Les températures en hausse : l’impact des changements climatiques sur le volleyball de plage au Canada

Date 14 juillet 2026
Auteur Frances Delaney et Casey Clunas, Centre canadien des services climatiques
Sujets Données climatiques en action
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Introduction

Le volleyball de plage est un sport populaire pratiqué à titre récréatif et professionnel dans tout le pays. Les terrains se trouvent généralement sur les plages locales et dans des installations intérieures ou extérieures. Ce sport a pris de l’ampleur au Canada, notamment depuis que le pays a remporté la médaille d’argent en volleyball de plage féminin aux Jeux olympiques de Paris en 2024[1].  Montréal accueille chaque année le Volleyball World Beach Pro Tour, une compétition qui attire des spectateurs du monde entier.

Cependant, comme de nombreux sports de plein air, le volleyball de plage subit de plus en plus les effets du climat en changement. La hausse des températures, les phénomènes météorologiques extrêmes, la fumée des feux de forêt et l’érosion côtière transforment les plages à travers le Canada, tout en faisant peser des risques croissants sur la santé et la sécurité des athlètes et des spectateurs qui s’y rassemblent pour jouer et assister aux matchs. Les athlètes de haut niveau commencent à évoquer les répercussions qu’ils subissent à mesure que les températures continuent d’augmenter ; une athlète olympique (Melissa Humana-Paredes) s’est d’ailleurs exprimée à ce sujet (en anglais seulement) après que les températures lors du Beach Pro Tour de Montréal en 2025 ont dépassé 30°C. Alors que le volleyball de plage ne cesse de gagner en popularité, le moment est venu d’examiner comment les changements climatiques affectent ce sport et comment nous pouvons protéger les plages, les joueurs et les supporters qui le rendent possible.

Traduit d’anglais: « [Aux Jeux olympiques de Tokyo], nous avons vu des disciplines changer d’endroit ou d’horaire parce qu’il faisait trop chaud. Pour le marathon, ils ont dû changer d’endroit. Pour la finale féminine de football, ils ont déplacé la rencontre de la journée à la nuit. Ce sont des choses dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant. »

– Melissa Humana-Paredes, joueuse olympique de volleyball de plage

Hausse des températures et sable plus chaud

 

Chaque année en août, des événements professionnels tels que le Beach Pro Tour de Montréal attirent des joueurs de classe mondiale et des centaines de supporters au Parc Jean-Drapeau, juste au sud de la ville de Montréal. Cette région, comme presque toutes celles du sud du Canada, s’attend à connaître une forte augmentation du nombre de journées estivales extrêmement chaudes et potentiellement dangereuses.

Les températures élevées de l’air ont de nombreuses répercussions directes sur la santé, telles que l’épuisement dû à la chaleur et le coup de chaleur. Des températures de l’air plus élevées peuvent également entraîner une augmentation de la température du sable, bien que des facteurs tels que la couverture nuageuse, l’humidité relative et l’ombre puissent atténuer ou amplifier ces effets. Des températures élevées à la surface du sable peuvent entraîner des brûlures au premier, au deuxième et même, dans de rares cas, au troisième degré. Les joueurs de volleyball de plage passent des heures à plonger, sprinter et sauter pieds nus sur du sable brûlant, ce qui en fait un problème de sécurité susceptible d’interrompre les matchs ou de mettre des joueurs sur la touche en raison de blessures.

Lorsque les températures de l’air sont relativement modérées (par exemple, 24 °C (75 °F)), la température du sable peut atteindre 38 °C (100 °F) en plein soleil. Cependant, lorsque la température de l’air atteint 32 °C (90 °F), la température du sable peut dépasser 49 °C (120 °F) [2] (Figure 1). La peau commence à brûler lorsque la température de surface atteint 44 °C (111 °F) [2].

