [10]. Les premières approches de modélisation utilisaient également un couplage unidirectionnel entre les modèles climatiques et hydrologiques, omettant ainsi d’importantes rétroactions entre le lac et l’atmosphère. Des études plus récentes [5], [9] utilisant des modèles lacustres tridimensionnels avec un couplage bidirectionnel ont permis de réduire certains de ces biais.

Bien qu’il existe une incertitude quant aux projections à long terme des niveaux d’eau dans les Grands Lacs, ces projections doivent néanmoins être considérées parallèlement aux données historiques afin d’étayer la planification et les plans d’adaptation. Par exemple, les projections suggèrent que les niveaux d’eau futurs seront plus variables [13], [14].

 

Conclusion

 

Les niveaux d’eau des Grands Lacs sont importants car ils influent sur les activités humaines, les infrastructures et l’écologie du bassin – du transport maritime et de l’hydroélectricité aux infrastructures riveraines, aux loisirs et aux zones humides. Cet article décrit les facteurs influençant les niveaux des lacs, notamment l’équilibre entre les précipitations, le ruissellement et l’évaporation. Parallèlement, les niveaux d’eau varient naturellement au fil des saisons et des décennies et sont également influencés par les caractéristiques du bassin et les mesures de régularisation aux principaux exutoires, ce qui signifie que les changements futurs ne peuvent être compris uniquement à partir des tendances en matière de température ou de précipitations.

Malgré les progrès réalisés en matière de modélisation, il n’existe pas de consensus scientifique sur l’évolution des niveaux d’eau des Grands Lacs au cours du 21e siècle. Des études [5], [11], [12], [13], [14] prévoient différentes tendances à long terme, reflétant à la fois la complexité du système des Grands Lacs et les différences méthodologiques clés entre les études. Ces études s’accordent toutefois sur un large éventail de scénarios plausibles pour l’évolution future du niveau des lacs [13], [14]. Pour la planification, il est prudent, d’un point de vue scientifique, d’envisager des stratégies efficaces tant en cas de niveaux d’eau élevés que bas. Donneesclimatiques.ca soutient ce travail en offrant un accès à des données climatiques locales et à des conseils pour aider les utilisateurs à explorer les changements projetés de certains des principaux facteurs de variabilité des niveaux des lacs, à savoir la température et les précipitations.

Figure 5 : Projections des niveaux d’eau des Grands Lacs au cours du 21e siècle selon différents scénarios de réchauffement planétaire. Données tirées de [Seglenieks & Temgoua, 2022] [15].

Références :

[1] GLISA. Lake Levels Overview.

[2] NOAA. Water Levels in the Great Lakes.

[3] USGS. Lake-Level Variability and Water Availability in the Great Lakes.

[4] MPO. Fluctuation des niveaux des Grands Lacs.

[5] Kayastha, M. B., Ye, X., Huang, C., & Xue, P. (2022). Future rise of the Great Lakes water levels under climate change. Journal of Hydrology, 612, 128205.

[6] International Lake Ontario-St. Lawrence River Board. Observed Conditions & Regulated Outflows in 2017.

[7] Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Causes de la crue de 2019.

[8] Conseil international de contrôle du lac Supérieur. Conseils de gestion des niveaux d’eau des Grands lacs – Mise à jour de l’hiver 2024-2025. (14).

[9] Xue, P., J. S. Pal, X. Ye, J. D. Lenters, C. Huang, and P. Y. Chu (2017). Improving the Simulation of Large Lakes in Regional Climate Modeling: Two-Way Lake–Atmosphere Coupling with a 3D Hydrodynamic Model of the Great Lakes. Journal of Climate, 30, 1605–1627.

[10] Briley, L. J., Rood, R. B., & Notaro, M. (2021). Large lakes in climate models: A Great Lakes case study on the usability of CMIP5. Journal of Great Lakes Research, 47(2), 405-418.

[11] MacKay, M., & Seglenieks, F. (2013). On the simulation of Laurentian Great Lakes water levels under projections of global climate change. Climatic Change, 117(1), 55-67.

[12] Notaro, M., Bennington, V., & Lofgren, B. (2015). Dynamical downscaling–based projections of Great Lakes water levels. Journal of Climate, 28(24), 9721-9745.

[13] Seglenieks, F., & Temgoua, A. (2022). Future water levels of the Great Lakes under 1.5° C to 3° C warmer climates. Journal of Great Lakes Research, 48(4), 865-875.

[14] Lofgren, B. M., & Rouhana, J. (2016). Physically plausible methods for projecting changes in Great Lakes water levels under climate change scenarios. Journal of Hydrometeorology, 17(8), 2209-2223.

[15] GLISA. Lake Levels. https://glisa.umich.edu/resources-tools/climate-impacts/lake-levels/.

[16] Lenters, J. D. (2001). Long-term trends in the seasonal cycle of Great Lakes water levels. Journal of Great Lakes Research, 27(3), 342-353.

[17] Lenters, J. D. (2004). Trends in the Lake Superior water budget since 1948: A weakening seasonal cycle. Journal of Great Lakes Research, 30, 20-40.

[18] Gronewold, A. D., & Stow, C. A. (2014). Unprecedented seasonal water level dynamics on one of the Earth’s largest lakes. Bulletin of the American Meteorological Society, 95(1), 15-17.