Introduction
Dans cette série, nous examinons plusieurs cartes des changements climatiques disponibles sur Donneesclimatiques.ca. Ce mois-ci, nous nous concentrons sur les cartes montrant les changements projetés de la date du dernier gel de printemps – la date moyenne du calendrier à laquelle les températures minimales restent systématiquement au-dessus de 0°C. Le dernier gel printanier constitue une étape clé de la saison, comme nous le verrons plus en détail par la suite.
L’importance de la date des dernières gelées de printemps
Le dernier gel de printemps marque le début approximatif de la saison de croissance pour les cultures et les plantes sensibles au gel. La date du dernier gel de printemps est établie lorsque la température la plus faible de la journée reste supérieure à 0°C pendant un jour consécutif (avant le 15 juillet).
Les changements de la date du dernier gel de printemps ont des implications pour l’agriculture, l’horticulture et les écosystèmes naturels. Une date du dernier gel de printemps plus précoce peut prolonger la période de végétation, ce qui permet d’effectuer des cycles de plantation supplémentaires et de cultiver des plantes qui ont besoin de périodes de croissance plus longues. Cependant, une saison de croissance plus précoce peut également accroître la vulnérabilité aux gelées tardives, qui peuvent endommager les jeunes plantes.
Au-delà de l’agriculture, les changements dans les dates du dernier gel de printemps affectent les écosystèmes. De nombreuses espèces végétales et pollinisateurs dépendent des indices de température saisonniers pour les événements de leur cycle de vie tels que la floraison, la migration et la reproduction. Si ces indices changent, des décalages dans les calendriers écologiques pourraient se produire, affectant la biodiversité et la dynamique du réseau trophique.
Déchiffrer le message de la carte
La partie gauche de la figure ci-dessous compare deux périodes : la période de référence historique modélisée (1961-1990 ; petite carte en médaillon) et la date médiane projetée du dernier gel de printemps pour la période futur (2051-2080) selon le scénario SSP5-8.5, qui correspond au scénario associé au réchauffement projeté le plus élevé sur Donneesclimatiques.ca (plus grande carte).
En outre, les cartes plus petites sur le côté droit de la figure présentent l’éventail des valeurs projetées pour la période 2051-2080, en mettant en évidence les 10e et 90e centiles. Ces centiles représentent la dispersion des résultats au sein de l’ensemble de 26 modèles, le 10e centile indiquant un dernier gel de printemps précoce et le 90e centile un dernier gel de printemps tardive. Ces cartes sont incluses car, comme nous le verrons par la suite, il est essentiel de comprendre la variabilité des dates du dernier gel de printemps pour une planification efficace de l’adaptation.
Aperçu des cartes
La carte révèle que le dernier gel de printemps devrait se produire plus tôt dans la saison dans l’ensemble du Canada. L’évolution vers des conditions sans gel plus précoces est particulièrement visible dans les régions méridionales, où l’activité agricole est la plus importante.
Bien que ces cartes statiques illustrent efficacement les grandes tendances du changement, il peut être difficile d’en extraire des valeurs précises lorsqu’elles sont visualisées à l’échelle nationale. Cependant, les cartes sur Donneesclimatiques.ca permettent aux utilisateurs de zoomer et de cliquer sur des régions spécifiques pour obtenir des dates précises pour le dernier gel de printemps. Le tableau ci-dessous met en évidence des faits saillants à travers le Canada pour donner une idée plus précise des projections régionales. Pour explorer une version interactive et trouver la date du dernier gel de printemps pour votre communauté, visitez la sur Donneesclimatiques.ca.
