Ce que le phénomène El Niño exceptionnel signifie pour le Canada en 2026-27

Date 21 août 2026
Auteur Hayley Dosser, Centre canadien des services climatiques. Collaborateurs: Jacinthe Racine et Rachel Malena-Chan (CCSC); Bill Merryfield, Julia Velletta et Woosung Lee (Prévisions sous-saisonnières à décennales)
Sujets Nouveauté à noter, Prévisions saisonnières à décennales
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L’hiver 2026-27 devrait être plus doux dans l’ensemble dans une grande partie du Canada en raison d’El Niño, avec un risque élevé de phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale, y compris au Canada.

Ce risque accru pourrait se prolonger jusqu’au printemps et possiblement jusqu’à l’été 2027, avec un risque de sécheresse grave et de feux de forêt. Par conséquent, cet épisode El Niño pourrait avoir des répercussions majeures sur les collectivités, les infrastructures et l’économie du Canada.

Vue d’ensemble : Un El Niño très fort est en train de se former, avec des répercussions mondiales majeures attendues

Des conditions El Niño se sont officiellement formées dans le Pacifique tropical et devraient s’intensifier, augmentant la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du monde [1]. Les prévisions des centres mondiaux de prévisions saisonnières, y compris Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), s’accordent largement sur le fait que cet épisode El Niño est presque certain (probabilité > 99 %) d’être « très fort » (encadré 1), culminant en intensité à la fin de l’automne ou au début de l’hiver. Même les prévisions basées sur l’indice océanique Niño relatif (encadré 2), qui tient compte du réchauffement global des océans tropicaux causé par les changements climatiques, prévoient une probabilité de 95 % d’un épisode El Niño très fort cette année. Des épisodes El Niño plus forts font pencher la balance en faveur d’importantes anomalies de température et de précipitations, ce qui augmente la probabilité d’impacts majeurs dans plusieurs secteurs ([2], [3]).

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Encadré 1 : Comment un épisode El Niño est-il déclaré?

Pour qu’un épisode El Niño soit déclaré, trois critères doivent être remplis :

  1. La température moyenne de la surface de la mer (SST) doit augmenter de plus de 0,5 °C dans une région spécifique de l’océan Pacifique connue sous le nom de région Niño-3.4.
  2. Cette anomalie de la SST doit persister pendant au moins cinq périodes consécutives de trois mois qui se chevauchent.
  3. L’atmosphère doit réagir à l’augmentation de la SST par un affaiblissement soutenu ou un renversement des alizés équatoriaux.

Si ces critères sont remplis et que la SST augmente de plus de 2,0 °C, le phénomène est considéré comme « très fort ».

En fait, il est maintenant fort probable que l’épisode El Niño de cette année soit plus intense que tous ceux enregistrés dans les archives historiques. Le système SPISCanv3 d’ECCC, qui a toujours donné de bons résultats pour la prévision d’épisodes El Niño très forts, prévoit que la température moyenne de la surface de la mer (SST) dans la région Niño-3.4 dépassera très probablement (probabilité > 90 %) de 3,0 °C la valeur de référence historique, possiblement de manière significative, d’ici la fin de 2026 [Figure 1]. Un tel épisode El Niño extrême serait sans précédent dans les données d’observation [3].

« Tant les observations que les prévisions indiquent un épisode El Niño extraordinaire… Les prévisions indiquent avec une quasi-certitude que l’indice Niño-3.4 dépassera 2 °C (« très fort »), certains membres de l’ensemble, y compris ceux d’ECCC, approchant ou dépassant les 4 °C, ce qui serait sans précédent dans l’histoire moderne, et ce de manière significative. » – Dr Bill Merryfield, scientifique à ECCC

Figure 1 a: Carte mondiale montrant l’anomalie observée de la température de surface de la mer (SST) pour juillet 2026 par rapport à la période 1991-2020, à l’aide du produit « Extended Reconstructed Sea Surface Temperature » (ERSSTv5) de la NOAA. La région Niño-3.4 est indiquée par l’encadré.

Figure 1 b: Évaluation des prévisions passées de l’indice océanique Niño (ONI), produites par SPISCanv3 pour la période 1991-2020. Les estimations centrales des prévisions, initialisées en août de chaque année et couvrant les 12 mois suivants, sont représentées en rouge et les valeurs observées de l’ONI en noir, à l’aide des estimations de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Les valeurs observées et prévues de l’ONI correspondent à des périodes mobiles de trois mois, calculées à partir de la SST dans la région Niño-3.4 par rapport à la période 1991-2020. Les observations s’arrêtent en juillet 2026 et les prévisions s’étendent jusqu’en avril 2027.

