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Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 30 Décembre 2025
Auteur Aaron Tamminga, Division de la recherche climatique (DRC), Environnement et Changement climatique Canada
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques, Nouveauté à noter
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Introduction

En 2025, la chaleur a touché les Canadiens dans tout le pays. À l’échelle nationale, il s’agit du 11e été le plus chaud jamais enregistré depuis 1948, ce qui reflète un réchauffement estival à long terme de 1,8 °C au cours des 78 dernières années1. Cependant, l’expérience sur le terrain a varié d’une région à l’autre. Les différences dans le moment, la durée et l’intensité des fortes vagues de chaleur ont influencé leur impact sur les systèmes de santé, les infrastructures, les risques d’incendies de forêt et la vie quotidienne des Canadiens. Les épisodes de chaleur extrême à l’échelle régionale sont de plus en plus fréquents et sévères en raison des changements climatiques causés par l’homme.

Chaleur extrême, alertes de chaleur et vagues de chaleur

Lorsque les températures sont beaucoup plus élevées que la normale pour un endroit et une période de l’année donnés, on parle généralement de « vague de chaleur extrême » ou de « canicule ». Pour la santé publique et la planification d’urgence, Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et ses partenaires du secteur de la santé utilisent des critères spécifiques pour émettre des alertes de chaleur. Ces critères tiennent compte de la chaleur pendant la journée, du peu de répit pendant la nuit, de la durée de la chaleur exceptionnelle et, dans certaines régions, de l’impact de l’humidité sur le stress thermique (décrit par l’indice Humidex).

Lorsque les seuils sanitaires sont atteints pendant deux jours consécutifs ou plus, ECCC et ses partenaires en matière de santé publique émettent des avertissements de chaleur et activent les systèmes d’alerte et d’intervention en cas de chaleur. Ces systèmes sont conçus pour protéger les Canadiens en déclenchant des mesures telles que l’ouverture de centres de rafraîchissement, la vérification de l’état des personnes vulnérables et la diffusion de conseils sur la manière de rester en sécurité.

Les épisodes de chaleur extrême de l’été 2025 décrits dans cet article seront familiers à beaucoup de gens, car ils ont souvent coïncidé avec des alertes de chaleur. Cependant, les événements analysés ici sont définis de manière légèrement différente de ceux basés sur les critères des alertes de chaleur axées sur la santé. Plus précisément, les événements ci-dessous se caractérisent par des températures maximales quotidiennes moyennes, calculées pour chacune des 17 régions utilisées dans cette analyse à l’échelle du Canada, qui dépassent la température du jour le plus chaud typique de l’année pour la région concernée. Une fois caractérisés, le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes est utilisé pour déterminer si le changement climatique causé par l’homme a modifié la probabilité que ces épisodes de chaleur se produisent dans ces régions.

Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes

Afin de comprendre comment les émissions générées par les activités humaines ont un impact direct sur les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les épisodes de chaleur, les scientifiques de la Division de la recherche sur le climat de l’ECCC ont mis au point le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Ce système utilise des modèles climatiques avancés et des observations pour comparer trois climats : les conditions préindustrielles des années 1800, le climat actuel et un climat futur projeté reflétant un réchauffement climatique supplémentaire. Immédiatement après la survenue d’un événement extrême, les scientifiques peuvent comparer la probabilité qu’un tel événement se produise dans chacun des trois climats (préindustriel, actuel et futur) et calculer le changement de probabilité dû au changement climatique causé par l’homme. En fournissant des informations sur les causes et la probabilité des événements extrêmes, le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes permet une meilleure planification en cas d’urgence météorologique, facilite la prise de décisions visant à protéger la santé, la sécurité et les biens, et éclaire les efforts d’adaptation aux changements climatiques.

Le système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes divise le Canada en 17 régions. Le système fonctionne tous les jours et utilise un critère de déclenchement basé sur un seuil annuel correspondant à la journée la plus chaude typique de l’année sur une période de référence de 1991 à 2020 pour définir les épisodes de chaleur. Lorsque la température maximale quotidienne (moyenne pour une région) dépasse la température maximale annuelle moyenne pour cette région entre 1991 et 2020, le système identifie automatiquement un épisode de chaleur et calcule l’impact de l’influence humaine sur le climat sur la probabilité de cet épisode*. L’analyse d’attribution se concentre sur la température maximale pendant l’événement, mais pour ajouter un contexte pertinent, la durée de l’événement est définie sur la base d’un seuil saisonnier correspondant au nombre de jours ayant dépassé le 90e centile des températures maximales quotidiennes pour cette période de l’année. Les résultats sont présentés sous forme d’une déclaration de probabilité sur une échelle allant de « considérablement moins probable » à « considérablement plus probable », chaque déclaration correspondant à une valeur numérique de probabilité/risque. Par exemple, un événement d’une ampleur donnée jugé beaucoup plus probable dans le climat actuel en raison du changement climatique est au moins 2 à 10 fois plus susceptible de se produire dans le climat actuel que dans le climat préindustriel des années 1800.

Chaleurs de l’été 2025 à travers le Canada

L’été dernier, le changement climatique d’origine humaine a influencé les épisodes de chaleur dans de nombreuses régions du Canada. Au total, 12 vagues de chaleur ont été identifiées par le système, dont 11 ont été jugées beaucoup plus probables et une considérablement plus probables (au moins 10 fois plus probables) en raison du changement climatique d’origine humaine. La carte ci-dessous montre l’événement le plus extrême identifié pour chaque région (huit événements au total, car seul l’événement le plus intense est indiqué pour les régions ayant connu plusieurs événements ; les régions grises n’ont pas connu de vague de chaleur répondant aux critères définis par le système pour un événement de chaleur).

Des épisodes de chaleur notables se sont produits dans l’ouest du Canada au début et à la fin de la saison estivale, avec une vague de chaleur à la fin août et au début septembre. L’est du Canada a connu une période de chaleur courte mais intense plus tard dans l’été, avec des températures élevées à la mi-juillet et en août, notamment un épisode dans le Canada atlantique qui a eu l’influence humaine calculée la plus forte sur la probabilité parmi les 12 événements. Le nord du Canada a également connu des vagues de chaleur au début et à la fin de l’été, avec des événements au Yukon en juin et dans les Territoires du Nord-Ouest à la fin du mois d’août.  

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Le tableau ci-dessous présente l’ensemble des 12 événements avec des informations supplémentaires sur les températures, ainsi que l’évaluation actuelle de la probabilité et une évaluation de la probabilité décrivant dans quelle mesure un événement de même ampleur serait plus probable dans un climat futur avec un réchauffement climatique de 2 °C. Bien que les températures maximales indiquées dans le tableau puissent ne pas sembler extrêmes, il s’agit de valeurs moyennes pour chaque grande région ; certaines zones au sein de chaque région ont connu des températures maximales beaucoup plus élevées lors de chaque événement. Le système se concentre également uniquement sur les températures diurnes pour l’analyse d’attribution; les risques pour la santé liés à une humidité élevée ou à des températures nocturnes élevées ne sont pas pris en compte, bien qu’ils accompagnent souvent les événements énumérés ici.

L’événement ayant atteint la température absolue la plus élevée s’est produit dans le sud du Québec, avec un pic de 29,3 °C calcul en moyenne à l’échelle de  la région le 11 août, tandis que l’événement le plus long s’est produit dans le nord de la Colombie-Britannique,  et a duré 18 jours, du 23 août au 9 septembre. Avec un réchauffement climatique inférieur à 2 °C à l’avenir, les événements extrêmes deviendront globalement plus fréquents ; dans ce cas, deux événements devraient passer de « beaucoup plus probables » à « considérablement plus probables », tandis que 10 événements resteront dans la même catégorie de probabilité.

Région Période de l’épisode de chaleur Date du maximum de température Température maximale quotidienne (°C) Température maximale quotidienne normale (°C) Écart au-dessus de la normale (°C) Probabilité actuelle (comparée à l’ère préindustrielle) Probabilité future avec un réchauffement de 2 °C (comparée à l’ère préindustrielle)
Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest 24 au 31 août 30 août 25,5 13,9 11,6 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Alberta 28 au 31 mai 29 mai 28,8 17,5 11,3 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Sud de la Colombie-Britannique 23 août au 7 septembre 3 septembre 27,1 16,8 10,3 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Nord de la Colombie-Britannique 23 août au 9 septembre 29 août 23,5 13,9 9,6 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Canada atlantique 7 au 14 août 13 août 28,4 18,8 9,6 Considérablement plus probable Considérablement plus probable
Alberta 25 au 31 août 28 août 28,8 19,5 9,3 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Sud du Québec 7 au 13 août 11 août 29,3 20,2 9,1 Beaucoup plus probable Considérablement plus probable
Nord du Québec 10 au 13 juillet 11 juillet 24,2 16,7 7,5 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Canada atlantique 10 au 15 juillet 13 juillet 25,6 18,5 7,1 Beaucoup plus probable Considérablement plus probable
Nord du Québec 6 au 9 août 7 août 23,8 16,8 7,0 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Yukon 20 au 23 juin 21 juin 22 15,5 6,5 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable
Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest 30 juillet au 1 août 31 juillet 25,2 19,2 6,0 Beaucoup plus probable Beaucoup plus probable

Exemple de vague de chaleur : Canada atlantique, du 7 au 14 août

L’épisode de chaleur ayant eu la plus forte influence humaine (considérablement plus probable ou au moins 10 fois plus probable en raison du changement climatique) au cours de l’été 2025 s’est produit dans le Canada atlantique du 7 au 14 août, avec une température maximale moyenne de 28,4 °C dans la région le 13 août. Cette vague de chaleur était associée à des conditions inhabituellement sèches: une faible humidité du sol peut entraîner des températures d’air plus élevées en modifiant le bilan énergétique de la surface et peut également augmenter le risque d’incendies de forêt . Les incendies ont provoqué des évacuations et des dégâts dans toute la région, et la péninsule d’Avalon, à Terre-Neuve, a connu sa plus longue alerte de chaleur jamais enregistrée : sept jours consécutifs.

La série de figures suivante montre comment le système d’attribution rapide des événements météorologiques extrêmes identifie et analyse un événement de chaleur, en prenant comme exemple l’événement survenu dans le Canada atlantique. La première figure montre une carte des anomalies de température (définies comme la différence entre la température maximale quotidienne de la date analysée et celle de la période de référence 1990-2021) à travers le Canada pour le jour le plus chaud de l’événement. Ces anomalies de température sont dérivées du produit de réanalyse ERA52, qui utilise un modèle météorologique ainsi que des observations pour fournir un aperçu spatial complet des conditions climatiques dans l’histoire récente. Au plus fort de l’événement, les conditions chaudes se sont étendues à une grande partie de l’est du Canada. Les anomalies de température dans la région mise en évidence du Canada atlantique ont dépassé 10 °C au-dessus de la normale dans de nombreuses régions, avec des conditions beaucoup plus chaudes que d’habitude, en particulier à Terre-Neuve-et-Labrador.

La deuxième figure montre une série chronologique des températures maximales quotidiennes absolues observées (Tmax ) à partir des données ERA5 en juillet et août, moyennées sur la région du Canada atlantique. La ligne de seuil annuel représente le critère de déclenchement permettant d’identifier un événement, calculé comme la température maximale annuelle moyenne (jour le plus chaud de l’année) pour la région entre 1991 et 2020. Dans le cas de la vague de chaleur du début août, ce seuil a été dépassé du 8 au 13 août, comme l’indique la zone ombrée en rouge foncé. Après l’événement, les dates de début et de fin définitives sont déterminées en fonction du seuil saisonnier, qui est calculé comme le 90e centile des températures maximales quotidiennes de la période 1991-2020 pour les dates concernées, comme l’indique la zone ombrée en rouge clair. Sur la base du seuil saisonnier, l’événement a duré du 7 au 14 août.

Pour déterminer l’influence du changement climatique d’origine humaine sur cet événement, le système d’attribution compare l’évolution de la distribution des températures du jour le plus chaud de l’année (par rapport à la période 1991-2020) entre les climats préindustriels, actuels et futurs simulés. Ces distributions proviennent d’ensembles climatiques multimodèles issus de la phase 6 du Projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP6)3 pour chaque période. Le graphique ci-dessous montre les distributions des anomalies de température maximale pour le Canada atlantique pour chaque période, sur la base de 27 modèles CMIP6. À mesure que le climat modélisé se réchauffe, passant des conditions préindustrielles aux conditions actuelles puis futures, la distribution des anomalies de température maximale se déplace vers la droite. Ce déplacement indique une augmentation des températures globales ainsi qu’une probabilité accrue de chaleur extrême, qui se produit à l’extrême droite de chaque distribution. L’anomalie de température maximale quotidienne la plus élevée observée par rapport à la journée la plus chaude moyenne de l’année pour la région entre 1991 et 2020, selon les données ERA5 pour l’événement du Canada atlantique, était de 4 °C et est représentée par la ligne noire verticale. Dans les conditions préindustrielles, un événement avec une anomalie de 4 °C est extrêmement rare et dépasse presque la limite supérieure de la distribution. Dans les conditions climatiques plus chaudes actuelles, un tel événement se situe toujours dans la partie supérieure de la distribution, mais il est beaucoup plus probable. À mesure que le climat continue de se réchauffer à l’avenir dans le cadre d’un réchauffement climatique mondial de 2 °C, la distribution continue de se déplacer vers des températures plus chaudes et un événement présentant une anomalie de température de 4 °C est tout à fait dans la fourchette des conditions modélisées, ce qui signifie qu’il devrait se produire plus fréquemment.

En raison de la différence de probabilité (indiquée par la zone ombrée sous chaque distribution) entre le climat actuel et le climat préindustriel, il a été déterminé que l’événement survenu dans le Canada atlantique était au moins 10 fois plus probable dans le climat actuel en raison des changements climatiques causés par l’homme, ce qui correspond à une déclaration de probabilité « considérablement plus probable ». Les valeurs de la fourchette de probabilité/risque et les déclarations de probabilité sont communiquées pour l’événement à l’aide de graphiques à échelle indicatrice, comme illustré ci-dessous. 

Conclusion

Le système d’attribution rapide des événements météorologiques extrêmes fournit des informations précieuses sur le rôle que joue le changement climatique d’origine humaine dans les événements météorologiques extrêmes. Le système a été lancé en 2024 en mettant l’accent sur les épisodes de chaleur extrême ; l’analyse des épisodes de froid extrême (qui sont de moins en moins fréquents) a été ajoutée en 2025 et un nouveau système pilote pour l’attribution des précipitations extrêmes a récemment été mis en place. Les scientifiques d’ECCC continuent d’apporter des améliorations afin de renforcer le système à mesure que de nouvelles capacités sont testées et que davantage de données et de recherches deviennent disponibles. À mesure que le système poursuivra son fonctionnement, un ensemble de données précieuses sur les événements survenus au fil des ans sera constitué, ce qui permettra d’avoir une perspective à long terme sur l’évolution des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les épisodes de chaleur décrits dans cet article, à travers le Canada. En établissant un lien entre les événements extrêmes et les changements climatiques d’origine humaine dans le climat actuel et en projetant les probabilités d’événements extrêmes à l’avenir, le système permettra aux Canadiens de mieux comprendre les risques météorologiques extrêmes dangereux et coûteux, de s’y préparer et d’y réagir.

Pour plus d’informations

Visitez le site Web Attribution des phénomènes météorologiques extrêmes d’Environnement et Changement climatique Canada pour en savoir plus. Visitez Donneesclimatiques.ca pour en savoir plus sur les changements climatiques futurs, explorer des cartes interactives et analyser comment les vagues de chaleur extrêmes deviennent plus fréquentes et plus sévères selon différents scénarios d’émissions.

 

*Le critère déclenchant un événement de chaleur a été mis à jour entre 2024 et 2025, de sorte que le système est passé de l’analyse des extrêmes saisonniers (extrêmes pour cette période de l’année) à l’analyse des seuls événements extrêmes annuels (extrêmes par rapport à la journée la plus chaude typique de l’année). Pour cette raison, les résultats de 2024 et 2025 ne sont pas directement comparables.

Références

1 Bulletin des tendances et des variations climatiques – Été 2025. (2025). Environnement et Changement climatique Canada. Bulletin des tendances et des variations climatiques – Été 2025.

2 Hersbach, H., Bell, B., Berrisford, P., Hirahara, S., Horányi, A., Muñoz‐Sabater, J., … & Thépaut, J. N. (2020). The ERA5 global reanalysis. Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society, 146(730), 1999-2049.

3 Eyring, V., Bony, S., Meehl, G. A., Senior, C. A., Stevens, B., Stouffer, R. J., & Taylor, K. E. (2016). Overview of the Coupled Model Intercomparison Project Phase 6 (CMIP6) experimental design and organization. Geoscientific Model Development, 9(5), 1937-1958.