En se concentrant sur Montréal, siège du Beach Pro Tour au Canada, le tableau 1 compare la fréquence historique et la fréquence de projection des journées où la température de l’air dépasse 29 °C, ce qui peut correspondre à des températures du sable d’environ 44 °C ou plus. Ce seuil a été choisi car il représente des conditions dans lesquelles le sable chaud peut présenter un risque de brûlure pour les athlètes pieds nus. Pour mettre les choses en perspective, le tableau inclut également un indicateur des conditions susceptibles de répondre aux critères d’alerte de chaleur extrême d’Environnement et Changement climatique Canada, ce qui permet de comparer les risques potentiels liés à la chaleur du sable aux risques sanitaires plus généraux liés à la chaleur.

Figure 1 : Les effets de la hausse des températures de l’air sur la température du sable. Infographie élaborée à partir des conclusions de Cohen, 2019 (en anglais seulement).

Tableau 1. Risques liés à la chaleur du sable à Montréal, d’un point de vue historique et prospectif (2021–2050 et 2051–2080), selon des scénarios d’émissions modérés (SSP2-4.5), élevés (SSP3-7.0) et très élevés (SSP5-8.5).

Moyenne historique annuelle
(1971–2000; médiane)
Moyenne annuelle des projections futures
(2021–2050; médiane)
Moyenne annuelle des projections futures
(2051–2080; médiane)
Variable thermiqueSSP2-4,5SSP3-7,0SSP5-8,5SSP2-4,5SSP3-7,0SSP5-8,5SSP2-4,5SSP3-7,0SSP5-8,5
Risque d’alerte de chaleur locale* (nombre de jours où l’indice Humidex est supérieur à 40**)1**15**610**22
Nombre de jours potentiels avec une température du sable > 44 °C (température de l’air > 29 °C)***161616373839495867

* À Montréal, les alertes de chaleur émises par Environnement et Changement climatique Canada sont déclenchées lorsque des températures d’au moins 30 °C, combinées à un indice humidex de 40 ou plus, sont attendues pour durer au moins une heure (ou lorsque les températures atteignent 40 °C ou plus). Par conséquent, le nombre de jours prévus avec un indice humidex supérieur à 40, indiqué ici, doit être interprété comme un indicateur du risque de chaleur extrême, et non comme un décompte direct des futurs jours d’alerte de chaleur.

** Les valeurs d’indice humidex ne sont pas disponibles pour le scénario SSP3-7.0.

*** Calculé en partant de l’hypothèse « température du sable = température de l’air + 15 °C », déterminée sur la base des conclusions de Cohen (2019). Les températures réelles du sable peuvent varier considérablement en fonction de l’ombre, de la couverture nuageuse et de l’humidité, qui peuvent atténuer ou amplifier les risques. Ces données visent à illustrer le risque potentiel lié à la chaleur du sable.

Le tableau 1 montre que, selon tous les scénarios d’émissions, d’ici 2021-2050, Montréal pourrait connaître entre 37 et 39 jours où les températures au sol seraient potentiellement dangereuses (soit 21 à 23 jours de plus que ce que Montréal a connu par le passé), et d’ici 2051-2080, ce nombre pourrait passer à 49 à 67 jours (soit 33 à 51 jours de plus que par le passé). Pour en savoir plus sur les scénarios d’émissions, rendez-vous dans la Zone d’apprentissage.  

Encadré 1: Risques liés à la chaleur et stades en plein airLa chaleur est une source de préoccupation non seulement pour les joueurs de volleyball de plage, mais aussi pour le public. La plupart des compétitions professionnelles de volleyball de plage se déroulent dans des arènes ou des stades en plein air, comme le Beach Pro Tour de Montréal, où les spectateurs sont également exposés au risque lié à la hausse des températures. Les températures à l’intérieur des stades en plein air peuvent être bien plus élevées que celles de l’environnement immédiat et que les relevés des stations météorologiques, en raison de la forte affluence et d’une absorption accrue du rayonnement solaire [3]. Les maladies liées à la chaleur constituent la principale cause de morbidité et de mortalité lors des rassemblements de masse, y compris les événements sportifs [3]. Cela souligne la nécessité de mettre en place, lors d’événements tels que le Beach Pro Tour, des mesures d’adaptation visant à protéger à la fois les joueurs et le public (par exemple, davantage d’ombrage, de fontaines d’eau potable, de ventilateurs, etc.).