Encadré 2 : Mesure de l’ENSO – Indice Niño-3.4 vs. ONI vs. RONI

Les variations de la température de surface de la mer (SST) dans la région Niño-3.4 sont mesurées à l’aide de l’indice Niño-3.4. L’indice océanique Niño (ONI) est une moyenne mobile sur trois mois de l’indice Niño-3.4 et a longtemps été l’indice de référence utilisé pour déclarer un épisode El Niño. L’ONI mesure les SST par rapport à une base de référence historique fixe ou glissante. Une base de référence historique glissante est utilisée pour tenir compte du réchauffement des océans causé par le changement climatique. Cependant, même en utilisant une base de référence glissante, les SST des dernières années sont comparées à la période de référence 1991-2020 et présentent donc un biais élevé dû au réchauffement des océans qui s’est produit depuis. L’indice océanique Niño relatif (RONI) est de plus en plus adopté comme indice privilégié pour mesurer les épisodes El Niño-oscillation australe (ENSO). Il mesure la SST dans la région Niño-3.4 par rapport aux SST sur l’ensemble de l’océan tropical, et permet ainsi de mieux distinguer les variations dues à l’ENSO de celles dues au réchauffement planétaire. ([4], [5])

ENSO et changements climatiques : 2027 deviendra fort probablement l’année la plus chaude jamais enregistrée

El Niño est un phénomène naturel. Il s’agit de la phase positive de l’El Niño-oscillation australe (ENSO), dont les phases chaudes (El Niño) et froides (La Niña) se produisent en alternance en moyenne tous les deux à sept ans. L’ENSO ajoute des fluctuations naturelles à la hausse à long terme des températures mondiales causée par les changements climatiques d’origine humaine [Figure 2]. En général, les températures mondiales dépassent la tendance au réchauffement lors des épisodes El Niño et descendent en dessous lors des épisodes La Niña. Bien qu’il existe des preuves limitées suggérant que les changements climatiques pourraient accroître l’intensité et la durée des épisodes ENSO ([6], [7], [8]), le Rapport sur le climat changeant du Canada 2026 indique que le niveau de confiance dans ces changements projetés est actuellement faible. Toutefois, le rapport indique clairement que le réchauffement climatique continu pourrait accroître la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes liés à l’ENSO au Canada.

Figure 2 : Les températures moyennes mondiales annuelles observées pour chaque année de 1950 à 2025 sont représentées par rapport à la température moyenne mondiale préindustrielle (1850-1900, avant la majeure partie du réchauffement d’origine humaine), à partir des estimations observées de l’OMM. Les années El Niño sont indiquées par des points rouges et les années La Niña par des points bleus, sur la base des valeurs hivernales (décembre à février pour l’année correspondant à janvier) de l’ONI de la NOAA, avec des périodes de référence glissantes.

Un épisode El Niño très fort en 2026-27 rend très probable que 2027 devienne l’année la plus chaude jamais enregistrée, la température moyenne mondiale pour l’année battant le record précédent établi en 2024. Des températures mondiales record ont été observées l’année suivant le pic de nombreux épisodes El Niño antérieurs [Figure 2]. Pour chaque augmentation de 1 °C de l’indice Niño-3.4, la température moyenne mondiale augmente temporairement d’environ 0,06 à 0,1 °C, pour atteindre son pic trois mois après celui de l’indice Niño-3.4 ([9], [10]). Les épisodes El Niño eux-mêmes ont tendance à durer entre 9 et 18 mois ([4], [11]), suivis d’un retour à des conditions ENSO neutres ou à des conditions La Niña, avec une baisse correspondante des températures mondiales.

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ENSO et phénomènes météorologiques extrêmes : 2026-2027 pourrait être une année marquée par des événements météorologiques à impact élevé

Le phénomène ENSO contribue à la variabilité du système climatique. El Niño entraîne une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du globe, notamment des vagues de chaleur, des feux de forêt, des sécheresses et des inondations plus fréquents et plus intenses [11]. Des épisodes El Niño très forts se sont produits en 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016, entraînant des répercussions mondiales sur les rendements agricoles et la santé publique, notamment l’insécurité alimentaire, des épidémies et la pollution atmosphérique [12]. Au cours de certains de ces épisodes El Niño très forts, l’Indonésie et l’Australie ont été confrontées à de graves sécheresses et à des feux de forêt de grande ampleur, tandis que le Pérou et la Californie ont connu de fortes pluies qui ont provoqué d’importantes inondations et des glissements de terrain. L’Afrique australe, l’Inde, l’Amérique centrale et l’Asie du Sud-Est ont dû faire face à des pertes de récoltes généralisées, à des difficultés financières et des pénuries alimentaires. On a également observé d’importantes épidémies de Zika en Amérique du Sud et de dengue dans les régions tropicales. Ces épisodes ont également affecté la pêche, l’énergie, les ressources en eau, les transports et le tourisme [13]. Les pertes économiques liées à ces épisodes peuvent persister pendant plus de cinq ans. Les pertes mondiales liées aux épisodes de 1982-1983 et 1997-1998 ont été estimées à des billions de dollars chacune [2].