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 17 Décembre 2025
Auteur Casey Clunas, Frances Delaney et Ryan Smith, Centre canadien de services climatiques ; Mason MacDonald, Faculté d'agriculture, Université Dalhousie
Sujets Agriculture, Données climatiques en action
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Dans l’esprit de générosité de cette période des fêtes, nous avons créé deux versions de ce blogue ! Si vous êtes intéressé par un blogue similaire avec un exemple de culture de sapins de Noël dans le sud de l’Ontario, consultez Je rêve d’un Noël vert : comment les changements climatiques transforment la culture des sapins de Noël dans le sud de l’Ontario – DonneesClimatiques.ca. 

Introduction 

Partout au Canada, la culture et la récolte des sapins de Noël sont une tradition saisonnière importante, mais les changements climatiques modifient les endroits où ces arbres peuvent pousser et la manière dont ils peuvent prospérer. Les fermes de sapins de Noël ne servent pas qu’à embellir le temps des fêtes : elles font partie du secteur horticole ornemental du Canada, une composante du secteur agricole qui a enregistré un chiffre d’affaires annuel total de 3,24 milliards de dollars en 2024 [1]. Bien que ces cultures soient considérées comme ornementales, les fermes de sapins de Noël jouent un rôle essentiel dans le stockage continu du carbone, grâce aux arbres qui demeurent en place et aux sols qui les soutiennent. Elles contribuent aussi à la biodiversité, soutiennent l’économie des régions rurales et participent aux exportations canadiennes. 

Les fermes de sapins de Noël sont présentes dans toutes les provinces, les plus importantes se trouvant en Ontario (418), en Colombie-Britannique (276), au Québec (257) et en Nouvelle-Écosse (213) en 2021 [2]. Bien que les conditions de culture varient d’une région à l’autre, de nombreux producteurs doivent faire face à des températures plus élevées, à des saisons de croissance changeantes et à des conditions météorologiques plus variables. Les sapins de Noël mettent six à douze ans pour atteindre leur maturité. Ces longs cycles de production augmentent leur exposition aux changements climatiques, aux insectes nuisibles, aux maladies et aux événements extrêmes. 

Cet article explore la manière dont les changements climatiques remodèlent la culture des sapins de Noël, en mettant particulièrement l’accent sur la Nouvelle-Écosse, l’une des principales régions productrices du pays et une zone qui connaît déjà des tendances de réchauffement climatique rapide. 

Comment les changements climatiques affectent les fermes de sapins de Noël 

Le réchauffement du climat transforme les conditions de culture des sapins de Noël, en modifiant les zones où leur culture est possible, les extrêmes saisonniers et la dynamique des insectes nuisibles (ravageurs). Les sections ci-dessous résument les principaux défis liés au climat auxquels sont confrontés les producteurs. 

Modification des zones climatiques 

Les espèces de sapins de Noël, qui varient en fonction de l’endroit où elles sont cultivées, sont généralement des espèces de sapins de climat froid et nécessitent des conditions spécifiques pour une croissance optimale. Bien que les zones où elles peuvent se développer soient généralement vastes et que les arbres soient adaptables, les producteurs de sapins de Noël doivent adapter leurs espèces et/ou leurs méthodes afin de garantir des récoltes viables à long terme dans un climat en changement.  

Encadré 1: Le saviez-vous ? En 2021, au Canada, plus de 20 000 hectares (200 kilomètres carrés) de terres étaient consacrés à la culture de sapins de Noël .[3]. Ces exploitations produisent non seulement des sapins de Noël, qui occupent une place importante dans la culture canadienne, mais elles assurent également le stockage continu du carbone dans les arbres et les sols, améliorent la biodiversité et soutiennent les économies rurales.

Prenons l’exemple du sapin baumier. Le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, reconnu en 1995 comme la « capitale mondiale du sapin baumier de Noël », est depuis longtemps réputé pour la production de sapins baumiers de haute qualité, une espèce indigène de la région [4].

Dans la figure 1, la zone verte représente l’aire de répartition « optimale » ou « centrale » pour le sapin baumier, c’est-à-dire les conditions dans lesquelles l’espèce a tendance à pousser le plus vigoureusement dans son aire de répartition naturelle. La zone brune indique l’aire de répartition plus large, dans laquelle l’espèce est encore capable de survivre ou d’être cultivée avec succès, même si sa croissance peut être plus lente ou plus variable. Le panneau à droite de la figure 1 montre l’aire de répartition naturelle du sapin baumier entre 1971 et 2000, qui s’étend sur une grande partie de l’est du Canada. Dans le comté de Lunenburg, même dans un passé récent (1971-2000), les conditions climatiques se situent en dehors de l’aire de répartition centrale (verte) pour le sapin baumier, bien qu’elles se situent dans l’aire de répartition plus large (brune). Bien qu’il se situe largement en dehors de la zone centrale depuis peu, le sapin baumier prospère en Nouvelle-Écosse grâce à des facteurs locaux, tels que des précipitations abondantes, des températures estivales modérées et des microclimats, qui contribuent à compenser des conditions plus chaudes ou plus sèches que la zone optimale. Les pratiques de gestion, telles que la sélection minutieuse des sites et l’ombrage, jouent également un rôle dans le maintien de cultures saines en dehors l’aire de répartition de l’espèce. 

D’ici 2041-2070, dans un scénario à fortes émissions, l’aire de répartition du sapin baumier devrait se déplacer vers le nord (panneau de gauche de la figure 1). Dans certaines parties de la Nouvelle-Écosse, notamment dans le comté de Lunenburg, les conditions climatiques futures devraient se situer en dehors de l’aire de répartition de l’espèce. Cela ne signifie pas que le sapin baumier ne poussera plus dans cette région, mais cela suggère que l’établissement et la régénération de cette espèce pourraient devenir plus difficiles, nécessitant une adaptation dans le choix des sites, les pratiques de gestion et la diversification des espèces. 

Figure 1 Aires de répartitions actuelles (1971-2000) et futures (2041-2070, scénario à fortes émissions - trajectoires communes d’évolution socio-économique (SSP5-8.5) de l’Abies balsamea (sapin baumier) [5]. La zone verte représente l’aire de répartition « optimale » ou « centrale » offrant les conditions les plus idéales pour la croissance. La zone brune représente l’aire de répartition plus large de l’espèce.

Pour replacer ces changements dans leur contexte, le tableau 1 illustre les conditions climatiques de la région dans un passé récent (1971-2000) et les conditions climatiques prévues pour l’avenir (2041-2070).  Cette comparaison permet de montrer à quel point les conditions locales s’éloignent encore davantage de l’aire d’adaptation de l’espèce, même si les arbres peuvent continuer à pousser avec succès grâce à une gestion prudente et à des mesures d’adaptation.  

Tableau 1 : Conditions climatiques dans le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse 

*Données moyennes sur 30 ans provenant de DonneesClimatiques.ca pour le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse. 

 

Figure 2Graphique montrant l’aire de répartition de températures annuelles moyennes pour le sapin baumier [6] par rapport à la température annuelle moyenne à Lunenburg, en Nouvelle-Écosse. [7] Ce graphique illustre comment les températures annuelles moyennes historiques à Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, sont déjà proches de la limite supérieure des températures considérées comme optimales pour le sapin baumier. Il montre également que les températures prévues pour le futur (2041-2070), dans un scénario d’émissions faibles et élevées, pousseront Lunenburg encore plus loin en dehors de cette aire de répartition naturelle. [8] 

Conditions météorologiques extrêmes et violentes 

La variabilité saisonnière des températures et des précipitations devient plus prononcée dans un climat qui se réchauffe. Les épisodes de chaleur extrême, par exemple, constituent une menace sérieuse pour les arbres, en particulier les jeunes. Les changements dans les régimes de précipitations, qu’il s’agisse de pluies excessives ou de sécheresses prolongées, stressent les arbres et modifient les conditions du sol, ce qui affecte la productivité globale des exploitations agricoles. Certaines espèces de sapins de Noël sont plus résistantes à la sécheresse que d’autres, mais les périodes de sécheresse prolongées peuvent néanmoins être dévastatrices, en particulier lorsqu’elles coïncident avec des températures supérieures à la normale ou extrêmes. Les producteurs canadiens constatent les effets de la sécheresse (lisez plus ici – en anglais seulement), notamment le brunissement des aiguilles des arbres matures, tandis que les semis développent des systèmes racinaires peu profonds qui sont vulnérables à des événements tels que les inondations. En outre, les tempêtes violentes et les vagues de chaleur peuvent endommager ou détruire les cultures, et dans certaines régions, le risque d’incendies de forêt ajoute une autre couche d’incertitude. 

Encadré 2: L’année 2021 a été marquée par des conditions météorologiques extrêmes dans la province de la Colombie-Britannique (lisez plus ici - en anglais seulement)La canicule estivale et les inondations extrêmes ont eu un tel impact sur l’approvisionnement en sapins de Noël qu’IKEA n’a pas pu vendre de sapins naturels cette année-là en raison de pénuriesAvec des températures atteignant 45 °C dans certaines régions, un producteur s’attendait à perdre jusqu’à 1000 plants à cause des températures caniculaires.

Figure 3 : Nombre de jours où la température dépasse 30 °C dans le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse. Historiquement, Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, ne connaissait pas beaucoup de jours où la température dépassait 30 °C. En fait, il était rare que l’été compte plus de deux jours où la température dépassait 30 °C. Aujourd’hui, et à l’avenir, Lunenburg peut s’attendre à 8 à 24 jours supplémentaires au-dessus de 30 °C dans un scénario à fortes émissions (Les trajectoires communes d’évolution socio-économique (SSP) 5-8.5) d’ici 2041-2070.  

Les agriculteurs de la Nouvelle-Écosse sont déjà confrontés à des conditions de sécheresse historiques (lisez plus ici – en anglais seulement). Cela amène de nombreux agriculteurs à se demander si lechangements climatiques entraîneront des sécheresses plus fréquentes, plus intenses et plus longues à l’avenir. Comme de nombreux risques naturels, les sécheresses sont causées par de nombreux facteurs. Bien que les tendances générales en matière de précipitations dans le comté de Lunenburg ne devraient pas changer radicalement à l’avenir, de nombreux facteurs influencent les événements extrêmes tels que les sécheresses. La combinaison des changements prévus dans les températures et les régimes de précipitations pourrait modifier la probabilité de sécheresses dans cette région à l’avenir.  

Encadré 3 : L’application des projections de la météo des feux de forêt de DonneesClimatiques.ca fournit des cartes interactives et des outils permettant d’examiner les changements prévus dans les conditions météorologiques propices aux incendies à travers le Canada. Les utilisateurs peuvent explorer des indicateurs tels que la durée de la saison des incendies, la gravité des conditions météorologiques propices aux incendies et les tendances régionales selon différents scénarios d’émissions.

Insectes nuisibles et maladies 

Les hivers plus chauds et les saisons de croissance plus longues contribuent à l’augmentation des populations d’insectes nuisibles qui menacent les plantations de sapins de Noël. Les insectes tels que les pucerons, les acariens et les psylles prospèrent dans ces nouvelles conditions [9], causant des dommages directs aux arbres et des problèmes esthétiques qui réduisent leur valeur marchande. La température joue notamment un rôle essentiel dans le développement de ces insectes. Si chaque espèce a besoin d’une quantité de chaleur constante pour accomplir son cycle de vie, le rythme et le moment du développement des ravageurs varient en fonction des températures saisonnières. 

Encadré 4 : Des universités de tout le Canada ont créé des laboratoires spécialisés dans la recherche sur les sapins de Noël et les impacts des changements climatiques et des stress environnementaux sur les producteursDes laboratoires tels que le laboratoire des sapins de Noël de l’Université de Waterloo et le laboratoire d’écophysiologie des sapins de Noël de l’Université de Dalhousie explorent les défis uniques auxquels sont confrontés les producteurs de sapins de Noël et leur apportent des solutions grâce à la recherche.

C’est là que les degrés-jours (DJ) deviennent un outil précieux. Les degrés-jours (DJ) au-dessus de certains seuils de température, également appelés « degrés-jours de refroidissement », fournissent des informations sur l’énergie thermique disponible. Ils sont souvent utilisés dans l’agriculture pour déterminer s’il y a suffisamment d’énergie thermique à un endroit donné pour permettre aux cultures ou aux espèces nuisibles de mûrir ou d’atteindre certaines étapes de leur cycle de vie. En calculant les DJ, les agriculteurs peuvent estimer le moment où se produisent des événements biologiques clés tels que l’éclosion des œufs, le développement des larves ou l’infection par des maladies, ce qui leur permet d’élaborer des stratégies de lutte antiparasitaire plus efficaces [10]. Par exemple, le puceron du sapin, un ravageur important pour les sapins de Noël dans le Canada Atlantique, devient particulièrement nuisible au cours de sa deuxième génération, qui apparaît généralement après l’accumulation de 150 à 200 DD supérieurs à 10 °C [11] , [12] .  

Avec le réchauffement climatique, le nombre total de degrés-jours au-dessus des seuils critiques devrait augmenter, ce qui pourrait permettre l’apparition de plusieurs générations d’insectes nuisibles au cours d’une même saison ou avancer leur émergence dans l’année [13]. Cela pourrait non seulement exacerber les pressions actuelles exercées par ces insectes, mais aussi introduire de nouveaux ravageurs dans des régions où ils n’étaient auparavant pas viables. 

Figure 4 : Degrés-jours de refroidissement prévus (10 °C) pour le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse. Le nombre de degrés-jours supérieurs à 10 °C prévu dans le comté de Lunenburg augmente par rapport à la moyenne historique, avec une augmentation possible de plus de 1 000 degrés-jours d’ici la fin du siècle dans un scénario à fortes émissions (SSP5-8.5) 

En ce qui concerne les maladies, les conditions humides et le mauvais drainage créent des environnements idéaux pour les moisissures et les champignons. Un exemple notable est la pourriture phytophthoréenne des racines, une moisissure récemment identifiée comme une menace pour les arbres dans les Maritimes (article en anglais seulement)Les climats froids qui caractérisaient historiquement cette région ne convenaient pas à cette maladiemais avec les changements climatiquescelle-ci devient plus répandue dans les Maritimes, au Québec et en Ontario 

Comment les produits de prévision saisonnière peuvent-ils aider à maintenir les lumières (de Noël) allumées ? 

Les prévisions saisonnières, actuellement disponibles auprès d’Environnement et Changement climatique Canada et bientôt sur DonneesClimatiques.ca, fournissent des indications sur la façon dont les conditions de température et de précipitations à venir sont susceptibles de se comparer à la moyenne historique à long terme. Bien que les prévisions saisonnières ne prédisent pas le temps qu’il fera au jour le jour, elles offrent des informations utiles sur la probabilité de l’apparition de différents types de conditions météorologiques au cours des mois à venir. 

Par exemple, pour l’été 2026 (juin-août), les prévisions indiquent que les températures moyennes quotidiennes dans la région du comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, devraient être au-dessus de la normale (41 %) ou proches de la normale (36 % de probabilité)Bien que cela n’exclue pas la probabilité de températures soula normale (23 %), on peut raisonnablement s’attendre à ce que des mesures de gestion de la chaleur soient nécessaires cette saison. Comme les prévisions saisonnières sont mises à jour régulièrement et que l’habileté des prévisions varie selon les régions, les producteurs devraient vérifier les mises à jour à l’approche de la saison.

Figure 5 : Prévisions de température pour juillet et août 2026. Cliquez ici pour consulter les prévisions : Prévisions saisonnières pour le Canada.  

Pour plus d’informations sur la manière d’interpréter les prévisions probabilistes saisonnières, consultez le Guide d’utilisation des prévisions saisonnières de l’ECCC.

Bilan de la période des fêtes

Alors que les conditions climatiques continuent de changer, les producteurs de sapins de Noël s’efforcent de manière proactive de gérer les nouveaux défis qui se présentent, qu’il s’agisse du stress thermique, de la sécheresse, des insectes nuisibles, des maladies ou de la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Les projections climatiques et les prévisions saisonnières fournissent des informations pratiques qui facilitent à la fois les décisions quotidiennes et la planification à long terme. Ensemble, ces outils aident les producteurs à anticiper les risques, à adapter leurs pratiques de gestion et à renforcer la résilience de leurs activités. Une adaptation continue sera essentielle pour maintenir un approvisionnement durable en sapins de Noël, ainsi que les économies rurales et les écosystèmes qui en dépendent.

Lorsque vous vous rendrez dans votre ferme ou votre marché local de sapins de Noël cette saison, pensez au travail accompli par les producteurs pour s’adapter aux changements climatiques et maintenir des arbres sains et cultivés localement. Une fois les fêtes terminées, envisagez de donner une seconde vie à votre sapin en le broyant, en le recyclant ou en le donnant à un programme communautaire de réutilisation.

