Les bâtiments protègent leurs occupants de l’environnement extérieur et des intempéries, garantissant ainsi leur sécurité et leur confort. Cependant, à mesure que les changements climatiques s’accélèrent, les bâtiments sont confrontés à des défis croissants liés à la hausse des températures, à l’évolution des régimes pluviométriques et à la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Comme la plupart des bâtiments construits aujourd’hui resteront en service pendant 50 ans ou plus, ils seront inévitablement confrontés à ces défis liés au climat. Malgré cela, de nombreuses pratiques de conception actuelles s’appuient encore exclusivement sur des données climatiques historiques qui décrivent le passé plutôt que l’avenir. Il en résulte un décalage croissant entre les conditions anticipées lors de la conception et les réalités auxquelles les bâtiments seront finalement exposés. Un bâtiment peut parfaitement répondre aux normes actuelles, mais à mesure que les conditions climatiques évoluent, il pourrait perdre sa résilience et devenir plus vulnérable aux risques climatiques.
Changements climatiques et bâtiments
Le climat que nous connaissons aujourd’hui est déjà très différent de celui d’il y a quelques décennies à peine, et le climat futur nous sera encore plus différent. Les vagues de chaleur extrêmes, les inondations et les feux de forêt ne sont plus des menaces lointaines ; ils sont en train de remodeler profondément l’environnement bâti au Canada. Par exemple, la hausse des températures a imposé des contraintes sans précédent aux systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC), ce qui entraîne des travaux de mise aux normes et des réparations coûteuses. La capacité de refroidissement insuffisante des bâtiments anciens, qui n’avaient pas été conçus à l’origine pour le refroidissement, expose leurs occupants à des risques de surchauffe. Parallèlement, les feux de forêt et les phénomènes météorologiques extrêmes ont compromis à la fois la qualité de l’air intérieur et la sécurité structurelle des bâtiments. À mesure que le réchauffement se poursuit, le risque de baisse des performances, de rénovations coûteuses et de dommages liés au climat ne cesse de croître.
Pour garantir que les bâtiments restent sûrs, fonctionnels et résilients tout au long de leur cycle de vie, les concepteurs doivent envisager toute une série de scénarios futurs. L’intégration précoce des données climatiques futures dans le processus de conception permet aux bâtiments de mieux résister aux changements progressifs des conditions moyennes ainsi qu’à la fréquence croissante des événements extrêmes. Le Code national du bâtiment du Canada (CNB) reconnaît cette nécessité, en précisant que « de nombreux bâtiments devront être conçus, entretenus et exploités de manière à résister adéquatement à des charges climatiques en constante évolution ». Répondant à ce besoin, le CNB 2025 intègre pour la première fois des valeurs de calcul climatique prospectives. Ces valeurs tiennent compte des changements projetés en matière de chaleur, de froid, de vent, de neige et de précipitations, plutôt que de se fonder uniquement sur des observations historiques. Leur intégration marque une avancée significative vers la conception de bâtiments résilients.