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El Niño et le Canada : ce que les épisodes passés et les prévisions saisonnières peuvent nous apprendre

Les épisodes El Niño atteignent généralement leur apogée à la fin de l’automne et au début de l’hiver, les effets directs les plus marqués sur les conditions météorologiques au Canada se manifestant du début de l’hiver jusqu’au printemps suivant. L’influence d’El Niño modifie les régimes habituels de température et de précipitations à travers le Canada ([14], [15]) et est liée à des températures et des précipitations extrêmes ([16], [17]). En général, El Niño tend à engendrer des hivers plus doux avec moins de neige et des printemps plus chauds et plus secs dans l’ouest, le nord-ouest et le centre du Canada [18]. La cooccurrence de conditions extrêmes de sécheresse et de chaleur devient plus fréquente dans l’ouest et le nord-ouest [19]. En raison des répercussions de ces changements et du risque accru de phénomènes météorologiques extrêmes, les épisodes El Niño très forts ont eu des répercussions majeures sur le Canada, avec des sécheresses entraînant des pertes de récoltes, des températures océaniques élevées et des vagues de chaleur marines affectant la pêche, et des dommages aux infrastructures résultant de feux de forêt, de tempêtes côtières et de pluie verglaçante. On estime que ces épisodes El Niño très forts ont coûté des milliards de dollars à l’économie canadienne [14].

Chaque épisode El Niño est différent et ses effets sur une région donnée peuvent être difficiles à prévoir en raison d’autres sources de variabilité du climat, telles que l’oscillation décennale du Pacifique (PDO) [20]. Cependant, nous pouvons nous appuyer sur les épisodes El Niño passés [figure 3], en les combinant avec les prévisions saisonnières pour l’année à venir [figure 4]. Les prévisions saisonnières pour le Canada ont tendance à être plus fiables lors des épisodes ENSO [14].

Figure 3 : Anomalies moyennes de température et de précipitations pour décembre à février (haut) et mars à mai (bas) pour les trois épisodes El Niño très forts survenus entre 1956 et 2025, d’après les données moyennes mensuelles de la réanalyse ERA5. La différence est calculée entre la moyenne saisonnière durant ces épisodes très forts et la moyenne de la climatologie correspondante pour cette saison, définie à l’aide d’une période de référence glissante de 30 ans. Par exemple, l’anomalie de 1956 à 1960 utilise la période de référence de 1941 à 1970, celle de 1961 à 1965 utilise la période de référence de 1946 à 1975, et ainsi de suite. La période de référence 1991-2020 est utilisée de 2006 à aujourd’hui. L’ONI de la NOAA, avec ses périodes de référence glissantes, est utilisé pour définir les épisodes El Niño très forts.

Au Canada, les trois derniers épisodes El Niño très forts ont produit des schémas de réchauffement et d’assèchement hivernaux similaires à ceux des autres épisodes El Niño, bien que l’amplitude des signaux de température et de précipitations ait été plus importante, ce qui indique que ces épisodes ont généralement eu un effet plus marqué sur les conditions saisonnières.


Il existe quelques différences clés entre les influences observées des épisodes El Niño très forts et celles des autres épisodes El Niño, bien qu’avec seulement trois épisodes très forts, il soit difficile de déterminer l’importance de ces différences. Lors d’épisodes El Niño très forts, le réchauffement hivernal avait tendance à se déplacer vers l’est, le réchauffement le plus marqué se produisant à l’est des Rocheuses [21] et s’étendant à travers l’Ontario et le Québec jusqu’au Canada atlantique. Au nord du courant-jet polaire, la majeure partie du Nunavut avait tendance à connaître des hivers plus froids que la normale. Si les épisodes El Niño très forts ont entraîné les hivers secs attendus sur une grande partie de la Colombie-Britannique (C.-B.) et du Yukon, ils ont également coïncidé avec des hivers plus humides dans certaines régions côtières. Certaines parties de la côte de la Colombie-Britannique et du Canada atlantique ont connu une augmentation des précipitations [15]. Près des Grands Lacs, des conditions sèches ont été observées dans certaines régions comme prévu, mais de nombreuses autres ont connu une augmentation des précipitations.