Pour en savoir plus sur le dépérissement du sapin baumier en Amérique du Nord, consultez l’article récemment publié par le coauteur de cet article, Mason MacDonald, intitulé « Forest Dieback of Abies Balsamea in Eastern North America » (en anlgais seulement). 

Encadré 6 : Une nouvelle vie pour les vieux sapins de Noël : Un mythe courant veut que les sapins de Noël naturels aient un impact plus important sur l’environnement que les sapins artificiels. Cependant, les producteurs de sapins de Noël veillent à remplacer chaque arbre coupé par de nouvelles pousses ou de nouvelles plantations. De plus, les sapins de Noël naturels ont également de nombreuses utilisations bénéfiques après avoir décoré votre maison pour les fêtes de fin d’année [14]. Ils peuvent être broyés pour servir de paillis, le bois peut être recyclé et réutilisé, ou ils peuvent être utilisés dans des projets de restauration comme celui entrepris dans la zone de conservation Upper Credit à Alton, en Ontario (article en anglais seulement). Dans ce cas, les sapins de Noël recyclés ont été utilisés comme dispositifs de capture des sédiments et pour prévenir l’érosion des sols le long des berges du ruisseau.

Références

[1] Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2024). Aperçu statistique de l’industrie canadienne de l’horticulture ornementale, 2024. https://agriculture.canada.ca/fr/secteur/horticulture/rapports/apercu-statistique-lindustrie-canadienne-lhorticulture-ornementale-2024

[2] Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2024). Aperçu statistique de l’industrie canadienne de l’horticulture ornementale, 2024. https://agriculture.canada.ca/fr/secteur/horticulture/rapports/apercu-statistique-lindustrie-canadienne-lhorticulture-ornementale-2024

[3] Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2024). Aperçu statistique de l’industrie canadienne de l’horticulture ornementale, 2024. https://agriculture.canada.ca/fr/secteur/horticulture/rapports/apercu-statistique-lindustrie-canadienne-lhorticulture-ornementale-2024

[4] Lunenburg Christmas Tree Producers Association. (n.d.) About Lunenburg County Christmas Tree Producers’ Association. https://www.christmastreeproducers.com/

[5] Ressources naturelles Canada. (2025) Site sur la rusticité des plantes du Canada. Abies balsamea (L.) Mill. https://www.planthardiness.gc.ca/index.php?phz=p10000051971-2000&s=b&speciesid=1000005&m=7&lang=fr#

[6] Adapté des profils sylvicoles du Service forestier américain (USDA Forest Service Profiles) pour le sapin baumier.

[7] Données moyennes sur 30 ans provenant de DonneesClimatiques.ca pour le comté de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse.

[8] Le scénario à faible émission de carbone est le SSP1-2.6 et celui à forte émission de carbone est le SSP5-8.5, respectivement les scénarios d’émissions les plus bas et les plus élevés disponibles sur DonneesClimatiques.ca.

[9] McCarthy, P. C., Adam, C. I. G. (2023) Insects and Diseases of Balsom Fir Christmas Trees. https://publications.gc.ca/collections/collection_2021/rncan-nrcan/Fo103-2-226-eng.pdf

[10] Ontario Crop Protection Hub. (n.d.) Degree-Day Modeling. Retrieved December 1, 2025 from https://cropprotectionhub.omafra.gov.on.ca/supporting-information/apples/pest-management/degree-day-modeling

[11] McCarthy, P. C., Adam, C. I. G. (2023) Insects and Diseases of Balsom Fir Christmas Trees. https://publications.gc.ca/collections/collection_2021/rncan-nrcan/Fo103-2-226-eng.pdf

[12] Fondren, K., McCullough, D. G., (2002) Biology and Management of Balsam Twig Aphid. Michigan State University Extension. https://www.canr.msu.edu/uploads/files/e2813.pdf

[13] Atlas climatique du Canada. (n.d.) Les ravageurs forestiers et changements climatiquesLes ravageurs forestiers et changements climatiques | Atlas climatique du Canada.

[14] Christmas Tree Farmers of Ontario. (n.d.) Real Tree Factshttps://www.christmastrees.on.ca/index.php?action=display&cat=11.

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 12 Décembre 2025
Auteur Casey Clunas et Frances Delaney, Centre canadien des services climatiques, et Jennifer Philion, Agriclimat
Sujets Agriculture, Données climatiques
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L’industrie agricole canadienne 

L’agriculture est un élément essentiel de l’économie canadienne, l’agriculture primaire (production agricole) représentant 31,7 milliards de dollars du PIB du Canada[1]. Outre l’agriculture primaire, le secteur comprend la transformation des aliments et des boissons, ainsi que des systèmes agroalimentaires plus étendus, tels que les grossistes en aliments et boissons et les fournisseurs de services alimentaires. Sur le plan géographique, les exploitations agricoles couvrent 6,2 % de la superficie du Canada, les zones les plus concentrées se trouvant dans les provinces des Prairies, au Québec et dans le sud de l’Ontario[2]. Les progrès technologiques et l’innovation au cours des décennies précédentes ont permis au secteur agricole de connaître une croissance significative au cours des 50 dernières années. Cette croissance est le résultat de la recherche et du développement, les agronomes jouant un rôle clé dans l’identification et la recommandation de nouvelles pratiques agricoles pour relever divers défis, notamment les impacts climatiques.Cet article explore les besoins en données climatiques des agronomes et du secteur agricole en général, les défis liés à l’application de ces données et la manière dont Donneesclimatiques.ca peut être utilisé pour soutenir la planification des mesures d’adaptation au sein du secteur.

Qu’est-ce qu’un agronome ?

Les agronomes sont des conseillers et scientifiques qui jouent un rôle clé dans le rapprochement entre la recherche et les pratiques agricoles. Ils traduisent la recherche et la science en conseils prêts à être mis en pratique sur le terrain. Ils travaillent directement avec les plantes, les sols, les systèmes agricoles, et les agriculteurs eux-mêmes afin d’améliorer l’efficacité, la durabilité et la productivité de l’agriculture. 

Comprendre les risques agricoles dans un climat en changement

Le succès du secteur agricole est étroitement lié au climat, et il existe des limites à ce que la technologie peut compenser face à des conditions qui évoluent. Les changements climatiques touchent non seulement la production primaire, mais aussi l’ensemble des chaînes d’approvisionnement, où des phénomènes comme les événements météorologiques extrêmes ou les épisodes de sécheresse peuvent entraîner des répercussions en cascade sur les systèmes alimentaires du Canada et du reste du monde. L’agriculture canadienne devra composer à la fois avec des défis et des possibilités : allongement des saisons de croissance et expansion vers le nord pour certaines cultures, mais aussi changements dans la disponibilité de l’eau, augmentation des événements extrêmes et évolution des pressions liées aux ravageurs et aux maladies[3].Alors que les producteurs ressentent directement les effets du climat, les agronomes se retrouvent de plus en plus en première ligne pour aider le secteur agricole canadien à s’adapter et à prospérer dans ce nouveau contexte. Avec l’intensification de la variabilité climatique, on leur demande de plus en plus de fournir des conseils fondés sur des données probantes pour aider les producteurs à s’adapter à des conditions en évolution, qu’il s’agisse de planification saisonnière des cultures, de gestion des insectes et maladies, ou de réduction des risques à long terme.Pour répondre à cette demande, il est nécessaire d’avoir accès à des informations climatiques pertinentes au niveau local, scientifiquement solides et faciles à interpréter et à comprendre dans un contexte agricole. Pourtant, de nombreux praticiens sont encore confrontés à des lacunes dans l’accès, l’application, et l’interprétation des données climatiques dans leur travail.

📌 En bref : l’évolution des données climatiques en agronomie

Traditionnellement, la recherche agronomique n’a pas toujours intégré les données climatiques, en particulier les projections climatiques futures [4]. La recherche est menée à petite échelle, tant sur le plan spatial que temporel : à l’échelle d’une parcelle pendant une saison de croissance ou peut-être quelques années. Cependant, nous savons que les changements climatiques ont lieu et continueront de se produire, ce qui signifie que les conditions historiques, et même actuelles, ne sont plus de bons indicateurs pour l’avenir. L’agronomie évolue pour inclure des périodes plus longues, ce qui permet de prendre des décisions et de formuler des recommandations aux producteurs qui peuvent mieux renforcer leur résilience.

Quelles sont les questions auxquelles les agronomes sont confrontés et quel rôle jouent les données climatiques ?

Les agronomes ont besoin de données climatiques pour améliorer leur prise de décision agronomique. Dans la pratique, cela signifie utiliser plusieurs sources de données, y compris les données climatiques, pour répondre à des questions telles que :

  • Comment les changements climatiques affectent-t-ils la production agricole, les rendements, et le potentiel de rendement dans des régions spécifiques ?
  • Comment s’attend-t-on à ce que les risques de sécheresse, de stress thermique ou de gel évoluent au cours des prochaines décennies et quelles en seront les conséquences sur les rendements agricoles ?
  • Comment l’évolution des insectes nuisibles et des maladies pourrait-elle affecter les stratégies de gestion agricole ?

Ces questions reposent sur l’accès à la fois aux données climatiques historiques observées, aux prévisions saisonnières et aux projections futures.

Parmi les principaux domaines de travail des agronomes qui tirent parti de l’intégration des données climatiques, on peut citer :

1. Diagnostiquer les impacts climatiques passés et présents

Pour évaluer l’impact actuel de la variabilité du climat et des changements climatiques sur l’agriculture, les agronomes utilisent les données climatiques historiques, les tendances et la prévision saisonnière. Ces données permettent:

  • De mieux comprendre les changements dans les conditions de croissance, tels que les variations des températures, les degré-jours de croissance ou la durée de la période sans gel
  • D’évaluer la disponibilité de l’humidité, à l’aide d’indicateurs tels que les précipitations totales, les tendances de l’humidité du sol ou les indices de sécheresse tels que l’indice normalisé des précipitations et d’évapotranspiration
  • D’identifier la fréquence et la sévérité probables des événements extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les fortes précipitations ou les gelées hors saison

Ces évaluations permettent de déterminer les régions, les cultures et les exploitations agricoles les plus vulnérables, et jettent les bases de l’évaluation des risques et de la planification des mesures d’adaptation. En identifiant l’influence du climat sur les résultats passés, les agronomes peuvent fournir une base factuelle solide pour comprendre les défis et les opportunités émergents.

2. Soutenir l’adaptation et la prise de décision dans les exploitations agricoles

Les données climatiques, en particulier les températures et les précipitations saisonnières, sont essentielles pour aider les producteurs à prendre des décisions pratiques en temps opportun. Les agronomes utilisent ces informations pour la prise de décision.

  • Évaluer les risques à court et à moyenne échéance, notamment la probabilité de sécheresses, d’inondations ou d’infestations d’insectes nuisibles
  • Recommander des variétés de cultures et la gestion des nutriments adaptées à l’évolution de la durée des saisons ou des profils de température
  • Affiner les calendriers de semis, de récolte, et de pulvérisation en fonction des dates de gel prévues ou de l’accumulation des degré-jours de croissance
  • Optimiser les stratégies d’irrigation, en utilisant les tendances prévues en matière d’évapotranspiration et de précipitations
  • Anticiper la pression des insectes nuisibles et des maladies, en analysant les seuils de température et d’humidité qui favorisent les infestations et en prenant des décisions éclairées quant à l’utilisation de fongicides ou d’herbicides dans ces conditions
  • Guider la planification intégrée de l’ensemble de l’exploitation, y compris la diversification, le calendrier des intrants et les décisions relatives à l’utilisation des terres

L’intégration des données climatiques dans la planification quotidienne permet aux producteurs de réduire leurs pertes, d’augmenter leur productivité et de mettre en place des systèmes agricoles plus résilients face à une variabilité croissante.

3. Planification pour une résilience à long terme

Au-delà des décisions saisonnières, les agronomes soutiennent également la planification à long terme à l’aide de projections climatiques. Celles-ci sont basées sur des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre liés aux voies de développement socio-économique (par exemple, les SSP et les RCP) et offrent une étendue d’avenirs plausibles en matière de température, de précipitations et d’événements extrêmes.

Les agronomes peuvent utiliser les projections à long terme pour informer:

  • La planification des cultures et de la rotation : explorer la pertinence future de nouvelles cultures ou de cultures alternatives en fonction du climat en changement
  • Les investissements dans les infrastructures : conception de systèmes d’irrigation, de drainage et de stockage qui restent efficaces dans des conditions extrêmes futures
  • La planification de l’utilisation des terres et des ressources : aider les producteurs à évaluer où le climat peut rendre les terres plus ou moins viables au fil du temps
  • L’analyse des risques économiques : identification des activités susceptibles de devenir non durables sans adaptation ou transformation
  • L’élaboration de politiques et de programmes : aider les institutions à concevoir des mesures incitatives ou des programmes qui reflètent les réalités climatiques futures

Bien que de nombreuses décisions agricoles soient prises selon des calendriers saisonniers ou annuels, il est essentiel de tenir compte des conditions à long terme pour éviter toute adaptation inappropriée et garantir la durabilité. Les agronomes jouent un rôle-clé dans la traduction des informations climatiques futures en conseils concrets en matière de planification.

Pour explorer les scénarios futurs et les trajectoires d’émissions, consultez : Comprendre les trajectoires communes d’évolution socio-économique (SSP).

En pratique : exemples de données climatiques guidant les décisions agricoles

Au Québec, le projet Agriclimat  assemble des producteurs, des conseillers, des intervenants et des chercheurs afin de mieux comprendre les impacts des changements climatiques sur l’agriculture et d’accompagner les agriculteurs dans la mise en œuvre de solutions adaptées. Dans ce cadre, a développé un diagnostic de lutte contre les changements climatiques à la ferme, couvrant à la fois l’adaptation et es possibilités d’amélioration du bilan carbone. Le volet adaptation s’appuie sur les conditions climatiques historiques et actuelles ainsi que sur les projections élaborées avec l’appui d’Ouranos, un pôle d’innovation qui aide la société québécoise à s’adapter aux changements climatiques et un partenaire de Donneesclimatiques.ca. Ces projections sont adaptées à différents types de production (par exemple, période sans gel, degrés-jour de croissance et sécheresse) et combinées à des analyses de risques propres à chaque entreprise afin d’aider à cerner des pistes d’action en matière d’adaptation.

Ce diagnostic offre aux agriculteurs des informations utiles dans leurs décisions de gestion, notamment, la gestion des champs, des cultures et des animaux. Grâce à cette démarche provinciale, les exploitations agricoles du Québec deviennent plus résilientes aux changements climatiques, et les connaissances générées sont maintenant partagées sous forme de fiches d’information, de plans régionaux d’adaptation et de nombreux témoignages de producteurs. Pour plus d’informations et pour accéder à ces ressources, consultez :   

Dans la région des Prairies, ClimateWest, une organisation à but non lucratif qui fournit des données climatiques, des conseils et des formations pour soutenir la planification des mesures d’adaptation en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, et qui est également partenaire de Donneesclimatiques.ca, mène des initiatives de recherche visant à identifier les lacunes en matière d’information sur la manière dont le climat en changement dans la région affecte la production agricole. ClimateWest vise à rendre les données de projections climatiques et les tendances connexes plus accessibles à sa communauté agricole. ClimateWest travaille également en partenariat avec d’autres acteurs, tels que les associations industrielles et les gouvernements, afin de partager des informations, d’offrir des formations sur les fondements de la science climatique et de promouvoir les efforts d’adaptation aux changements climatiques en cours dans l’agriculture des Prairies. Voici quelques exemples de projets de recherche sur les impacts des changements climatiques, incluant sur l’agriculture, auxquels ClimateWest a récemment participé :

Ces exemples montrent comment les données climatiques sont de plus en plus intégrées dans les conseils agronomiques, non pas comme une activité distincte, mais comme un élément central de la compréhension des systèmes agronomiques dans des conditions environnementales changeantes. Ils montrent également à quel point les partenariats régionaux peuvent être efficaces et solides pour intégrer les changements climatiques dans le secteur agricole. Ces deux initiatives ont finalement renforcé la résilience agricole dans les deux régions grâce à la sensibilisation, à la collaboration avec les agriculteurs et les scientifiques, et à la mise en œuvre des meilleures pratiques agricoles d’adaptation.

Comment Donneesclimatiques.ca soutient les agronomes

Donneesclimatiques.ca est une plateforme développée pour fournir un accès libre à des informations climatiques haute résolution aux utilisateurs de tout le Canada. Pour les agronomes, le site propose des outils qui facilitent la prise de décision agricole éclairée par les données climatiques, notamment :

1. L’accès à des variables climatiques clés

Donneesclimatiques.ca propose une étendue de variables pertinentes pour la pratique agronomique, notamment :

Ces données sont disponibles à la fois pour les tendances historiques et les projections futures.

