L’ONA et le climat canadien
Les phases oscillantes de l’ONA sont généralement associées à des différences de température, de précipitations et de tempêtes dans l’est du Canada.
Phase positive
Pendant la phase positive, la forte différence de pression entre l’anticyclone des Açores et la dépression islandaise renforce le courant-jet de l’Atlantique Nord (figure 1). Le courant-jet renforcé déplace les tempêtes vers le nord, ce qui entraîne une diminution des tempêtes dans l’est de l’Amérique du Nord et une augmentation des tempêtes en Europe du Nord.
La phase positive de l’ONA est généralement associée à des conditions principalement plus fraîches et plus sèches dans le nord-est du Canada et l’Arctique canadien, et à des conditions plus chaudes et plus humides dans le sud du Canada (figure 1, Brown 2010, Dutton 2010). La phase positive est souvent associée à une réduction des précipitations dans le nord et l’est du Canada (Bonsal & Shabbar 2008). Au-dessus de la baie d’Hudson, la phase de l’ONA entraîne des changements dans la couverture de glace de mer, les années positives ayant tendance à voir une formation précoce de la glace de mer (Qian et al., 2008).
Phase négative
Pendant la phase négative, la faible différence de pression entre l’anticyclone des Açores et la dépression islandaise fait que le courant-jet de l’Atlantique Nord s’oriente davantage d’ouest en est (figure 1). La position ajustée du courant-jet entraîne une diminution du nombre de tempêtes en Europe du Nord. Dans l’est de l’Amérique du Nord, on observe généralement plus de tempêtes que la normale, en raison de la baisse de la pression atmosphérique dans la région.
Pendant la phase négative, l’est de l’Arctique canadien est plus chaud, tandis que certaines régions du sud-est du Canada et de l’est des États-Unis sont généralement plus froides (Brown, 2010) (figure 1), avec des irruptions d’air froid plus fréquentes dans l’est de l’Amérique du Nord (Lindsey et Dahlman, 2009). Le sud-est du Canada et l’est des États-Unis sont généralement plus secs (Bonsal et Shabbar 2008, Dutton 2010), tandis que le nord-est du Canada est plus humide en raison des vents de l’Atlantique qui apportent de l’air chaud et humide dans la région (Brown 2010).
Conclusion
L’ONA est un facteur important de la variabilité climatique interne en Amérique du Nord, dans l’Arctique et en Europe, en particulier dans l’Atlantique Nord. Dans le nord-est du Canada, les deux phases de l’ONA peuvent être utilisées pour comprendre la variabilité de la température, des précipitations, de la glace de mer et de la fréquence des tempêtes.
Contrairement à l’oscillation El Niño-Sud (ENSO), qui peut être prévue plusieurs mois à l’avance, un changement dans la phase de l’ONA ne peut être prévu qu’une semaine ou deux à l’avance. Une meilleure compréhension de la variabilité interne à partir de téléconnexions comme l’ONA peut conduire à des modèles climatiques plus précis et à des améliorations dans les prévisions saisonnières.
Lectures complémentaires
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’ONA, comment elle est mesurée, comment elle influence le climat du Canada (et d’autres pays bordant l’Atlantique Nord) et comment la phase de l’ONA peut être prédite, veuillez consulter les ressources suivantes :
- Informations générales
- Vents et tempêtes (comment l’ONA influence le climat du Québec) par Ouranos.
- Oscillation nord-atlantique (prévision de l’ONA et de ses impacts) par le UK Met Office (Service météorologique britannique).
Si vous vous intéressez aux prévisions saisonnières à décennales (S2D) ou à la manière dont elles sont influencées par la variabilité climatique interne, vous pouvez en savoir plus sur la page d’accueil S2D :