Figure 2 : Le public du Montréal Pro Tour, le 18 août 2025. Source: Guilbaud, 2025 (en anglais seulement).

Prévisions saisonnières pour août 2026

 

Même si l’on peut généralement s’attendre à une hausse des températures estivales aujourd’hui et à l’avenir, il existe des outils permettant de mieux comprendre dans quelle mesure la chaleur pourrait affecter les événements d’une année à l’autre.

Encadré 2 : Donneesclimatiques.ca propose désormais des prévisions de température mensuelles et saisonnières. Ces prévisions sont établies par Environnement et Changement climatique Canada et mises à jour chaque mois. À la différence des prévisions météorologiques quotidiennes, les prévisions saisonnières fournissent des informations sur la probabilité de températures au-dessus de la normale, proches de la normale ou sous la normale au cours des un à trois prochains mois, ainsi que sur des périodes mobiles de trois mois couvrant les douze prochains mois. Les prévisions saisonnières de température et de précipitations ne permettent pas de prédire les événements extrêmes ni la météo quotidienne. Elles fournissent plutôt des informations sur les conditions moyennes pour le mois ou la saison dans son ensemble. Cliquez ici pour consulter les prévisions saisonnières et mensuelles : Explorer les cartes – Donneesclimatiques.ca.

Selon les prévisions saisonnières pour la période de juin à août 2026, les organisateurs du Beach Pro Tour de Montréal peuvent s’attendre à un été plus chaud que la normale cette année (figure 3). Montréal a environ 86 % de chances de connaître un été plus chaud que la normale (au-dessus de 20,6 °C) et 72 % de chances d’avoir un été « exceptionnellement chaud ». L’expression « inhabituellement élevée » désigne des températures dépassant le 80e centile d’une climatologie historique couvrant la période de 1991 à 2020.

 

Figure 3 : Prévisions saisonnières de température pour juin à août 2026 au Canada. Ces prévisions indiquent les probabilités de température : au-dessus de la normale, près de la normale ou sous la normale (par rapport à la climatologie historique de 1991 à 2020).

Feux de forêt et qualité de l’air

Une autre préoccupation croissante liée au climat qui touche les sports de plein air est l’impact de la fumée des feux de forêt sur les joueurs et les spectateurs. En 2023, le Canada a connu une saison des feux de forêt record, au cours de laquelle 15 millions d’hectares de terres ont brûlé [4]. Même si ces feux ont ravagé des zones rurales ou inhabitées, les effets de la fumée ont touché les Canadiens dans tout le pays, et même à l’échelle internationale. En juillet 2025, au cours d’une autre saison de feux de forêt particulièrement intense, des articles de presse ont rapporté que Montréal affichait l’une des pires qualités de l’air au monde en raison de la fumée [5].

Les effets de la fumée des feux de forêt sur la santé humaine peuvent être à la fois aigus et chroniques. La mauvaise qualité de l’air due à la fumée peut entraîner des problèmes respiratoires, des répercussions sur la santé mentale, voire des décès dans certains cas [6]. En raison des effets de la fumée sur la santé, les journées où la qualité de l’air est mauvaise peuvent entraîner l’annulation d’activités de plein air, comme le volleyball de plage. Lors des Jeux d’été du Canada de 2025, les incendies à St. John’s, à Terre-Neuve, ont entraîné la présence de fumée dans la région, ce qui a conduit à l’annulation de tous les matchs de volleyball de plage le 12 août [7].