2. Visualisation des données locales

Des outils interactifs permettent aux utilisateurs d’explorer les changements dans les variables climatiques au fil du temps et selon les lieux. Les agronomes peuvent :

  • Comparer les valeurs passées et futures à l’échelle municipale, régionale ou à l’échelle des points de grille (rectangles de 6 km sur 10 km).
  • Télécharger des données spécifiques à un lieu pour faciliter les évaluations et les consultations sur le terrain.
  • Utiliser des graphiques et des cartes interactifs pour communiquer les risques aux producteurs et aux clients.
3. Soutien spécifique au secteur

Donneesclimatiques.ca propose des ressources axées sur l’agriculture pour les professionnels du milieu agricole. Elles comprennent :

Ce contenu a été élaboré avec la contribution d’experts du secteur et est aligné sur d’autres services climatiques nationaux et régionaux.

Pour la suite

Alors que les pressions liées au climat s’intensifient, les agronomes jouent un rôle de plus en plus important pour aider les producteurs à s’adapter et à renforcer leur résilience. Intégrer les données climatiques dans ce travail n’est pas toujours simple : plusieurs ne disposent pas encore de ressources bien adaptées à leur région, se demandent comment interpréter les projections dans la prise de décision, ou ont simplement peu de temps et d’outils pour mettre ces informations en pratique. Malgré tout, le secteur évolue graduellement vers des approches davantage informées par le climat.

Des initiatives comme celles menées par Agriclimat et ClimateWest montrent comment des partenariats solides et des informations locales pertinentes peuvent transformer les données climatiques en actions concrètes sur le terrain. Donneesclimatiques.ca soutient cette transition en offrant des données pratiques et à haute résolution, ainsi que des guides, du matériel d’apprentissage et des exemples d’analyses qui facilitent la mise en application de la science du climat.

En fin de compte, bâtir une agronomie adaptée au climat, c’est donner aux agronomes les moyens de traduire des informations climatiques complexes en conseils clairs et utiles pour les producteurs qu’ils accompagnent. Explorez Donneesclimatiques.ca et découvrez des ressources additionnelles conçues pour appuyer les agronomes et l’ensemble du secteur agricole canadien dans la planification d’un avenir plus résilient.

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 5 Décembre 2025
Auteur Casey Clunas, Frances Delaney et Ryan Smith, Centre canadien des services climatiques ; Kelsey Leonard et Alison Clarke, Laboratoire des sapins de Noël de l'Université de Waterloo
Sujets Études de cas, Données climatiques en action, Prévisions saisonnières à décennales
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Introduction

Partout au Canada, la culture et la récolte des sapins de Noël constituent une tradition saisonnière importante, mais les changements climatiques modifient les endroits où ces arbres peuvent pousser et la manière dont ils peuvent prospérer. Les fermes de sapins de Noël ne servent pas qu’à embellir le temps g des fêtes : elles font partie du secteur horticole ornemental du Canada, une composante du secteur agricole qui a enregistré un chiffre d’affaires annuel total de 3,24 milliards de dollars en 2024[1]. Bien que ces cultures soient considérées comme ornementales, les fermes de sapins de Noël jouent un rôle essentiel dans le stockage continu du carbone, grâce aux arbres qui demeurent en place et aux sols qui les soutiennent. Elles contribuent aussi à la biodiversité, soutiennent l’économie des régions rurales et participent aux exportations canadiennes.

Les fermes de sapins de Noël sont présentes dans toutes les provinces, les plus nombreuses se trouvant en Ontario (418), en Colombie-Britannique (276), au Québec (257) et en Nouvelle-Écosse (213) en 2021[1]. Bien que les conditions de culture varient d’une région à l’autre, de nombreux producteurs doivent faire face à des températures plus élevées, à des saisons de croissance changeantes et à des conditions météorologiques plus variables. Comme les sapins de Noël ont besoin de six à douze ans pour atteindre leur maturité, ces longs cycles de production augmentent leur exposition aux changements climatiques, aux insectes nuisibles, aux maladies et aux événements extrêmes.

Cet article explore la manière dont les changements climatiques remodèlent la culture des sapins de Noël, en mettant particulièrement l’accent sur le sud de l’Ontario, l’une des principales régions productrices du pays et une zone qui connaît déjà des tendances de réchauffement climatique rapide.

Encadré 1 : Le saviez-vous ? En 2021, au Canada, plus de 20 000 hectares (200 kilomètres carrés) de terres étaient consacrés à la culture de sapins de Noël.[2] Ces exploitations produisent non seulement des sapins de Noël qui font partie intégrante de la culture canadienne, mais elles assurent également le stockage continu du carbone dans les arbres et les sols, améliorent la biodiversité et soutiennent les économies rurales.

Culture de sapins de Noël dans le sud de l’Ontario

Le sud de l’Ontario est l’une des régions les plus importantes pour la production de sapins de Noël au Canada, avec plusieurs centaines de fermes réparties dans toute la région, de Windsor à la région du Grand Toronto et de Hamilton, et à l’est vers Kingston et Ottawa. Comme le montre la figure 1, la production est concentrée le long du corridor du lac Huron et de la baie Georgienne, dans toute la région du Golden Horseshoe et dans les paysages agricoles mixtes de l’est de l’Ontario.

Le sud de l’Ontario abrite plusieurs espèces de sapins de Noël, notamment l’épinette blanche, le sapin baumier, le sapin de Fraser et le pin sylvestre, qui réagissent chacun différemment à la chaleur, à l’humidité et aux conditions du sol.

Les étés chauds, les longues périodes sans gel et les précipitations variables de la région rendent les facteurs liés au site, tels que le drainage, la texture du sol et l’exposition, particulièrement importants pour l’établissement et la croissance des arbres. Bien que de nombreuses exploitations agricoles fonctionnent avec succès dans ces conditions, le sud de l’Ontario se situe près de la limite supérieure de la plage de températures adaptées à plusieurs espèces de sapins de Noël traditionnels. Cela fait des changements de température, d’humidité et de cycles saisonniers un élément central à prendre en compte dans la planification à long terme, alors que les changements climatiques continuent de se produire.

Figure 1 : Carte des fermes de sapins de Noël dans le sud de l’Ontario

Impact des changements climatiques sur les exploitations de sapins de Noël

Le réchauffement climatique modifie les conditions de croissance des sapins de Noël, affectant leur aptitude, les extrêmes saisonniers et la dynamique des ravageurs. Les sections ci-dessous résument les principaux défis liés au climat auxquels sont confrontés les producteurs.

Modification des zones climatiques

Dans la figure 2, la zone verte représente la fourchette climatique centrale de l’épinette blanche, c’est-à-dire les conditions dans lesquelles l’espèce a tendance à pousser le plus vigoureusement dans son aire de répartition naturelle. La zone brune indique la fourchette climatique plus large, où l’espèce est encore capable de survivre ou d’être cultivée avec succès, même si sa croissance peut être plus lente ou plus variable.

Figure 2 : Fourchettes actuelle (1971-2000)[3] et future (2041-2070, SSP585)[4] de Picea glauca (Moench) Voss (épinette blanche). Traduction : « Legend » (Légende) : « Range » (Aire de répartition), « Core » (Aire de répartition centrale).

Dans sa fourchette naturelle, l’épinette blanche occupe une grande variété de climats, allant des environnements frais et à saison estivale courte de la région subarctique occidentale aux étés plus longs et plus chauds de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Dans le sud de l’Ontario, où la culture des sapins de Noël est bien établie, les conditions climatiques historiques se situent près de la limite chaude de cette distribution (panneau de gauche de la figure 2). Bien que l’épinette blanche soit élevée en adaptabilité, sa croissance est étroitement liée à la température, à la disponibilité en humidité et à la durée de la saison de croissance. Les conseils destinés aux producteurs de sapins de Noël le confirment, soulignant que l’épinette blanche a tendance à mieux pousser dans des sites frais, humides et bien drainés, tandis que des conditions chaudes, sèches ou mal drainées peuvent réduire sa croissance et sa qualité, même lorsque l’espèce peut survivre[5]. Si l’on se projette vers 2041-2070 dans un scénario à émissions élevées (panneau de droite de la figure 2), la fourchette d’adaptation de l’épinette blanche devrait se déplacer vers le nord. Pour la majeure partie du sud de l’Ontario et une grande partie du nord des États-Unis, on s’attend à ce que les conditions climatiques futures se situent en dehors de la zone optimale pour cette espèce. Afin de fournir une base plus claire et plus pertinente au niveau local pour comprendre les projections climatiques futures, le tableau 1 se concentre sur les variables climatiques précédemment utilisées dans les études sur la croissance de l’épinette blanche dans le sud de l’Ontario et du Québec.[6]

Tableau 1 : Conditions climatiques de trois fermes de sapins de Noël dans le sud de l’Ontario

CaractéristiqueConditions climatiques historiques* (1971–2000)Conditions climatiques futures* (2041–2070 – scénario à émissions élevées)
Thamesville, ONEast Linton, ONPakenham, ONThamesville, ONEast Linton, ONPakenham, ON
Température annuelle moyenne (°C)8,96,85,911,9 à 14,410,0 à 12,59,2 à 11,6
Température annuelle maximale (°C)13,311,211,316,3 à 18,914,3 à 17,014,5 à 16,9
Température annuelle minimale (°C)4,52,40,57,6 à 9,75,6 à 8,13,9 à 6,3
Saison sans gel (saison de croissance) (jours)179160145205 à 240191 à 227163 à 196
Degré-jours au-dessus de 10 °C1429105111441882 à 25041449 à 20661552 à 2128
Précipitations annuelles (mm)9291084926951 à 10371129 à 1207996 à 1059
Précipitations totales estivales (mm)240235243201 à 250200 à 249228 à 264

* Données moyennes sur 30 ans provenant de Donneesclimatiques.ca pour Thamesville, East Linton et Pakenham, en Ontario.

Les trois endroits devraient connaître un réchauffement, avec des saisons de croissance plus longues, un nombre de degré-jours plus élevé et des précipitations annuelles légèrement plus importantes d’ici 2041-2070 dans un scénario à émissions élevées. Ces changements indiquent généralement des conditions plus favorables pour les espèces tolérantes à la chaleur (et moins favorables pour les espèces adaptées aux climats froids). Ces projections indiquent également que le stress thermique risque de devenir un problème plus important, que les précipitations seront plus variables et que le risque de sécheresse estivale sera plus élevé, même si les précipitations annuelles restent identiques ou augmentent. Ces projections climatiques futures ont été utilisées pour créer le panneau de droite de la figure 2, qui indique que les conditions climatiques dans le sud de l’Ontario deviendront moins propices à l’épinette blanche.

Phénomènes météorologiques extrêmes et de sévérité

Les phénomènes météorologiques violents, tels que les vagues de chaleur, les pluies torrentielles, les sécheresses et les vents élevés, posent des défis aux producteurs des secteurs agricole et forestier, y compris aux producteurs de sapins de Noël. Les vagues de chaleur extrêmes, par exemple, constituent une menace sérieuse pour les arbres, en particulier les jeunes arbres.[7],[8] Parallèlement, les changements dans les régimes de précipitations, qu’il s’agisse d’inondations excessives ou de sécheresses prolongées, peuvent stresser les arbres et modifier les conditions du sol, ce qui affecte la productivité globale des exploitations agricoles.

La sécheresse et les phénomènes météorologiques extrêmes ont également des répercussions sur les espèces de sapins de Noël du Canada. Certaines espèces sont plus résistantes à la sécheresse que d’autres, mais les périodes de sécheresse prolongées peuvent tout de même avoir des effets dévastateurs. Les producteurs canadiens constatent les effets de la sécheresse (en anglais seulement), notamment le brunissement des aiguilles des arbres matures, tandis que les semis développent des systèmes racinaires peu profonds qui sont vulnérables à des phénomènes tels que les inondations. De plus, les tempêtes violentes et les vagues de chaleur peuvent endommager ou détruire les cultures, et dans certaines régions, le risque d’incendies de forêt ajoute une autre source d’incertitude.

Encadré 2 : Canicule de 2021 et sapins de Noël (en anglais seulement): L’année 2021 a été marquée par des conditions météorologiques extrêmes dans la province de Colombie-Britannique. La canicule estivale et les inondations extrêmes ont eu un tel impact sur l’approvisionnement en sapins de Noël qu’IKEA n’a pas pu vendre de sapins naturels cette année-là en raison de pénuries d’approvisionnement. Avec des températures atteignant 45 °C dans certaines régions, on s’attendait à perdre jusqu’à 1 000 plants à cause des températures caniculaires.

Insectes nuisibles et maladies

Les hivers plus chauds, les saisons de croissance plus longues, la forte précipitation et les conditions plus humides que la normale contribuent à accroître la pression exercée par les insectes nuisibles sur les fermes de sapins de Noël. Dans de nombreuses régions du Canada, on observe déjà une augmentation de la pression exercée par ces insectes et les maladies.[9] La température est un facteur clé du développement des insectes : si chaque espèce a besoin d’une certaine quantité de chaleur accumulée pour accomplir son cycle de vie, le rythme et le moment de son développement varient en fonction des températures saisonnières.

C’est là que les degré-jours (DJ) – une mesure de la chaleur accumulée au-dessus d’un certain seuil de température – deviennent une variable climatique précieuse pour les producteurs. En calculant les DJ, les producteurs peuvent estimer le moment où se produisent des événements biologiques clés tels que l’éclosion des œufs, le développement des larves ou l’infection par des maladies, ce qui leur permet d’élaborer des stratégies de lutte antiparasitaire plus efficaces[10].

Par exemple, le puceron du sapin, un ravageur courant des sapins de Noël au Canada, devient particulièrement nuisible au cours de sa deuxième génération, qui apparaît généralement après l’accumulation de 150 à 200 DJ supérieurs à 10 °C.[11],[12]

 

Avec le réchauffement climatique, on s’attend à ce que le nombre total de DJ supérieurs aux seuils critiques augmente, ce qui pourrait permettre l’apparition de plusieurs générations d’insectes nuisibles au cours d’une même saison ou avancer leur émergence dans l’année[13]. Cela pourrait non seulement aggraver les pressions actuelles exercées par ces insectes, mais aussi introduire de nouveaux ravageurs dans des régions où ils n’étaient auparavant pas viables.

Encadré 3 : Laboratoire des sapins de Noël de l’Université de Waterloo. Les défis uniques auxquels sont confrontés les producteurs de sapins de Noël nécessitent des recherches et des solutions ciblées. Le Laboratoire des sapins de Noël est un laboratoire de recherche spécialisé et une ressource clé pour les producteurs, qui contribue à la recherche appliquée afin d’aider à accroître la résilience et la croissance de l’industrie au Canada.

Comment les produits de prévision saisonnière peuvent-ils aider à maintenir les lumières (de Noël) allumées ?

Les prévisions saisonnières, actuellement disponibles auprès d’Environnement et Changement climatique Canada et à venir sur Donneesclimatiques.ca, fournissent des indications sur la façon dont les conditions de température et de précipitations à venir sont susceptibles de se comparer à la moyenne historique. Bien que les prévisions saisonnières ne prédisent pas le temps qu’il fera au jour le jour, elles offrent des informations utiles sur la probabilité de l’apparition de différentes situations météorologiques au cours des mois à venir.

Pour l’été 2026 (juin-août), les prévisions de température indiquent une probabilité élevée de conditions au-dessus de la normale dans le sud de l’Ontario (figure 3). Pour les producteurs qui gèrent des espèces sensibles à la chaleur, comme l’épinette blanche, ces informations peuvent aider à planifier à l’avance l’ombrage, l’irrigation et d’autres mesures visant à réduire le stress thermique. Comme les prévisions saisonnières sont mises à jour régulièrement et que leur « habileté » varie selon les régions, les producteurs devraient vérifier les mises à jour à l’approche de la saison.

Figure 3 : Prévisions de température pour juin à août 2026. Cliquez ici pour consulter les prévisions : Prévision saisonnière pour le Canada

Pour plus d’informations sur la manière d’interpréter les prévisions probabilistes saisonnières, consultez le Guide d’utilisation des prévisions saisonnières d’ECCC.

Bilan de la période des fêtes

Alors que les conditions climatiques continuent de changer, les producteurs de sapins de Noël travaillent de manière proactive pour gérer les nouveaux défis, qu’il s’agisse du stress thermique, de la sécheresse, des ravageurs, des maladies ou de la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Les projections climatiques et les prévisions saisonnières fournissent des informations pratiques qui facilitent à la fois les décisions quotidiennes et la planification à long terme.