Tableau : Changements projetés des dates du dernier gel de printemps pour certaines localités canadiennes
Localités |
Période historique modélisée (1961–1990) |
Période future projetée (2051–2080 ; SSP5-8.5) |
Médiane (50ème centile) |
10ème centile |
Médiane (50ème centile) |
90ème centile |
Ottawa, ON |
9 mai |
3 avril |
16 avril |
24 avril |
Montréal, QC |
1er mai |
25 mars |
3 avril |
20 avril |
Toronto, ON |
28 avril |
24 mars |
5 avril |
14 avril |
Winnipeg, MB |
21 mai |
24 avril |
2 mai |
9 mai |
Regina, SK |
19 mai |
26 avril |
5 mai |
11 mai |
Calgary, AB |
20 mai |
20 avril |
3 mai |
10 mai |
Edmonton, AB |
18 mai |
19 avril |
29 avril |
6 mai |
Fredericton, NB |
13 mai |
6 avril |
24 avril |
2 mai |
Halifax, NS |
10 mai |
27 mars |
14 avril |
21 avril |
John’s, NL |
24 mai |
10 avril |
30 avril |
9 mai |
Mises en garde importantes concernant les cartes
Il est important de noter que ces cartes illustrent des valeurs moyennes à long terme, sur trente ans, dérivées d’un ensemble de 26 modèles globaux du climat. La date réelle du dernier gel de printemps variera encore d’une année à l’autre. Certaines années, un dernier gel précoce peut être abrogée par un épisode de froid inattendu, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les cultures et les écosystèmes.
En outre, les lecteurs doivent garder à l’esprit que ces cartes sont basées sur un seul scénario d’émissions : SSP5-8.5, qui, comme mentionné ci-dessus, représente le niveau le plus élevé de changements climatiques projetés disponible sur Donneesclimatiques.ca. La plateforme fournit également des projections pour trois autres scénarios : SSP1-2.6, SSP2-4.5 et SSP3-7.0. Il est important d’examiner les changements projetés selon divers scénarios pour mieux comprendre les résultats potentiels du climat à venir.
Il convient également de mentionner que des régions telles que la côte ouest du Canada, en particulier des zones comme Vancouver et Victoria, connaissent des climats doux où les gelées sont plus rares. Par conséquent, les changements dans les dates du dernier gel de printemps sont moins pertinents dans ces régions.
Il est essentiel de comprendre cette variabilité pour la planification des mesures d’adaptation. Les agriculteurs, les jardiniers et les gestionnaires des terres doivent tenir compte de l’ensemble des résultats potentiels lorsqu’ils planifient la saison de croissance. Pour en savoir plus sur les ensembles de modèles climatiques, consultez l’article de la Zone d’apprentissage consacré à ce sujet.
Les changements climatiques et leurs implications pour l’agriculture
Avec les changements climatiques, les agriculteurs canadiens sont confrontés à de nouveaux défis et à de nouvelles opportunités. L’allongement de la période de végétation offre la possibilité de diversifier les cultures, mais il s’accompagne d’une augmentation des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur et les sécheresses.. Par ailleurs, les variations des dates du dernier gel de printemps pourraient perturber le calendrier des épidémies de ravageurs et favoriser la propagation des maladies des plantes, ce qui nécessiterait d’adapter les stratégies de gestion agricole.
Pour s’adapter efficacement, les producteurs agricoles devraient intégrer des pratiques intelligentes en matière de climat, telles que la sélection de variétés de cultures résistantes, l’ajustement des calendriers de plantation et la mise en œuvre de mesures de protection contre le gel. Pour plus de ressources sur les changements climatiques et l’agriculture, consultez notre article : Soyez intelligents face au climat : Ressources pour le secteur agricole.
Ces faits saillants soulignent l’importance d’une planification proactive face aux changements climatiques. La réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre est essentielle si nous voulons limiter les effets les plus sévères du réchauffement, tandis que les mesures d’adaptation peuvent aider les communautés et les industries à se préparer à l’évolution des conditions.
Pour explorer d’autres cartes climatiques, y compris les changements projetés dans la date du dernier gel de printemps selon différents scénarios d’émissions et périodes, visitez notre page de cartes interactives sur Donneesclimatiques.ca.