Figure 4 : Prévisions saisonnières de température moyenne pour a) décembre 2026 à février 2027 et b) mars à mai 2027, publiées le 1er août 2026. Les prévisions indiquent la probabilité que la température moyenne soit au-dessus, près ou en dessous la normale par rapport à la climatologie historique de 1991 à 2020. Les hachures indiquent les endroits où l’habileté du système de prévision est nulle ou faible pour cette saison et ce mois de publication. Les prévisions sont créées à l’aide du système de prévisions saisonnières SPISCanv3 d’ECCC.

Les prévisions pour la période de décembre 2026 à février 2027, publiées le 1er août sur Donneesclimatiques.ca, indiquent que des températures moyennes au-dessus de la normale sont probables sur une grande partie de la Colombie-Britannique, du Yukon, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et du Canada atlantique, ce qui correspond aux épisodes passés. Les prévisions de précipitations indiquent que des conditions plus sèches que la normale sont le résultat le plus probable sur les Rocheuses, la région de l’Okanagan en Colombie-Britannique, une grande partie de l’Alberta et certaines parties du Yukon et de la Saskatchewan.Lors de précédents épisodes El Niño très forts, des conditions particulièrement chaudes et sèches ont persisté tout au long du printemps en Colombie-Britannique et au Yukon [15], y compris le long de la côte. La prévision de température moyenne pour la période de mars à mai 2027 indique une probabilité d’au moins 90 % de températures au-dessus de la normale sur la majeure partie de l’Ouest canadien. En fait, il est probable à très probable que des températures inhabituellement élevées (d’au moins 1 à 2 °C supérieures à la moyenne de 1991-2020) se produisent sur de vastes régions de la Colombie-Britannique et du Yukon au printemps 2027. À l’approche de l’hiver et du printemps, les prévisions actualisées devraient fournir une image plus claire des conditions saisonnières attendues.

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El Niño et le Canada : impacts régionaux

Les régions du Canada ont tendance à connaître une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes lors des épisodes El Niño [figure 5], bien que l’ampleur et l’emplacement des impacts varient d’un épisode à l’autre.

Figure 5 : En plus d’un hiver plus doux avec moins de neige, les épisodes El Niño très forts ont tendance à provoquer une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes dans différentes régions du Canada. Le diagramme montre les types de phénomènes météorologiques extrêmes auxquels les épisodes El Niño passés ont été liés dans chaque région.

Colombie-Britannique et Yukon
La baisse des précipitations dans l’Ouest canadien, due en partie à la diminution des précipitations provenant des rivières atmosphériques durant l’hiver, peut entraîner un manteau neigeux inférieur à la normale [18], une sécheresse [15] et une plus grande superficie brûlée au printemps et à l’été suivants résultant en partie d’importants feux de forêt déclenchés par la foudre ([22], [23], [24]). Une augmentation des coups de foudre à l’ouest des Rocheuses a été observée lors des épisodes El Niño, en raison d’une instabilité convective accrue due à des températures de surface de la mer (SST) plus chaudes que la normale dans le Pacifique ([25], [26]).
La Colombie-Britannique est également exposée à des risques de glissements de terrain et d’inondations lors d’épisodes El Niño très intenses, car certaines zones côtières reçoivent des précipitations hivernales plus abondantes que d’autres [27] et des précipitations tombant sous forme de fortes pluies plutôt que de neige [15]. L’érosion côtière et les inondations peuvent résulter d’une élévation du niveau de la mer, d’une intensification de l’activité des vagues et des ondes de tempête. En 1997-1998, des précipitations liquides record ont causé de graves dommages à la route transcanadienne et entraîné des fermetures et des perturbations sur les réseaux ferroviaires et routiers [15]. La diminution du manteau neigeux dans les montagnes affecte également les activités récréatives et le tourisme hivernaux, ainsi que la production hydroélectrique et la gestion de l’eau municipale l’été suivant [14].
Le long de la côte de la Colombie-Britannique, des SST plus chaudes peuvent affecter la pêche et l’aquaculture. Des vagues de chaleur marines affectant les mollusques et crustacés ont été liées à des épisodes El Niño antérieurs [28]. Le maquereau – que l’on ne trouve généralement pas dans les eaux de la Colombie-Britannique – a été observé en train de migrer plus au nord et de s’attaquer aux saumons juvéniles, causant des répercussions négatives sur la pêche canadienne [14].