Ensemble, ces outils aident les producteurs à anticiper les risques, à adapter leurs pratiques de gestion et à renforcer la résilience de leurs activités. Une adaptation continue sera essentielle pour maintenir un approvisionnement durable en sapins de Noël, ainsi que les économies rurales et les écosystèmes qui en dépendent.

Lorsque vous vous rendrez à la ferme ou au marché local pour acheter votre sapin de Noël cette année, pensez au travail accompli par les producteurs pour s’adapter au climat en changement et cultiver des arbres sains et locaux. Une fois les fêtes terminées, envisagez de donner une seconde vie à votre sapin en le broyant, en le recyclant ou en participant à d’autres programmes communautaires de réutilisation.

Encadré 4 : Une nouvelle vie pour les vieux sapins de Noël : Selon un mythe courant, les sapins de Noël naturels auraient un impact plus important sur l’environnement que les sapins artificiels. Cependant, les sapins de Noël naturels ont de nombreuses utilisations bénéfiques après avoir décoré votre maison pendant la période des fêtes[14]. Ils peuvent être broyés pour servir de paillis, le bois peut être recyclé et réutilisé, ou ils peuvent être utilisés dans des projets de restauration comme celui entrepris dans la zone de conservation Upper Credit à Alton, en Ontario (en anglais seulement). Dans ce cas, les sapins de Noël recyclés ont été utilisés comme dispositifs de capture des sédiments et pour prévenir l’érosion des sols le long des berges du ruisseau.

Références

[1] Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2024). Aperçu statistique de l’industrie canadienne de l’horticulture ornementale, 2024. https://agriculture.canada.ca/fr/secteur/horticulture/rapports/apercu-statistique-lindustrie-canadienne-lhorticulture-ornementale-2024

[2] Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2024). Aperçu statistique de l’industrie canadienne de l’horticulture ornementale, 2024. https://agriculture.canada.ca/fr/secteur/horticulture/rapports/apercu-statistique-lindustrie-canadienne-lhorticulture-ornementale-2024

[3] Natural Resources Canada. (2025). Site sur la rusticité des plantes du Canada, modèles et cartes spécifiques aux espèces végétales. Picea glauca (Moench) Voss. https://www.planthardiness.gc.ca/index.php?phz=p10007941971-2000&s=b&speciesid=1000794&m=7&lang=en#

[4] Natural Resources Canada. (2025). Site sur la rusticité des plantes du Canada, modèles et cartes spécifiques aux espèces végétales. Picea glauca (Moench) Voss. https://www.planthardiness.gc.ca/index.php?phz=p10000051971-2000&s=b&speciesid=1000005&m=7&lang=en

[5] Koelling, M. R., Hailigmann, R. (1993). Recommended Species for Christmas Tree Plantings In the North Central United States. Forest Ecology and Management. https://www.canr.msu.edu/uploads/234/84938/Recommended_Species_for_Christmas_Tree_Plantings-optimized.pdf

[6] Andalo, C., Beaulieu, J., Bousquet, J. (2005). The impact of climate change on growth of local white spruce populations in Quebec, Canada. https://www.cef-cfr.ca/uploads/Colloque/LectureBeaulieu.pdf

[7] Still, C. J., et. al. (2023) Causes of widespread foliar damage from the June 2021 Pacific Northwest Heat Dome: more heat than drought. Tree Physiology.

[8] Christmas Tree Lab. (2025) Protecting Ontario’s Christmas Tree Industry from Increasing Climate Change Risks. Waterloo Climate Institute Policy Brief. https://uwaterloo.ca/climate-institute/sites/default/files/uploads/documents/2025_policy-brief_leonard_final_compressed.pdf

[9] McCarthy, P. C., Adam, C. I. G. (2023) Insects and Diseases of Balsam Fir Christmas Trees. https://publications.gc.ca/collections/collection_2021/rncan-nrcan/Fo103-2-226-eng.pdf

[10] Portail ontarien pour la protection des cultures. (n.d.) Modèles de degrés-jours. Retrieved December 1, 2025 from https://portailprotectiondescultures.omafra.gov.on.ca/fr-ca/supporting-information/apples/pest-management/degree-day-modeling

[11] McCarthy, P. C., Adam, C. I. G. (2023) Insects and Diseases of Balsam Fir Christmas Trees. https://publications.gc.ca/collections/collection_2021/rncan-nrcan/Fo103-2-226-eng.pdf

[12] Fondren, K., McCullough, D. G., (2002) Biology and Management of Balsam Twig Aphid. Michigan State University Extension. https://www.canr.msu.edu/uploads/files/e2813.pdf

[13] Atlas climatiques du Canada. (n.d.) Les ravageurs forestiers et changements climatiques. Prairie Climate Centre. https://atlasclimatique.ca/les-ravageurs-forestiers-et-changements-climatiques

[14] Christmas Tree Farmers of Ontario. (n.d.) Real Tree Facts. https://www.christmastrees.on.ca/index.php?action=display&cat=11

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 25 novembre 2025
Auteur Edward Beard, Pacific Climate Impacts Consortium et David Dick, W̱SÁNEĆ Marine Guardians
Sujets Données climatiques en action, Renseignez-vous sur les changements climatiques, Côte ouest
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Introduction

Le saumon est un élément essentiel des écosystèmes, des cultures, des économies et des activités récréatives de la Colombie-Britannique (C.-B.). Les changements climatiques affectent l’habitat du saumon dans toute la province et ils aggravant l’impact d’autres facteurs de stress d’origine humaine sur les populations de saumon.

Rédigé par le Pacific Climate Impacts Consortium (PCIC), à partir des conclusions du programme QENTOL, YEN / W̱SÁNEĆ Marine Guardians (encadré 1), cet article de blog décrit l’importance du saumon en Colombie-Britannique, explore les impacts des changements climatiques sur les populations de saumon Pacifique et présente les données et informations climatiques disponibles pour soutenir les efforts d’adaptation et de conservation.

Encadré 1: Programme QENTOL, YEN / W̱SÁNEĆ Marine Guardians

Les W̱SÁNEĆ Marine Guardians surveillent les KELŁOLEMEĆEN (épaulards ou orques) dans la mer Salish. Le programme combine les connaissances traditionnelles sur les KELŁOLEMEĆEN et la technologie moderne pour suivre les mouvements des orques sur tout le territoire W̱SÁNEĆ. Ce faisant, les W̱SÁNEĆ Marine Guardians « compilent un ensemble complet de données scientifiques autochtones qui reflètent fidèlement l’environnement marin et ses effets sur les orques résidentes du sud » (ORS). À partir de ces informations, ils recommandent des mesures pour la conservation des KELŁOLEMEĆEN, notamment des modifications proposées à la réglementation actuelle afin de protéger les ORS, une espèce en voie de disparition.

Comme le régime alimentaire des ORS est principalement composé de saumon quinnat (saumon royal), une partie importante du programme consiste à surveiller l’habitat et l’abondance du saumon. Ce travail se déroule à S,ELE₭TEȽ (rivière Goldstream), au sud de l’île de Vancouver, où le peuple W̱SÁNEĆ pratique depuis longtemps la pêche au saumon. Dans cet article de blog, les W̱SÁNEĆ Marine Guardians nous ont autorisés à faire référence à leurs connaissances de cette histoire et à leurs observations. Nous leur sommes reconnaissants de nous avoir accordé cette autorisation, apprécions leur contribution aux efforts de conservation du saumon et du KELŁOLEMEĆEN, et reconnaissons les relations historiques que les peuples Salish de la côte entretiennent avec la terre et l’eau, qui se poursuivent encore aujourd’hui.

L’importance du saumon en C.-B.

Le saumon a évolué dans le nord-ouest du Pacifique au cours de millions d’années. En Colombie-Britannique, on compte cinq espèces – le saumon quinnat, le saumon rouge, le saumon coho, le saumon kéta et le saumon rose – et plus de 9 000 populations (combinaisons d’espèces et de cours d’eau) [1]. Bien que les voies et les périodes de migration varient d’une population à l’autre, en général tous les saumons du Pacifique commencent leur vie dans des lacs, des rivières ou des cours d’eau, migrent vers l’océan pour atteindre leur maturité, retournent dans les cours d’eau pour pondre leurs œufs et meurent après la reproduction [1]. Par conséquent, les saumons du Pacifique fournissent des nutriments essentiels aux écosystèmes d’eau douce, forestiers et marins de la C.-B., soutenant ainsi la biodiversité unique de la région.

Le saumon est également étroitement imbriqué à l’histoire et à la culture de la région. De nombreux sites de villages ancestraux et communautés autochtones de la C.-B. ont été fondés sur des lieux de pêche traditionnels au saumon [2]. Par exemple, le peuple W̱SÁNEĆ pêche le saumon dans la rivière S,ELE₭TEȽ (rivière Goldstream) depuis des milliers d’années et les Aînés expliquent que des fumoirs ont été construits à S,ELE₭TEȽ, où les W̱SÁNEĆ rassemblaient du saumon, des baies et des plantes médicinales et se réunissaient [3]. Aujourd’hui, le saumon reste essentiel à la culture W̱SÁNEĆ et constitue une importante source de nourriture. De plus, le saumon contribue à l’économie de la C.-B. grâce à la pêche récréative et commerciale et au tourisme, y compris l’observation de la faune, notamment des saumons et des espèces interdépendantes telles que les orques, les ours et les aigles [2].

Quel est l’impact des changements climatiques sur le saumon du Pacifique ?

Dans l’ensemble, les populations de saumon du Pacifique sont en déclin en C.-B. et au Yukon [4], [5]. Le développement industriel, l’urbanisation, l’aquaculture et la pêche sont quelques-unes des activités humaines qui ont un impact négatif sur le saumon du Pacifique [4]. De plus, les changements climatiques d’origine humaine ont un impact sur les écosystèmes dont dépend le saumon du Pacifique à chaque étape de son cycle de vie (figure 1) [1].

Figure 1: Impacts des changements climatiques sur le cycle de vie du saumon du Pacifique [1]

En raison des changements climatiques, toutes les régions de la C.-B. connaissent des températures plus chaudes tout au long de l’année. Ces températures plus chaudes entraînent une fonte plus précoce de la neige et de la glace au printemps et un débit de pointe plus précoce dans les bassins versants dominés par la neige, ce qui réduit le débit estival dans certaines régions [6]. Toutes les régions de la C.-B. enregistrent également des températures estivales plus élevées. Combinées à un débit estival plus faible, la hausse des températures estivales entraînent un réchauffement de la température de l’eau douce [7]. Des températures d’eau plus élevées peuvent avoir des conséquences désastreuses pour le saumon du Pacifique, car elles affectent ses performances de nage, sa reproduction et le développement de ses embryons, augmentent sa sensibilité aux maladies et, en fin de compte, accroîssent sa mortalité [3][4][5].

De plus, les changements climatiques ont des répercussions sur les écosystèmes marins du Pacifique Nord, entraînant une augmentation des températures, une désoxygénation, une acidification et des changements dans la circulation et le mélange vertical [5][8]. Ces répercussions marines augmentent les besoins énergétiques des saumons tout en perturbant les réseaux trophiques dont ils dépendent, ce qui accroît les pressions sur leur survie [5].

Projections climatiques futurs

Le tableau 1 présente les projections de Donneesclimatiques.ca et du Salmon Climate Impacts Portal (SCIP) (lien disponible en anglais) pour les années 2050 (par rapport à la période 1971-2000) pour quatre bassins versants différents du bassin du fleuve Fraser, le plus grand bassin abritant des saumons de la C.-B. (figure 2). Les projections sont basées sur un scénario d’émissions de gaz à effet de serre élevés (SSP5-8.5 pour les projections de Donneesclimatiques.ca et RCP8.5 pour les projections du SCIP*). D’ici à 2050, la trajectoire des projections climatiques pour différents scénarios d’émissions (par exemple, faible, moyen et élevé) est à peu près la même.

Figure 2: Les quatre bassins versants du bassin du fleuve Fraser pour lesquels les projections sont présentées dans le tableau 1.

Tableau 1 : Projections pour les années 2050 par rapport à la période 1971-2000 pour quatre bassins versants différents dans le bassin du fleuve Fraser. Les données relatives aux températures moyennes hivernales et printanières, aux chutes de neige, au dernier gel printanier et aux jours où la température dépasse 25 °C proviennent de Donneesclimatiques.ca et représentent la médiane de 26 modèles climatiques. Les données relatives à la date du débit annuel maximal et à la fréquence des températures de l’eau supérieures à 19 °C ** proviennent du SCIP du PCIC et représentent la moyenne de 6 modèles. Les projections de Donneesclimatiques.ca sont basées sur le SSP5-8.5 et celles du SCIP sur le RCP8.5*.

* Les projections SCIP sont basées sur le RCP8.5, car les projections CMIP6 à échelle réduite n’ont pas encore été intégrées à cet outil. À des fins d’illustration dans ce blog, les projections CMIP6 de Donneesclimatiques.ca basées sur SSP5-8.5 et les projections CMIP5 de SCIP basées sur RCP8.5 sont comparables, car les deux scénarios appliquent le même niveau de forçage radiatif et il existe un chevauchement important dans la fourchette des différentes projections. Cependant, pour des analyses plus détaillées, il est préférable de comparer les projections issues de la même phase de modélisation qui utilisent les mêmes scénarios d’émissions. 

** Dans le cadre du SCIP, une température moyenne de 19 °C a été choisie comme température représentative des impacts sur le saumon à différents stades de son cycle de vie. 19 °C correspond également à la limite supérieure de l’éventail des températures optimales pour l’activité aérobie du saumon. Ainsi, toute température supérieure à 19 °C peut avoir un impact négatif sur le niveau d’énergie du saumon.

En examinant les projections de Donneesclimatiques.ca dans le tableau 1, nous pouvons constater que dans les quatre bassins versants, les températures hivernales et printanières devraient augmenter d’environ 3 °C, les chutes de neige diminueront [1], la date du dernier gel printanier sera avancée de 3 à 4 semaines et il y aura plus de jours où la température dépassera 25 °C [4]. En examinant les projections du SCIP du PCIC, nous pouvons évaluer l’impact de ces changements climatiques sur les conditions de l’eau douce.

Premièrement, on prévoit que le débit atteindra son maximum deux semaines plus tôt dans le bassin versant « Cours supérieur Fraser » et environ trois semaines plus tôt dans les bassins versants « Salmon », « Lac Williams » et « Nahatlatch » d’ici les années 2050. Cela est probablement dû au réchauffement des températures hivernales et printanières, qui entraîne une diminution des chutes de neige, un raccourcissement de la saison de gel et une fonte plus précoce de la neige et de la glace au printemps. Deuxièmement, on prévoit une augmentation substantielle de la fréquence annuelle des températures de l’eau dépassant 19 °C d’ici les années 2050, en particulier dans les bassins versants moyens et inférieurs. Cela est probablement dû à l’impact combiné d’un débit de pointe plus précoce et de températures estivales plus élevées. L’augmentation prévue de la température de l’eau douce est troublante étant donné des répercussions que cela peut avoir sur le saumon.

Les précipitations extrêmes peuvent également avoir un impact sur le saumon. Par exemple, les W̱SÁNEĆ Marine Guardians ont observé que les inondations causées par le fleuve atmosphérique de novembre 2021 en C.-B. ont eu un impact sur l’habitat de reproduction du saumon à S,ELE₭TEȽ [3]. Les projections à haute résolution (~800 m) du rapport Climate Projections for the Capital Region (disponible en anglais seulement) du PCIC montrent que d’ici les années 2050 (selon le scénario SSP5-8.5), les précipitations extrêmes survenant une fois tous les 20 ans dans le district régional de la capitale seront plus intenses, avec une moyenne de 15 mm de précipitations supplémentaires par rapport à la période 1981-2010. Cette projection suggère que l’impact des précipitations extrêmes sur l’habitat de reproduction du saumon pourrait être encore plus important à l’avenir.

Les W̱SÁNEĆ Marine Guardians s’inquiètent également de l’accélération de l’érosion des marais salants à S,ELE₭TEȽ, habitat essentiel à la survie des saumons juvéniles, due à l’élévation du niveau de la mer [3]. Les projections de changement relatif du niveau de la mer de Donneesclimatiques.ca prévoient une élévation relative du niveau de la mer dans le bras de mer de Saanich de 16 cm d’ici 2050 et de 59 cm d’ici 2100 (selon le scénario SSP5-8.5). Ces projections, ainsi que celles du tableau 1 ci-dessus, indiquent que les changements climatiques futurs exerceront une pression supplémentaire sur les populations de saumon du Pacifique, avec des implications potentielles pour leur contribution écologique, culturelle et commerciale à la vie en Colombie-Britannique. Les organisations et communautés locales, notamment les W̱SÁNEĆ Marine Guardians, surveillent ces changements et entreprennent des travaux pour protéger l’habitat du saumon.

