Pratiques exemplaires d’utilisation des courbes IDF

Selon des conseils techniques provenant d’ECCC et de l’ASC 4013-2019, voici huit pratiques exemplaires et principaux défis à prendre en considération lorsqu’on utilise des courbes IDF.

Temps de réalisation
5 min

Résumé

Les pratiques exemplaires suivantes sont recommandées pour la prise de décision et la conception à l’aide des courbes intensité-durée-fréquence (IDF), et résument les conseils techniques accessibles sur ECCC et CSA PLUS 4013:2019.

Pratiques exemplaires et principaux enjeux

Choisissez une période de retour qui convient à votre application. Le choix de la période de retour est important et doit être fondé sur l’examen des répercussions et des risques pertinents. Par exemple, les égouts pluviaux, les fossés et les ponceaux utilisent souvent une méthode de débit de pointe pour tenir compte des périodes de retour allant de 2 à 100 ans. Cependant, les infrastructures essentielles utilisées pour la gestion des ruissellements de surface des voies ferrées ou des autoroutes peuvent être conçues pour des périodes de retour de plus de 200 ans – hors du champ d’application des courbes IDF standard.

 

Choisissez une durée de tempête qui convient à votre application. Les dommages causés par les précipitations ne proviennent pas tous de tempêtes d’une même durée. Par exemple, les tempêtes qui ont tendance à provoquer des inondations urbaines dommageables sont souvent courtes et extrêmes. En revanche, la saturation et la stabilité du sol peuvent être plus touchées par des tempêtes de moindre intensité, mais plus persistantes et de plus longue durée. Les praticiens doivent examiner attentivement la durée de la tempête appropriée qui représente le mieux la façon dont les précipitations influent sur leur projet.

 

 

Une tempête de haute intensité de courte durée provoquant des inondations dévastatrices
Des eaux de ruissellement de faible intensité et de longue durée qui s’infiltrent dans le sol et ont une incidence sur la stabilité des infrastructures

Comprenez les autres processus hydrologiques qui peuvent contribuer aux inondations. Les courbes IDF sont d’excellentes sources de données sur les pluies extrêmes pour évaluer les inondations causées directement par les précipitations. Toutefois, elles ne tiennent pas compte des autres mécanismes physiques pouvant causer des inondations. Par exemple, la fonte des neiges à la fin d’hiver et les épisodes de pluie sur la neige influent sur les inondations des rivières et des lacs, comme les tempêtes marines et les tendances de l’élévation du niveau de la mer influent sur les inondations côtières. Les courbes IDF ne fournissent pas de données directement liées à ces types d’inondations.

Comprenez comment les données sur les durées et les intensités des précipitations contenues dans les courbes IDF se rapportent à des tempêtes et des événements météorologiques réels. Les courbes IDF sont fondées sur l’événement annuel maximal le plus important pour une durée particulière chaque année. Ainsi, d’autres événements pluvieux causant des inondations – par exemple, des événements pluvieux extrêmes simultanés associés à des rivières atmosphériques ou à des ouragans – peuvent ne pas être représentés dans les graphiques IDF typiques (cependant, les courbes IDF spécialisées de 1 à 30 jours peuvent recueillir ce type de données). Les utilisateurs peuvent obtenir les données de précipitations sous-jacentes pour élaborer des courbes IDF personnalisées à l’aide des ensembles de données climatiques en génie.

Choisissez des sites avec un long historique de données lorsque cela est possible et approprié. La confiance dans les données d’IDF est plus faible pour les sites dont la durée des séries de données historiques de précipitations est courte. Les marges de confiance qui sont parfois affichées sur les graphiques IDF représentent une mesure statistique utilisée pour indiquer l’incertitude inhérente aux valeurs estimées de l’intensité des pluies pour différentes périodes de retour et durées. Des intervalles de confiance plus larges révèlent une confiance moindre dans les valeurs de la courbe IDF, généralement causée par un nombre d’années de données pluviométriques moins élevé ou des périodes de retour plus longues. En général, la confiance dans les données de la courbe IDF est plus élevée pour les périodes de retour plus courtes et pour les sites avec de longues séries de données historiques de précipitations.

Rappelez-vous que les courbes IDF représentent les précipitations à des emplacements de mesure précis. Si votre projet est éloigné d’un emplacement qui fournit des courbes IDF, une analyse plus poussée pourrait être nécessaire pour garantir que les données sont appropriées pour votre site. Par exemple, les praticiens doivent comprendre comment l’altitude du site de leur projet diffère de celle du site IDF le plus près et ce que cela peut signifier pour l’application de la courbe IDF à leur site. Pour en savoir plus sur les facteurs à considérer lors du choix d’un site pour votre projet, veuillez consulter le guide technique de la norme CSA PLUS 4013:2019.

Comprenez que la terminologie de la période de retour ne comporte pas la fréquence régulière d’événements extrêmes. Par exemple, l’expression « épisode pluvieux survenant une fois tous les 25 ans » ne signifie pas qu’une pluie de cette ampleur se produit régulièrement tous les 25 ans. Cette expression signifie plutôt qu’un épisode pluvieux de cette ampleur présente une chance sur 25 (4 %) de se produire au cours d’une année donnée. En effet, il est possible qu’un événement qui devrait survenir une fois tous les 25 ans survienne pendant plusieurs années consécutives ou qu’il ne survienne pas du tout pendant 30 ans.

Sachez que les courbes IDF n’incluent généralement pas les précipitations hivernales. Les pluviomètres à auget basculant sont désactivés pendant la « saison enneigée », car la neige peut tomber sur le pluviomètre un jour puis, en fondant, être enregistrée de manière incorrecte comme de la pluie. La période de désactivation dans l’année dépend de la région. Par exemple, les sites le long de la côte de la Colombie-Britannique peuvent fonctionner toute l’année, alors que la plupart des autres stations sont fermées au moins pendant une partie de l’hiver. Si vous souhaitez connaître la période d’activation pour un site particulier, veuillez communiquer avec l’Unité des services climatiques pour le génie au [email protected].

Pour toute question concernant la sélection de données climatiques historique, veuillez communiquer avec le Centre d’aide des services climatiques.