Traduit d’anglais: « Les feux de forêt sont désormais monnaie courante. Cela altère la qualité de l’air et le rend malsain. Lorsque l’on pratique des sports de plein air, il faut être conscient de ce que l’on respire et de la qualité de l’air ; c’est une question de danger et de sécurité… En tant qu’athlète, il faut se dépasser quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, il faut surmonter les difficultés et vaincre les obstacles. Mais parfois, on oublie que notre santé et notre sécurité passent avant tout. »

Melissa Humana-Paredes, joueuse olympique de volleyball de plage

Bien que Donneesclimatiques.ca ne fournisse pas de prévisions concernant la fumée des feux de forêt ou la qualité de l’air à l’avenir, l’application des projections de la météo des feux de forêt peut aider les organisateurs d’événements en plein air à analyser les conditions climatiques qui influencent le risque d’incendie de forêt (figure 5). Diverses projections relatives à la météo des feux de forêt, telles que la « durée de la saison des feux », indiquent que le danger d’incendie au Canada devrait augmenter dans un climat en réchauffement. Même dans les régions où le risque d’incendie de forêt est faible, comme à Montréal, une saison des feux plus longue entraîne généralement une probabilité accrue d’épisodes de mauvaise qualité de l’air due à la fumée provenant d’autres zones touchées par des incendies actifs.

Figure 4 : Ciel envahi par la fumée des feux de forêt. Source : Global News, 2024.

Figure 5 : Cette carte montre l’évolution absolue, d’ici 2031-2060 par rapport à la période 1971-2000, de la durée de la saison des feux selon le scénario d’émissions RCP8.5. L’indicateur de durée de la saison des feux correspond au nombre annuel de jours compris dans la saison des feux (jours où les feux de forêt sont susceptibles de se déclarer et de se propager). La saison des feux commence après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes sont supérieures à 12 °C. Elle prend fin après trois jours consécutifs où les températures maximales diurnes restent inférieures à 5 °C. L’application interactive pour la météo des feux de forêt permet aux utilisateurs de survoler la carte pour obtenir des valeurs spécifiques, ainsi que de modifier la période temporelle, le scénario d’émissions, et bien plus encore.

Encadré 3 : Les changements côtiers redessinent les plages

Les changements climatiques entraînent une élévation du niveau de la mer et un réchauffement des océans, ce qui accroît le risque d’érosion côtière et d’impacts plus intenses liés aux tempêtes. La montée du niveau de la mer permet aux vagues de s’enfoncer plus loin à l’intérieur des terres, accélérant la disparition des plages, redessinant le littoral et affectant les terrains de volleyball de plage existants et futurs. Consultez les projections du changement relatif du niveau de la mer sur la carte pour voir comment les plages de votre région pourraient être touchées.

Traduit d’anglais: « On observe davantage d’orages violents ou des hausses extrêmes des niveaux d’eau. Les plages rétrécissent désormais. Il y a moins d’espace pour installer des terrains de volleyball sur les plages. »

Melissa Humana-Paredes, joueuse olympique de volleyball de plage

Conclusion

 

Le volleyball de plage a toujours été synonyme d’été. Cependant, les conditions qui définissent ce sport sont en train de changer. Des risques liés à la hausse des températures et à la chaleur du sable, en passant par la fumée des feux de forêt qui perturbe les événements en plein air, jusqu’au remodelage des côtes sous l’effet de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer, les changements climatiques influencent où, quand et comment ce sport peut être pratiqué à travers le Canada.

Donneesclimatiques.ca peut aider les joueurs, les organisateurs d’événements, les collectivités et les gestionnaires d’installations à mieux comprendre comment les conditions propices au volleyball de plage évoluent au fil du temps. De la hausse des températures et des risques liés à la chaleur à l’évolution des conditions côtières et des feux de forêt, les informations climatiques peuvent éclairer les discussions sur l’adaptation, la planification des événements, les infrastructures et la résilience à long terme. En comprenant ces nouveaux défis et en planifiant en conséquence, les Canadiens peuvent contribuer à faire en sorte que le volleyball de plage reste une activité estivale sûre et agréable pour les années à venir.