Adaptation et conservation

De nombreuses organisations et communautés de la C.-B. s’efforcent de protéger le saumon du Pacifique contre les effets du changement climatique. Les projections disponibles sur Donneesclimatiques.ca et les portails de données et outils d’analyse du PCIC (en particulier les résultats du modèle hydrologique et le SCIP) (disponible en anglais seulement) peuvent être utilisées pour soutenir ces efforts. Par exemple, de 2019 à 2023, le PCIC a appliqué des projections climatiques parallèlement à la modélisation hydrologique pour projeter l’effet du changement climatique sur la température de la rivière Nechako et pour indiquer comment le programme de gestion des températures estivales (Summer Temperature Management Program ou STMP) de Rio Tinto pourrait être modifié à l’avenir afin de mieux protéger le saumon contre les effets du réchauffement climatique (encadré 2).

Box 2: Programme de gestion des températures estivales de Rio Tinto et projections du PCIC pour la rivière Nechako

La rivière Nechako est un affluent du fleuve Fraser et constitue un habitat précieux pour diverses espèces de poissons, notamment le saumon. Elle est alimentée par le réservoir Nechako, situé derrière le barrage Kenney. Afin de contribuer à la gestion de la température de l’eau dans la rivière pendant la période de migration du saumon, Rio Tinto, l’exploitant du réservoir, libère de l’eau via le déversoir du lac Skins. Cela permet de s’assurer que les saumons qui remontent la rivière pendant l’été ne sont pas exposés à une eau trop chaude. À l’avenir, les changements climatiques devraient influencer la disponibilité de l’eau douce, la période des pointes de débits et la température de l’eau. Afin de se préparer à ces changements, Rio Tinto a recherché des informations sur les conditions futures prévues afin d’orienter les ajustements potentiels à apporter au fonctionnement du réservoir.

À l’aide de modèles de débit et de température de l’eau dans différents scénarios d’émissions, le PCIC a fourni des projections pour divers indices, notamment le volume et la température des apports au réservoir, le moment de la disponibilité de l’eau et la probabilité que les températures à la sortie dépassent 20 °C pendant la période de gestion des températures estivales de Rio Tinto, qui correspond à la période de migration du saumon rouge [9]. Ces projections ont éclairé les stratégies de Rio Tinto en matière de déversement des réservoirs, afin que l’exploitation des réservoirs puisse se poursuivre en toute sécurité à l’avenir tout en atténuant les effets du changement climatique sur l’habitat essentiel du saumon [10].

Les scientifiques, les défenseurs de l’environnement et les communautés s’inquiètent également des pressions croissantes exercées sur le saumon du Pacifique par les incendies de forêt et les changements dans les écosystèmes marins du Pacifique Nord [1][11]. L’ application des projections de la météo des feux de fôret et les ressources du secteur marin de Donneesclimatiques.ca sont disponibles pour aider les utilisateurs à comprendre l’impact du changement climatique sur les conditions météorologiques propices aux incendies et sur l’environnement marin. Ces informations peuvent être utilisées pour orienter les efforts de conservation. Des demandes supplémentaires de données climatiques ou d’assistance peuvent également être soumises au Centre d’aide des Services climatiques.

Enfin, il est important de reconnaître que les communautés des Premières Nations et les programmes tels que le QENTOL et les YEN / W̱SÁNEĆ Marine Guardians jouent un rôle important dans la conservation du saumon. Les collaborations qui intègrent à la fois les connaissances autochtones et les projections climatiques futures peuvent conduire à des interventions plus efficaces pour protéger le saumon du Pacifique et son importance culturelle et écologique en C.-B.

Références

[1] Fisheries and Oceans Canada (2021). Canada’s Oceans Now: Pacific Ecosystems, 2021. https://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/publications/soto-rceo/2021/report-rapport-eng.html

[2] Pacific Salmon Foundation and Fraser Basin Council (2011). Backgrounder: Salmon in BC. https://psf.ca/wp-content/uploads/2021/10/Download-PDF216-1.pdf

[3] QENTOL, YEN (2025). Annual Report, 2024-25. https://www.qentolyen.com/annual-reports

[4] Connors, K., Jones, E., Peacock, S., and Belton, K. (2024). State of Salmon 2024 Report. Pacific Salmon Foundation. https://stateofsalmon.psf.ca/

[5] Grant, S.C.H., MacDonald, B.L., Winston, M.L. (2019). State of the Canadian Pacific salmon: Responses to changing climate and habitats. Fisheries and Oceans Canada. https://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/publications/salmon-saumon/state-etat-2019/abstract-resume-eng.html

[6] Bush, E. and Lemmen, D.S., (editors). (2019). Canada’s Changing Climate Report; Government of Canada. https://changingclimate.ca/CCCR2019/.

[7] White, J. C., Khamis, K., Dugdale, S., Jackson, F. L., Malcolm, I. A., Krause, S., Hannah, D. M. (2023) Drought impacts on river water temperature: A process-based understanding from temperate climates. Hydrological Processes. 37, 10. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/hyp.14958

[8] Boldt, J.L., Joyce, E., Tucker, S., Gauthier, S., and Dosser, H. (editors). (2024). State of the physical, biological and selected fishery resources of Pacific Canadian marine ecosystems in 2023. Fisheries and Oceans Canada. https://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/library-bibliotheque/41260879.pdf

[9] Larabi, S., Schnorbus, M. A., & Zwiers, F. W. (2022). A coupled streamflow and water temperature (VIC-RBM-CE-QUAL-W2) model for the Nechako Reservoir. Journal of Hydrology: Regional Studies, 44, 101237. https://hdl.handle.net/1828/21758

[10] Larabi, S., Schnorbus, M. A., & Zwiers, F. W. (2023). Diagnosing the ability of reservoir operations to meet hydropower production and fisheries needs under climate change in a western cordillera drainage basin. Climatic Change, 176(12), 161. https://hdl.handle.net/1828/21790

[11] Pacific Salmon Foundation (2024). Playbook to Guide Landscape Recovery Strategies & Priorities for Salmon Habitat Following Major Wildfires. https://psf.ca/wildfire-playbook/

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 17 novembre 2025
Auteur Martin Payette, Ouranos
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques, Nouveauté à noter
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Introduction

La connaissance est l’un des outils les plus puissants pour lutter contre les changements climatiques. Elle permet aux Canadiens de comprendre les enjeux pour les aider à prendre des décisions éclairées et à renforcer leur résilience dans tous les secteurs et toutes les régions du pays.

Pour faciliter le partage de cette connaissance, Ouranos, l’un des partenaires régionaux de Donnéesclimatiques.ca, a créé six vidéos animées qui présentent les concepts clés de la science du climat et de l’adaptation.

Produites en anglais et en français, ces courtes vidéos vulgarisées abordent des sujets complexes de manière claire et visuelle. Chaque vidéo ne dure que quelques minutes, ce qui les rend idéales pour les salles de classe, les ateliers ou toute personne souhaitant une introduction rapide à la science sur laquelle repose l’adaptation aux changements climatiques.

 

Série 1 : Les grandes questions sur les changements climatiques

Cette première série répond aux grandes questions sur les changements climatiques et ses implications pour nos communautés. Chaque capsule s’appuie sur la précédente, aidant les spectateurs à comprendre les données scientifiques qui sous-tendent les données climatiques et les choix auxquels nous sommes confrontés dans un climat en évolution.

Capsule 1 – Comment les changements climatiques affecteront-ils le Québec dans les prochaines années ?

L’ampleur des changements climatiques peut être difficile à imaginer. Sa portée est globale et à long terme, mais ses effets varient énormément à l’échelle régionale. Cette vidéo présente les principaux facteurs derrière les changements climatiques et les éléments qui influencent ses conséquences locales. On y découvre comment des variables comme la température et les précipitations évoluent, comment elles varient d’une région à l’autre, et quelles actions peuvent contribuer à limiter les risques là où nous vivons.

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Capsule 2 – Comment la science fait-elle pour représenter le climat futur ?

Pour s’adapter efficacement, il faut une idée claire de l’évolution probable du climat. Cette vidéo explique comment les scientifiques utilisent des modèles climatiques basés sur la physique pour simuler des scénarios futurs possibles. Elle explore également ce que les modèles peuvent et ne peuvent pas nous dire, pourquoi il est nécessaire d’utiliser plusieurs modèles et comment les scénarios nous aident à planifier avec l’incertitude.

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Capsule 3 – Qu’est-ce que ça veut dire : s’adapter aux changements climatiques ?

L’adaptation ne se limite pas à réagir aux conditions météorologiques extrêmes : il s’agit d’anticiper les changements à long terme et de faire aujourd’hui des choix qui réduisent les risques dans l’avenir. Cet épisode présente des exemples d’adaptation dans différents secteurs et à différentes échelles. Il montre comment les communautés, les gouvernements et les individus peuvent contribuer à renforcer notre résilience collective.

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Série 2 : Des solutions concrètes d’adaptation aux changements climatiques

La deuxième série passe de la théorie à l’action, soulignant des approches concrètes pour faire face aux risques climatiques auxquels les peuples à travers le Canada sont déjà confrontés : feux de forêt, inondations et chaleur extrême. Ces courtes vidéos animées se concentrent sur les mesures pratiques que les collectivités peuvent prendre, de l’aménagement du territoire aux initiatives en santé publique.

Capsule 4 – En mode solutions : feux de forêt

Des températures plus élevées et des conditions plus sèches contribuent à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des feux de forêt à travers le Canada. Cet épisode explique comment les communautés peuvent se préparer et réagir à cet aléa grâce à une meilleure planification des mesures d’urgence, à une gestion durable des forêts et à des outils de surveillance d’incendies et de fumée en temps réel.

 

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Capsule 5 – En mode solutions : inondations pluviales

Les épisodes de pluies extrêmes mettent à rude épreuve les systèmes de gestion des eaux pluviales et les infrastructures urbaines. Dans cette capsule, on découvre comment les infrastructures vertes, les surfaces perméables et une meilleure planification municipale peut réduire les risques liés aux inondations. La vidéo met également en avant les mesures de préparation prises au niveau communautaire pour protéger les personnes et les biens.

 

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Capsule 6 – En mode solution : chaleurs extrêmes

Les vagues de chaleur sont de plus en plus longues et intenses, ce qui a des répercussions importantes sur la santé publique. Cet épisode explore comment les villes peuvent s’adapter grâce au verdissement urbain, aux zones de fraîcheur et au support ciblé pour les populations vulnérables.

 

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Partagez et explorez

Ensemble, ces deux séries offrent une introduction concise et fondée sur la science aux changements climatiques et à l’adaptation, axée sur les solutions et pertinente pour des publics à travers le Canada. Elles sont conçues pour susciter la curiosité et la conversation, autant pour l’élève qui découvre les changements climatiques que pour le professionnel à la recherche d’outils de communication à partager.

Découvrez d’autres ressources dans la Zone d’apprentissage de Donnéesclimatique.ca ou visitez la pages Nouvelles pour des articles sur l’adaptation aux changements climatiques.

En partageant des connaissances et des exemples pratiques, nous pouvons aider les communautés à passer à l’action et à bâtir un avenir plus résilient aux changements climatiques pour tous.

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 7 novembre 2025
Auteur Ryan O’Connor et Elaine Barrow, du CCSC
Sujets Renseignez-vous sur les changements climatiques, Risques
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Introduction

Les vagues de froid, ces courtes périodes exceptionnellement froides, sont une caractéristique de longue date des hivers canadiens. Elles peuvent mettre à rude épreuve les systèmes énergétiques, perturber les transports et présenter des risques pour la santé et la sécurité, en particulier pour les populations vulnérables. Si les vagues de froid continuent de se produire, leur nature évolue dans un climat qui se réchauffe. Les observations menées dans tout le Canada montrent que les froids extrêmes deviennent moins sévères, alors que les températures minimales pendant les vagues de froid tendent à se réchauffer au fil du temps.

Cet article examine l’évolution des vagues de froid dans le contexte des changements climatiques, explore les connaissances scientifiques actuelles sur les facteurs à l’origine de ces phénomènes et met en évidence la manière dont les outils disponibles sur Donneesclimatiques.ca peuvent faciliter la planification et l’adaptation.

Encadré 1 : Une vague de froid provoque des perturbations dans tout le Canada – 21 janvier 2025  Une vague de froid a frappé une grande partie du pays le 21 janvier 2025, provoquant des perturbations de l’Alberta au Canada atlantique. Alors que la température chutait à −21 °C, avec un refroidissement éolien marqué à Montréal, la situation a été aggravée par une panne de disjoncteur qui a privé d’électricité 100 000 clients d’Hydro-Québec.À Edmundston, au Nouveau-Brunswick, où la température a atteint une température minimale nocturne de −36 °C combinée au refroidissement éolien, 4 900 clients ont été privés d’électricité en raison d’une ligne de transport défectueuse.À Toronto et à Winnipeg, des avertissements de froid extrême ont été émis pendant que l’attention se tournait vers les populations vulnérables sans abri. Partout au pays, les municipalités et les entreprises de services publics ont averti les résidents des dangers — notamment le gel des tuyaux — que représentait la chute soudaine des températures.Bien que cette vague de froid n’ait pas battu de records, il a été noté que la rareté récente de tels épisodes les rend désormais particulièrement marquants. [1]

L’essentiel

Il existe un consensus scientifique clair sur le fait que les activités humaines, principalement la combustion de combustibles fossiles, provoquent le réchauffement de la Terre, et que l’Arctique se réchauffe deux à trois fois plus vite que la moyenne mondiale.[2] [3] [4] Cette tendance générale au réchauffement est parfois ponctuée par des épisodes de froid hivernal (« vagues de froid ») dans les régions tempérées du Nord, notamment en Amérique du Nord et en Eurasie.[5]La plupart de ces vagues de froid n’établissent pas de nouveaux records de température. Néanmoins, elles entraînent des conditions nettement plus froides que la normale saisonnière et peuvent avoir des effets graves sur la santé humaine, les transports et la demande énergétique.

Les vagues de froid évoluent, mais ne disparaissent pas

Si les vagues de froid continuent de se produire, les températures froides extrêmes au Canada sont devenues moins sévères au fil du temps. En moyenne nationale, la température minimale quotidienne annuelle* a augmenté de plus de 3 °C entre 1948 et 2016, le réchauffement le plus marqué ayant été observé dans l’Ouest. Cela signifie qu’en général, les nuits les plus froides d’aujourd’hui sont plus chaudes qu’autrefois, même si elles demeurent extrêmes.Seulement environ 0,5 °C de cette hausse de 3 °C peut être liée à la variabilité interne naturelle du climat; jusqu’à 2,8 °C sont attribuables à des causes humaines. Dans la plupart des régions du monde, il est pratiquement certain qu’il y aura moins de températures extrêmement froides à mesure que les températures moyennes augmenteront — et c’est le cas au Canada.[6] [7]

*La température minimale quotidienne correspond à la température la plus basse enregistrée au cours d’une période de 24 heures. La majorité de ces températures se produisent pendant la nuit.

Les chercheurs s’efforcent de comprendre les facteurs qui déterminent les vagues de froid dans un climat en réchauffement. Certaines études mettent en évidence des changements dans les régions tropicales, où la modification des configurations océan-atmosphère peut influencer le courant-jet — ce courant d’air à haute altitude qui se déplace rapidement et oriente les systèmes météorologiques.

D’autres recherches soulignent le réchauffement rapide de l’Arctique, où la perte de glace de mer et l’augmentation de la température de surface peuvent affecter la circulation atmosphérique à grande échelle. Ces changements peuvent perturber le vortex polaire, une bande de vent fort qui encercle normalement l’Arctique dans la stratosphère et contribue à contenir l’air le plus froid.