Prairies
La diminution des chutes de neige sur les Rocheuses lors des épisodes El Niño, associée à une baisse des précipitations en hiver et au printemps dans certaines parties des Prairies, peut entraîner une réduction du ruissellement de surface printanier et de l’humidité du sol [29]. Ceci conduit ultimement à un risque accru de feux de forêt printaniers et de sécheresse de grave à extrême, en particulier dans les régions céréalières déjà touchées par la sécheresse ([14], [30], [15]). Le feu de forêt de Fort McMurray, la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire du Canada, s’est produit pendant les derniers stades du très fort El Niño de 2015-2016.
Bien qu’un hiver doux puisse se traduire par une saison de croissance plus longue, les précédents épisodes El Niño très forts ont eu un impact négatif sur l’agriculture dans les Prairies, entraînant une baisse de productivité et des pertes de récoltes dues à un temps sec ou à une sécheresse prolongée [14].

Centre du Canada
Comme les températures hivernales ont tendance à être plus chaudes lors des épisodes El Niño très forts, une plus grande partie des précipitations hivernales tombe sous forme de pluie. Le manteau neigeux diminue en Ontario et au Québec, bien que les zones touchées varient d’un épisode à l’autre. Cela réduit les possibilités de loisirs hivernaux et peut entraîner des inondations localisées et des épisodes de pluie verglaçante, avec des répercussions sur les transports, le secteur de l’énergie et l’aménagement urbain ([14], [18], [15]). L’un des pires événements météorologiques extrêmes jamais survenus au Canada, un événement catastrophique de pluie verglaçante en Ontario et au Québec connu sous le nom de Grande Tempête de Verglas de 1998, a été en partie causé par le très fort El Niño de 1997-1998 [31].
Les ressources en eau, les écosystèmes et l’agriculture sont également affectés par l’ENSO [18]. L’industrie du vin de glace [14] et la production de sirop d’érable [32] sont toutes deux affectées négativement par les hivers doux et les températures extrêmes, qui sont rendus plus probables par les épisodes El Niño. De manière générale, le centre du Canada peut s’attendre à un hiver et un printemps doux, potentiellement ponctués par des phénomènes météorologiques extrêmes.

Canada atlantique
En plus d’un hiver plus doux avec moins de neige, le Canada atlantique peut s’attendre à une réduction, du nombre et de l’intensité des ouragans atlantiques au cours de l’été et de l’automne précédents en raison d’El Niño [33]. En plus d’une réduction des perturbations des opérations maritimes et du transport maritime [15], cela devrait réduire les risques d’impacts directs sur les provinces de l’Est, même s’il convient de rester vigilant. Cependant, les changements dans le courant-jet peuvent entraîner une augmentation des tempêtes hivernales [34], accompagnés d’inondations côtières et d’ondes de tempête, affectant les transports et les infrastructures [15]. Les températures hivernales douces peuvent également réduire la glace de mer saisonnière dans la région. Au cours de l’hiver exceptionnellement doux de 2023-24, lors d’un fort épisode El Niño, le golfe du Saint-Laurent a enregistré la plus faible couverture de glace de mer saisonnière depuis 1969 [35].

Territoires du Nord-Ouest et Nunavut
Les Territoires du Nord-Ouest ont tendance à connaître des hivers plus chauds et plus secs pendant les épisodes forts d’El Niño, avec moins de chutes de neige et un risque accru de feux de forêt et de mauvaise qualité de l’air au printemps et à l’été suivants. Des températures de surface de la mer plus chaudes peuvent également retarder l’englacement dans la baie d’Hudson. En revanche, le Nunavut a tendance à connaître des hivers plus froids lors d’épisodes El Niño très forts [36], avec des périodes de froid extrême, des tempêtes violentes et la possibilité de fortes variations de température. Cela peut affecter les déplacements et la stabilité des routes de glace ([37], [38]).

Résumé

À mesure que cet épisode El Niño 2026-27 potentiellement sans précédent se développe, de nombreux Canadiens connaîtront probablement un hiver plus doux dans son ensemble, avec un risque accru de certains types de phénomènes météorologiques extrêmes. Lors d’un épisode El Niño très fort, une grande partie du Canada a tendance à connaître des températures significativement plus chaudes que la normale en hiver, tandis que l’Ouest canadien est généralement plus chaud et plus sec, tant en hiver qu’au printemps. Ces conditions peuvent accroître les risques régionaux de tempêtes côtières et de pluie verglaçante, ainsi que de sécheresse et de feux de forêt jusqu’au printemps et à l’été. Consultez l’encadré 3 pour des ressources sur la façon de vous préparer. Pour rester informé des conditions attendues dans votre région, consultez les prévisions mensuelles et saisonnières mises à jour sur Donneesclimatiques.ca.

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Références

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