Lorsque le vortex s’affaiblit ou devient instable, des lobes d’air arctique peuvent se propager vers le sud jusqu’aux latitudes moyennes.Bien que ces processus puissent influencer les conditions hivernales loin de l’Arctique, l’intensité et la cohérence de ces liens ne sont considérées que comme faibles à moyennement fiables. Par exemple, même si les événements de vortex polaire faible sont plus fréquents, les études ne montrent pas d’augmentation correspondante des vagues de froid aux latitudes moyennes.Une étude menée par Lee (2019) a révélé que le régime climatique nord-américain, étroitement lié au froid extrême, ne dépend pas fortement de l’intensité du vortex, ce qui suggère qu’un vortex affaibli n’entraîne pas nécessairement de froid extrême à grande échelle. Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre ces dynamiques.[8] [9] [10] [11] [12]

C’est le réchauffement, et non le froid, qui préoccupe le plus

Bien que les vagues de froid aient des effets importants lorsqu’elles se produisent, le réchauffement climatique au Canada est généralement plus préoccupant. Le réchauffement des températures, particulièrement en hiver et dans le Nord, entraîne notamment : [13]

    • une diminution de la durée du manteau neigeux, avec un début plus tardif à l’automne et une fonte plus précoce au printemps ;
    • le remplacement de la glace de mer pérenne par une glace saisonnière plus mince ;
    • une réduction de la durée de la couverture des lacs, avec une débâcle plus précoce et un gel plus tardif ;
    • une augmentation des températures du pergélisol et de l’épaisseur de la couche active.
  •  

Ces changements touchent particulièrement les communautés nordiques, et les projections indiquent que le réchauffement se poursuivra. Par exemple, les hivers plus doux ont une incidence sur la sécurité alimentaire de nombreuses communautés autochtones et rurales, en perturbant l’accès aux terrains de chasse et en influençant l’abondance et la répartition des espèces.Le raccourcissement de la saison des routes hivernales limite le transport de fournitures vers les communautés éloignées. Le dégel du pergélisol endommage les bâtiments et les infrastructures. De plus, la perte de glace côtière accentue l’érosion et l’action des vagues, menaçant plusieurs collectivités arctiques.[14]

Informations provenant de Donneesclimatiques.ca

Donneesclimatiques.ca fournit des projections pour plusieurs variables et indices liés aux vagues de froid :

  •  

Les fonctions d’analyse de la page Téléchargement permettent de calculer des indices personnalisés (par exemple, le nombre de jours de vague de froid ou de jours où la température minimale est inférieure à un seuil précis).Pour en savoir plus :

Conclusion

Si les vagues de froid demeurent un élément familier des hivers canadiens, elles évoluent en raison des changements climatiques.Plutôt que de devenir plus fréquentes ou plus intenses, elles tendent à se réchauffer, reflétant les transformations climatiques induites par les activités humaines.Parallèlement, les changements dans l’Arctique et les tropiques pourraient modifier la circulation hivernale de manière à accroître la variabilité, créant parfois des vagues de froid perturbatrices lorsque les conditions s’alignent.Mieux comprendre ces dynamiques est essentiel, et Donneesclimatiques.ca offre des données et des outils qui soutiennent les efforts d’adaptation en cours.

Références

[1] Maimann, Kevin. Canadian winter living up to its reputation as Arctic air chills Eastern provinces | CBC News. January 22, 2025; Power restored for most Hydro-Québec clients in Montreal | Montreal Gazette. January 22, 2025; Jerrett, Andrea. Edmundston mayor frustrated by power outages amid cold snap. January 22, 2025; Fowler, Shane. Thousands without power in Edmundston area during cold snap | CBC News. January 21, 2025.

[2] Meredith M, Sommerkorn M, Cassotta S, Derksen C, Ekaykin A, Hollowed A, Kofinas G, Mackintosh A, Melbourne-Thomas J, Muelbert MMC, Ottersen G, Pritchard H, Schuur EAG (2019): Polar Regions. In: IPCC Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate [Eds. Pörtner H-O, Roberts DC, Masson-Delmotte V, Zhai P, Tignor M, Poloczanska E, Mintenbeck K, Alegría A, Nicolai M, Okem A, Petzold J, Rama B, Weyer NM].pp. 203-320. https://www.ipcc.ch/srocc/

[3] Miller GH, Lehman SJ, Refsnider KA, Southon JR, Zong (2013): Unprecedented recent summer warmth in Arctic Canada. Geophysical Research Letters 40: 5745-5751. https://doi.org/10.1002/2013GL057188; https://www.noaa.gov/news/2019-was-2nd-hottest-year-on-record-for-earth-say-noaa-nasa

[4] Zhang X, Flato G, Kirchmeier-Young M, Vincent L, Wan H, Wang X, Rong R, Fyfe J, Li G, Kharin VV (2019): Changes in Temperature and Precipitation Across Canada. Chapter 4 in: Canada’s Changing Climate Report [Eds. Bush E, Lemmen DS]. Government of Canada, Ottawa, Ontario, pp 112-193. http://www.changingclimate.ca/CCCR2019

[5] Kug J-S, Jeong J-H, Jang Y-S, Kim B-M, Folland CK, Min S-K, Son S-W (2015): Two distinct influences of Arctic warming on cold winters over North America and East AsiaNature Geoscience 8: 759-762. https://doi.org/10.1038/ngeo2517

[6] Zhang X, Flato G, Kirchmeier-Young M, Vincent L, Wan H, Wang X, Rong R, Fyfe J, Li G, Kharin VV (2019): Changes in Temperature and Precipitation Across Canada. Chapter 4 in: Canada’s Changing Climate Report [Eds. Bush E, Lemmen DS]. Government of Canada, Ottawa, Ontario, pp 112-193. http://www.changingclimate.ca/CCCR2019

[7] Collins M, Knutti R, Arblaster J, Dufresne J-L, Fichefet T, Friedling­stein P, Gao X, Gutowski WJ, Johns T, Krinner G, Shongwe M, Te­baldi C, Weaver AJ, Wehner M (2013): Long-term climate change: projections, commitments and irreversibility. In: Climate Change 2013: The Physical Science Basis; Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Stocker TF, Qin D, Plattner G-K, Tignor M, Allen SK, Boschung J, Nauels A, Xia Y, Bex V, Midgley PM (Eds)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA; p. 1029–1136. https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/WG1AR5_Chap­ter12_FINAL.pdf

[8] Lee SH (2019): Wintertime North American Weather Regimes and the Arctic Stratospheric Polar Vortex. Geophysical research Letters 46: 14892-14900

[9] Meredith M, Sommerkorn M, Cassotta S, Derksen C, Ekaykin A, Hollowed A, Kofinas G, Mackintosh A, Melbourne-Thomas J, Muelbert MMC, Ottersen G, Pritchard H, Schuur EAG (2019): Polar Regions. In: IPCC Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate [Eds. Pörtner H-O, Roberts DC, Masson-Delmotte V, Zhai P, Tignor M, Poloczanska E, Mintenbeck K, Alegría A, Nicolai M, Okem A, Petzold J, Rama B, Weyer NM].pp. 203-320. https://www.ipcc.ch/srocc/

[10] Pedersen RA, Cvijanovic I, Langen PL, Vinther BM (2016): The Impact of Regional Arctic Sea Ice Loss on Atmospheric Circulation and the NAO. Journal of Climate 29: 889-902. https://doi.org/10.1175/JCLI-D-15-0315.1

[11] Tang Q, Zhang X, Yang X, Francis JA (2013): Cold winter extremes in northern continents linked to Arctic sea ice loss. Environmental Research Letters 8. https://doi.org/10.1088/1748-9326/8/1/014036

[12] Wallace JM, Held IM, Thompson DWJ, Trenberth KE, Walsh JE (2014): Global Warming and Winter Weather. Science 343: 729-730. DOI: 10.1126/science.343.6172.729; Meredith M, Sommerkorn M, Cassotta S, Derksen C, Ekaykin A, Hollowed A, Kofinas G, Mackintosh A, Melbourne-Thomas J, Muelbert MMC, Ottersen G, Pritchard H, Schuur EAG (2019): Polar Regions. In: IPCC Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate [Eds. Pörtner H-O, Roberts DC, Masson-Delmotte V, Zhai P, Tignor M, Poloczanska E, Mintenbeck K, Alegría A, Nicolai M, Okem A, Petzold J, Rama B, Weyer NM].pp. 203-320. https://www.ipcc.ch/srocc/

[13] Derksen C, Burgess D, Duguay C, Howell S, Mudryk L, Smith S, Thackeray C, Kirchmeier-Young M (2018): Changes in snow, ice, and permafrost across Canada. Chapter 5 in Canada’s Changing Climate Report [Eds. Bush E, Lemmen DS]. Government of Canada, Ottawa, Ontario, pp 194-260. http://www.changingclimate.ca/CCCR2019

[14] Larsen JN, Anisimov OA, Constable A, Hollowed AB, Maynard N, Prestrud P, Prowse TD Stone JMR (2014): Polar regions. In: Climate Change 2014: Impacts, Adaptation, and Vulnerability. Part B: Regional Aspects. Contribution of Working Group II to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Barros VR, Field CB, Dokken DJ, Mastrandrea MD, Mach KJ, Bilir TE, Chatterjee M, Ebi KL, Estrada YO, Genova RC, Girma B, Kissel ES, Levy AN, MacCracken S, Mastrandrea PR, White LL (Eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA, pp. 1567-1612.

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 27 octobre 2025
Auteur Caitlin Lichimo
Sujets Données climatiques en action
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Introduction

Les sentiers sont plus que de simples chemins : ce sont des liens essentiels qui relient des communautés, soutiennent des économies locales grâce au tourisme axé sur la nature et offrent aux Canadiens des possibilités de loisirs sains et de renouveau spirituel. L’utilisation des sentiers a connu une forte augmentation ces dernières années, en particulier suite à la pandémie de COVID-19, lorsque l’accès à la nature est devenu un exutoire crucial pour les Canadiens[1].

Cependant, les changements climatiques menacent de plus en plus la praticabilité, la sécurité et la longévité des sentiers. Ceux qui utilisent beaucoup les sentiers du Canada ont été parmi les premiers à remarquer ces changements. Une récente enquête menée auprès des guides des Rocheuses canadiennes a révélé que presque tous ont observé des changements environnementaux dans leurs zones d’activité au cours de leur carrière, notamment des étés et des hivers plus chauds, des précipitations plus importantes en hiver et un manteau neigeux plus variable. [2]

Les infrastructures de montagne sont également menacées. Par exemple, le refuge historique Abbot Pass Hut, situé dans le parc national de Banff, a dû être définitivement fermé et démantelé en 2022 après que la fonte du pergélisol et l’érosion des pentes aient compromis ses fondations. [3]

Dans cet article, nous examinons l’impact des changements climatiques sur les sentiers de randonnée dans différentes régions du Canada et mettons en lumière comment les données de Donneesclimatiques.ca peuvent aider les responsables des parcs et les utilisateurs des sentiers à planifier.

Refuge Abbot Pass Hut à Banff, en Alberta

Infographie sur les loisirs d’été et les changements climatiques

Des festivals de musique à la pêche, en passant par la randonnée et les camps d’été, de nombreuses formes de loisirs au Canada sont déjà touchées par le réchauffement climatique. Les événements de ces dernières années, et en particulier ceux de l’été 2025, mettent en lumière comment la chaleur, les fortes précipitations, les feux de forêt et la transformation des écosystèmes modifient la façon dont les Canadiens vivent l’été. L’infographie ci-jointe illustre ces impacts dans différentes régions, en reliant les expériences vécues en matière de loisirs à des données et des tendances climatiques plus générales. 

 

 

Cliquez ici pour télécharger cette infographie au format PDF. 

Réchauffement des températures et expérience des visiteurs dans les parcs

Les conditions météorologiques et le climat ont une forte influence sur les loisirs de plein air. Selon une enquête menée auprès des visiteurs des parcs provinciaux de l’Ontario, des températures agréables, un ensoleillement suffisant et l’absence de pluie et de vents élevés sont des facteurs clés qui déterminent la satisfaction des visiteurs. En fait, ces visiteurs ont identifié les étendues de températures agréables pour les loisirs estivaux décrites dans le tableau 1.Tableau 1. Préférences des visiteurs en matière de température dans deux parcs provinciaux de l’Ontario (adapté de Hewer et al., 2014). 

Moment de la journéeTempérature idéale moyenneÉtendue idéaleTrop fraisTrop chaud
Jour (juillet-août)27,4 °C24–31 °C15,6 °C34,8 °C
Nuit (juillet-août)19,7 °C17–23 °C8,7 °C28,7 °C

Sur la base de cette enquête, les auteurs de l’étude ont conclu que la fréquentation des parcs en Ontario pourrait augmenter de 15 à 56 % d’ici les années 2050 en raison du réchauffement climatique et de son impact sur la durée de la saison de randonnée [4]. Cependant, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des journées de chaleur excessive (journées où la température dépasse environ 35 °C) pourrait avoir l’effet inverse à long terme et déplacer la fréquentation des parcs vers d’autres saisons.

Les données de Donneesclimatiques.ca peuvent être utilisées pour explorer les changements projetés en matière de chaleur extrême selon différents scénarios d’émissions. Par exemple, Toronto connaît historiquement moins d’une journée dépassant 35 °C par an[5] (cliquez ici pour trouver les normales climatiques de votre communauté). Dans un scénario à émissions élevées (SSP5-8.5), Toronto pourrait connaître en moyenne 24 de ces journées très chaudes d’ici 2071-2100 (figure 1).

Figure 1 : Nombre projeté de jours avec une température maximale supérieure à 35°C pour Toronto, en Ontario, dans un scénario d’émissions modérées (SSP2-4.5; bleu) et un scénario d’émissions très élevées (SSP5-8.5; rouge) de 1950 à 2100 (le gris délimite la période historique modélisée).

Fumée des feux de forêt et fermeture de sentiers dans l’Ouest canadien

Au cours des derniers étés, les feux de forêt alimentés par la chaleur et la sécheresse ont entraîné la fermeture généralisée de sentiers et des phénomènes climatiques, en particulier dans l’ouest du Canada.

La Colombie-Britannique n’est pas étrangère aux feux de forêt causés par le climat. À la fin du mois de juin 2021, un dôme de chaleur record a battu les records de température au Canada, préparant le terrain pour les feux de forêt. Des dizaines de sentiers populaires ont été fermés cet été-là en raison des feux de forêt, du mont Robson dans les Rocheuses aux parcs côtiers autour de Whistler, Pemberton et Tofino.

Les randonneurs et les cyclistes des Kootenays n’ont pas pu pratiquer leurs activités de plein air en août, lorsque d’épaisses fumées ont envahi les sentiers, obscurcissant la vue et créant des conditions malsaines.

 « On dirait que chaque été, dès la deuxième semaine d’août, on ne voit plus rien, on respire de la fumée… Cela pose toutes sortes de problèmes… pour la randonnée en pleine nature, car la saison est déjà courte, et une grande partie de celle-ci est gâchée par la mauvaise qualité de l’air. » – Stewart Spooner, responsable de l’exploitation des sentiers, Kootenay Columbia Trails Society (entretien de 2024).

En 2023, plus de 15 millions d’hectares de terres ont brûlé au Canada, soit plus de sept fois la superficie moyenne annuelle brûlée au cours des dernières décennies. Cette activité incendiaire record a eu des répercussions considérables sur la qualité de l’air. Au moment de la rédaction du présent rapport, 2025 s’annonce comme la deuxième pire saison des feux jamais enregistrée au Canada en termes de superficie brûlée. En 2025, plusieurs zones de loisirs ont été contraintes de fermer ou ont été endommagées au Manitoba, notamment le sentier Mantario.

Grâce à l’application Indice Forêt-Météo sur Donneesclimatiques.ca, les planificateurs de sentiers et les responsables des mesures d’urgence peuvent consulter les projections de paramètres tels que la durée de la saison des feux ou l’indice d’accumulation (ICD) pour leur région spécifique. Par exemple, l’application indique que la durée de la saison des feux devrait augmenter dans tout le pays (figure 2). Les projections relatives à la durée de la saison des feux n’estiment pas le nombre, la taille ou l’intensité des feux de forêt. Cependant, l’allongement de la saison des feux, ainsi que les projections qui montrent une augmentation de la sévérité des conditions météorologiques propices aux feux de forêt, indiquent que le danger d’incendie au Canada devrait augmenter dans un climat en réchauffement. Une saison des feux plus longue entraîne généralement une probabilité accrue d’épisodes de mauvaise qualité de l’air.

Figure 2 : Cette carte montre le changement absolu d’ici 2041-2070 par rapport à 1971-2000 dans la durée de la saison des feux selon le scénario d’émissions RCP8.5. La durée de la saison des feux représente le nombre annuel de jours pendant la saison des feux (jours avec un danger d’incendie mesurable). La saison des feux commence après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes sont supérieures à 12 °C. Elle se termine après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes restent inférieures à 5 °C. L’application interactive sur la météo des feux de forêt permet aux utilisateurs de survoler la carte pour obtenir des valeurs spécifiques, ainsi que de modifier la période, le scénario d’émissions, etc. 

 

Pluies extrêmes, tempêtes côtières et dommages aux sentiers côtiers

À mesure que le climat se réchauffe, le risque de tempêtes plus importantes et plus puissantes augmente également. Dans le Canada atlantique, on craint que le réchauffement de la température de surface de la mer n’entraîne des ouragans plus puissants. Ces phénomènes climatiques, combinés à l’élévation du niveau de la mer, peuvent présenter des risques supplémentaires pour les sentiers de loisirs en plein air.

Un exemple récent est l’ouragan Fiona, qui a frappé l’est du Canada en septembre 2022 sous la forme d’un puissant cyclone post-tropical, provoquant des précipitations et des ondes de tempête record. Certaines parties de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve ont enregistré entre 50 et 200 mm de pluie en 24 heures, provoquant des inondations sévères. Le long de la côte, des ondes de tempête de plus de 3 m de hauteur ont frappé le littoral. Certaines sections de la Cabot Trail au Cap-Breton ont été emportées ou ensevelies par des glissements de terrain, plusieurs parcs et terrains de camping ont dû fermer et les sentiers côtiers ont subi une érosion importante des plages et des sols. Les gouvernements ont dû investir des dizaines de millions de dollars pour reconstruire les routes, les ponts et les sections de sentiers endommagés. Par exemple, plus de 40 millions de dollars ont été alloués à la réparation des infrastructures du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton et des zones environnantes.[6] Un sentier côtier emblématique, le sentier du phare de Louisbourg, a nécessité environ 158 000 dollars de réparations et de rénovations d’urgence financées par la province. [7]

L’ouragan Fiona a mis en évidence la façon dont les phénomènes climatiques extrêmes combinés peuvent submerger les réseaux de sentiers : fortes précipitations associées à l’élévation du niveau de la mer et à des vents forts peuvent entraîner des inondations destructrices. On s’attend à ce que les changements climatiques rendent ces événements plus fréquents. Le réchauffement des températures de l’océan et de l’air entraîne déjà des ouragans plus pluvieux et plus venteux, et les tempêtes se déplacent plus au nord qu’auparavant.[8],[9] Les projections futures indiquent que ces tendances se poursuivront, ce qui signifie que le Canada atlantique doit se préparer à des tempêtes plus fréquentes et plus élevées (voir encadré 2).

Encadré 2 : Qu’est-ce qui provoque  des ouragans plus puissants ?

Les ouragans sont alimentés par les eaux chaudes de l’océan. Les changements climatiques ont entraîné une augmentation de la température de surface de la mer dans l’Atlantique, ce qui signifie plus d’énergie et d’humidité pour les tempêtes. La hausse des températures permet également aux tempêtes de contenir plus de vapeur d’eau (environ 7 % de pluie en plus par 1 °C de réchauffement en général). De plus, certaines études suggèrent que les ouragans se déplacent plus lentement et atteignent des régions plus septentrionales à mesure que le climat se réchauffe. La combinaison de ces facteurs entraîne des ouragans plus pluvieux, plus longs, et atteignant des régions (comme le Canada atlantique) qui n’étaient pas habituées à de tels extrêmes dans le passé. Lisez l’article complet sur les changements climatiques et les ouragans dans le Canada atlantique ici : Ouragans et changements climatiques dans le Canada atlantique — Donneesclimatiques.ca.

Donneesclimatiques.ca propose des outils permettant d’explorer les projections locales relatives au changement relatif du niveau de la mer pour les communautés côtières et les indices de fortes précipitations. Les cartes du changement relatif du niveau de la mer peuvent mettre en évidence les segments de sentiers ou les routes d’accès de faible altitude qui sont susceptibles de se trouver sous le niveau de la marée haute dans quelques décennies. De même, les projections des « jours humides » (c’est-à-dire les jours avec plus de 20 mm de pluie) peuvent alerter les gestionnaires de parcs sur la probabilité de pluies torrentielles plus fréquentes dans les décennies à venir.

Adapter les sentiers à un climat en changement

Ces données et informations climatiques montrent clairement que les changements climatiques menacent de modifier les conditions pour lesquelles les sentiers ont été initialement conçus. La hausse des températures, l’allongement de la saison des feux, l’augmentation des précipitations et les tempêtes côtières créent toutes des pressions auxquelles les gestionnaires de sentiers doivent faire face. Bien qu’il n’existe pas de solution unique applicable partout, plusieurs approches générales se dessinent [10], notamment

  • Renforcement des infrastructures : Les sentiers et les installations peuvent être renforcés ou déplacés pour résister aux phénomènes climatiques. Il s’agit par exemple de détourner les sentiers alpins des zones de pergélisol instables, de surélever les ponts dans les zones inondables ou de créer des coupe-feux pour réduire le risque de feu de forêt. Ces investissements peuvent éviter des coûts élevés d’entretien, de réparation et des problèmes de santé et de sécurité.
  • L’ajustement des opérations et des saisons : Les calendriers des sentiers changent en fonction des nouvelles conditions climatiques. Par exemple, les ascensions alpines sont programmées plus tôt dans la journée et les gestionnaires des sentiers s’adaptent à des saisons intermédiaires beaucoup plus fréquentées, les visiteurs modifiant leurs horaires pour éviter la chaleur estivale. Les projections des journées chaudes ou de la météo des feux de forêt dans le futur aident les gestionnaires à comprendre comment les conditions peuvent changer afin qu’ils puissent ajuster leurs opérations.
  • Solutions fondées sur la nature : La restauration des zones humides, des dunes ou des forêts peut protéger les sentiers contre les fortes pluies, les ondes de tempête et l’érosion, tout en améliorant la biodiversité. Par exemple, dans le cadre des projets de « littoral vivant » en Nouvelle-Écosse ont permis de protéger avec succès les sentiers côtiers[11].
  • Changements politiques et culturels : Tous les sentiers ne peuvent pas être entretenus indéfiniment. Parfois, le choix durable consiste à limiter l’accès afin de protéger les écosystèmes ou les valeurs culturelles. Le leadership autochtone est essentiel pour identifier les zones où les loisirs doivent s’adapter aux priorités en matière de gestion des terres, d’autant plus que ces priorités évoluent avec le climat en changement.

Conclusion

Les sentiers relient les gens à la nature et favorisent le bien-être physique, mental et communautaire. Cependant, comme nous l’avons souligné, les changements climatiques posent des défis multiples pour l’avenir des sentiers de plein air. La chaleur extrême, les feux de forêt et la fumée, les tempêtes, l’érosion côtière et d’autres perturbations liées au climat ont déjà un impact sur la manière et le moment où nous pouvons utiliser les sentiers, ainsi que sur le coût et les efforts nécessaires pour les maintenir sécuritaires. Ces impacts devraient s’intensifier au cours des décennies à venir. La communauté des sentiers, des agences gouvernementales aux bénévoles sur le terrain, relève le défi en combinant les connaissances traditionnelles et les projections climatiques modernes afin de tracer une voie durable pour l’avenir.

Références

[1] Sentier TransCanadien. (2025). L’IMPACT des sentiers. Consulté le 3 octobre à l’adresse: Sentier Transcanadien | L’IMPACT des sentiers

[2] Rushton, B., & Rutty, M. (2023). Gaining insight from the most challenging expedition: climate change from the perspective of Canadian mountain guides. Current Issues in Tourism26(23), 3903–3915. https://doi.org/10.1080/13683500.2023.2185506

[3] Hik, D., Robinson, Z., and Slemon, S. (2022). The Abbot Pass hut, an iconic mountain refuge, is dismantled — due to climate change. Canadian Geographic.

[4] Jones, B. & Scott, Daniel. (2006). Climate Change, Seasonality and Visitation to Canada’s National Parks. Journal of Parks and Recreation Administration. 24. 42-62.

[5] Gouvernement du Canada. (2025). Données sur les normales climatiques canadiennes 1991-2020. Consulté le 3 octobre sur : Normales climatiques canadiennes – Climat – Environnement et Changement climatique Canada

[6] Gouvernement du Canada. (2023). Le gouvernement du Canada annonce un investissement de 43 millions de dollars dans des lieux gérés par Parcs Canada au cap Breton/territoire Unama’ki pour l’amélioration de l’infrastructure. Consulté le 3 octobre à l’adresse: Le gouvernement du Canada annonce un investissement de 43 millions de dollars dans des lieux gérés par Parcs Canada au cap Breton/territoire Unama’ki pour l’amélioration de l’infrastructure – Canada.ca.

[7] Government of Nova Scotia. (2023). Funding for Trail Restoration in Cape Breton. [8] Madge, C., & Smith, R. (2024). Ouragans et changements climatiques dans le Canada atlantique. Donneesclimatiques.ca. Consulté le 3 octobre à l’adresse : Ouragans et changements climatiques dans le Canada atlantique – Donneesclimatiques.ca.

[9] Morris, M. (2025). Changements climatiques et vents forts. Donneesclimatiques.ca. Consulté le 3 octobre à l’adresse : Changements climatiques et vents forts – Donneesclimatiques.ca

 [10] Pröbstl-Haider, U., Hödl, C., Ginner, K., & Borgwardt, F. (2021). Climate change: Impacts on outdoor activities in the summer and shoulder seasons. Journal of Outdoor Recreation and Tourism34, 100344.

[11] Le Canada dans un climat en changement. (s.d.). Le rivage vivant de la ville de Mahone Bay. Consulté le 3 octobre sur : Le rivage vivant de la ville de Mahone Bay — Le Canada dans un climat en changement

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 2 octobre 2025
Auteur Ryan O’Connor et Frances Delaney
Sujets Agriculture, Données climatiques en action
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Introduction

Les bourdons sont les héros méconnus de nos écosystèmes, pollinisant discrètement les cultures et les plantes sauvages qui soutiennent la biodiversité et la production alimentaire. Mais au Canada, ces pollinisateurs essentiels sont confrontés à des menaces sans précédent. Ces dernières années, la communauté scientifique et les médias ont débattu du déclin des populations d’abeilles à travers le pays.

Ce déclin a été attribué à divers facteurs, notamment l’utilisation généralisée des néonicotinoïdes, un groupe de pesticides pouvant provoquer la paralysie et la mort en cas d’exposition, ainsi que la perte d’habitat. De plus en plus de recherches identifient également les changements climatiques comme une menace pour les populations d’abeilles au Canada.

L’article suivant utilise les bourdons comme étude de cas pour illustrer comment les données climatiques peuvent informer les évaluations des risques potentiels futurs pour une espèce. En examinant des exemples tels que les épisodes de chaleur et de froid extrêmes, nous montrons comment les outils disponibles sur Donneesclimatiques.ca peuvent mettre en  évidence les facteurs de stress climatiques qui affectent directement la santé des pollinisateurs et mener des discussions sur la façon dont ces facteurs pourraient évoluer à l’avenir.

A bumble bee with its face in a pink flower

 

Les changements climatiques et les abeilles

La chaleur extrême et ses effets sur le couvain des bourdons

L’interval de température optimale pour le couvain des bourdons (les œufs, les larves et les pupes qui se développent dans le nid) est comprise entre 28 et 32°C. Les abeilles ouvrières régulent cette température en frissonnant pour générer de la chaleur ou en battant des ailes pour refroidir le nid. Cependant, les températures supérieures à 36°C sont mortelles. Des recherches montrent que même si davantage d’ouvrières battent des ailes pendant les vagues de chaleur, ces efforts ne parviennent généralement pas à empêcher la surchauffe. Le développement du couvain étant essentiel à la survie de la colonie, les épisodes de chaleur extrême augmentent le risque d’effondrement de la colonie.[1]

Pour illustrer ces risques, nous nous concentrons sur Niagara-on-the-Lake, une petite ville de la péninsule du Niagara, en Ontario, connue pour son tourisme, ses vergers et ses vignobles. Nous avons examiné le nombre de jours où les températures maximales quotidiennes sont projetées à dépasser 36°C. Bien que ce seuil corresponde à la température du nid, les températures ambiantes extrêmes influencent fortement les conditions du nid, et des recherches montrent que les bourdons ne peuvent souvent pas empêcher la surchauffe pendant les vagues de chaleur. La température de l’air constitue donc un bon indicateur pour estimer le risque pour la survie du couvain. 

 

Figure 1 : Nombre projeté de jours par an la température maximale quotidienne dépassera 36°C près de Niagara-on-the-Lake, en Ontario, selon un scénario d’émissions modérées (SSP2-4.5) et un scénario d’émissions élevées (SSP5-8.5).  

 

Historiquement, les jours où la température maximale dépasse 36°C ont été extrêmement rares dans cette région. Cependant, les modèles climatiques prévoient que d’ici la fin du siècle, la médiane pourrait dépasser 20 jours par an dans un scénario d’émissions  élevées (SSP5-8.5). Dans un scénario d’émissions modérées (SSP2-4.5), la fréquence devrait être beaucoup plus faible, ce qui souligne le rôle de l’atténuation dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la limitation des risques liés à la chaleur extrême. 

 

Les changements climatiques et comas hypothermiques

Le froid extrême est également un facteur de stress important pour les bourdons. Même si l’on prévoit généralement une diminution de la fréquence des journées de froid extrême à mesure que le climat se réchauffe, l’exposition au froid, y compris les vagues de froid soudaines et les gelées tardives au printemps, pourrait encore se produire dans certaines régions. Les scientifiques ont établi que les bourdons entrent en coma hypothermique, un état temporaire de paralysie pendant lequel leurs muscles cessent de fonctionner, lorsque la température ambiante est comprise entre 3°C et 5°C. Le coma hypothermique est associé à divers problèmes. Par exemple, les bourdons sont incapables de voler dans cet état, ce qui les rend vulnérables aux prédateurs. De plus, en raison d’une défaillance neuromusculaire, ils perdent la fonction de leurs stigmates, les empêchant de respirer correctement.[2]

Timmins, en Ontario, est une « ville des abeilles » désignée.[3] Afin d’étudier les facteurs de stress climatiques potentiels dans cette région, nous avons utilisé la page de téléchargement de Donneesclimatiques.ca pour examiner le nombre de jours, de mai à août, entre 1950 et 2100, où la température minimale quotidienne était inférieure ou égale à 5°C. À ce seuil, les bourdons peuvent potentiellement entrer dans un coma hypothermique, ce qui réduit leur capacité à butiner et à prendre soin de la colonie pendant la période de pollinisation maximale. 

 

Figure 2 : Nombre projeté de jours par où la température minimale est inférieure ou égale à 5°C pendant la saison estivale (du 1er mai au 31 août) à Timmins, en Ontario, selon un scénario d’émissions modérées (SSP2-4.5) et un scénario d’émissions élevées (SSP5-8.5), de 1950 à 2100. 

 

Dans l’ensemble, on prévoit qu’un climat plus chaud entraînera une diminution du nombre de jours où la température est inférieure ou égale à 5°C pendant la saison estivale (du 1er mai au 31 août) à Timmins, en Ontario. La figure 2 montre que ces jours de «coma  hypothermique» pourraient diminuer jusqu’à seulement 2 par été selon un scénario d’émissions élevées (SSP5-8,5) et environ 4 par été selon un scénario d’émissions modérées (SSP2-4,5) d’ici 2100, soit environ 5 à 7 jours de moins que les valeurs observées historiquement. Bien que cette tendance réduise généralement le risque lié aux journées estivales froides pour les bourdons, elle reflète des moyennes à long terme ; des épisodes de froid extrême soudains sont toujours susceptibles de se produire et, même s’ils sont moins fréquents, ils demeurent un facteur de risque pour les bourdons.  

 

Agir 

De nombreuses mesures peuvent être prises pour soutenir la population d’abeilles au Canada. Par exemple : 

  • Éviter autant que possible l’utilisation des pesticides et des insecticides [4]
  • Envisagez de créer un jardin favorable aux pollinisateurs, en utilisant des plantes indigènes de la région offrant ainsi une source de nourriture aux abeilles. 
  • Créer des microclimats pour les abeilles en plantant et en entretenant des zones tampons, telles que des haies, afin de leur offrir un répit contre la chaleur extrême.[5]
  • Pour en savoir plus sur la préservation des populations de bourdons, consultez le manuel complet de Bee City Canada ici (en anglais seulement). Bee City Canada est une organisation qui travaille avec les communautés pour protéger les pollinisateurs.  

 

Conclusion

Les changements climatiques modifient les conditions dont dépendent les abeilles au Canada pour survivre et prospérer. La chaleur extrême peut menacer la survie du couvain, tandis que les températures plus fraîches peuvent limiter la recherche de nourriture pendant les périodes critiques de pollinisation. Ces facteurs de stress s’ajoutent aux pressions existantes liées aux pesticides, à la perte d’habitat et aux maladies, ce qui accroît encore les défis auxquels sont confrontées les populations d’abeilles sauvages et domestiques. Les outils disponibles sur Donneesclimatiques.ca peuvent être utilisés pour informer les évaluations de l’évolution future de ces facteurs de stress climatiques. En examinant les projections des températures extrêmes, les agriculteurs, les décideurs politiques, les chercheurs et les communautés peuvent mieux anticiper les risques et soutenir les stratégies d’adaptation qui contribuent à maintenir les populations d’abeilles, ainsi que les écosystèmes et les systèmes agricoles qui en dépendent. 

Système d’attribution rapide des phénomènes météorologiques extrêmes : principaux épisodes de chaleur de l’été 2025

Date 15 septembre 2025
Auteur Donneesclimatiques.ca
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